‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 139 sur 243 · DU MAL · texte numérisé non relu

DU MAL

Les maux physiques qui affligent l'humanité, le mal moral qui la souille, en un mot, les imperfections, les vices et les misères de toute espèce ont paru à quelques philosophes , inconciliables avec la Providence d'un Dieu infiniment bon, sainl, juste et sage, et en général, avec Vin finie perfection de Dieu. Les manichéens, hérétiques qui datent du troisième siècle, admettaient, pour rendre raison des biens et des maux, deux principes formateurs du monde : l'un bon et auteur du bien, l'autre mauvais et cause du mal. Bayle a rassemblé dans son Dictionnaire, à propos du manichéisme , les objections qui tendent à établir que l'existence du mal est inconciliable avec les perfections de Dieu. C'est principalement pour le réfuter que Leibnitz a composé sa Thèodicèe. Nous allons prouver, en répondant aux objections, que l'existence du mal peut se concilier avec la providence d'un Dieu infiniment parfait.

On distingue deux sortes de mal : le mal physique et le

.mal moral. Le mal physique s'attaque en quelque sorte au physique des êlres; il se divise en trois classes : 1° les peines ou douleurs de toute espèce ; 2° les accidents ou désordres de la nature, source de malheurs pour l'humanité; 3° l'imperfection et l'inégalité de perfection des êtres. Le mal moral constitue celui qui le commet dans un état de culpabilité : c'est le mal de faute ou le péché. Le mal qui consiste dans l'imperfection de noire nature portait précédemment le nom de mal métaphysique ou mal dénature ; mais cette désignation n'est plus guère usitée aujourd'hui.

Page 1