DIVISIONS DE LA CONSCIENCE MORALE
La conscience, considérée en elle-même d'une manière générale, ainsi qu'on l'a vu précédemment, se conçoit comme une lumière naturelle de notre âme ; considérée dans l'application actuelle que nous en faisons à tel ou tel cas en particulier, on la définit : un jugement, pratique qui nous dicte ce qui est à faire ou à éviter.
Les moralistes distinguent une conscience vraie et une conscience fausse ou erronée, soit vinciblement, soit invinciblement, une conscience certaine et une conscience dou-
tei ise, une conscience probable et une conscience improbable. Chacune de ce? distinctions donne lieu de poser des principes et d'assigner des règles à l'aide desquels on se forint' la conscience pour les divers cas qui se présentent dans la conduite de la vie ; mais ces questions appartiennent plus spécialement a la thio ogie morale, où on leur donne tous les développements nécessaires : c'est pourquoi nous n'avons pas cru devoir y insister.
§11. De la loi morale.
On distingue dans l'ensemble des êtres dont se compose l'univers deux sortes de lois : les unes sont des lois physiqws, ce sont celles qui régissent les êtres physiques ou dépourvus de liberté ; les autres, qui régissent les êtres libres, sont des lois morales.
Il existe entre les êtres des rapports d'une infinité de sortes. Ceux de ces rapports qui se fondent sur l'ordre moral, sur le bien moral, c'est-à-dire les rapports moraux. comprennent des droits, et. par une corrélation naturelle, des devoirs. Le Créateur a des droits naturels sur ses créatures ; de ces droits naissent les devoirs de l'homme envers son auteur, ainsi qu'envers lui-même et envers ses semblables. En effet, Dieu a le droit d'exiger de l'homme qu'il conforme sa conduite aux règles prescrites par la saine raison ; et c'est une obligation pour l'homme de se soumettre à la volonté divine Du droit absolu de Dieu dérivent des droits qu'ont les hommes les uns à l'égard des autres ; à ces droits répondent des devoirs. Ainsi, c'est un devoir pour chaque homme de ne poit t porter atteinte aux droits qu'ont tous les hommes d'être respectés dans leur vie, dans leurs biens, dans leur liberté, dans leur honneur
Les droits naturels des êtres se fondent sur l'ordre
absolu, sur l'éternelle raison, sur l'essence même des
choses : porter atteinte à ces droits, c'est troubler l'ordre
minettre un attentat contre la raison : c'est donc agir
eu sensinverse de <i->\ni doit être l'ait, c'est faire défaut au