GÉNÉRALITÉS SI H LES COUPS ET SI H LES POUCES
générale de la matière, suffit seule à démontrer l’existence de la porosité. Car, si un corps est susceptible de prendre un moindre volume, par une cause quelconque, il faut, ou que ses molécules se soient rapprochées, et dès lors, leur écart primitif se trouve démontré, ou qu’elles se soient pénétrées mutuellement les unes les autres pour occuper simultanément la même portion d’espace: hypothèse tout à fait inacceptable comme contraire n l’idée même de la matière, qui, pour nous, est essentiellement étendue et impénétrable.
11 faut se garder de confondre avec les pores véritables ces cavités accidentelles, ces lacunes qui existent dans certains corps : la pierre ponce, l’éponge de platine, le bois. Si une lame de cuir se laisse traverser par du mercure qu’on presse sur l’une de ses faces, il ne faut pas donner ce fait comme une preuve de la porosité ; il montre seulement «pie le cuir est percé de trous nombreux (visiblesd’ailleurs à la loupe), là où se trouvaient implantés les poils «pie l'opération du tannage a détruits. Les pores sont des intervalles interrnoléculaires qui échappent à l’oeil, même quand on emploie le secours des instruments les plus grossissants.
9- Éiuatteit#-. — En même temps que les corps sont compressibles et.
1 par suite, jioreux. ils sont encore élastiques; c’est-à-dire «pie, lorsque, par 1’eflet d’une.action mécanique, ils ont subi une déformation peu considérable, ils reprennent spontanément leur volume initial aussitôt que la force étrangère cesse d’agir. LTn ressort d’acier qu’on fléchit, une bille d’ivoire qu’on comprime , fournissent , par leur retour à la forme première, des preuves évidentes pour tout le monde de cette propriété d'élasticité commune à tous les corps. Remarquons, toutefois, que, lorsqu’un solide (une barre de fer. parexemple) est soumis à une traction «ai à une compression, il est indispensable que l’écart moléculaire ainsi déterminé ne soit pas trop considérable; sans cela, la barre, quand l’action cesse de s’exercer, au lieu de reprendre son volume premier, acquiert d«;finitivemeut une forme nouvelle (*) : on dit, dans ce cas, que la limite d’élasticité a été dépassée. Il est même possible, eu augmentant graduellement la grandeur de la traction ou de la compression, de produire une «'rie d’états d’équilibre moléculaire successifs, jusqu'à ce qu’eutin la rupture de la barre se détermine.
10. 'Trot» état* de la matière. — État solide. — Un même corps, tout en conservant sa nature chimique, peut se présenter sous trois états différents : état solide , étal liquide, état yazeux.
Dans les solides — métaux, pierres, etc. — les particules sont solidaires les unes des autres ; le corps a une forme qui lui est propie et qui ne peut être moflifiée que par un certain eflort capable de changer les distances
(*) Le* molécule* se sont établies dans un état d'équilibre stable, persistant, et neanmoins distinct de l'équilibre primitif.
GENERALITES SLR LES CORPS. S
ou les positions relatives des molécules. En outre, l'équilibre moléculaire du corps solide est toujours stable, c’est-à-dire que. si l’on déplace d’une petite quantité quelques-unes des parties qui le constituent, 'celles-ci reviennent d’elles-mêmes à leur position primitive d'équilibre. Enfin, l’élasticité. dans les corps solides, peut être mise en jeu par trois procédés : la pression, la traction et la flexion.
Tels sont les faits qu’indique l’observation. — On les interprète de fa manière la plus simple, en admettant l’existence de forces moléculaires, l’une attractive, la cohésion, l’autre répulsive : leur grandeur dépend de la distance actuelle des molécules, et aussi, dans les corps solides, de la position relative de ces mêmes molécules. Elles augmentent toutes les deux, quand la distance diminue: seulement, la force répulsive varie d’intensité plus rapidement que la cohésion. En effet, quand on comprime un corps et que, par suite, on rapproche ses particules, un équilibre momentané se prtc duit, tant que dure l’action de la force étrangère qui exerce une pression sur ce corps: donc, les forces moléculaires ont éprouvé, dans lenr grandeur, une variation telle qu'il y a eu finalement, dans l’effet répulsif, un accroissement compensant exactement l’effet inverse de la pression. De même, quand on exerce une traction sur le solide, la manifestation d’un équilibre nouveau est la preuve que la force répulsive a décru plus rapidement que la cohésion, car il faut, pour détruire l'effort de traction et en limiter les effets, un accroissement final correspondant des forces moléculaires qui ait lieu dans le sens de la cohésion.
11. Fluides. — Dans ]es*fluides qui comprennent les liquides et les gaz, les molécules sont parfaitement mobiles; elles peuvent glisser presque sans frottement les unes sur les autres. Le moindre effort suffit j>our les séparer. Le fluide n’u point une forme à lui comme le solide, il prend immédiatement celle du vase qui le renferme.
12. (jut liquide. — Les liquides conservent pourtant une cer-
taine cohésion entre leurs molécules. Voyez une gouttelette de mercure G 1): posée sur une lame de verre horizontale L, elle prend d’elle-même la forme sphérique, et la conserve malgré l'action de la pesanteur qui tend h disjoindre scs diverses parties et à les étalera la surface de la lame. Plongez ,
dans l'eau une baguette de verre, et retirez-la ensuite : une goutte liquide G (/></■ 2) restera suspendue à son extrémité inférieure. Or. si la partie inférieure de la goutte ne se sépare pas de la partie siqiérieure pour obéir à la pesanteur qui tend à l’entraîner à la surface de la terre, c’est qu'il existe, entre les particules qui la constituent. des actions attractives dont la résultante maintient l’agrégation moléculaire malgré1 l’action inverse de la pesanteur.
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