‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmes (volume 2)Chapitre 113 sur 150 · IIIENTITÉ DE I.A CHALEUR RAYONNANTE ET DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

IIIENTITÉ DE I.A CHALEUR RAYONNANTE ET DE LA LUMIÈRE

540. Récapitulation. — Avant de terminer, récapitulons toutes les analogies, que nous avons reconnues entre la lumière et la chaleur rayonnante :

1" La chaleur, connue la lumière, se meut en ligne droite et avec une vitesse de même grandeur. i

2° La chaleur se réfléchit suivant les mêmes lois que la lumière.

3" La chaleur se réfracte, comme se réfracte la lumière, et se divise, comme elle, en rayons de diverses espèces.

4° La chaleur se transmet à travers les corps en donnant naissance à des phénomènes tout à fait de niêire ordre que ceux que présente la lumière.

5- Pour un même faisceau incident, formé de lumière simple, les quantités qui sont réfléchies varient, quand on modifie les circonstances de la réflexion, et soit que l’on étudie la chaleur, soit que l’on étudie la lumière appartenant à ce faisceau homogène, les variations sont identiquement les mêmes.

541. Expérience de Ain. Mmiotii et Jnmln . — Enfin, à toutes ces analogies, nous en ajouterons une nouvelle relative à la transmission : les rapports des quantités de chaleur et de lumière transmises par une lame transparente, aux quantités qui tombent sur elle sont représentés exactement par les mêmes nombres, pourvu toutefois que l’on opère sur un faisceau homogène et toujours de même espèce.

MM. Masson et Jamin, aprè- avoir disposé l’appareil de Melloui comme pour une expérience de transmission, placent une lame transparente sur le trajet d’un rayon simple du spectre solaire ; ils notent la chaleur, qui arrive à la pile. La lame est alors enlevée, la chaleur passe directement, et la déviation du galvanomètre est observée de nouveau. Le rapport des deux nombres obtenus, dans une des expériences faite sur le rayon violet du spectre, fut trouvé égal à 0,44. Pour le même rayon violet on a évalué, et l’intensité de la lumière émergente, et celle delà lumière incidente : le rapport s’est encore trouvé égal à 0,44.

542. Identité de la chaleur et delà lumière. — Qu’un spectre soit produit et que l’on étudie un des rayons simples qui le composent; que l’on cherche les modifications que subit ce rayon d’espèce déterminée, soit dans ses propriétés calorifiques, soit dans ses propriétés lumineuses.

ou recouiiait que les deux ordres de propriétés se modifient eu même temps et exactement suivant les mêmes lois. Toute cause de réflexion, de transmission, d'absorption qui altère les unes, altère les autres, exactement de la même manière. Si, par une influence quelconque, la moitié de la lumière disparait, la moitié de la chaleur disparait aussi; si toute la lumière s'éteint, la chaleur s'éteint également. Jamais, quand on s’est adressé à un rayon simple, on n’a trouvé une variation de lumière, sans une variation exactement correspondante de chaleur, et les épreuves, on peut le dire, ont été surabondantes. Une telle concordance de résultats porte à penser que la chaleur et la lumière font plus que s'accompagner dans les radiations des différentes sources; quelles ne sont que des manifestations diverses d'un seul et même rayonnement. La différence des effets observés ne proviendrait donc pas de la coexistence de deux rayons distincts et pourtant inséparables, l'un calorifique, l’autre lumineux qui s'accompagneraient dans les radiations dont il s'agit; mais elle résulterait de l’espèce de modification que peut subir l’objet ou l'ètre qui se trouve frappé. Sur la vue, ce rayonnement donnerait l'impression de lumière, parce que le nerf optique ne peut éprouver qu’une sensation de ce genre. Sur le toucher, l’impression serait différente, parce que le sens du toucher possède une sensibilité d’une tout autre nature.

545. Réponse aux objection». — Cette assimilation ne laisse |>as de présenter un embarras : si, au lieu de se borner à l’étude d’un rayon d’espèce déterminée, on compare les effets des divers rayons du spectre. Il est des rayons, les rayons jaunes, par exemple, qui sont très-lumineux et qui portent avec eux peu de chaleur. Au delà du rouge du spectre, dans la partie qui n’est pas lumineuse, on reconnaît, au contraire, qu'un llux de chaleur abondant se propage. Il semble, si l'on admet notre théorie, que l’œil devrait, dans celte région, être frappé par une vive clarté, taudis qu’en réalité il y a pour lui obscurité absolue. Ces objections ont embarrassé pendant longtemps et ont empêché de conclure à l’identité des deux rayonnements, malgré toutes les preuves qui la démontraient. Mais elles sont faciles à lever.

(Juant A ce qui concerne spécialement la chaleur obscure si abondante au delà du rouge, disons d’abord que l'œil contient un liquide aqueux qui l'intercepte complètement. L’œil ne voit rien dans cette portion du spectre, par cette raison bien simple que rien ou presque rien n’arrive aux parties de l’organe qui ont pour rôle de recevoir la sensation. Telle est l’explication proposée par Melloni et démontrée exacte par M. Janssen, qui, eu étudiant le passage de la chaleur obscure à travers les milieux

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