CONDITIONS D'ÉQUILIBRE DES GAZ
voit aussitôt la balance s’incliner du côté du ballon et indiquer ainsi nettement un accroisscnient de poids dû à la rentrée du gaz. l'ne disposition bien simple permet d’ailleurs à l’air de pénétrer dans le ballon, pendant (pie celui-ci demeure suspendu à la balance. Il suffit d’échancrer, suivant la ligne a, le filet dé la vis à l’aide de laquelle on fixe an robinet la capsule C destinée à recevoir les poids. Aussitôt que R est ouvert, l’air passe par le petit canal a et entre dans le ballon. Quand on veut avoir le poids exact d'un volume de gaz égal au volume du ballon, il est nécessaire de prendre de nombreuses précautions, que nous indiquerons plus lard avec détail.
1 1 8. Principe de Pascal applique aux gnz. — Les caractères distino lifs que nous avons assignés aux gaz et dont nous venons de prouver la réalité par l’expérience, n'einpèchent pas le principe de Pascal de s’appliquer à ces corps tout aussi bien qu'aux liquides. C’est qu’en effet, le principe a sa raison d’êlre dans certaines propriétés résultant de la constitution moléculaire des corps, lesquelles sont précisément communes aux liquides et aux gaz : ainsi les molécules des gaz, tout aussi bien que celles des liquides, sont parfaitement mobiles, elles glissent sans frottement les unes sur les antres; leur équilibre est tout à fait indépendant de la forme qu’on donne à la masse considérée. Les pressions qui se transmettent dans les gaz ont, en outre, la même origine que dans le cas des liquides; ce sont encore les actions mutuelles des particules, les actions mécaniques, la pesanteur qui représentent les forces intervenant dans la production de l’équilibre. Le principe de Pascal s’applique donc aux corps gazeux avec toutes les conséquences que nous avons développées dans le chapitre de l'Hydrostatique; il n’y a de différence que pour les phénomènes qui dépendent de la présence d'une surface libre limitant la niasse gazeuse, car la propriélé d'expansibililè s’oppose évidemment à ce qu’une pareille surface existe, dans le cas des fluides aériformes.
1 1 i) . Les pressions exercées en un point quelconque d'une masse gazeuse en équilibre se transmettent dams tous les sens, avec la même intensité, sur des surfaces d'égale étendue. — Nous voyons ici disparailrc une complication qui s’est offerte dans le cas des liquides. Taudis que l'action due à la pesanteur est variable avec la profondeur d’une manière très-sensible, quand il s’agit des liquides; ou peut, au contraire, la regarder comme constante dans le cas d’une masse gazeuse renfermée dans un ballon, dans une cloche ou dans tout autre vase de capacité restreinte : la faible densité du fluide rend cette fois négligeable une variation de ce genre. Il suffit d’ailleurs de fixer, eu différents points de la paroi d’un vase plein
MSSANTElilt.
d’air, ces petits appareils formés de deux tubes communiquants qui servent à mesurer la force élastique des gaz et que nous étudierons plus tard sous le nom de manomïlres ; le liquide contenu dans les deux branches des tubes ouverts qui forment ces manomètres se trouve, dans tous, soulevé à la même hauteur, aussitôt que par un moyen mécanique quelconque, on exerce une pression sur l’air contenu dans le ballon.