‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 177 sur 243 · DEVOIRS ENVERS LA FAMILLE · texte numérisé non relu

DEVOIRS ENVERS LA FAMILLE

§ I. De la société domestique. — Devoirs envers la famille.

La connaissance des devoirs de l'homme dan* la famille repose sur des notions si simples du droit naturel, et elle est tellement familière à tout le monde, que nous sommes dispensé d'entrer dans de longs détails sur ce sujet. Nous nous bornerons à les indiquer brièvement.

L'homme dans la famille est fils, époux, père, maître ou serviteur.

Fils, l'homme doit à ses parents affection, respect, docilité, reconnaissance et assistance dans les besoins.

Époux, il doit à sa compagne amour, fidélité, complaisance, protection. L'homme ayant des titres incontestables de supériorité, c'est à lui qu'appartient l'autorité dans la famille, mais il doit rendre cette autorité aimable, et la partager avec son épouse, autant qu'il peut le faire convenablement.

Père, il doit à ses enfants la triple éducation physique, morale et intellectuelle qui leur convient, et ne pas négliger de leur donner le bon exemple car, s'il en était autrement, les exemples détruiraient les leçons, et il n'y aurait point d'éducation morale dans la famille.

Les différences de capacité, les chances de la fortune, et d autres circonstances, ayant fait naître l'inégalité des conditions parmi les hommes, ont donné lieu à l'état de maître et à celui de serviteur. C'est une distinction qui se rencontre souvent dans la famille, mais qui cependant n'en fait point partie essentielle. Le maît>e doit à ses serviteurs bonté, justice, soins pour le corps et pour l'âme. Le serviteur doit à son maître fidélité, zèle, discrétion et déférence.

Les rapports des instituteurs de la jeunesse avec leurs élèves doivent être calqués sur ceux des parents avec leurs enfants, car les maîtres sont les dépositaires et les représentants de l'autorité paternelle : les devoirs réciproques

MOIIALE.

soDt donc les mêmes que ceux des parents et des enfants. sauf les différences nécessaires.

§ II. De la société polit que.

La société politique, appelée aussi société civile, peut se définir: une réunion d'hommes sous le même gouvernement / ublic. Sous le nom de société politique ou civile, on comprend la cité et la nation, avec cette différence que le terme civil s'emploie plus particulièrement pour désigner ce qui concerne la cité ou la commune, et que celui de politique s'applique surtout à ce qui concerne la société en général.

1° Origine des sociétés politiques.

On ne peut douter que le premier homme ne possédât l'autorité sur la famille dont il était le père et le chef. Ses enfants eurent la même autorité sur leurs familles respectives, et ces familles formèrent de petites sociéti s qui se suffisaient d'abord à elles-mêmes. Mais bientôt il arriva que les familles isolées ne purent plus se suffire, et que pour se détendre . soit contre la perversité des autres hommes, soit contre les attaques des animaux féroces, elles éprouvèrent le besoin de se réunir pour se constituer en une même société. De là l'origine des villes et des royaumes. Celui qui était le chef de la famille la plus puissante a dû naturellement se trouver le chef des familles ainsi réunies, avec le titre de roi ou tout autre équivalent ; ou bien encore, si au milieu de ces familles réunies pour leur sûreté commune, il s'élevait un homme fort par la parole, et surtout par les actions, un homme exerçant une puissante influence sur la multitude, cet homme se trouvait être naturellement le pouvoir ou le chef de fait, et le fait ne tardait pas à être érigé en droit par le consentement tacite ou exprès des membres de cette société naissante. Ce penchant naturel de la plupart des hommes à céder volontairement au plus puissant trouve son application dans les rapports ordinaires des hommes entre eux, et même

Page 1