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CULTE INTÉRIEUR

rendu. Dieu, étant présent à nos pensées les plus intimes, peut être honoré par des actes purement internes; par conséquent, il doit l'être, et un culte intérieur lui est dû, comme on va d'ailleurs le prouver.

Le culte intérieur envers Dieu, ou le culte qui réside dans l'âme, consiste principalement dans Vadoralion, l'amour, la prière, Yaction de grâces. Or c'est un devoir pour l'homme d'adorer Dieu, de l'aimer, de le prier, de lui rendre grâces.

1° Nous sommes tenus d'adorer Dieu. En effet, la droite raison exige que nous rendions hommage à l'infinie perfection de Dieu, et que nous reconnaissions son souverain domaine sur toutes choses : or c'est ce qu'exprime le mot adorer.

2° Nous sommes tenus d'aimer Dieu. Il nous adonné la faculté d'aimer, et en même temps il se présente à nous comme un être infiniment aimable, duquel découle tout ce qu'il y a de bon et d'aimable dans les créatures.

3° Nous sommes tenus de prier Dieu ; car il est dans la nature de l'homme, lorsqu'il se trouve dans une situation périlleuse ou dans une extrême indigence, d'implorer l'assistance de ceux qui ont le pouvoir et la volonté de le secourir. Or telle est précisément notre situation, dans la vie présente, à l'égard de Dieu, et, comme Dieu exige de nous ce qui est conforme à notre nature d'être raisonnable, il s'ensuit que nous sommes tenus de le prier.

4» Nous sommes tenus de rendre grâces à Dieu ; autrement il y aurait de notre part ingratitude envers notre souverain bienfaiteur.

Première objection. — On ne peut soutenir que ce qui est indigne de Dieu soit une obligation de l'homme envers Dieu. Or tout culte rendu à Dieu par l'homme est indigne de Dieu ; car il n'y a aucune proportion entre l'infinie perfection de Dieu et l'honneur que peut lui rendre un être aussi imparfait que l'homme : donc on ne peut soutenir que le culte divin soit une obligation pour l'homme.

Réponse. 1" Ou nie la mineure. On prouverait, par un

raisonnement semblable, qu'il était indigne de Dieu de créer le monde, et qu'il l'est aussi de le gouverner. Mais, d'ailleurs, ce que la droite raison approuve et prescrit ne peut être indigne de Dieu.

On distingue la preuve de l'antécédent. Il n'y a aucune proportion d'égalité, on l'accorde ; de correspondance, on le nie. En effet, l'âme est douée de facultés qui peuvent avoir Dieu pour objet, par exemple la faculté de connaître, celle d'aimer, etc.

Seconde objection. — Le culte intérieur consiste surtout dans la prière. Or la prière (entendue dans le sens de demande) est une chose inutile ou môme répréhensible; car, si ce que nous demandons est dans l'ordre, Dieu nous l'eût donné sans que nous l'eussions demandé ; dans le cas contraire, notre demande est impie : donc le culte intérieur, dans ce qui le constitue principalement, savoir, la prière, est inutile, etc.

Réponse. On nie la mineure et la première partie de sa preuve. En effet, Dieu n'est pas tenu de donner à ses créatures tout le bien possible, et il a pu régler qu'il accorderait un grand nombre de ses dons, à condition de la prière bien faite ; c'est ce que suppose évidemment l'accord unanime du genre humain, qui a toujours prié. On conçoit, du reste, plusieurs raisons de la prière; c'est un hommage que Dieu exige de nous comme une reconnaissance de notre dé pendance, c'est un moyen de communication entre Dieu et l'homme, c'est ce qui entretient le plus efficacement en nous la pensée de notre Créateur; car, étant absorbés comme nous le sommes par les choses sensibles, nous serions exposés à l'oublier bientôt, si le sentiment de nos besoins ne nous reportait sans cesse vers lui. Quant à la seconde raison alléguée dans la mineure, il suffit de faire remarquer que la demande de quelque chose qui ne serait pas dans l'ordre ne serait pas un acte de culte intérieur.

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