LOIS DES ACTIONS MAGNÉTIQUES
frictions alternativement en sens contraire, en ayant soin île terminer l’opération par une dernière friction exécutée de l’extrémité de gauche jusqu’au milieu, afin que toutes les sections de la lame aient été en contact, le même nombre de fois, avec les pôles actifs des aimants mobiles. La distribution des pôles dans la lame à aimanter est toujours facile à prévoir.
Us sont de noms contraires, aux pôles les plus voisins des aimants fixes contre lesquels ils s’appuient. L’aimantation est beaucoup plus forte quand on emploie la méthode de la double touche, que lorsqu’on a recours aux procédés déjà décrits; mais aussi les points conséquents se produisent plus souvent, à raison même de cette aimantation énergique. Il y a dans le cours de l’opération une sorte de réaction des pôles déjà formés sur les points voisins, réaction qui peut faire apparaître, en ces points, des pôles intermédiaires.
793. Aimantation pur l’artion do la terre. — Si la terre agit Comme
un aimant, elle doit décomposer, |>ar influence, le fluide neutre dans le fer doux et l’acier, et provoquer ainsi leur aimantation. Cette conséquence de la théorie est parfaitement vérifiée par l'expérience. Prenez une barre cylindrique de fer doux qui soit bien à l’état neutre, et pour le reconnaître présentez chacune de ses extrémités au même pôle d’une aiguille de déclinaison, en ayant soin de maintenir cette barre perpendiculaire au plan du méridien magnétique. Si elle n’offre aucune trace d’aimantation, chacun de ses bouts devra attirer le pôle en -question de l’aiguille mobile. L’état de neutralité étant reconnu, donnez à celte barre une direction parallèle à celle de l’aiguille d’inclinaison, de manière que les forces du couple terrestre agissent suivant l’axe du cylindre et puissent ainsi produire leur maximum d'effet; vous constaterez, à l’aide de la même aiguille de déclinaison, que, dans tous les cas, l’extrémité inférieure de la barre est un pôle austral et l’extrémité supérieure un pôle boréal. Retournez la barre bout pour bout, les pôles se porteront aussitôt d’une extrémité à l’autre, demauière à réaliser finalement le genre de polarité que nous venons d’indiquér. Enfin replacez la barre dans une direction perpendiculaire au méridien magnétique; toute aimantation aura disparu. «
Eu répétant les mêmes essais avec une lige d’acier on peut encore reconnaître l’aimantation que le globe détermine, mais elle est très-lente à se produire, et une fois obtenue, elle se conserve. La différence observée, dans ce cas, entre le fer doux et l’acier doit être encore attribuée a l'intervention de la force coercitive. • .
Toutefois, il est possible de rendre durable cette aimantation provoquée dans le fer par l'influence du globe, il suffit de soumettre le métal, pendant que les fluides magnétiques y sont maintenus séparés, à des actions mécaniques ou chimiques suffisamment énergiques. Ainsi, qu’au moment oh la barre est parallèle à l’aiguille d’inclinaison, on la frappe à coups de mar-
MAGNÉTISME
leau Japs le sens de l’axe, un bien qu’on la passe à lu filière, ou bien qu’on lui fasse subir une torsion, l’aimantation développée par le globe y 'persistera désormais. Le fer aura acquis, par le fait seul des ébranlements qui lui ont été communiqués, une force coercitive comparable à celle de l’acier. Les résultats remarquables expliquent plusieurs faits depuis longtemps connus : les ciseaux à froid dont se servent les serruriers pour percer des trous dans la tôle sont toujours aimantes et leur pôle austral correspond à la pointe. Cela tient à ce qu’étant frappés par le marteau au moment oîi ils sunt à peu près verticaux, et par suite dans une direction peu différente de celle de la force magnétique terrestre, ils ont conservé l’aimantation que l’influence du globe a déterminée. C'est pour un motif semblable que les croix de fer, les tiges de paratonnerre qui sont demeurées longtemps implantées au sommet des édifices, finissent par acquérir un magnétisme persistant.
794. rinonitenrH qui Influent iur le degré d’nf mnnlntlnn de l’n- «ler. — Le degré de trempe qu’on donne à l’acier a la plus grande influence sur l'aimantation qu’il peut recevoir. On a beau employer, dans le but de provoquer la décomposition du fluide magnétique neutre dans ce métal, des barreaux d’une grande puissance, on aura tout d’abord, il est vrai, une plus grande énergie, mais peu à peu les fluides magnétiques se combineront partiellement et l’on n’obtiendra jamais finalement, avec un même barreau, qu’un même degré de force qu'il sera impossible de -dépasser et qui correspond à ce qu’on a nommé avec raison le point de saturation. Tout dépend donc et de la nature chimique du métal employé et de sa structure physique : c’est cette dernière propriété qui se trouve surtout modifiée dans l’acier par le degré de trempe. Il résulte des expériences de Coulomb qu'un barreau trempé très-dur peut acquérir une aimantation plus forte et en même temps conserver plus longtemps le magnétisme libre qui y a été développé ; mais, à côté de cet avantage, se trouve un inconvénient réel : c’est que la trop grande énergie de la trempe favorise la formation des points conséquents.
795. Anutarci d«« aimants. — Dans tous les aimants, quelle que soit leur forme, le magnétisme libre tend à disparaître peu A peu sous l’influence de causes étrangères : 4* l’élévation de température; 2” l’influence de la terre, alors que l’aimant occupe une position telle qu’il tendrait à prendre, sous cette influence, une polarité inverse de celle qu’il possède effectivement; 3° la proximité d’autres aimants. On remédie, du moins en partie, à ces causes d’affaiblissement, en adaptant aux barreaux dont on veut conserver la puissance magnétique des armatures en fer doux. Il se développe dans celles-ci des pôles de nom contraire à ceux de l'aimant; ces pôles agissent, par attraction, d’une manière continue sur ceux du barreau aimanté et s’opposent à la recomposition mutuelle des fluides qui y sont accumulés.
795 bis. «utotance» magaétiqaea. — Un grand nombre de substances sont, magnétiques ; mais le nickel et le cobalt qui viennent immédiatement après le fer, s’en trouvent cépendant très-éloignés.
ÉLECTRICITÉ '