ÉTATS
HYGROMETRIQUES.
KO
436. Dissolutions employées par Sf. Régnault.: — M. Régnault s'est
servi, dans le même but, d’acide sulfurique à différents degrés de concentration ; il a publié des tables, qui donnent, pour chaque solution acide de composition bien définie, la force élastique de la vapeur émise aux températures comprises entre 5° et 33° centigrades. Avec ces données, chaque observateur peut, en se servant de dissolutions identiques à celles de M. Régnault, construire lui-même la table de l’hygromètre à cheveu qu’il emploie, sans être obligé de faire les déterminations directes des forces élastiques des vapeurs. Il peut, en outre, omettre de fixer le 0 ou le point de sécheresse extrême qui entraîne, comme nous savons, de graves altérations du cheveu. A cet effet, après avoir tracé sur son cadran une graduation arbitraire, il déterminera, à l'aide des solutions, dont la composition est indiquée par M. Régnault, les états hygrométriques correspondant aux divisions tracées sur l’échelle de son instrument. ^
437. Résultat* générons. — Comparabilité des hygromètre*. — Gay-Lussac avait obtenu les éléments de la table hygrométrique, en opérant à la température de 10°. Melloni et M. Régnault ont construit aussi des tables du même genre, en se plaçant à des températures plus élevées: quoique leurs résultats diffèrent un peu de ceux de Gay-Lussac, on peut admettre cependant que la correspondance entre les degrés de l’hygromètre et les tractions de saturation est constante, quand on se
H VtiROMÉTKIE.
lient dans les limites des températures habituelles de l'atmosphère.
438. Il ressort aussi de l'étude attentive des hygromètres à cheveu faite par M. Régnault, que des instruments, construits avec des cheveux d’origine diverse, ne sont jamais absolument comparables, quoiqu’ils aient été gradués de la même manière. Placés en même temps dans la même atmosphère, ils donnent des indications différentes : cependant les différences ne sont pas très-grandes. En outre, quoique le cheveu soit, parmi les substances organiques, une de celles qui se maintiennent le plus longtemps sans altération, cependant il éprouve, à la longue, des modifications telles que, replacé dans les mêmes conditions d’humidité, il ne reprend pas exactement la même longueur; en un mot, l’instrument ne demeure pas absolument comparable à lui-même. Concluons de là que l'hygromètre à cheveu, dont l'emploi est facile et commode, u’oflre d’exactitude que si chaque opérateur gradue lui-même son instrument et que s’il vérifie de temps en temps la table de correspondance qui s’y rapporte.
439. Il> k rnnH‘1 n' «le rundeimutlon. — L air reuferme-t-il une quantité de vapeur aqueuse insuffisante pour le saturer à la température, qu'il possède actuellement ? Si l’on vient à refroidir lentement une portion de cet air, tout en laissant constante la force élastique de la vapeur dissoute, on comprend qu’il doive arriver un moment, où la température sera assez basse, pour que la tension de la vapeur soit précisément la tension maxima correspondante à cette nouvelle température ; alors, la couche d’air refroidie sera saturée, et le moindre abaissement ultérieur de la température provoquera une condensation partielle de la vnpeur. En notant l’indication d’un thermomètre, plongé dans la couche, au moment oit la vapeur commence à se condenser, et en se reportant aux tables des forces élastiques maxima de la vapeur d'eau, on aura la valeur de f. Tel est le principe théorique des hygromètres de condensation.
Dans la pratique, c’est toujours une surface métallique bien polie qu’on refroidit d'une manière progressive, au contact de l’air ambiant. La surface reste d'abord brillante, puisr quand la température est descendue à un degré convenable, elle se voile suintement, et indique à l'opérateur le moment précis, oit le dépôt de rosée commence à s’effectuer. Il n’y a plus alors qu’à inscrire la température de la lame de métal sur laquelle la vapeur s’est condensée.
440. Reste à montrer que, dans les conditions que nous venons de préciser, la vapeur d’eau contenue dans la couche d’air, qui se refroidit, conserve une force élastique f invariable. En effet, dans cette couche dont la température s’abaisse, la pression totale H ne saurait changer, à cause de la communication libre avec le reste de l’atmosphère; car il faut toujours que la réaction quelle exerce fasse équilibre à la pression qu'elle subit. D’autre part, cette couche est formée d’air sec et de vn-
CM Al. K l' H.
peur non saturée se comportant comme un gaz; l’un de ces fluides, la vapeur par exemple, ne saurait éprouver la moindre variation dans sa force élastique, sans qu'une variation dans le même sens se produisit, pour le même motif, dans l'air sec, et alors la pression totale H serait modifiée; ce que nous avons dit être impossible. Chacun des deux termes de celte somme H conservera donc la même valeur, malgré l’abaissement de température, et en particulier la force élastique f de la vapeur demeurera constante, jusqu’au moment de la condensation.
44t. Hygromètre de Ihniell. — Dans l’instrument imaginé par Daniel!, c’est une boule de verre dorée B {fig. 197) qui est refroidie par l’évaporation de l’éther placé dans son intérieur. La température de la boule qui est la même que celle de l’étber est accusée par un petit thermomètre t plongé dans le liquide. La boule B communique, par l’intermédiaire d’un tube de verre deux fois recourbé, avec une seconde boule B' recouverte à l’extérieur d’une gaze fine. Avant de fermer à la lampe ce petit appareil, on a eu soin d’en expulser l’air, en faisant bouillir l’éther qui y était contenu. On voit de suite qu’en versant quelques gouttes d’éther sur la surface de B', cette boule se refroidit, la vapeur qui est contenue dans son intérieur s’y condense, et le liquide volatil distille de B vers B'. La surface de B se refroidit donc d’une manière progressive, et l’observateur peut noter l’indication du thermomètre plongé dans la boule, au moment oü cette surface brillante commence à se ternir. Gomme le dépôt de rosée se reconnaît toujours un peu trop tard, on doit, cette première observation faite, ne plus verser d’éther sur B', laisser la boule B se réchauffer d’elle-même et noter la nouvelle température au moment où la rosée disparait complètement. On prend alors la moyenne des deux indications. Pour plus d’exactitude, on doit recommencer plusieurs fois la même expérience, et prendre une moyenne des déterminations successives.
442. L’hygromètre de Daniell laisse beaucoup à désirer, au point de vue de l’exactitude des résultats qu’il fournit. 1° C’est surtout la couche superficielle d’éther, qui se refroidit en B, par le fait de la volatilisation, et qui provoque le dépôt de rosée dans une zone correspondante de la boule de verre : tandis que le réservoir du thermomètre plongé dans la masse liquide sous-jacente doit, par suite, accuser une température trop haute. ■1° L’éther plus ou moins aqueux qu’on verse sur la boule B' altère l’étal