TRANSPORT SUR DES ROUBS
roulant sur le sol, restent toujours attachées au fardeau, et le sui^ vent dans son mouvement. C'est ce qu'on fait en employant des roues; et, pour ne pas être obligé de fixer les axes de ces roues aux divers fardeaux qu'on peut avoir à transporter, on se sert de brancards, auxquels les roues sont adaptées, et sur lesquels les fardeaux doivent être placés. Telle est l'origine des voitures de diverses formes , qui servent , comme on le voit tous les jours , à transporter des voyageurs, des marchandises, des matériaux de construction, et en un mot toutes sortes de fardeaux. •
Dans le transport sur des roues, il y a à la fois roulement de la roae sur le sol, et glissement de l'essieu dans la botte de la roue : le frottement n'est donc pas complètement évité, comme dans l'emploi des rouleaux. Mais l'influence de ce frottement est d'autant pins faible que le rapport du diamètre de la roue au diamètre de sa botte est plus grand ; car plus ce rapport sera considérable, moins le déplacement du point d'application de la forcexle frottement sera grand, pour un même chemin parcouru par la voiture, et par conséquent plus le travail résistant occasionné par cette force de frottement sera petit. La grandeur du diamètre de la roue présente encore un autre avantage : c'est que plus ce diamètre est grand, plus doit être petite la force appliquée au brancard , et, par suite, à son centre, pour vaincre la résistance au roulement (fin du
Le transport sur une brouette, telle que celle qui est figurée à la page 23, tient à la fois du transport direct dont nous avons parlé au§ 179, et du transport sur des roues. En effet, le poids de la brouette, et du fardeau qu'elle contient, se décompose en deux parties dont l'une est supportée par la roue, et l'autre par les mains de l'homme qui tient les manches ; cet homme a donc, à la fois, à supporter la dernière portion de ce poids, et à pousser la brouette horizontalement, pour vaincre les résistances qu'occasionne la première portion.
Lorsqu'on se sert d'une voiture, munie de deux roues qui tournent autour des extrémités d'un même essieu, le poids du brancard, avec tout ce qu'il porte, se décompose également en deux parties, (iont l'une est supportée par les deux roues, et l'autre par l'homme ou l'animal qui doit agir sur les limons. Mais il y a une différence essentielle avec la brouette : c'est qu'on dispose habituellement la fliarge que doit porter la voiture de manière que son centre de Rravité soit à peu près sur le plan vertical qui passe par l'axe de 'essjeu. L'homme ou l'animal qui doit exercer horizontaleinent une force de traction pour faire marcher la voiture n'a de
266 NOTiONS GÉiNÉRALES SUR LE TRANSPORT DES FARDEAUX, cette manière qu'à agir faiblement sur les limons, dans le sens vertical, pour maintenir le brancard dans une' position convenable.
Quand on emploie une voiture à qua'tre roues, le brancard et la chargeront toujours leur centre de gravité tellement placé, que la verticale qui le renferme passe à Tintérieur du quadrilatère formé parles points d'appui des quatre roues avec le sol. Aussi n'a-t-on plus besoin d'exercer aucune action dans le sens vertical, pour maintenir le brancard horizontal : il suffit de tirer la voiture, dans le sens du mouvement qu'on veut produire, pour vaincre les résistances occasionnées par le roulement des roues sur le sol, par le glissement des essieux dans les boîtes des roues, et par l'air que la voiture vient rencontrer dans son mouvement.
§183. Stabilité des Toitures. — D'après ce que nous avons dit, on doit donner d'assez grandes dimensions aux roues d'une voiture, pour atténuer autant que possible l'effet des résistances au roulement et au glissement. 11 s'ensuit que la charge de la voiture se trouve habituellement élevée d'une quantité assez considérable audessus du sol. Cette disposition ôte de la stabiHté à la voiture; c'est-à-dire qu'elle est plus exposée à se renverser sur le côté, par suite des inégahtés que présente le chemin qu'elle parcourt. Pour
que la voiture ne verse pas , il faut que la verticale, passant par son centre de gravité G, /try. 248, rencontre toujours le sol entre les points par lesquels les roues le touchent. Or on voit que, plus ce centre degravité sera élevé, moins la voiture devra être penchée sur le côté, pour que la verticale qui le contient sorte des limites qui viennent de lui être assignées.
Lorsqu'une voiture est en mouvement sur un chemin incliné transversalement, et qu'en conséquence elle penche vers le côté le plus bas du chemin, la vitesse qu'elle possède influe beaucoup sur sa stabilité. Pendant qu'elle marche, elle penche ordinaire-r ment d'une manière irrégulière, tantôt plus, tantôt moins, suivant qu'elle se trouve dans telle ou telle partie du chemin. Pour analyser ce qui se passe en pareil cas, nous pouvons regarder la
Fis. 248.