SAINT-SIMONISME, FOURIÉRISME, ETC
Ces théories sont plutôt des systèmes d'économie sociale que de philosophie proprement dite : nous n'en dirons que quelques mots. Elles ont, il est vrai, leur métaphysique, mais cette métaphysique n'est pas autre chose qu'un écho du panthéisme d'outre-Rhin. — Le saint -simonisme, qui tire son nom du comte de Saint-Simon (1760-1825), entreprit la réorganisation de la société, en posant pour principes fondamentaux, la réhabilitation de la chair, l'émancipation de la femme, déclarée libre et l'égale de l'homme, le classement des membres de l'humanité, uniquement d'après leur capacité respective. Saint-Simon voulait amé-
liorer le sort de l'humanité au moyen de l'industrie et par l'organisation du travail ; c'est ce qui a fait donner aussi à son école le nom A.' industrialiste. Il avait écrit un livre intitulé Nouveau Christianisme •• ses disciples voulurent fonder une religion ; à cet effet, ils organisèrent un simulacre de culte, qui les couvrit bientôt de ridicule. Peu après, la division se mit parmi eux : plusieurs adeptes reculèrent devant les conséquences du système et se séparèrent du père Enfantin, le pape de la prétendue religion. Celui-ci continua ses prédications, jusqu'à ce que, poursuivi devant les tribunaux, en 1832, il se vit condamner comme coupable d'attentat à la morale publique. De ce moment la religion saint-simonienne fut dissoute ; mais les idées de la secte sont restées dans un certain nombre d'esprits. Enfantin est mort en 1864. — Charles Fourier 0772-1837), commis dans une maison de commerce, voulut aussi réformer la société à sa manière. Il crut trouver un remède au morcellement des familles dans des agrégations sociales, qu'il divisa en phalanges, d'où le nom de Phalanstère ou École phalanstèrienne que l'on donne au fouriérisme. Le mot phalanstère, dans le vocabulaire fouriériste, signifie un vaste établissement pour la réunion des adeptes. La maxime fondamentale de cette école, c'est que la morale consiste non à réprimer ses passions, mais à les développer harmoniquement ; c'est ce qu'ils appellent Y harmonie passionnelle. Les conséquences que devait amener une telle doctrine ne lui promettaient pas une longue durée. Un essai de phalanstère à peine ébauché au Texas par M. Victor Considérant, disciple de Fourier, s'est complètement dissous en 1858. Dans une brochure publiée à cette époque, il peint lui-même, avec l'accent du désespoir, les discordes irrémédiables de la colonie. On trouve dans les écrits du chef de l'école quelques vues utiles sur l'association et sur l'économie, mêlées aux idées les plus extravagantes et les plus bizarres. — Un autre utopiste, du nom de Cabet, s'était déjà avisé de tenter, en Amérique (1849 , l'application du communisme, dont il avait
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tracé les plans dans son Voyage en Icaric (c'est le nom qu'il donne à son Eldorado) ; mais son Icarie, minée par les divisions intestines, se dissipa d'elle-même en quelques années (1850).— Vn homme dont l'orgueil tenait du délire, Proudiion, mort en 1864, dans un âge peu avancé, prétendait tout refaire en prenant le contrepied de tout en toutes choses, ses maximes étaient tout l'opposé de la raison commune, par exemple : le meilleur gouvernement, c'est Vanarcliie ; la propriété, c'est le vol ; le péchè,c'est la misère, etc., sans citer des impiétés que ma plume se refuse à écrire. Un tel homme ne pouvait pas faire école ; de pareilles aberrations ne pouvaient être qu'un phénomène à part dans le monde des idées. Ses derniers écrits annonçaient des tendances moins subversives. — Dans les divers systèmes dont on vient de parler tout se réduit pour l'homme à la vie présente, tous se relient au matérialisme.
SYSTÈMES DE MÉTKMPSYCOSE.
M. Pierre Leroux, disciple de Saint-Simon, se retira de bonne heure de l'association saint-simonienne, pour se faire un système particulier ; mais il ne s'occupa guère que de philosophie spéculative. Sa doctrine est celle du progrès continu, dans une série indéfinie d'existences. Son principal ouvrage intitulé de l'Humanité, de son principe et de son avenir (I8ir>, 2* édit.), se résume dans les idées suivantes : La grande loi de l'humanité, c'est la solidarité mutwllc C\e> hommes. Celte solidarité est éternelle. La vie future ne se distingue pas ùiipcrfcclionnemcnt de l'humanité, qui progresse toujours. Les êtres humains d'aujourd'hui ont déjà vécu antérieurement et renaîtront encore plus tard indéfiniment Les individus se perpétuent au sein de l'espèce : c'était, selon l'auteur, la croyance des anciens peuples, et il en cite divers témoignages Ces idées comme on le voit, constituent un système de métempsycose, mais seulement dans l'humanité. — Il est un fait qui suffit pour
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démontrer l'inanité de ce système, c'est Y absence de mémoire des étals antérieurs. Personne ne se souvient d'avoir déjà vécu avant la vie présente, et après la mort le moi qui pense aujourd'hui ne se souviendra pas davantage delà vie actuelle : ce ne sera donc plus lui, ce sera un autre qui ne saura même pas que celui-ci a existé. Il n'y a évidemment là qu'une immortalité illusoire et équivalente à l'anéantissement du moi.
Jean PiEVNAUD, qui se rattache comme le précédent au saint-simonisme, est l'auteur d'un ouvrage qui fit sensation lorsqu'il parut. Dans ce livre intitulé Terre et Ciel (1854), on essaye de former une sorte d'alliance entre la philosophie et la religion, moyennant des explications et des concevions mutuelles, mais de la part de la religion surtout. Il est inutile d'ajouter que, malgré le talent de l'auteur, une prétention de cette nature ne pouvait pas ahoutir. L'élément astronomique tient une grande place dans cet ouvrage ; il s'y harmonise avec la question des destinées de l'homme, sujet principal du livre, J. Reynaud admet pour les âmes humaines des vies antérieures et postérieures à la vie actuelle, dans des corps qu'on peut supposer de différentes formes. Mais ce n'est pas sur la terre, comme le croit P. Leroux, que pourront s'accomplir tous les progrès de l'humanité : trop d'ohstacles s'y opposent. L'homme souffre sur cette terre en expiation de fautes commises dans une existence précédente ; s'il s'améliore par la vertu et par la science, il passera dans un monde meilleur, c'est-à-dire dans un astre différent de celui-ci, et de là dans un autre, en montant toujours, s'il continue à se perfectionner ; ou hien il descendra dans l'échelle des mondes, s'il se détériore par le vice. Telle est la vie future, tel est le ciel, comme l'entend J. Reynaud. — Cette immortalité planétaire n'est pas moins illusoire que l'immortalité terrestre de P. Leroux, pour les mêmes raisons (voir ci-dessus). Le manque de souvenir des vies passées désole J Reynaud ; il tâche de se persuader que la mémoire « se ravive sans cesse de monde en monde », et que, dans la série des transmigrations, il
doit venir un temps où certaines âmes au moins se rappellent leur vie antérieure. Mais comment partager cette illusion, lorsqu'on' sait que la moindre lueur d'un pareil effet n'a pas même commencé à poindre chez aucun homme ?
2" École positiviste.
L'école dite positive ou positiviste, transformée un moment en religion positiviste, a eu pour fondateur Auguste Comte (1798 - 1857), l'un des premiers adeptes de Saint- Simon. Comte a d'abord exposé sa doctrine dans un long traité de Philosophie, oh il s'efforce de rendre raison des phénomènes moraux et sociaux suivant les lois des explications scientifiques. Par exemple, il en est, dit-il, de nos actes libres exactement comme de la chute d'une pierre, dont la liberté se manifeste en cheminant, selon sa nature, vers le centre de la terre, avec une vitesse proportionnelle au temps. Un caractère qui domine tous les autres clans cette philosophie, c'est V élimination de l'absolu. Mais, fautil dire, cette élimination n'est possible qu'en paroles. Quand les positivistes jugent du mérite des actions humaines, que font-ils autre chose que d'appliquer, comme tout le monde, les notions du juste et de l'injuste, notions immuables, universelles, absolues, puisqu'elles sont indépendantes de tels ou tels actes variables, particuliers et relatifs ? N'admettent-ils pas aussi par exemple, Y immensité, c'est-à-dire l'espace absolu? N'entrent-ils pas forcément, par les mathématiques, dans cet absolu qu'ils rejettent ? Peuvent-ils nielles premiers principes, tels que le principe de l'identité, le principe de la contradiction, etc. —Les positivistes entrèrent promptement dans la voie des applications pratiques, mais ce fut leur écueil. Les commencements de cette nouvelle phase datent de la publication d'un ouvrage d'A. Comte, intitulé: Système de politique positive ou Traité de sociologie inslituanl la religion de l'humanité. Au sens de l'auteur, l'humanité est le degré supérieur de l'animalité. Or, YHumanilè, c'est ce qu'il appelle le Grand-Etre, objet de
sonidolâtrie humanitaire. L'humanité prise dans son ensemble se décompose en deux grandes classes d'êtres, les vivants, appelés population objective, parce qu'ils ont une existence réelle, et les morts, appelés population subjective, parce qu'ils n'existent que subjectivement, c'est-à-dire dans la pensée des vivants. Il n'y a pas d'autre immortalité dans ce système que cette vie subjective, qui n'est pas autre chose qu'un souvenir. L'espace nous manque pour faire connaître les bizarreries du culte positiviste. Un grand nombre des disciples d'A. Comte refusèrent de le suivre dans celte voie, et la religion positiviste s'éteignit bientôt d'elle-même. — Le nom le plus remarquable de Vècole positiviste est celui de M. Littré, connu par ses travaux philologiques ; ce fut pour A. Comte un précieux auxiliaire, qui corrigeait la pesanteur de style et les excentricités du chef; mais le maître et le disciple ne s'entendirent pas longtemps.
Si le positivisme est mort comme religion et comme culte, ses doctrines subsistent toujours, et elles se sont même reproduites, en partie, avec des nuances diverses, dans plusieurs écoles qui se sont formées sous différentes dénominations dans ces derniers temps.
3° École critique.
Cette école est représentée en France par M. Ernest RENAN. La critique dont il s'agit ici n'est point, comme on l'a entendu de tout temps, cette sage et judicieuse appréciation des choses qui démêle le vrai du faux, c'est une critique dissolvante qui ne laisse rien subsister.
Il ne faut pas attendre de M. Renan une philosophie bieu originale. Cet écrivain est plutôt un artiste de style qu'un philosophe proprement dit. D'abord il relève de Kant, puis il dérive jusqu'à Hegel. Dans ses Études d'histoire religieuse, on trouve le Dieu subjectif de l'école germanique. Dieu, y est-il dit, est « la catégorie de l'idéal, c'est-à-dire la forme sous laquelle nous concevons Y idéal. » Dans un ouvrage récent [Y Avenir des sciences naturelles), l'auteur
modifie cette pensée en disant, d'après Hegel, que Dieu est immanent dans tous les êtres de l'univers, mais avec une conscience inégale de lui-môme : c'est dans l'homme, surtout dans l'homme de génie, qu'il a cette conscience au plus haut degré. Toute la doctrine philosophique de M. Ilenan se ramène à la distinction fondamentale de la spontanéité, qui produit les religions, et de la réflexion, qui engendre la philosophie et la critique. Un des caractères les plus frappants de cet écrivain, c'est le vague et l'inconsistance des idées. Il y a un contraste surprenant entre ses opinions qui, au fond, sont toutes négatives, et le sentiment religieux qui se manifeste en divers endroits de ses écrits. Les contradictions d'ailleurs n'y sont pas rares. Ainsi, par exemple, il dit quelque part {Avenir de la métaphysique) : « Dans lanature et l'histoire je vois mieux le divin que dans des formules abstraites de Théodicée » ; et à la distance d'une page, il affirme que « c'est le sentiment seul, le sentiment moral, qui révèle Dieu », et que u c'est s'abuser que de demander la divinité à l'expérience. » Un juste reproche qu'on adresse à la philosophie critique contemporaine, c'est celui de discuter beaucoup sans rien conclure d'une manière précise.
Il n'entre pas dans notre cadre déparier du dernier ouvrage qui a fait tant de bruit autour du nom de M. Renan. On sait du reste que les réfutations ne lui ont pas manqué.
Quoi que l'on puisse penser de la distinction de raison spéculative et de raison pratique imaginée par Kant, il peut être utile de rappeler que ce philosophe, le vrai père de l'école critique, malgré les alliages qui s'y mêlent, prenant pour point de départ le concept d'une fin d'où résulte le devoir, réalité devant laquelle s'arrête sa critique, établit comme un triple corollaire inséparable de la vérité du devoir: Dieu, la liberté, ['immortalité, d'après l'idéal de l'harmonie universelle..
4,J Empirisme mixte ou Naturalisme renouvelé.
Ce qui domine dans la philosophie de M. Renan, c'est la critique pure, ou autrement de raison pure; dans M.. Taine, c'est ïa critique positive, c'est-à-dire la critique qui assimile, quant à la méthode, la littérature, l'histoire, etc., aux sciences exactes, comme lorsqu'il décrit, par exemple, l'ordre mathématique de nos jugements et de nos sentiments moraux. En somme, la philosophie de M. Taine est une sorte de renaissance An Naturalisme du dix-huitième siècle, modifié par les idées qui ont eu cours depuis et par les données acquises de la science. Il a la prétention de nous élever à la vraie notion de la Nature.
M. TAINE a commencé par la polémique, dans son livre sur les Philosophes français; mais, bien qu'il s'y trouvât aussi de la philosophie sérieuse, c'était surtout de la philosophie amusante, semée de plaisanteries, d'un goût plus que douteux parfois. Il s'agit ici seulement de ses doctrines. — Les études philosophiques de M. Taine portent principalement sur les existences et les origines. R répète làdessus avec tous les partisans de Y empirisme que tout se résume dans les mots expérimenter elonolyser: l'expérience donne les faits; et l'analyse, les lois, et les rapports des laits. En excluant ainsi de la connaissance humaine tout élément rationnel ou à priori, il ouhlie que les notions de parfait, d'infini, celles de bien et de mal moral, celle de devoir,etc , ne sortent pas de l'analyse des faits eux-mêmes, mais que ce sont des conceptions de hraison. — Les positivistes croient que les causes sont inaccessibles à l'esprit humain; M. Taine en diffère en ce qu'il affirme que les causes sont enfermées dans les faits et peuvent en être dégagées par Yabstraclion, ce qui équivaudrait à la suppression de la notion de causes distinctes des faits. Ces idées se trouvent dans l'ouvrage intitulé Positivisme anglais, Étude sur Edouard Mill. Mais, par exemple, lorsqu'on voit un peintre travailler à un tableau, ce que peut dégager
l'abstraction, cène sont, d'un côté, que les couleurs, les formes, etc.; de l'autre, les actes du peintre : voilà tout ce qu'enferment les faits. Cependant la raison n'y voit pas seulement une suite de faits ; elle conçoit la volonté du peintre comme étant la cause de ce qui se produit : la preuve en est qu'il dépend de cette volonté que le tableau s'achève ou qu'il demeure inachevé. Evidemment il y a là une notion qui ne s'extrait pas des faits. On en pourrait multiplier les exemples. M. Taine a écrit une Histoire de la littérature anglaise, avec talent sans doute, mais en forçant les faits pour les adapter à ses vues systématiques. Pour lui l'histoire n'est qu'un problème de mécanique: il y dislingue trois forces primordiales, la race, le milieu, ïemoment, qui agissent par une suite d'impulsions fatales, produites par des ressorts primitifs, et par un mécanisme intérieur d'où résulte la civilisation. C'est comme on le voit un fatalisme tout mécanique dans l'histoire.
5° La Métaphysique et la Science : système oV idéalisme.
M. Vàgherot est l'auteur d'un ouvrage intitulé la Métaphysique et la Science, qu'on peut considérer comme un résumé du mouvement philosophique qui s'est produit sur l'idée de Dieu depuis quelques années ; mais il a la prétention d'avoir une philosophie à lui, indépendante des autres systèmes. Il débute, il est vrai, par la critique, mais il ne s'y arrête pas, il veut fonder quelque chose. L'idée positiviste nie la métaphysique, ou l'élément purement rationnel ; M. Vachcrot rejette, il est vrai, l'ancienne métaphysique, mais il maintient fortement la métaphysique telle qu'il la conçoit. Il croit se séparer du panthéisme par la distinction de monde réel et de monde idéal; cependant il faut dire que ce n'est de sa part qu'une distinction purement logique, ou de pure forme, qui n'empêche pas l'identité substantielle. — Voici quelles sont ses propres idées. L'idée de Dieu est au fond une idée positive : elle s'obtient par une opération complexe, qui consiste dans une
abstraclionet une synthèse. Les conceptions de l'être, del'infini, de l'absolu, sont impliquées dans celles du phénomène, du fini, du relatif, etc. L'abstraction dégage ces conceptions rationnelles des notions empiriques, auxquelles chacune correspond. La synthèse réunit ces conceptions dans un seul être. Cet être, c'est Dieu. L'être universel peut être envisagé sous deux aspects : dans sa réalité et dans son idée. Sous le premier aspect, c'est le monde doué d'une activité immanente, qui est le principe de tout ; sous le second, c'est Dieu : Dieu est l'être parfait, mais il n'existe que dans l'idée. On se demande en quoi un tel être diffère de l'Être- Néant de la philosophie hégélienne.
Une telle philosophie ne peut prendre racine dans l'humanité: elle est repoussée à la fois par le simple bon sens, par la raison, par les instincts conservateurs du genre humain. L'identité de Dieu et du monde, qui équivaut à la négation de Dieu, fait le fond de ce système, malgré la distinction purement verbale d'idéal et de réel; or cette identité, toujours supposée sans preuves, aurait besoin d'être démontrée, pour avoir raison des lois constantes de notre nature. — Si l'on supprime l'action d'une cause intelligente, rien n'est concevable que l'irrégularité, l'accident, le désordre ; et cependant les proportions et l'harmonie des parties de l'univers éclatent de toutes parts. Les relations des êtres qui constituent le plan du monde ne peuvent être comprises que par un suprême effort d'intelligence; ce faitlà seul ne nous montre-t-il pas la souveraine intelligence qui est empreinte dans la constitution des êtres. Dans ces nouveaux systèmes tout se passe au rebours du sens commun. Jusque-là on avait cru qu'une œuvre bien ordonnée venait d'un ouvrier habile ; à présent il faudrait croire qu'une œuvre, inintelligente et aveugle dans le premier moment, devient intelligente dans le second moment, alors que le chef-d'œuvre est déjà fait. Ne serait-ce pas <• rame si l'on disait que c'est l'œuvre elle-même qui a créé J artiste. Voilà où conduit une prétendue logique de mois et de formules creuses.
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