DE MARIOTTE
loi deMariolte : ils se compriment un peu plus que cela ne devrait avoir lieu, d’après cette loi. Pour l'air et pour l'azote, les écarts sont faibles, mais cependant assez considérables pour qu’on puisse les évaluer avec certitude. Pour l’acide carbonique, les écarts deviennent notables, quand on opère sous des pressions un peu fortes : ainsi, en imi tant d’une pression initiale d’une atmosphère, le rapport, concernant ce dernier gaz,
J°jj'- = |, 0070, tandis qu’en prenantcommopoint de départ : ll„= 12*lu*,(it>, il devient égal à 1,0999.
Le lia z hydrogène ne suit pas non plus exactement la loi de Mariotte, comme l’avait reconnu M. Pespretz; mais il s’en écarte en sens contraire : il éprouve une diminution de volume moindre que celle qui est indiquée par la loi, et sa compressibilité décroit à mesure que la pression augmente. M. Régnault compare la force élastique de l’hydrogène A celle d'un ressort métallique, qui offre une résistance d’autant plus grande à la compression, qu’il se trouve déjà soumis à une pression plus considérable.
On pourrait objecter que les écarts signalés, par M. Régnault tiennent peut-être à une évaluation inexacte de la valeur du rapport y"; s’il a été
mal déterminé et estimé airdelà de sa valeur véritable, il n’est pas étonnant que, dans les expériences faites sur l'air, l'azote et l'acide carbonique, on trouve pour le quotient y"JJ° un nombre plus grand que 1 . M. Régnault répond à cette objection que si cette cause était vraie, on eût dû obtenir, dans la série des expériences un nombre toujours plus grand que 1, à peu près de la même quantité ; tandis qu'au contraire, la différence va croissant d’une manière régulière, à mesure que il„ augmente lui-même.
149. tonelanion *enémie. — En résumé, les expériences de M. Régnault, exécutées par la méthode que nous venons d'indiquer, et d'autres essais sur la compressibilité des gaz, essais dans lesquels on soumettait ces corps à des températures très-diverses et que nous ne pouvons décrire ici, conduisent A ce résultat général : qu’aucun gaz à la température ordinaire, ne suit exactement, dans ses variations de volume, la loi énoncée par Mariotte. Les gaz permanents s’eu écartent peu, et la loi peut leur être appliquée sans erreur notable; les gaz liquéfiables s’en écartent d'autant plus que nous les prenons à une température plus voisine de leur point de liquéfaction. Néanmoins, pour ces derniers, la compressibilité réelle se rapproche d'autant plus
PESANTEUR
de la compressibilité théorique qu'on les étudie à une température plus élevée.
Il — NÊI.AXGE DES r.AZ
150. Fxperirnrr de Brrthoiict. — Citons d'abord une expérience qui est fondamentale dans la question :
Berthnllct mit en communication directe, par leur col ouvert, deux ballons de verre remplis, l’un d'hydrogène, l’autre d’acide carbonique, à la même pression et à la même température. Appelons V et V' leurs capacités respectives, et II la pression initiale de chaque lluide. Le ballon contenant le plus dense des deux gaz, l’acide carbonique, fut placé audessous de l’autre. L’appareil resta déposé dans une cave profonde, où il ne se produisait aucune variation de température capable d’engendrer des courants, an sein des deux masses gazeuses. Au bout de plusieurs heures, Berthollet reconnut que la pression totale était égale A II et que les deux gaz s’étaient mélangés si intimement, qu’ils se trouvaient en même proportion dans les deux ballons.
Nous concluons de IA, que malgré l’égalité de pression qui, dés le début de l’expérience, s’exerçait sur la surface de séparation des deux gaz, l’équilibre n’a pas existé, et que chaque gaz s’est répandu dans le ballon qu’il n’occupait pas tout d’abord, comme il l’eût fait si ce ballon avait été ville de toute matière pondérable.
En partant de cette dernière conception : que chaque gaz est dans le ballon qu’il remplit comme si l’autre gaz n’existait pas, ou comprend que la pression (inale du mélange ait été trouvée égale A II ; car l’hydrogène, qui occupait d’abord le volume V A la pression II, a dû occuper le volume V-f-V' A la pression x ; x étant donné, d’après la loi de Mariette par l’égalité :
(V + V'! t — Vil ou .r = 11
Ile même, en appelant y la force élastique qu’a dû prendre l’acide carbonique, ou aura ?/ = v^7y/H. La force élastique du mélange sera deve-
nue. t -|- y ou V^V.H, c est-A-dire H, comme l’expérience l’a indiqué.
151. Loi du mélange de* gaz. — Toutes les expériences ultérieures ont montré que le fait découvert par Berthollet pouvait être généralisé.