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DE LA SOCIÉTÉ POL. TIQUE

généralement dans les élections et les conventions libres. On le retrouve jusque dans les jeux des enfants, dirigés par un chef quelconque.

Conformément à ces observations, l'histoire nous montre, aux époques les plus reculées, une infinité de petites sociétés politiques gouvernées par des rois. Ces populations, d'abord peu nombreuses, s'augmentèrent peu à peu, tant par leur accroissement naturel que par de nouvelles agrégations, par les conquêtes et par les traités, ce qui donna naissance aux grands empires. Plus tard, le pouvoir suprême revêtit des formes variées : le pouvoir, ordinairement héréditaire, fut quelquefois électif; aux monarchies succédèrent les gouvernements républicains. Les plus célèbres républiques de l'antiquité, Athènes, Rome, etc . avaient commencé par être des monarchies.

■2° Formes diversts du pouvoir politique.

Le pouvoir politique peut se constituer sous deux formes principales : la forme monarchique et la forme républicaine, dans laquelle domine en proportions diverses l'élément aristocratique ou l'élément démocratique.

La monarchie (de deux mots grecs, pvoç, seul, et ip/ri. domination) est une société dans laquelle un seul possède l'autorité souveraine, sous le nom de roi, empereur, etc. On distingue la monarchie absolue, où la volonté seule du monarque fait La loi. comme dans plusieurs contrées de l'Orient ; et la monarchie tempérée, où la volonté du monarque est contenne dans certaines limites déterminées. La monarchie est ordinairement héréditaire : cependant on a vu quelquefois des monarchies électives, comme en Pologne, par exemple.

La république est aristocratique ou démocratique, suivant que l'un ou l'autre élément y domine. L'aristocratie est une société dans laquelle le pouvoir est entre les mains d'une classe particulière, celle des nobles ou notables, en grec ajBioroi, comme fut longtemps le gouvernement de Venise. La démocratie, (de Sîjp»ç, peuple, et xpizoç, pouvoir)

est une société ou le pouvoir réside dans les assemblées générales de la nation, comme à Athènes, et dans d'autres républiques célèbres de l'antiquité. Certaines républiques sont constituées sous une forme dite fédérative. Les gouvernements fédératifs sont composés de plusieurs États distincts, joints entre eux par un lien fédéral. Chacun de ces Etats a son administration partiel lière, mais les affaires générales de la confédération se traitent en commun. Telle est la constitution de la Suisse; telle est celle des États- Unis d'Amérique. La forme fédérative est aussi applicable aux Etats monarchiques, comme on le voit par l'exemple de la Confédération germanique.

Cicéron , dans son traité de Republica l, s'exprime de la manière suivante sur ce qu'il y aurait de mieux dans la constitution d'un Etat : « La meilleure constitution politique pst celle qui réunit dans une juste mesure les trois principes de gouvernement, et qui est tout ensemble royale, aristocratique et populaire A Lacédémone. à Carthage, et dans

Rome même, on a vu le mélange de ces (rois formes, mais on n'en a point vu l'équilibre. » C'est cet équilibre que l'on s'efforce de réaliser dans les gouvernements modernes connus sous le nom de gouvernements représentatifs ou monarchies constitutionnelles. Cette forme de gouvernement, dont l'Angleterre a fourni le modèle, était celle de la France avant la révolution de février 18 18, qui y institua un gouvernement républicain. Quelques années après, le gouvernement monarchique était rétabli avec le titre d'Empire, par le vote de la nation. En ce moment, la France, bouleversée par des événements terribles, est encore dans l'attente d'une constitution définitive.

Si l'on s'interroge sur la bonté relative des formes de constitution politique , il faut se rappeler d'abord qu'en politique ce n'est pas le parfait qu'il faut attendre, mais seulement le moins imparfait; il faut remarquer ensuite que chacune des formes peut être jugée bonne de sa nature, qu'elle peut être en rapport avec le caractère et les besoins

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