‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 169 sur 243 · CULTE EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

CULTE EXTÉRIEUR

CCLTE EXTERIEUB.

Le culte extérieur n'est autre chose que le culte intérieur rendu sensible par des actes extérieurs.

L'homme doit à Dieu un culte extérieur : car, 1° l'homme est formé de deux substances, et comme ces deux substances, avec leurs facultés respectives, sont l'ouvrage de Dieu, il est évident que l'homme en doit faire hommage à Dieu. Or un hommage convenable du corps ne se comprend pas bien sans le concours du corps, c'est-à-dire sans un culte extérieur ; 2° nous sommes constitués de telle sorte, que nous manifestons naturellement par des signes extérieurs les sentiments de notre âme, pour peu qu'ils aient d'intensité et de vérité. Or notre âme doit éprouver de vifs sentiments de religion à l'égard de Dieu : donc ces sentiments doivent se manifester, et ils se manifestent effectivement à l'extérieur, ainsi que le prouve la pratique universelle.

Première objection. — Dieu est esprit, et doit être adoré en esprit et en vérité J : donc il suffit de l'honorer par un culte intérieur.

Réponse. On nie la conséquence. On peut bien sans doute conclure de l'antécédent qu'un culte extérieur ne peut plaire à Dieu, s'il n'est joint au culte intérieur, mais nullement que l'on ne doit point à Dieu de culte extérieur ; car le culte extérieur est une conséquence naturelle du culte intérieur, ainsi qu'on vient de l'expliquer.

Seconde objection. — Le corps n'est capable ni de mérite ni de démérite : donc le culte extérieur ne peut être une obligation pour l'homme.

Réponse. On nie la conséquence. Si le corps est incapable de mérite ou de démérite, l'âme, dont il est l'instrument, en est capable; et la droite raison nous prescrit de faire à Dieu l'hommage de notre être tout entier.

1 Joan., iv, 24.

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