‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmes (volume 2)Chapitre 27 sur 150 · CONDITIONS D ÉQUILIBRE DES GAZ · texte numérisé non relu

CONDITIONS D ÉQUILIBRE DES GAZ

ii son expansion l’air de la cloche, se dilate spontanément et chasse devant elle l'enveloppe extensible qui l’emprisonnait.

On explique tic la même manière cette autre expérience, très-simple, qui consiste à placer sons le récipient de la machine pneumatique une bouteille qu’on a hermétiquement fermée avec un bouchon de liège enduit d'un corps gras, afin de diminuer le frottement. A peine a-t-on donné les premiers coups de piston pour raréfier l’air, qu’on voit la bouteille se déboucher d'elle-même, sans l'intervention apparente d’aucun agent méca* nique. Au reste, les résultats que nous indiquons ici seraient exactement les mêmes si on substituait a l'air un gaz quelconque.

f 17. L’expérience semble cependant indiquer que cette expansibilité qui caractérise les gaz a une limite nécessaire; et que, lorsque le fluide élastique atteint une raréfaction suffisamment grande, sa force expansive devient à peu prés nulle. Indiquons, à ce propos, quelques résultats obtenus par Faraday. On sait que le mercure, même à dose très-faible, blanchit l’or en faisant avec lui un amalgame. Or, si à la température de t5", on remplit, en partie, un flacon de verre avec du mercure, et qu'on ferme l’ouverture supérieure de ce flacon avec une feuille d'or qui se trouve ainsi placée à plus d'un centimètre de distance de la surface du liquide, on reconnaît que l’or demeure intact, et que par suite la vapeur du mercure n’arrive point jusqu'à lui. Si, au contraire, la même feuille d'or est placée à moins d’un millimètre de distance du niveau du mercure, elle blanchit promptement. On serait donc conduit à penser que le mercure émet à la température de 15“ une vapeur sensible, uii gaz ; mais ce fluide serait tellement rare que sa force expansive ne lui permettrait de s’élever qu’à une trèspetite hauteur dans l’espace environnant. Quelques physiciens étaient déjà arrivés à celte idée, que les gaz ne gardent pas indéfiniment leur élasticité, en se fondant sur la limitation des atmosphères des planètes.

118. Grande compressibilité dc« gai. — Le petit appareil nommé briquet à air (fig. CI») sert à montrer la grande diminution de volume qu’on peut faire subir à un gaz, en ne recourant cependant qu’à des actions mécaniques relativement assez faibles. Dans un corps de pompe en verre à parois très-épaisses, plein d'air et fermé à l’une Fig. os. de ses extrémités, peut se mouvoir un piston P muni d’une tige. Eu poussant celle-ci avec la main, on réduit aisément l’air à la moitié, au

PESANTEUR

tiers tle son volume primitif ; et cela, sans exercer un grand effort. Aussitôt que la pression cesse, le piston se meut de lui-même en sens inverse, obéissant à la force de ressort du gaz jusqu’à ce que celui-ci ait repris son volume primitif. Cet instrument a été appelé briquet à air, parce qu'on l'emploie pour rendre sensible le dégagement de chaleur qui a lieu au moment de la compression de ce fluide. Il suflU, à cet effet, de fixer un morceau d'amadou à la base supérieure du piston, et, en appuyant l'extrémité A de la tige sur un support (ixe, d exercer une pression brusque avec la main sur la tête B du corps de pompe, pour voir une lueur apparaître et l’amadou prendre feu. I,a quantité de chaleur dégagée par la compression du fluide élastique est assez grande pour que l'inflammation de la matière combustible ait lieu au contact de l'oxygènede l'air. — Du reste, quand on répète la même expérience, sans introduire d’amadou, on aperçoit encore une lueur au moment de la compression; c'est le corps gras servant à imprégner le piston qui prend feu dans ce cas.

117. Pesanteur de l'air et des gaz. — C'est un fait remarquable, dans l'histoire de la science, qu’en présence de l'énergie des effets produits par l’air en mouvement : par les vents, par les ouragans qui déracinent les arbres, qui renversent les édifices, les anciens ne soient pas parvenus à établir que l’air fût un corps pesant. C’est à Galilée qu'est

due la première démonstration de

cette propriété fondamentale des fluides élastiques. Un peu plus tard, Otto de Guericke, après avoir inventé la machine pneumatique, réalisa l’expérience que nous exécutons encore aujourd'hui, pour évaluer le poids d’un volume donné d'un gaz quelconque.

Un grand ballon de verre muni d’un robinet (fig. 67), et dans lequel on a fait le vide, est suspendu à l’une des extrémités du fléau de la balance hydrostatique et équilibré par une tare placée dans le bassin qui est attaché à l'autre extrémité.

En ouvrant le robinet, on entend le sifflement de l’air qui rentre; on

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