‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 97 sur 169 · AÉRAGE DES MINES · texte numérisé non relu

AÉRAGE DES MINES

diverses qui existent le long de ces colonnes d'air se compensent de part et d'autre. Mais- il arrivera très rarement que les choses se passent ainsi : habituellement les poids des colonnes d'air AC, BD, ne seront pas égaux, et l'équilibre ne pouvant avoir lieu, il en résultera un mouvement, en vertu duquel l'air descendra par un des deux puits, et remontera par l'autre.

Supposons que les orifices des deux puits ne soient pas au même niveau, comme l'indique la fig, 342. Cette seule circonstance donnera lieu à un courant d'air continuel à l'intérieur de la mine, courant qui sera dirigé dans un sens en été, et en sens contraire en hiver. On sait, en effet, que la température de l'intérieur de la terre, à une petite profondeur au-dessous du sol, reste constante pendant toute l'année, et que cette température est inférieure à celle de l'air en été, supérieure au contraire à celle de l'air en bi\er.

Les portions AE, BF de nos deux colonnes d'air, qui sont situées au-dessous du plan horizontal mené par le plus bas des orifices des deux puits, peuvent être regardées comme ayant la même température, puisqu'elles sont en contact avec des parois dont la température est la même. Mais il n'en est plus ainsi des portions restantes CE, DF : la première est à l'extérieur de la terre, et la secondeest à l'intérieur. En été, la colonne d'air CE sera plus chaude que la colonne DF, et par conséquent moins pesante qu'elle ; l'inégalité de poids des colonnes totales AC, BD, donnera lieu à un mouvement ascendant dans le puits de droite, et descendant dans le puits de gauche. L'air chaud, venant de l'extérieur, et pénétrant ^^ans le puits de gauche, s'y refroidira, et le mouvement continuera constamment de la même manière. En hiver, la colonne d'air CE sera plus froide que la colonne DF ; il en résultera encore une inégalité ^e poids pour les deux colonnes AC, BD. Mais cette inégalité ne sera plus dans le même sens qu'en été, et elle donnera lieu à un ïïiouvement de sens contraire, qui se continuera également, tant que •a température de l'air sera moins élevée en dehors des puits qu'à leur intérieur.

Il est indispensable qu'il se produise, à l'intérieur des mines, des courants tels que ceux dont nous venons de parler, afin de renouveler l'air dans les lieux où se trouvent les ouvriers. Lorsqu'une Jl^ïne ne se trouve pas dans des conditions convenables pour que ' aérage se fasse naturellement, comme nous venons de l'indiquer, ^n a recours à des moyens artificiels. Un de ceux qu'on emploie le plus fréquemment, consiste à établir un petit foyer dans le voisi- "3ge de Inn des deux puits qui communiquent l'un à l'autre par

Tintérieur de la mine ; les gaz chauds qui se dégagent de ce foyer se

rendent dans le puits, et la différence de température des colonnes d'air qui existent dans les deux puits détermine un courant. Dans les mines de houille, il est souvent dangereux d'employer ainsi des foyers d'aérage ; parce que lair qui vient de la mine, et dont une partie passe sur le foyer, peut contenir une assez grande quantité d'bydrogène carboné pour qu il se produise une explosion, qui s'étendrait dans toute la mine. Dans ce cas, on peut surmonter Torifice d'un des puits d'une cheminée d'appel, et établir, vers le l»s de cette cheminée, un calorifère A, fig, 343, dont la surface extérieure est seule en contact avec l'air qui vient de la mine.

Souvent la cavité souterraine qu'on veut aérer ne communique avec l'atmosphère que par un seul puits.

Dans ce cas, on divise Ip puits en deux compartiments par une cloison verticale ; ou bien on dispose dans le puits un large tuyau, afin de faire communiquer l'air du fond avec l'atmosphère par deux voies différentes. On s' arrange ensuite de manière à produire une différence de température dans les deux compartiments du puits, et les choses se passent de la même manière que s'il y avait deux puits distincts.

§ 266. Tirage des cheminées. — Le tirage d'une cheminée est dû à la différence des densités de l'air qui esta son intérieur, et de l'air extérieur qui est situé au même niveau. L'air de l'intérieur

Fig. 343.

Page 1