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PHÉNOMÈNE DE LA VOLONTÉ

l'on n'a pu délibérer qu'imparfaitement. Quant à l'action, elle est, en raison de la détermination, énergique, si la détermination est ferme; molle et languissante, si la détermination est vague et incertaine.

Il est bien clair que la volonté, telle qu'on vient de l'expliquer, doit s'entendre dans le sens de volonté libre, puisque toute délibération suppose évidemment la liberté, attendu qu'il serait absurde de mettre en délibération ce qui serait absolument nécessaire.

Pour distinguer dans la volonté la faculté d'avec l'acte, on restreint le mot de volonté à la faculté, et l'on donne à l'acte le nom de volition.

C'est par la volonté que l'on reconnaît la causalité du moi; c'est en voulant, que l'âme se conçoit comme une cause qui a conscience d'elle-même, de son action, ainsi que du pouvoir d'en diriger l'exercice. La volonté se manifeste en nous comme un pouvoir qui nous est personnel, et nous donne le caractère le plus décisif de notre personnalité. C'est par notre personnalité que nous nous distinguons de ce qui n'est pas nous. « Cette distinction, dit M. A. Garnier1, existe déjà dans la conscience involontaire. Mais, quand la volonté est intervenue, le moi se distingue plus profondément encore du non-moi, tant par la clarté de ses connaissances que par son impérissable liberté. »

Circonstances' oui influent sur la volonté. — Dans la production du phénomène volontaire, on remarque certains faits accessoires qui ne sont pas le phénomène luimême, mais qui le précèdent ou l'accompagnent, et peuvent contribuer à la détermination de la volonté. C'est ce que l'on appelle les circonstances de la volonté. Ces circonstances sont de deux sortes : les unes intérieures, les autres extérieures.

Les circonstances intérieures sont certaines tendances ou dispositions, la plupart naturelles, quelques-unes acquises. Ces dispositions, considérées en elles-mêmes, appartiennent

1 Précis d'un cours de psychologie, p. 129.

en général à la sensibilité par leurs caractères dominants : si on les considère comme mobiles de nos actions, ce sont des principes actifs qui se développent en nous d'euxmêmes ou sous l'influence des circonstances extérieures. Tels sont:

1° Les appétits, dont voici les caractères : ils tirent leur origine du corps ; ils ne sont pas continus, mais périodiques; ils sont accompagnés d'une sensation que l'on se sent porté à faire cesser. Outre les appétits naturels, comme la faim, la soif, il en existe de factices, par exemple, le goût des liqueurs enivrantes.

2" Les désirs. Ils se distinguent des appétits en ce qu'ilsne tirent pas leur origine du corps, en ce qu'ils n'agissent pas périodiquement et à certains intervalles. On compte parmi les principes les plus remarquables de cette classe : 1° le désir de connaissance, ou principe de curiosité. Dans les premières années de la vie, le désir de connaître s'attache principalement aux propriétés des objets matériels dont nous avons besoin pour la conservation de notre existence. Plus tard, ce penchant de notre nature prend des directions diverses, soit d'après les circonstances, soit d'après les dispositions particulières de chaque individu. De là naissent pour la société les avantages qui résultent de la division du travail. — 2° Le désir de société. Il existe dans l'homme, indépendamment de toute affection et de tout intérêt, uu sentiment naturel et instinctif qui le porte à se rapprocher de ses semblables ; si l'homme est privé longtemps de la société de ses semblables, une impression de vague terreur et de sombre tristesse s'empare ordinairement de son âme. On a pu se convaincre de l'importance de cette loi de notre nature, par l'état misérable où l'on a trouvé quelques individus qui étaient restés longtemps isolés de la société humaine. — 3° Le désir d'estime et le désir de supériorité. Ces principes, en se combinant, donnent lieu à l'amour de la gloire, qui est souvent plus fort que l'amour même de la vie. Le désir de la supériorité, quand il est bien réglé, n'est pas autre chose que le principe de V émulation. L'ému-

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