‹ Cours élémentaire de physique précédé de notions de mécanique et suivi de problèmesChapitre 111 sur 315 · HYGROMÉTRIE · texte numérisé non relu

HYGROMÉTRIE

hygrométrique de l’air dans le voisinage de B. 3° La présence nécessaire de l’opérateur à une petite distance de l’instrument amène une variation du même genre.

443. Hygromètre de H. Régnault. — Ces trois causes d’erreur se trouvent complètement éliminées, quand on suit la méthode indiquée par M. Régnault. Dans un dé d’argent D (fig. 198) à parois très-minces, et par-

faitement poli à l’extérieur, est mastiqué un tube de verre M, qui est fermé, à sa partie supérieure, par un bouchon percé de trois trous. Au trou central est lixée la lige d’un thermomètre T; dans l'un des trous latéraux passe le tube B, pénétrant jusqu’au fond du dé d'argent et s’ouvrant d’autre part en 0 dans l'atmosphère. Enfin, dans le troisième orifice est adapté le tube A. communiquant par un long conduit en caoutchouc avec la tubulure supérieureRd'uugazomètrc V plein d’eau et placés une grande distance de l’hygromètre; ce tube A ne pénètre que d’une petite quantité dans le large tube M. Après avoir rempli d’éther le dé d’argent, l’opérateur se place à eôlé du gazomètre, l’œil derrière une lunette, qui lui permet de suivre la marche de la colonne mercurielle dans le thermomètre T et de constater le moment où la surface métallique du dé commence à se ternir. Il ouvre alors le robinet R', l’eau s’écoule; l’air exté-

Fig. 198

CHALKIH.

rieur aspiré par (J traverse, par bulles nombreuses, l’éther contenu dans le dé, et arrive chargé de la vapeur de ce dernier liquide dans la partie supérieure du gazomètre. En même temps, l'éther se refroidit également dans toute sa masse, qui se trouve agitée sans interruption par le courant gazeux. Bientôt, un voile de vapeur recouvre la surface métallique dans toute son étendue, et c'est à l’instant précis où il apparait que la température / du thermomètre T est relevée. On ferme R' et on attend que le réchauffement du dé fasse disparaître le voile qui le recouvrait ;on note la nouvelle indication/' de T. Il est évident que la température cherchée est comprise entre / et /'. On resserre ces limites de plus en plus, en réglant par tâtonnement l’écoulement de l’eau dans le gazomètre, de manière à ce que le phénomène apparaisse et disparaisse successivement pour une différence très-petite dans la température ; la moyenne des indications du thermomètre dans les deux cas d’apparition et de disparition de la rosée, donne alors, avec une grande approximation, la température cherchée. Un second appareil D. identique au premier, et placé à côté de lui, mais dans lequel l’air ne circule pas, permet à l’opérateur d’apprécier facilement, par comparaison, le moment où la vapeur d’eau atmosphérique commence à se condenser.

-1-14. Méthode chimique. — Le principe de la méthode est fort simple: l’air atmosphérique circule, avec lenteur, daus une série de tubes en U, contenant une substance desséchante (la pierre ponce imprégnée d’acide sulfurique concentré), et se débarrasse de toute la vapeurd’eau qu’il contient. Les tubes sont pesés avant et après le passage de l’air; l’augmentation ' de leur poids représente le poids p de vapeur condensée. C’est un aspirateur semblable à celui de l’hygromètre de M. Régnault (fi g. 198) qui sert à produire la circulation du gaz dans les tubes en U ; il se remplit d'air à mesure que l’eau s’écoule; cet air se sature de vapeur d'eau après y avoir pénétré, son volume total est alors représenté par la capacité même de l’aspirateur V, que l’on a mesurée à l’avance et une fois pour toutes. Comme il est, en outre, très-important d’avoir la vraie température de l'air, on place un thermomètre très-sensible dans le premier tube par lequel pénètre tout d'abord l'air extérieur; un second thermomètre placé dans une tubulure latérale de l'aspirateur, donne la température / de l’air saturé qui le remplit. La connaissance de p, de V. et de /, et par suite de la tension maxima F de la vapeur d'eau correspondante à /, enlin, la connaissance de la hauteur barométrique H au moment de l’expérience, nous permettent de calculer la force élastique f de la vapeur d’eau qui se trouve dans l’atmosphère.

En effet, l’air saturé qui remplit le volume Y du gazomètre possède une force élastique H, l'air sec qui s'y trouve a pour pression H — F; la même masse d'air sec avait, dans l’atmosphère, une pression égale à H — f.

CHALEURS SPÉCIFIQUES

sou volume, avant de pénétrer dans les tubes en U, était donc d’après la loi de Mariotte :

Nous avons vu (392) comment on estime le poids p d’un volume H p

connu V H— — de vapeur de densité 0,622, sous la pression /'et à la température t on a :

Un pourra donc déduire de cette égalité, la valeur de f et par suite celle

445. La méthode chimique, très-rigoureuse en elle-même, exige qu’on fasse passer un grand volume d’air dans l’appareil de dessiccation, et que cet air y circule lentement, afin qu’aucune portion de vapeur n’échappe à la condensation. C’est dire, que chaque expérience doit durer plusieurs heures, et que par suite la méthode est tout à fait impropre à nous renseigner sur les variations brusques de l’état hygrométrique de l’air.

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