‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 153 sur 243 · DIVISIONS DE LA CONSCIENCE MORALE · texte numérisé non relu

DIVISIONS DE LA CONSCIENCE MORALE

aux ilotes, et, en particulier, leur assassinat, étaient une extension abusive et cruelle du droit de vie et de mort que les vainqueurs avaient, par l'usage, sur les vaincus. On eût regardé comme un crime de traiter de la même manière les citoyens de Sparte Les sacrifices de victimes humaines n'empêchaient pas les peuples qui les autorisaient de regarder l'homicide comme un crime. Seulement, dans certaines circonstances, ils croyaient les immolations humaines permises ou même commandées par les dieux. Quant aux peuples anthropophages, la nature humaine est tellement dégradée chez eux, qu'il suffirait de répondre que ce n'est point là qu'il faut chercher ce qui est naturel à l'homme. Cependant, quelque dégradés qu'ils soient, ils reconnaissent, comme les autres hommes, la plupart des principes fondamentaux de la morale. Ceux qui faisaient périr leurs parents cassés par l'âge agissaient ainsi pour leur épargner les incommodités de la vieillesse : c'était un acte barbare, sans aucun doute ; mais cela n'empêchait pas que dans toute autre occasion ils ne se crussent tenus à remplir les devoirs de la piété filiale.

De toutes ces explications, il résulte visiblement que, pour ce qui concerne les faits cités dans l'objection, les différences entre les nations ne portent que sur certaines conséquences éloignées des premiers principes de la loi naturelle, ou sur l'application de ces principes, et non sur les principes eux-mêmes.

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