‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 127 sur 243 · ÉTERNITÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

ÉTERNITÉ DE DIEU

De ce que Dieu existe par lui-même, et nécessairement, il s'ensuit qu'on ne peut le concevoir non existant, c'est-à-dire qu'il est éternel, ou autrement qu'il possède une existence qui n'a ni commencement ni fin.

Tout le monde convient de l'éternité de l'être nécessaire, mais on n'est pas d'accord sur la nature de cette éternité. Plusieurs admettent une éternité successive, et les autres une éternité non successive ou simultanée. Cette dernière opinion était celle de Platon et de son école, c'était aussi celle des Thomistes, au moyen âge ; tandis que les Scotistes tenaient pour l'éternité successive: Ces derniers faisaient consister la durée, en général, dans une évolution perpétuelle des parties du temps qui se succèdent. L'éternité non successive ou simultanée, au contraire, ne peut se concevoir que comme la suppression de toute succession. Elle a été définie par Boëce : lntei minabilis vitx Iota sirnul et perfecta possessio l.

On admet plus communément l'éternité non successive, pour plusieurs raisons : 1° parce que l'idée de succession suppose un commencement, et que l'idée d'éternité l'exclut au contraire ; 2° parce que la succession ne se comprend que dans les êtres qui reçoivent ou qui perdent quelque chose dans leurs modifications et dans leur état. D'un autre côté, on objecte, contre cette opinion, qu'elle est inintelligible et contraire aux idées ordinaires. Mais, peut-on dire, l'éternité successive se comprend-elle bien davantage ? Conçoit-on qu'une succession infinie ait pu s'écouler et arriver à un terme, savoir, le moment présent ? Quoi qu'il en soit, tout en jugeant l'éternité simultanée plus probable, on doit se rappeler qu'une question de cette nature dépasse nécessairement la portée de l'esprit humain.

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