‹ Cours élémentaire de physique précédé de notions de mécanique et suivi de problèmesChapitre 266 sur 315 · LUNETTE ASTRONOMIQUE · texte numérisé non relu

LUNETTE ASTRONOMIQUE

1309. Théorie de U lunette. — La lunette astronomique est un instrument qui a pour effet de fournir à l’observateur une image des objets éloignés. Cette image se forme à la distance de la vision distincte ; ce qui en rend les contours très-nettement définis. En outre, quand les objets ont

‘INSTRUMENTS D'OPTlgllE.

des dimensions sensibles (le soleil, la lune, les planètes), leur image se montre à l’observateur avec un diamètre apparent plus grand que lorsqu’il les regarde à l’œil nu. Ainsi, grâce à la lunette astronomique, l’astre sonate tld pour l'œil un angle plus ouvert, et l’instrument nous place dans les mêmes conditions que si cet astre s’était rapproché de nous.

La lunette astronomique se compose essentiellement de deux lentilles convergentes. La première lentille, l’objectif L, donne de l’objet une image très-petite et très-brillante, qui, à cause du grand éloignement de l’objet, se forme à son foyer principal, et la seconde, l’oculaire, joue le rôle d’une véritable loupe qui sert à regarder la petite image formée.

Un tracé géométrique rend compte des effets observés. Soit AB (fi g. 645), un objet très-éloigné, beaucoup plus éloigné qu’il n’est possible de le tigu-

l ir Fig. 645.

rer; soient L la lentille objective, F son foyer. L'image du point A se trouve en menant la ligne AO passant par le centre optique ; puis on trace le rayon AI parallèle à l’axe principal ; ce rayon après sa réfraction passe au point F et coupe AO en A’ ; A’ est l’image du point A. Ce point A’ est trèsprès de l’axe principal XX’, parce que l’objet, quelque considérables que soient ses dimensions, est toujours d’une grandeurexlrêmcmenl faible, par rapport à la distance d'où il est observé. On trace l'image qui est vue à travers la loupe, en suivant la méthode ordinaire. L’image A"B" est celle que l'observateur aperçoit ■en plaçant l’œil derrière 0’ (*).

1310. Dispositif. — Les lentilles sont aux extrémités d’une série de tuyaux qui s’emboîtent les uns dans les autres. L’objectif L ( fig . 646), de grandes dimensions, est au bout d’un premier tuyau très-large ; l’oculaire L’, de dimensions plus |>elites, est fixé à l’extrémité du dernier tuyau qui est relativement étroit. L’observateur ayant dirigé la lunette vers l’objet, enfonce ou retire le tube qui porte l’oculaire, jusqu’à ce que l’image lui présente le maximum de netteté. Une crémaillère est souvent employée pour permettre d’exécuter la mise au point, d’une manière progressive et sans seeôusse brus-

(•; I.a figure 645 se rapporte au cas oïl l’objet. AB est à une distance de L nbn ihflulment grande. S'il en est autrement, chaque point de l’objet envoie sur ta lentille L des faisceaux de rayons parallèles entre eux et .4 l'axe secondaire passant par c« point.

que. Une différence essentielle entre l'emploi de la lunette astronomique et celui du microscope doit être dès à présent remarquée. Pour observer avec le microscope, on déplace l’objet en soulevant ou en abaissaut le porte-objet ;

et le déplacement de l’oculaire nejouequ’un rôle secondaire. Pour mettre au point la lunette astronomique, c’est le déplacement de l’ocnlaire qui joue le rôle important ; on en conçoit bien la raison :

l’observateur n’est pas maître de déplacer les corps éloignés, il n’a d’autre ressource que celle de changer la distance relative des verres à travers lesquels cheminent les faisceaux lumineux envoyés par ces corps.

1311. CnMliMBnt. — On appelle grossissement d’une lunette astronomique le rapport qui existe entre l’angle sous lequel l’observateur voit l'image A" B", et l’angle sous lequel il verrait l’objet AB à l’œil nu. Dans le cas de la flgurc 643, le

grossissement sera exprimé par ou bien par ->0B<. Pour trouver

le rapport de ces angles, il suffit de déterminer le rapport des arcs qui , étant décrits du sommet comme centre , avec; l’unité comme rayon , seraient compris entre les côtés. Or , ces angles sont toujours assez petits pour que l’on puisse approximativement prendre les cordes pour les arcs. L’angle A'O'B', qui comprend entre ses côtés l’arc A I!

A'ir

décrit avec un rayon A'O', comprendrait un arc , s’il était au centre

d'un cercle de rayon 1 ; de même la mesure de l’angle A'OB' est — . Le

A'[y A^iy A'O A'O

rapport de ces angles est donc ^ : jg = — . Or, ce rapport ^ est

approximativement égal à - , P et /'étant lès distances focales de l’objectif et de l’oculaire.

Cette formule montre qu’une lunette donne un grossissement d’autant plus considérable que la distance focale de l’objectif est plus grande et que uelle de l’oculaire est plus petite. Cette observation est mise à profil dans la pratique.

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