‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 67 sur 243 · DES ANGES · texte numérisé non relu

DES ANGES

tion : Angelorum vocabulum r.omen est officii, non natursex. Cependant l'usage est de donner aux esprits célestes le nom d'Anges, pour les désigner, soit dans leurs fonctions, soit dans leur nature.

Parla raison seule, nous concevons clairement la possibilité des anges, et nous trouvons un motif de croire à leur existence dans les traditions et les croyances du genre humain. Toutes les nations, et une grande partie des philosophes, spécialement l'école de Socrate et de Platon, ont reconnu l'existence de démons ou de génies qui influent sur les choses de ce monde. Le paganisme admettait certaines divinités subalternes, les unes favorables, les autres contraires à l'homme, ce qui semble n'être que la notion défigurée des bons et des mauvais anges. Les apparitions, les messages célestes, les oracles, font partie des doctrines religieuses de presque tous les peuples. Ces croyances universelles ont fait dire à Bossuet» : « Quand je vois dans les prophètes, dans l'Apocalypse et dans l'Évangile même, cet ange des Perses, cet ange des Grecs, cet ange des Juifs, l'ange des petits enfants, qui en prend la défense devant Dieu contre ceux qui les scandalisent, l'ange des eaux, l'ange du feu et ainsi des autres; et quand je vois parmi tous ces anges celui qui met sur l'autel le céleste encens des prières ; je reconnais dans ces paroles une espèce de médiation des saints anges ; je vois même le fondement qui peut avoir donné occasion aux païens de distribuer leurs divinités dans les éléments et dans les royaumes pour y présider, car toute erreur est fondée sur quelque vérité dont on abuse. »

Mais ensuite si l'on se demande quelle est précisément la nature des anges, quelles sont leurs qualités et leurs fonctions, quel en est le nombre, où ils sont, de quelle manière ils sont en rapport avec nous, comment les uns sont devenus mauvais, tandis que les autres sont restés bons, ce ?ont au-

1 Saint Grégoire le Grand, Flom. xxxiv, in Ev. * Préfare. sur l'Apocalypse, n" 27.

tant de questions purement théologiques, sur lesquelles la philosophie n'a rien à dire.

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