‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 23 sur 243 · DE L'ENTENDEMENT OU DE L'INTELLIGENCE · texte numérisé non relu

DE L'ENTENDEMENT OU DE L'INTELLIGENCE

L'homme ne se borne pas à sentir, mais encore il sait qu'il sent ; il a aussi le pouvoir de savoir quïl sait, de connaître qu'il connaît, et, quand il exerce son activité, de connaître qu'il agit et qu'il veut. Outre les phénomènes de l'âme ou du monde interne, l'homme connaît encore les objets placés hors de lui, ou le monde externe. La faculté de connaître se nomme entendement ou intelligence, et les phénomènes qui offrent le caractère de connaissance se désignent sous le nom d'intellectuels. La faculté de connaître, considérée dans un mode supérieur de connaissance, prend plus spécialement le nom de raison. Les phénomènes intellectuels se nomment idées, notions, perceptions, jugements, raisonnements, etc., et constituent ce que l'on appelle proprement la pensée. Le mot de pensée, bien qu'il s'emploie aussi pour signifier en général l'ensemble des phénomènes de l'âme, quels qu'ils soient, désigne néanmoins plus particulièrement ceux de l'intelligence.

GOUKS DE l'H. 3

Le l'ait do connaître, entendu dans son sens le plus complet, comprend trois choses : percevoir ou concevoir des notions, croire que ces notions correspondent à des réalités, et enfin faire durer et conserver en nous les notions et les croyances; c'est-à-dire que la connaissance proprement dite a pour complément la croyance et la mémoire.

Tout ce qui tombe sous la connaissance humaine ne peut élre que le moi et le non-moi ; il n'y a pas de milieu possible. De là est venue la distinction de nos connaissances en subjectives et en objectives, c'est-à-dire connaissances du subjectif et connaissances de l'objectif. Toutes les notions que l'âme acquiert sur elle-même s'appellent subjectives, parce qu'elles portent sur le moi, qui est lui-même le sujet pensant. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que ces notions sont aussi objectives, sous un rapport, puisque dans l'observation psychologique le sujet pensant est en même temps l'objet de la pensée. Voir plus haut (p. 20). Toutes les notions que l'âme acquiert sur ce qui n'est pas elle, c'est-à-dire sur le non-moi tant matériel qu'immatà-iel, prennent le nom d'objectives, parce qu'elles se rapportent à des choses qui ne sont pas le sujet pensant, mais seulement l'objet de la pensée.

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