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l'adoption d'une méthode calorimétrique, qui n’est au Ibnd que Ja méthode ordinaire des mélanges, mais qui permet d’obtenir des mesures beaucoup plus promptes, au moins aussi exactes, et en outre de n'opérer qu'avec de petites quantités des substances.
488. Calorimètre de MM. Faire et Mllbi-rmnn — C’est Ull thermomètre à mercure (fig. 204), dont la graduation, au lieu de mesurer les va-
Fig. îot.
riations de température, sert à estimer, en calories, la chaleur reçue par l'instrument. Le mercure a une très-faible capacité calorifique, sa conductibilité est supérieure à celle des autres liquides; il y a donc avantage évident. au point de vue de la sensibilité des mesures, à employer ce liquide pour évaluer les quantités de chaleur dégagées, à la suite d'un phénomène quelconque. On l’introduit dans un grand ballon en verre R qui est muni de trois tubulures, et qui représente comme le réservoir d’un gros thermomètre. Ce ballon a une capacité d'un litre environ; et c’est comme au sein même de la masse liquide qu’il renferme, que se produisent les réactions chimiques, sources actuelles de la chaleur. Pnr ce moyen, toute la chaleur devenue libre pendant la réaction sert uniquement à échauffer la masse mercurielle et à la faire dilater. Dans ce but, un tube de fer M, qu’on appelle la moufle, reçoit un petit tube de verre très-mince V {fig. 205), où les réactions s’opèrent, et du mercure m {fig. 204) conduit la chaleur du tube à réaction jusqu’aux parois de la moufle. Un tube de diamètre étroit TT, divisé en parties d'égale Fig 205 capacité, ouvert à l’une de ses extrémités et soudé à une tubulure latérale du ballon, rend facile la constatation des accroissements de volume, que subit le mercure à chaque opération nouvelle. Pour éviter toute correction tenant à la déperdition de chaleur par l’instrument , le ballon est logé dans une enceinte 0 close de toutes parts, où il se trouve entouré de corps très-mauvais conducteurs : le liège, la ouate, etc. — Enfin, pour faire arriver, au commen-
Digitizec
ÜAI.OKIMKTHIK.
cernent de chaque expérience, l’extrémité de la colonne mercurielle en un même point T du tube qni est le zéro de la graduation, on a adapté à la tubulure supérieure un piston plongeur en acier P, mû par une vis placée à l’extérieur. Ce piston, en descendant ou en montant, déplace plus ou moins de mercure dans le ballon, et l’instrument est alors facilement réglé.
* 489. feraduatlfin. — La graduation de l’appareil est très-simple. I n
poids d’eau connu-, P, est introduit à une température 6 (la température de l’ébullition est la plus commode), au fond du tube M; elle s'y refroidit, descend à la température 8\ et cède par suite au mercure P (8 — 8’) calories. Cet échautfement fait avancer la colonne mercurielle dans le tube TT de n divisions : on en conclut que chaque division correspond à un dégagement
de calories. L’instrument est dès lors gradué; et désormais, dans
uu essai quelconque, il suffira d'observer la marche de l’extrémité de la colonne dans le tube TT pour en conclure le nombre de calories dégagées au sein de la masse mercurielle.
-190. Rtaultnta obtenu*. — Ku se servant de cet instrument, dont les indications très-promptes dispensent de tout calcul, MM. Favre et Silberman. dans leur grand travail sur la chaleur dégagée dans les actions chimiques, sont arrivés il des résultats importants ; nous en citerons quelques-uns : !° Quand on fait brûler dans l’oxygène des poids égaux de différents alcools et éthers, on reconnaît que la quantité de chaleur déga- 4 gée décroît à mesure que la quantité d’oxygène appartenant déjà à la substance va eu augmentant. 2° Quand un gaz se dissout dans l’eau, la quantité de chaleur, mise en liberté, dépend de la nature du gaz et varie beaucoup d’un gaz à l’autre : un kilogramme de gaz ammoniac dégage 510 calories, tandis que le gaz acide sulfureux, pris sous le même poids, n'en fournit que 120. 3" En général, un même combustible donne plus de chaleur, quand on le brûle clans l’oxygène, que lorsqu'on opère la combustion dans le chlore ; tandis que I kilogramme d’hydrogène dégage en s’unissant à l’oxygène 31402 calories, il n’en abandonne que 23950 en se combinant au chlore.