FUSION
de support aux deux cylindres. Des conduits X, Y, pratiques à la base du cylindre de chaux H, perrrtettent aux produits de la combustion de s’échapper à l’extérieur. On remarquera que le creuset I est surmonté d’un cône de chaux vive, dont le but est d'obliger la flamme du gaz oxy-hvdrogène à se distribuer également tout autour du creuset. Comme-la chaux se fendille toujours un peu pendant le chanffagc , les fragments sont maintenus en place, à l’aide de cercles de fer doux.
L’appareil ainsi disposé est d’un emploi très-commode. Les deux gaz provenant de gazomètres placés dans le voisinage arrivent à l’orifice rn. oü le mélange est enflammé. On règle facilement leur vitesse de sortie, en s’aidant du bruit particulier que le dard Mit entendre. Y a-t-il excès d’hydrogène? la flamme souffle ; avec un excès d’oxygène, elle siffle. On ou- Fig nî.
vre alors plus ou moins les robinets,
de manière à rendre le bruit aussi faible que possible. Au bout de quelques minutes, la température maxima est atteinte.
335. Résultats obtenu». — Le ruthénium, le métal le plus réfractaire de la famille du platine, est fondu dans cet appareil, à la condition d’étre placé à I ou 2 millimètres de l’extrémité m du chalumeau ; mais il faut se servir du dard le plus chaud qu’il soit possible de produire. Dans les mèmès circonstances, l’osmium ne parait pas fondre, mais il se volatilise. Ouant au palladium, et surtout au platine, le moins infusiblcdes métaux du groupe, leur fusion est devenue, entre les mains de MM. Deville et Debray, une opération des plus simples. Avec leur four un peu modifié, MM. Deville et Debray sont parvenus à fondre ll*il,5î)S de platine en une seule opération ; 42 minutes ont suffi pour opérer la fusion et raffinage. Le métal se maintient assez longtemps liquide, dans la coupe en chaux vive ; et il devient très-facile de le couler dans une lingotière, comme on le fait pour l’acier. MM. Deville et Debray estiment, d’après leurs essais, qu’il suffit de DO litres d’oxygène pour fondre un kilogromnie de platine.
336. Les phénomènes, depuis longtemps observés, les résultats nouveaux qui viennent d’être présentés, montrent que les substances qui
CHAI, Kl K.
résistent à lu fusion sont de moins eu moins nombreuses. à mesure qu'on perfectionne les moyens de produire des températures' très-élevées. 'Aussi, quoique la science ne puisse pas aujourd'hui, amener tous les corps à l'état liquide, on n’en a |his moins le droit de conclure qu’il n’est pas de corps absolument réfractaire; il n’en est aucun qui. porté à une température suffisamment haute, ne soit susceptible de fondre.
337. ll<-uiiiMiw- loi de la fuaion. ('halrnr Intente de fanion. — La température d'un sorps. qui fond, demeure 'invariable, quelle que soit la température dit fover de chaleur au milieu duquel il se trouve placé. Si là quantité de chaleur reçue par le corps devjent plus grande en un temps donné, sa fusion est plus prompte, mais sa température ne change pas. C’est précisément cette propriété qui nous a permis de choisir, maintes foi», la glaee fondante, jsiur produire une température constante, pendunt un temps quelconque.
Une devient «loue la chaleur fournie par le foyer? Elle est employée à effectuer le travail moléculaire, dont le résultat est la désagrégation du corps solide, sti fusion. Ou donne à cette chaleur, le nom de chaleur latente, |K>nr la distinguer de la chaleur sensible, celle [qui détermine la température d’ùn cofps et qui agit sur un thermomètre pénétrant dans sa masse. On apprendra plus lard, dans lo chapitre de la colorimétrie, à mesurer cette chaleur latente; disons, dès à présent, que l'unité de poids de chèque substance exige pour fondre-une quantité invariable de chaleur et que le nombre qui la représente est Une nouvelle constante spé.cilique propre à caractériser la substance. Ce nombre varie d’ailleurs beaucoup d’un corps à un autre. ' •
338. DiMoiution. — Lu solide peut passer à. l’état liquide dans des
conditions tout antres que celles que nous avons signalées. Le sel ordinaire et le ■sucre se dissolvent dans l’eau, l’iode dans l’alcool, le soufre et le phosphore dans le sulfure de carbone: or, ce phénomène de dissolution est tout à fait comparable à une fusion ordinaire, puisque la séparaliott des molécules est produite dans le solide, sous l’influence du dissolvant. d’une manière aussi complète qu’elle l’eût été par l’intervention de la chaleur. .
La dissolution ne se l’ait plus, il e$t vrai, à une température fixe, comme la fusion ; mais elle consomme, elle aussi, une certaine quantité de chaleur qui devient latente.
339. .tpplirnUon». — Méliuia**» réfrigérants. — Cette absorption de chaleur, au moment de la fusion ou de la dissolution d’un corps solide, a été utilisée pour produire des froids très-iutonses, à l’aide de certains mélanges qu’ou ap|>elle, |M»ur ce motif : mélanges réfrigérants. Ou’on mette en contact deux corps qui peuvent se combiner ensemble ou se dissoudre l’un l’autre; s’ils sont tous les deux solides, ni la combinaison ni la dissolu-
KliSION.
lion ne seront possibles; ils devront devenir liquides tuut d’abord.; et, si aucune source étrangère ne leur fournil je calorique de fluidité, ils lèrotH passer leur chaleur sensible à J’état de chaleur latente, se refroidiront euxmêinesen fondant. ot 'refroidiront aussi les corps. voisins. L’almissement de température- déterminée, dans ce cas, sera limité par la congélation du liquide, qui aura clé le produit.de la dissolution ou de la combinaison des deux corps.
Toutefois, il y a ici une influence qui coijtrq-h dance, en partie, l'effet frigorifique dont nous parlons. Comme, il n’y a pas de combiuaisou chimique sans dégagement de chaleur, l'effet obtenu n'est que la résultante dé- ces deux actions contraires : absorption de chaleur par le fait de la fusion, dégagement de chaleur par le fait de la combinaison. Les substances qu'on mélangera devront donc, être choisies de telle façon que cette résultante soit toujours, dans le sens d’un abaissement de température. •
340. Les corps le plus fréquemment'employés polir former des mélanges réfrigérants qont : lajglace pilée et le sel marin qui, mélangés intimement dans la propoftion.de deux parties de glace pour une de sel ma,rin. produisent un abaissement de température, de-f- 15" à — 20".
Avec le chlorure de calcium hydraté et la neige, on peut atteindre une température beaucoup [dus basse, celle de la solidification du mercure. Les meilleures proportions à employer sont de 4 parties de sel pour 3 de neige ; la quantité de sel peut être augmentée impunément, mais qon celle de la neige. Hans ces conditions, la température peut descendre à — 48", 5 comptés sur le thermomètre à alcool absolu et à — 51" comptés sur le thermomètre à air. Seulement, le chlorure de calcium doit se trouver .à un état d’hydratation convenable et sous la forme de poussière, afin que le mélange avec la neige puisse être bien intime : M. l'ersqn a indiqué' un procédé commode pour le préparer. Un fait une dissolution concentrée de chlorure de calcium, et on la chauffe jusqu’à ce que la température d ébullition soit de 129" : à ce moment, on laisse refroidir, et, avec une spatule de bois, ou agite la-dissoluliou, d’une mauière continue; pendant là solidification, le sel se réduit eu peLits cristaux, pulvérulents colmne du sable qu'on doit conserver dans des flacons bouchés à l'émeri.
3-il. On peut aussi ubleuir des mélanges réfrigérants par l'emploi d’un solide et d'un liquide, l’acide chlorhydrique et le. sulfate de soude par exemple ; ce sont précisément ces deux corps qui servent à produire lu congélation de l’eau dansées appareils, aujourd’hui assez répandus, qu’on nomme glacières artificielles. Avec 8 parties de sulfate de soude et 5 d’acido chlorhydrique, -la température peut s'abaisser à — 1G°. Comme l'emploi journalier des acides peut deveuir dangereux, il vaut mieux recourir à un mélange formé de parties égales d’azotate d'ammoniaque et d’eau ; ue dernier sel. quoique coûteux, n'exige qu'une première mise de fonds ; car,
CHALEUR