DES PRINCIPAUXATTRIBUTS DE DIEU
Les attributs essentiels sont ce qui constitue un être. Or l'être, même au moindre degré, est plus que le néant ; il y a donc quelque perfection dans le fait d'être, en un degré quelconque. La perfection est en proportion de l'être : ce qui n'a qu'un peu d'être n'a qu'un peu de perfection ; ce qui est davantage est plus parfait; ce qui est l'être infini existe donc au suprême degré de perfection. On distingue deux sortes de perfections : les unes sont des perfections simple*, c'est-à-dire sans mélange d'imperfection ; les autres ne sont des perfections qu'à certains égards : ce sont des perfections restreintes ou secundum quid, comme on disait dans l'école. La perfection simple ou proprement dite présente deux caractères, savoir : 1° que son idée n'implique aucune imperfection ; 2° qu'elle ne soit incompatible avec aucune autre perfection proprement dite. La perfection
1 Voy. Philosophie ancienne, deuxième époque de la Philosophie grecque, II, g vi ; el Philosophie moderne, III, jj u : Spinosa; g VI et VII, passim.
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improprement dite est sans doute préférable au néant, puisqu'elle répond à quelque degré d'être; mais son idée renferme toujours quelque imperfection, et elle est incompatible avec quelque perfection d'un ordre supérieur : c'est ainsi que l'étendue matérielle, meilleure à la vérité que le néant, renferme toujours l'imperfection d'être limitée, et est incompatible avec la pensée. Il s'entend de soi-même que tous les attributs de l'être inlini sont des perfections simples. Un être est dit parfait dans son genre, lorsqu'il possède tout ce que sa nature et ses attributs peuvent comporter. Dieu seul est capable de la perfection absolue , parce qu'il n'y a que la nature et les attributs de Dieu qui comprennent l'être absolu, l'être infini; les créatures ne peuvent avoir qu'une perfectiou relative, c'est-à-dire qu'elles ue comprennent qu'un certain degré d'être relatif à leur nature particulière.
Les attributs ou perfections de Dieu sont de deux genres : les uns sont comme le fond même de son être, ce sont l'infinité, la nécessite, Yéternitê, la simplicité, l'unité, l'immensité, Y immutabilité, la bonté ; d'autres sont les principes de ses actes , comme l'intelligence ou la science, la puissance, la providence. De ces attributs, les uns comprennent, dans leur idée même, le caractère de l'infinité, par exemple, l'éternité, l'immensité; les autres, qui se conçoivent en un degré limité dans l'être fini, appartiennent à la nature de l'être infini, si on les conçoit simplement et sans restriction dans leur infinité. La science, la puissance, la bonté, la sagesse, limitées dans l'homme, sont en Dieu la science, la puissance, la bonté, la sagesse infinies, ou la toute-puissance, l'omniscience, etc.
Nous ne dirons rien de Vin/inilé ni de la nécessité appelée aussi aséité, du latin à se, parce qu'il en a été suffisamment question dans la première partie de la Théodicée '.
1 Voj Preuves métaphysiques de l'existencede Dieu.