‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 58 sur 243 · PHÉNOMÈNE DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNE DE LA VOLONTÉ

lation est simplement le désir de devenir égal ou supérieur à d'autres ; si l'on cherche à ahaisser les autres pour se trouver ainsi au-dessus d'eux, c'est de Venvie. — 4° Le désir de pouvoir. Dans la première période de la vie, on se plaît surtout à montrer sa puissance physique; plus tard, lorsque les qualités physiques ont perdu de leur activité et de leur vigueur, on aime davantage à donner des preuves de sa capacité intellectuelle. La plus grande marque de force, c'est d'être maître de soi-même. — Joignez à ces principes le désir du bien, le désir du vrai, le désir du beau, etc. , puis les désirs artificiels, par exemple, le désir de l'argent.

3° Les affections. On en distingue de deux sortes, les affections bienveillantes et les affections malveillantes : par les unes, on est affecté de manière à vouloir du bien à ses semblables; par les autres, on se sent affecté d'une manière toute contraire. Les principales affections bienveillantes sont Yamour de l'humanité en général, les affections de famille, Yamitié, la reconnaissance, la pitié. La haine, Venvie, le ressentiment, la vengeance, la misanthropie, doivent se compter au nombre des affections malveillantes. Les affections bienveillantes sont accompagnées d'une émotion agréable, tandis qu'un effet contraire se fait sentir dans le cas des affections malveillantes. Il est à peine nécessaire de faire observer que la saine morale nous fait un devoir de réprimer nos affections malveillantes.

4° V habitude. Lorsque nos actes, soit instinctifs, soit volontaires, sont fréquemment réitérés, nous contractons naturellement une disposition particulière qui nous porte à reproduire les mômes actes, et qui nous en facilite l'exécution. Cette disposition ou aptitude acquise, mais devenue comme naturelle, est ce qu'on nomme Y habitude. C'est par l'habitude que s'explique cette facilité d'exécution, source de tant de merveilles que l'on admire dans les hommes qui se sont appliqués d'une manière spéciale, soit aux arts mécaniques, soit aux sciences, soit à la littérature et aux beaux-arts. Il y a dans l'homme au point de vue

moral , de bonnes* habitudes qu'il ne faut que régler et maintenir, et de mauvaises habitudes qu'il est nécessaire de corriger.

Les principes que nous venons d'indiquer se lient intimement à la morale ; la direction que l'homme doit donner aux penchants de sa nature, pour les assujettir a la raison et à la règle du devoir, est une des questions qui ont le plus exercé les moralistes de tous les temps. On trouvera dans la Morale les explications qui se rattachent à ce sujet.

Les circonstances extérieures, qui influent sur la volonté, sont les mille incidents de la vie, qu'il serait impossible d'énumérer, mais que chacun devine aisément d'une manière générale.

Il ne faut pas omettre de mentionner ici l'action de la Providence divine sur les actes humains ; on en parlera dans la Théodicée.

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