DURÉE DE LA PHOSPHORESCENCE
Sulfure <le strontium ...
Plusieurs heures.
Le spath calcaire
j de seconde.
l.’alumine
l/azotate d’urane
Le platino csanure de potassium
1268. Phosphorescence du «ulfate de qnlntne. — Parmi les Corps phosphorescents, il en est un qui présente un très-bel éclat, c’est la dis-
ai;h homatismk.
solution -acide de sulfate de quinine; mais si sa phosphorescence est vive, elle ne dure que pendant un tem|ts extrêmement petit. M. K. liecquerel l’évalue à de seconde. Ce sont les rayons ultra-violets surtout qui la
produisent et qui donnent un# lueur si intense quelle peut être a|>erçue même en plein jour. Place-t-on dans un verre une dissolution de sulfate de quinine? on reconnaît que la dissolution offre une tciute bleue du côté par lequel arrive la lumière.
Les rayons qui produisent cette phosphorescence, sont surtout, avonsnous dit, les rayons ultra-violets. On peut s'en assurer, eu recevant le spectre solaire sur un papier imprégné de celte dissolution, il se colore aussitôt d’une teinte bleue dans la partie habituellement obscure qui est au delà du violet : des radiations qui n’impressionnent pas directement notre rétine sont donc capables, sous certaines conditions, de provoquer des radiations que notre œil peut saisir, et. phénomène bien digne de remarque, celte teinte bleue est sillonnée de raies identiques à celles qui se dessinent sur la plaque de chlorure d’argent. Du reste, le sulfate de* quinine n’est pas la seule substance qui produise des effets de ce genre.
ACHROMATISME.
f 209. L’aberration de réfrangibilité des lentilles, que nous avons plusieurs fois constatée dans les précédents chapitres et dont nous connaissons actuellement la cause, est un inconvénient très-grave, qui compromet le succès de In plupart des expériences d’optique; elle empêche la formation des images nettes. Les espaces brillants, au lieu d’être limités par des traits fins, le sont par des lignes épaisses où se trouvent séparés les divers éléments du spectre. Chaque ligue empiète quelquefois tellement sur les espaces voisins, que, dans certaines circonstances défavorables, il peut arriver que l’image soit tout à fait méconnaissable. Newton, trompé par des expériences incomplètes, affirma avec trop de précipitation, qu’il était impossible de corriger ce défaut, attendu que, selon lui, on ne pouvait supprimer la dispersion dans un système réfringent qu’en annulant en même temps la réfraction, c’est-à-dire en ôtant au prisme et aux lentilles leurs propriétés essentielles. Mais, peu de temps après, un amateur nommé Hall, et un |>eu plus tard Dolloud, montrèrent de la manière la plus nette, l’erreur dans laquelle Newton était tombé; ils parvinrent à construire des lentilles donnant des images incolores. Ces leutilles sont dites achromatiques.
1270. Achromatisme îles priâmes. — Dans le but de luire comprendre comment Newton était arrivé à la conclusion dont nous venons de parler, et comment, d’autre part, l’achromatisme est possible, considérons d’abord la marche de la lumière dans les prismes qui, ainsi que nous l’avons dit,
732 op noue.
peuvent être regardés comme ideulk|iics aux dilVérenls éléments dont se compose une lentille. L'u rayon qui traverse une lentille est un efl'et dans les mêmes conditions que celui qui traverse un prisme, et tout ce qui est démontré relativement à la marche de la lumière dans cette dernière espèce d’appareils peut s’appliquer tout aussi' bien aux lentilles.
Soit II) (fig. tiïi) un rayon de lumière blanche qui tombe sur la face AB du prisme ABC. Ce rayon, décomposé par le prisme, donne un spectre limité, d’un côté, par le rayon rouge RR', et de l’autre, par le rayon violet VV'.
L’angle formé par ces deux rayons extrêmes s’appelle l’angle de dispersion du prisme, et c’est la valeur de cet angle qui détermine l’étendue des bandes irisées ou de l’aberration chromatique. Un prisme A'B'C', placé d’une manière inverse par rapport au prisme ABC, dévie les deux rayons RR' et VV' en sens inverse, et les rayons émergents R"R”, V"V”, pourront, par un choix convenable du prisme A'B’C', être rendus parallèles comme dans l’expérience des prismes opposés. Mais la déviation produite par le premier prisme sera évidemment diminuée pour le second, et même n’est-il pas à craindre que finalement les rayons émergents ne soient devenus parallèles aux rayons incidents ID. Ceci aurait lieu infailliblement si le second prisme A'B'C' était de même nature et de même angle que le prisme ABC. Dans ce cas, la dispersion serait détruite, il est vrai, mais la déviation le serait aussi. Newton affirmait qu’il ne pouvait pas en être autrement, et que, quelle que fût la nature du prisme A'B'C' l’achromatisme n’était possible qu’à une condition, c’est que le système achromatique ne déviât pas du tout de la lumière, ce qui revient eit définitive à le rendre inactif. Heureusement, la perspicacité de Dollond et son habileté comme constructeur ne tardèrent pas à montrer qu’il suffisait d’accoler deux prismes possédant des pouvoirs réfringents différents et dont les angles fussent convenablement choisis pour rendre un système achromatique, du moins pour les couleurs extrêmes, sans lui enlever la propriété de dévier les rayons lumineux ; ainsi un prisme de flint-glass peut achromaliscr un prisme do crown-glass.
ACHROMATISME.
Fig. C23.
4271 . Expérience. — Dans les cours, on emploie pour faire celle démonstration deux prismes P et P' i fi y. 623) taillés sous des angles convenables, capables de donner deux spectres également dilatés; ils produisent la même dispersion sans déterminer la même déviation. D'apres cela, quand ces prismes sont opposés, l'un corrige la dispersion de l’autre, mais les faisceaux émergents n’en font pas moins un angle avec les rayons incidents.
Une antre expérience permet d’observer ce résultat.
Sur le trajet des rayons réfractés par un prisme à arêtes horizontales, on place un vase dont deux côtés opposés sonlformés par deux glaces L et U mobiles autour de charnières (ftg. 624). Les glaces étant d’abord placées parallèlement et le vase étant plein d’eau, le spectre n'est pas modifié, mais à mesure que l’on écarte les deux glaces de leur parallélisme primitif, et que l’on forme ainsi un prisme opposé au premier, les rayons rouges et les rayons violets se rapprochent peu à peu, le spectre solaire s'efface, et quand il a disparu et qu’une image blanche se peint sur l’écran, on reconnaît que la déviation n'est pas pour cela annulée. Le faisceau émergent fait encore un angle appréciable avec le faisceau incident. Si l’on continuait à ouvrir l’angle du prisme liquide, les rayons rouges et les rayons violets finiraient par se croiser pour se séparer ultérieurement.
1272. Achromatisme de* lentille*. —
Les deux éléments de surface, que rencontre un rayon lumineux en traversant une lentille, peuvent être considérés comme appartenant à un prisme. La dispersion que subit la lumière blanche en traversant un pareil milieu peut donc être combattue avec succès par un milieu de même forme, mais qui joue le rôle de prisme opposé. Une lentille divergente de flinl-glass associée avec une lentille convergente de crown-glass donne par une courbure convenablement choisie des surfaces qui la constituent un ensemble doué de la propriété de rassembler en un même foyer les rayons de deux réfrangibililés différentes, si bien que les rayons rouges et lus violets émanés d'un point lumineux A situé à distance viennent, après les réfractions successives, former leur foyer en un même point A'. Ce sont ces lentilles que l’on emploi*
Fig. 021.
comme objecti/t dan» les instruments (l'optique (pie nous décrirons bientôt.
1273. Imperfection de l’nrhromntliime. — ÜUC l’oU SC reporte il ce qui a été dit pour l’achromatisme des prismes, et l’on comprendra que deux prismes combinés ne donnent qu'un achromatisme imparfait. Dans l’exemple que nous avons développé (1270), les rayons rouges et les violets ont émergé parallèles entre eux ; mais rien n’indique que les autres rayons sortiront exactement parallèles aux deux précédents. En fait, ce parallélisme n’a pas lieu, muisilest, le plus souvent, très-approché. Deux prismes associés ne pouvant nchromaliscr que deux espèces de rayons, on choisit pour ces rayons ceux qui sont les plus éclatants et qui donneraient aux images la coloration la plus sensible aux yeux : c’est le jaune et le bleu. Il en est de même pour les lentilles : l'achromatisme imparfait de l'objectif est d’ailleurs améliorédans les instruments d'optique an moyen d’un second système de verre très-différent du premier et dont nous parlerons plus loin.