GÉNÉRALITÉS SL R LES CORPS
7. Divisibilité de la matière. — Une expérience jiiumalière nous apprend qu’un corps, quel qu'il soit, peut être divise en plusieurs fragments. Ceux-ci. à leur tour, étant susceptibles d’un nouveau fractionnement, on n’est arrêté dans cette division de la matière en parties de plus en plus petites que par l’imperfection des instruments qui servent à l’observer et par la limite de sensibilité de nos organes des sens. Ainsi, la divisibilité de la matière considérée comme fait pratique est nécessairement limitée. Mais une question plus délicate s’impose à notre esprit. En admettant que nos sens et nos instruments se perfectionnassent de plus en plus, arriverait-on dans ce partage des corps en fragments de plus en plus petits à un arrêt nécessaire? L’interprétation la plus simple des lois qui président aux combinaisons chimiques nous conduit à «admettre que les corps sont formés de particules insécables ou atomes qui résistent à toutes les actions physiques et chimiques qui tendraient à les fractionner. Mais c’est là une pure conception de l’esprit dont il serait impossible de démontrer la réalité, et à laquelle il faut se garder d’attribuer le même degré de vérité qu’à un fait ou qu’à une loi physique.
Nous emploierons désormais le mot molécules pour désigner les parties très-petites de matière dont le groupement forme les corps, et cela, sans faire aucune hypothèse sur leur constitution véritable.
8. Compressibilité. Porosité. — Si l’existence des atomes est hypothétique. on peut du moins affirmer avec toute certitude que les molécules dont la réunion forme les corps, ne se touchent pas les unes les autres; elles sont séparées par des intervalles qu’on nomme pores. La preuve en est dans la propriété, commune à tous les corps, de diminuer de volume, de se comprimer, quand on les soumet à une action mécanique ou à un abaissement de température. La compressibilité , propriété