‹ Cours élémentaire de physique précédé de notions de mécanique et suivi de problèmesChapitre 166 sur 315 · Théorie tin paratonnerre · texte numérisé non relu

Théorie tin paratonnerre

L’effet du paratonnerre est aisé à comprendre. Un nuage orageux chargé d’électricité positive est-il au-dessus de l’édilice? Il agit par influence sur les corps conducteurs en présence : la pointe I* (fi g. 310) se charge d’électricité négative qui s’échappe et neutralise en partie celle du nuage; quant an fluide positif repoussé, il se rend dans le sol, par l’intermédiaire de la communication IA. dont nous venons de parler. Si tous les corps bons conducteurs de l’édifice, et surtout si les masses métalliques M sont unis avec la tige, toute électricité, que le nuage pourrait développer par influence: s'en ira continuellement vers la pointe. Dans ces conditions, trois résultats seront obtenus. I* Le parntonnerre enlèvera sans cesse l’électricité aux diverses parties de l'édifice : 2” son extrémité la plus élevée sera toujours plus chargée que tout conducteur eu présence du nuage orageux; 3* un flux constant d’électricité s’écoulera |*our neutraliser le fluide dont les effets sont redoutés.

752. La foudre ne frappe un point quelconque que dans le cas où le fluide libre provenant de l'influence s’y trouve accumulé. L’édifice se

Fig. 310.

trouve donc protégé, puisqu’il ne peut garder qu'une faible charge d'électricité. Et si le nuage est fortement électrisé et que l’éclair jaillisse (cela est arrivé plus d'une fois), c’est le paratonnerre qui est frappé comme plus voisin du nuage et plus chargé d’électricité que tout autre point ; les électricités en mouvement suivent, sans causer aucun dommage, la choine qui relie le paratonnerre au sol. Enfin le paratonnerre offre encore tin avantage : il neutralise en partie la puissance électrique du nuage, il protège ainsi par anticipation les objets au-dessous desquels ce nuage doit passer, dans sa course ultérieure.

753. Tlffpdu paratonnerre. — l.a théorie qui précède enseigne les précautions que l’on doit apporter à l’établissement d’un paratonnerre. Il faut d'abord que l’extrémité de la tige soit aiguë ; c’est une ditliculté : le fer qui constitue cette lige, se rouille par l’action de l’air et do l’eau, et la pointe d’une tige de fer serait bientôt émoussée. Une commission de l'Académie, dont Gay-Lussac fut nommé rapporteur, étudia la question et conseilla de former l’extrémité de la pointe avec le platine, c'est-à-dire avec le plus inaltérable des métaux. On réunit aujourd’hui le platine au fer en soudant à chaud les deux métaux de la même manière qu’on soude le fer au fer, sans l'emploi d'aucun corps intermédiaire. Mais le platine est cher, la soudure est difficile à exécuter et, dans ces derniers temps. l’Académie a cru pouvoir conseiller de remplacer la pointe de platine par nu cône de cuivre doré CC’ (fig. 311) que l’on visse aisément à l’extrémité de la barre. Le cuivre est moins bon conducteur que le platine, par suite, il s’écbaulfedavanlage au passage de l'électricité, dont les mouvements, pendant les temps d’orage, fondraient la pointe si elle était très-fine; c’est pour cela qu'il a fallu lui donner la forme d'un cône : le cône présente une pointe, il est vrai, mais une pointe moins aiguë que celles qui étaient employées précédemment. La figure 31 1 donne en demi grandeur les dimensions de cette partie du paratonnerre.

754. Condartrnr du pantonnrm. — La communication avec le sol doit être extrêmement bien établie; il faut qu’elle ail lieu dans un terrain humide, profond, et même avec une nappe d'eau de grande étendue. Pour assurer l’écoulement du fluide et empêcher en outre l’oxydation du fer, on entoure les branches du conducteur, qui pénètrent dans le sol, de braise de boulanger, qui conduit suffisamment l’électricité. Autrefois on avait conseillé de ne ramifier le conducteur que dans la nnp[>e d'eau; mais à propos de l’installation des paratonnerres du Louvre et des Tuileries, M. Pouillet, au nom d’une commission de l'Académie des Sciences, a signalé une disposition nouvelle, qui a sou importance. Il recommande de partager le conducteur, à son arrivée dans le sol, en deux branches : l’une qui devra descendre jusqu'à la

Digi

Fig. 311.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES. *25

. couche aquifère la plus rapprochée de la surface, l’autre qui devra s’étendre horizontalement en se ramifiant presque immédiatement audessous du pavé. La terre est-elle sèche au début de l’orage? le sol superficiel est mauvais conducteur de l’électricité et la branche profonde du paratonnerre fonctionne seule, en permettant le départ du fluide repoussé, lia terre est-elle mouillée par la pluie? elleestconductrice, elalors la branche superficielle du conducteur sert à la préservation de l’édifice.

755. Cercle de protection. — On a cherché, en profitant des phénomènes que l’expérience a pu offrir, à évaluer l’espace qu’uu paratonnerre protège, et la commission de l’Académie a émis l'opinion que cet espace est égal à un cercle dont le centre serait le pied de la tige du paratonnerre, et le rayon le double de la longueur de cette tige. Evidemment, il n’y a rien là de bien certain; aussi, la commission a-t-elle eu soin d’indiquer uu espace plus petit que celui qu'elle regardait comme protégé réellement.

MAGNÉTISME

NOTIONS PIIÉLIMINAIH ES.

750. Pierre d’aimant. — Aimants artificiels. — On trouve abondamment, en certains lieux du globe, un minerai de fer qui renferme 72.4 pour 100 de fer, et 27.6 d’oxygène. Il est désigné, eu chimie, sous le nom d 'oxyde salin de fer, parce qu'on peut le considérer, comme résultant de lu combinaison de 1 équivalent de sesquioxyde Fe*03, jounnt le rôle d’acide, avec 1 équivalent de protoxvdeFcO jouant le rôlede base ; sa formule brute est eneffot représentée par Fe30*. La plupart des échantillons de ce minerai présentent une propriété physique très-curieuse, comme celui A de la figure 312 : ils attirent le fer doux et l’acier. De plus ils communiquent leur vertu attractive à ce dernier corps, soit lorsqu’on les met en contact avec lui pendant un temps assez long, soit lorsqu’on les emploie pour exécuter des frictions à la surface d’un barreau d’acier trempé A.MB de forme quelconque (fig. 313, 314 et 315). Le minerai, qui nous occupe, portait chez les Grecs le nom de (pcrfv»]ç), d’où nous avons fait le mot magnétisme, qui sert à désigner l'en- Fig. 313.

semble des phénomènes dérivant

«l'une cause commune et se rattachant à ce fait fondamental : l'attraction de

MAGNÉTISME

rig. .h i.

l'oxyde salin de fer pour le fer doux. Kn France, depuis longtemps, In même substance est appelée pierre d' aimant, aimant naturel, tandis qu’on nomme aimants artificiels les barreaux ou les aiguilles d’acier trompé auxquels la propriété magnétique a été communiquée.

787. II ne faut pas croire cependant, que la faculté d’attirer le fer et l’acier soit inhérente à la substance mémo, qui forme la pierre d’aimant, an même titre, par exemple, que la couleur. que le mode de cristallisation , etc. On trouve, dans la nature, des portions du même minerai de fer qui sont tout à lait inertes au point de vue magnétique; et d’autre part, on peut, en faisant passer un courant de vapeur d’eau sur le fer chauffé au rougo, préparer artificiellement cette mémo

substance, et au moment où elle est obtenue par la réactiou chimique, elle ne ne possède nullement la pro- Kig. sis, priété en question. Knlin, il

suffit de chaufler fortement l’aimant naturel ou artificiel, pour faire disparaître complètement l’aimantation. Il sera donc nécessaire, dans tout ce qui va suivre, de distinguer le corps aimanté du corps magnétique, quoiqu'un fond ce puisse être la même suhstnncc chimique. Le premier attire actuellement le fer doux ; lu second ne l'attire pas, mais il peut acquérir cette propriété, quand on le soumet à des influences eonvenahles.

788. Variations ilr gnindrur lie la forrr attractive liant leu «Il fIV- mite» KrrtionM d’un barreau aimanté. — L’action attractive exercuc

par le fer doux ue se manifeste pas avec la même énergie en tous les points d'un même fragment d'aimant naturel ou dans diverses sections d’un même barreau d’acier aimanté. Plusieurs expériences établissent nettement la vérité de celte assertion. 1° Quand un aimant quelconque est retiré do la limaille de fer dans laquelle on vient de le plonger, on voit (fig. 316) que les parcelles de ce métal s’accumulent de préférence en certains points, tandis que d’autres points en sont complètement dépourvus. Se sert-on d'une aiguille ou d’un barreau de forme parnllélipipédique, la limaille adhère surtout vers les extrémités et notamment aux sommets anguleux, tandis que vers le milieu il y a une portion assez étendue de l'aimant, qui n’en retient aucune trace. 2° Si l’on met successivement les différentes tranches d’un barreau aimanté AB (fig. 317) en regard et à une

Kig. 31 1>.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

petite distance d’un petit cylindre de fer doux F suspendu à un fil de soie (appareil qu'on nomme pendule magnétique) i on reconnaît que l’attraction est nulle au milieu du barreau et qu'elle se manifeste, au contraire . à une distance d’autant plus grandcd u petit pendule qu’on fait agir sur celuici une section plus voisine de l'extrémité du barreau. 3“ Au-dessous d’une lame mince de carton (fig. 3t8) est d’abord plucé un barreau uiraanlé; puis, à l’aide d’un petit tamis, on saupoudre uniformément le carton de limaille de fer; on voit aussitôt la limaille se porter, en plus forte proportion , vers les extrémités du barreau et en dessiner nettement la forme ; de plus, les parcelles de fer se disposent bout à bout l'une à la suite de l'autre, de manière à figurer- des courbes fermées se dirigeant vers deux centres d’action, symétriquement placés de part et d’autre du milieu du barreau .

Cette troisième expérience nous éclaire sur deux points importants : eu premier lien, elle nous apprend , comme les précédentes, que l'action attractive dans un barreau aimanté, va en croissant, depuis le milieu, du barreau, où elle est nulle, jusqu'aux extrémités où elle est maximum. En second lieu , elle établit que la vertu magnétique n’est nullement empêchée, dans ses effets, par l’interposition d’un corps étranger, le carton, qu’elle s’exerce à travers cette substance, comme 5lle le l'ait à travers l’air. Au reste ce dernier résultat n’est pas particulier nu carton ; il s’applique au l>ois. au verre, au cuivre, etc., etc., et en général à toutes les substances non magnétiques.

759. Pôle» et ligne neutre. — En résumé, dans tout aimant naturel ou artificiel, quelle qu’en soit la forme, l’attraction magnétique se concentre en deux régions A et H qui sont séparées, l’une de l’antre, par un espace quelquefois considérable, où l’action exercée sur le fer doux est sensiblement nulle. Dans le cas d’un barreau ordinaire, les centres de l’action

Fig. 31 S.

MAGNÉTISME

magnétique sont situés vers les extrémités : on les nomme pôle» de l’aimuni ; le milieu de l'intervalle qui sépare les pôles s’appelle la ligne neutre. Telle est la première notion générale que nous pouvons donner eu ce moment des pôles. Nous verrons plus tard qu’on peut, dans chaque moitié d'un barreau aimanté, considérer, sous certaines conditions, toutes les actions magnétiques de cette moitié comme concentrées en un point déterminé, qui est à proprement parler le pôle.

KM). l'oaitlun dri pôlrit — Pointa ronat'qneoti. — Les pôles ainsi

définis sont, en général, au nombre de deux, symétriquement placés par rapport à la section moyenne du barreau et voisins des extrémités. Coulomb a trouvé par l'expérience que, lorsque le barreau est très-court, les pôles sont situés au sixième de la longueur totale à partir de chaque extrémité. Quelquefois, l’aimantation est très-irrégulière et il apparaît des pôles intermédiaires qu'on nomme points conséquents. Nous verrons bientôt dans quelles circonstances ces nouveaux centres d’actions magnétiques prennent naissance.

761. ntflrronre d’action de» deux pàiea. — Une aiguille aimantée (fty. 319) est posée sur un pivot vertical terminé en pointe, de manière à pouvoir tourner dans un plan horizontal. Si l’on approche, successivement du même côté de cette aiguille, chacune des extrémités d’un aimant quelconque naturel ou artificiel, on reconnaît que l’une des extrémités de l'aimnnt attire toujours le côté A de l’aiguille considérée, tandis que l’autre la repousse; que l’aimant soit rectiligne, qu’il soit en forme de fer à cheval (/fy. 320\, qu’il ait la forme d’une sphère, on trouvera toujours deux régions telles que si l’une d’elles produit une attraction sur le pôle A. l’autre produit une répulsion sur le même pôle. Donc les deux pôles d’un même barreau n’exercent pas des actions identiques, ils présentent même dans certains cas un antagonisme évident.-

763. Dirertion et orientation de l’alKuille «inimitée. — Action mutuelle des deux pôle». — Pour bien comprendre l’hypothèse que nous développerons bientôt, hypothèse trèsutile quand on veut grouper dans une même théorie tous les faits du magnétisme, nous exposerons une série d'expériences et de faits qui sont fondamentaux dans l’élude des propriétés de l’aimant.

763. I. Le premier fait était déjà connu à l’époque oti Christophe Colomb entreprenait son premier voyage de découverte. Le voici : une aiguille aiuiautée mobile autour d’un axe vertical et de plus assujettie à

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

demeurer horizontale [fi g. 349), sa dirige, s'oriente, quand on l’abandonne à elle-même. La direction est à peu prèscelle du nord au sud, et en outre le même côté de l'aiguille est constamment tourné vers le nord. Aussi pourrons-nous désormais, en raison de ce fait qui est général, employer les expressions pôle nord, pôle sud d'une aiguille ou d'un barreau aimanté, nous saurons au juste, le sens qu’il faut y attacher. Cette propriété remarquable de l'aiguille aimantée a été le point de départ de l’emploi de là boussole, qui rend de si grands services aux navigateurs et qui était connue, dit-on, par les Chinois dès l’an 121 de l 'ère chrétienne.

764. II. Laissez deux aiguilles posées sur des pivots distincts et d'abord éloignées l'une de l’autre se diriger sous l’action do la terre; et après que les pôles se seront déterminés par la direction que prend l’aiguille, présentez le pôle nord de l’une au pôle nord de l’autre, vous verrez qu’il le repousse. De même les pôles sud des deux aiguilles étant rapprochés l’un de l’autre, il y aura répulsion. Donc , en général, les pfiles de même nom se repoussent. — D'autre part, présentez le pôle nord de la première aiguille au pôle sud de la seconde, vous constaterez une attraction. Donc en général les pâles de noms contraires s'attirent.

765. III. La cause de la direction et de l’orientation de l'aiguille aimantée peut s’interpréter à l’aide de l’expérience suivante : placez (fig. 321) un support île cuivre P, terminé en pointe, au milieu d’un barreau aimanté Alt horizontal, long et puissant ; sur ce pivot, posez une aiguille aimantée ordinaire ah , vous verrez cette aiguille demeurer invariablement parallèle au barreau , quel que soit d’ailleurs l’azimut dans lequel vous le placiez.

Celte expérience nous conduit à admettre, que tout se passe dans le cas de l’aiguille aimuntée abandonnée à elle-même, comme si, au-dessous d’elle, se trouvait placé dans la terre, un aimant puissant qui serait à peu près dirigé invariablement du nord au sud, l’un des pôles de l 'aimant terrestre attirant l’extrémité de l’aiguille qui se dirige vers le nord, l’autre pôle attirant celle qui se dirige vers le sud.

763 bit. Nom» «tonné» nu» pôle». — Cette manière de concevoir la cause de la direction, que prend l’aiguille aimantée, a conduit à une dénomination des pôles presque exclusivement adoptée en France. On a nommé, comme cela était naturel, pôle boréal de l’aimant terrestre, celui qui est placé au nord de la terre et \»‘>le austral, celui qui est placé au sud. -Ces noms donnés, on a été forcé d’appeler pôle austral d’une aiguille, celui qui est attiré par le pôle boréal de la terre et qui se dirige vers le nord ; do même

Fig. 321.

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Digitiz

130 • MAGNETISME

il a l'a 1 1 1 1 nommer |K>le boréal , celui qui su dirige vers le sud. De là une contradiction apparente entre les ternies et les idées: ce qu’il eût mieux valu éviter. Mais nous conservons ces dénominations, parce qu’elles sont trop en usage pour qu’on puisse se permettre de les changer.

760. Étude détaillée de l’aetlon de l’aimant sur le fer doux. — La distinction des deux [jôles, la connaissance de leurs actions mutuelles permettent d étudier, d’une manière plus complète, en quoi consiste cette attraction, que nous n’avons fait qu’indiquer, entre le fer doux et l’aimant. Fixons une tige de fer F ( fig . 322) en son milieu à un support fixe et approchons de chacune de ses extrémités a et b le faile A’ d’une aiguille aimantée; il y aura attraction ; nous le savons d’avance. Mais, pendant que ce pôle A’ •pii est un pôle austral, se trouve attiré par l’extrémité a de la tige du fer doux, plaçons vers l'extrémité de cette lige, à une petite distance de 6, le pôle austral A d’un fort barreau aimanté. L'attraction, qui s'exerce sur le pôle A’, sera aussitôt changée en répulsion, c'est-à-dire qu’il s’est produit à l’extrémité a de la tige de fer doux, par le fait seul de la présence de A, un [Mile austral ou de même nom que celui qui agit dans le barreau.

Pour rendre l’expérience complète, laissons le barreau A et la tige de

fer doux dans les mêmes positions relatives , et portons successivement, l’extrémité A’ de l’aiguille aimantée à une petite distance des différentes sections de la tige F ; nous recon naîtrons que le fer doux est devenu un aimant véritable, qu'il possède deux pôles et une ligne neutre.

Un [Mile b de nom contraire à A s’est formé dans le voisinage du pôle excitateur et un pôle de même nom dans les points les plus éloignés. Le résultat est le même, mais l’aimantation du fer doux est plus énergique lorsque le contact a lieu entre A et b.

766 bis. Différence entre l’arler et le fer doux. — Foree coercitive. — Toutefois, cette aimantation n’est que passagère pour le fer, elle cesse aussitôt que l’on éloigne l’aimant A. L’acier seul, quand il a subi l’influence prolongée d'un aimant, conserve le magnétisme, qui s’y est développé; mais aussi, il faut beaucoup plus de temps pour que la seule proximité d’un aimant fasse apparnitre dans l’acier les deux pôles et la ligue neutre. On énonce ces derniers résultats, en disant : que l’acier possède une force coercitive dont le fer est dé-

NOTIONS PHÈUMINAIHES.

pourvu. Cette force empêcherait, dans les premiers moments, l’acier de s’aimanter, quand on le soumet à l’influence d’un pôle excitateur, et d’autre part, elle maintiendrait l'aimantation, qui a été produite par le contact prolongé de l’acier avec un aimauL énergique.

Pendant tout le teni|>s que le fer doux est aimanté, il peut agir sur une autre tige de fer, à la façon d’un aimant ordinaire et développer en elle une aimantation temporaire. La seconde tige peut agir semblablement sur une troisième, et ainsi de suite. < in explique alors aisément l'expérience figurée ci-contre (fig. 223) dans laquelle, par l’emploi d'un seul barreau aimanté, on peut supporter plusieurs morceaux de fer doux, qui demeurent suspendus l’un à l’autre, comme les anneaux d’une même chaîne. Si l’on vient à enlever le barreau, tous les fragments se séparent l’un de l’autre, parce qu’ils cessent d’être aimantés.

7(17. Ilypothèiir <l<-« deux llulil,-» 11111*111-1 l«iin'». — Tlnlilr neutre. — Tous les faits qui précèdent peuvent être compris dans une théorie commune. On admet l'existence, dans les deux moitiés d’un aimant ordinaire, de deux fluides magnétiques distincts, l’action mutuelle do ces fluides étant tout à fait pareille à celle des fluides électriques : Les fluide» magnétique» de même nom se re/tousseut , le » fluides de noms contraires s’attirent. On a appelé fluide boréal le fluide qui réside dans le pôle boréal d'un aimant austral, fluide austral celui qui réside dans le pôle sud.

On admet de plus que les deux fluides magnétiques préexistent dans le fer, dans l’acier et, en général, dans toutes les substances dites magnétiques; ils constituent, par lèur réunion, un fluide appelé neutre, qui est tel que la résultante des actions, qu’il exerce sur une masse de fluide libre, soit toujours égale à zéro.

Ces principes admis, les faits essentiels du magnétisme s’expliquent aisément. Ainsi, quand une tige de fer est soumise à l’influence du pôle austral d’un aimant (760), son fluide neutre est décomposé. Le fluide boréal contenu dans le fer doux se dirige du côté du pôle austral du barreau, qui l’attire, et le fluide austral repoussé se dirige en sens inverse et les pôles a, b prennent naissance. En vertu de l’attraction des fluides de noms contraires, le fer doux sera toujours attiré par l’aimant.

L’expérience décrite au # 766 bis s’explique tout aussi facilement (fig. 323 1 ; l’action de B décompose le fluide neutre de P, fait naître un pôle austral à la partie supérieure du prisme, un )»ôle boréal à sa partie inférieure. Ce dernier produit dans P’ une polarité identique à celle que P pos-

Klg. 323.

magnétisme.

sède déjà. Pour lu môme motif, F", F"’ acquièrent îles |>ôleB semblablement distribués.

7G8. Définition «!«•» pôle». — Les hypothèses, que nous venons de faire sur la constitution des aimants, nous permettent de donner, dès à présent, une définition des pèles plus exacte que celle que nous avons adoptée jusqu’ici. Soit une particule de fluide magnétique libre m placée à une assez grande distance d’un barreau aimanté; elle agit sur toutes les molécules de fluide libre placées dans les différentes sections de chaque moitié du barreau. De là, autant de forces qu’il y a de molécules magnétiques ; ces diverses forces sont inégales, car nous venons de démontrer que l’action attractive, exercée par la section d’un barreau sur la pendule électrique, dépend de la distance de celte section à l’extrémité du barreau ; mais elles pourront être considérées comme parallèles entre elles, si la molécule m est suffisamment éloignée de l’aimaul. Or nous avons établi (36) que le point d’application de la résultante d’un système de forces parallèles est tout à fait indépendant de la direction absolue de ces forces, pourvu que leurs rapports de grandeur ne soient pas changés ; donc la résultante des actions magnétiques exercée par la molécule m , située à une grande distance, sur les différentes molécules magnétiques de l’une des moitiés du barreau, aura, dans cette moitié, un point d’application qui sera tout à fait indépendant, quant à la position, de la direction donnée au barreau, C’est ce point d’application placé dans l’aimant, à une petite distance de chaque extrémité, qui est véritablement le pôle.

768 bis. EIW produit par la rupture d’un barreau almautô. — Les fluides mugnétiques, séparés dans le fer ou dans l’acier par l’influence du pôle d’un barreau voisin, ne peuvent pas être considérés, comme se trans- |>ortant l’un à gauche, l’antre à droite de la ligne neutre. Dans toute l’étendue du barreau aimanté, se trouvent l’un et l’autre des deux fluides, mais ils y sont distribués en proportion telle que tout se passe, comme si le côté nord ne renfermait que du fluide austral et le côté sud du fluide boréul. line expérience très-nette nous fournit la preuve de cette assertion. On aimante une longue aiguille d’acier en la frottant plusieurs fois, dans le même sens, avec l’une des extrémités d’un barreau aimanté; on détermine l’extrémité de celle aiguille qui correspond au [tôle austral, puis, on la marque par une petite entaille. Celte détermination est toujours facile ; il suffit de faire agir successivement, par chacun de ses bouts, l’aiguille qu’on vient d’aimanter sur le pôle austral de l’aiguille ordinaire qui nous a déjà servi (fig. 319). Le côté qui exerce une répulsion correspond au pôle austral de notre nouvel aimant. Ceci connu, on brise l’aiguille en son milieu : on cherche, par la méthode habituelle, quel est le genre d’aimantation que [tossède chaque moitié ; on trouve quelles représentent chacune un aimant véritable. Les pôles précédents se sont inté-

MAtiNETISME T E H H EST H E .

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Fig. art.

gralemenl conservés à la place qu’ils occupaient tout d'abord, et au point de rupture, il est apparu deux pôles nouveaux a,, b de noms contraires, qui ont été pris individuellement par chaque partie de l’aiguille. Qu’au lieu de deux fragments seulement, on" en produise dix, vingt...

un nombre quelconque, le résultat final sera toujours le même ^chaque fragment représentera un aimant complet, et les pôles y seront toujours distribués de telle manière que si on met ces fragments bout à bout, et dans la position qu’ils occupaient pour former l’aiguille avant sa rupture ( fig . 324), on retrouvera les- pôles extrêmes à leur place primitive, et les pôles intermédiaires alterneront avec une régularité parfaite.

769. Il n’est donc pas possible d’admettre, comme dans le cas de l’électricité par influence, que les fluides se transportent aux deux extrémités du barreau*: on est porté à penser, d'après l’expérience précédente, que les molécules de fluide neutre se dirigent et s’orientent, sous l’action d'un aimant extérieur, en tournant toutes leur fluide austral du même côté du barreau et leur fluide boréal du côté opposé. On a fuit voir que la théorie des deux fluides ainsi comprise rendait compte de la formation des deux pôles, de la position qu’ils occupent, en un mot, de l’action différente des diverses parties d’un barreau aimanté, qu’elle expliquait d’une façon trèssatisfaisante les faits principaux du magnétisme. Mais quelque ingénieuse que soit cette manière de concevoir la cause des phénomènes, et quelque simplicité que présentent les déductions, nous nous abstiendrons de tout développement, car ces raisonnements perdent beaucoup de leur importance quand on sait (ce que nous ferons voir dans la suite) que les phénomènes magnétiques se ramènent tous à ceux que présente, sous certaines conditions, un courant d'électricité.

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