lu
Laiton
Or. .
Légalité indiquée parle tableau précédent a lieu uniquement lorsque le pouvoir émisait est mesuré pour une substance chauffée à 1 00“ et que le pouvoir absorbant de cette même substance est évalué en faisint tomber sur elle la chaleur qu'émet une source dont la température est la même. Cette égalité des deux pouvoirs subsiste lorsque la chaleur émise et la chaleiir incidente ont, l'une’ et l'autre, la même composition, et l'on peut affirmer que, pour une même espèce de chaleur, l’identité des deux pouvoirs est réelle.
Mais le tableau des pouvoirs absorbants (534) nous montre aussi que celle égalité n'est plus vraie dans d’autres cas. Ainsi le pouvoir absorbant du platine pour la chaleur solaire est égal à 0,59 ou à quatre fois environ le pouvoir érnissif du platine chauffé à 100" : c’est qu'en réalité, dans ce cas, les deux espèces de chaleur, émise et absorbée, sont très-différentes. La loi de l'égalité des deux pouvoirs n’est donc |>as infirmée par ce résultat, elle est seulement restreinte.
556 bis. Nouvel emploi de la première metliode. — Il est des suitstanc.es dont le pouvoir réfléchissant est nul, et dont le pouvoir diffusif est connu. Pour ces substances on a r=o, donc a-\-d = 1 a = l — d. Celte nouvelle application de la méthode a donné pour la céruse, la poudre d’argent mat, le chromate de plomb, les nombres 0,18 0,44 0,54.— Ces résultats, remarquons-lc bien, sont relatifs au pouvoir absorbant pour la chaleur solaire, puisque les pouvoirs diffusifs, d'où ils se déduisent, ont été obtenus en employant le soleil comme source de chaleur. Il n'est donc pas possible de les comparer aux pouvoirs émissifs obtenus par l’emploi du tube de Leslie.
557 . Seconde méthode pour déterminer le» pouvoirs absorbant» —
Du principe que nous venons de poser (556) découle une nouvelle
ÎULVOIHS ABSOHUA.NTS.
méthode pour déterminer les pouvoirs absorbants. Elle est de la plus grande simplicité : elle consiste à évaluer les pouvoirs émissifs comme il a été dit au g 521, et à attribuer les mêmes valeurs au* pouvoirs absorbants. .Mais il faut <juc l’on entende bien les résultats comme nous venons de le dire. Par exemple, le pouvoir émissif du papier collé sur le cube de Leslie donne le pouvoir absorbant du papier exposé au rayonnement d'un corps porté à une température peu élevée, telle que celle du cube lui-même, mais on ne peut en déduire le pouvoir absorbant du papier frappé par les rayons solaires.
55tL Méthode directe. — Expérience. — MM. de la Pl'OVOStaye et I*. besoins ont, en outre, découvert une méthode directe, pour l’évaluation du rapport des pouvoirs absorbants des différents corps. Ils recouvrent successivement un même thermomètre des substances à étudier et l'exposent à l’action d’une même source de chaleur. Le thennomèlie s'échauffe; on attend qu’il prenne une température stationnaire. Quand cette température est atteinte, il est évident que, pendant des temps égaux, la quantité de chaleur qu'il perd, soit par rayonnement, soit par son contact avec l’air, est égale à la quantité de chaleur qu’il absorbe, quantité de chaleur qui lui vient de la source. Il suffirait donc de déterminer, dans chaque expérience, la quantité de chaleur perdue par le thermomètre pour connaître celle qui est absorbée et pour avoir par suite la valeurdu pouvoir absorbant. La question est ramenée à la détermination d’une vitesse de refroidissement.
Pour cela, on intercepte, à l’aide d’un écran, la chaleur émise par la source ; le thermomètre primitivement recouvert d’une couche mince de la substance qu’on veut étudier se refroidit alors, et on observe quel est l’abaissement de température, au bout de l’unité de temps : soit 0",50 par exemple. Si Q désigne la quantité de chaleur que perd le thermomètre, quand sa température s’abaisse de 1", 0,300 représentera la quantité de chaleur perdue nu bout d'uu temps I, dans les conditions où l'on opère. On recommence l’expérience, en recouvrant le réservoir du thermomètre avec du noir de fumée ; on fait agir la même source ; puis quand la température est devenue stationnaire, on intercepte le rayonnement, et on observe la vitesse du refroidissement, comme il a été fait en premier lieu, soit 0U,40. On aura 0,40Q pour représenter la quantité de chaleur perdue pendant l’unité de temps, (’.es valeurs 0,30Q et 0,iÜ(J expriment aussi les quantités de chaleur absorbées : doue le rapport des
pouvoirs absorbants des deux substances sera |-
CHALEUR
ô39. Détail» de la méthode. — Comme il est facile de le voir, l’abaissement île température 0,50 est celui qui convient à un excès intermédiaire entre l'excès initial et l’excès final de la première expérience. Un résultat plus exact sera obtenu, si l’on s’arrange de manière que la moyenne de l’excès initial et de l’excès final soit exactement l’excès, marqué par le thermomètre lorsque la température est devenue stationnaire Itans ce but, il suffit de chauffer un peu la boule et de la porter au-dessus de la température stationnaire. Mais, malgré ces précautions, on n'aura encore qu’une approximation. Il semblerait donc que le résultat cherché ne peut pas être atteint. Cependant une méthode de calcul, que nous ne donnerons pas ici, permet, au moyen de deux expériences, de trouver exactement la quantité de chaleur perdue qu'il faut évaluer. La méthode élémentaire que nous avons fait connaître peut conduire à des nombres acceptables, si elle est bien pratiquée.
D’autres remarques doivent être faites sur la méthode. Ksi- il vrai que la chaleur perdue sous l'influence du milieu environnant soit la même et quand l’écran est à sa place, et avant son interposition? En réalité, ce n'est là qu’une approximation, car les conditions du refroidissement ne sont pas identiques dans les deux cas. Que l’on conçoive, en effet, autour du thermomètre, une enceinte sphérique dont la boule de l'instrument occupera le centre et dont le rayon sera la distance de cette boule à la source de chaleur. Il est évident qu’il y aura une petite portion de cette surface sphérique qui sera représentée tantôt par l’écran, tantôt par la source et qui agira par suite différemment sur le thermomètre, dans les deux phases de l’expérience. Toutefois, ceci n’a qu'une médiocre importance, pourvu que la source soit vue du thermomètre sous uu très-petit angle. En employant cette méthode, MM. de la Provostaye et 1*. Desaius ont obtenu les résultats suivants :