‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmesChapitre 19 sur 130 · Il · texte numérisé non relu

Il

KLECTItiaTÉ.

ir.i

selon que la bobine indncli'ice pénètre plus ou moins prufondénieiU dans l'autre, le courant induit est plus ou moins énergique. Le médecin gradue ainsi à volonté la force des connnotions, et les règle selon l'état du malade.

IO-i5. Machine de pixii. — Dés que M. Faraday eut fait connaiire qu'il était possible de développer des courants au moyen des aimants, Piiii construisit une maebine dite maqnéto-i'lertriqui", où des courants éiier giques se développent par la rotation d'un fort aimant en fer à cheval

AH (/if/. i8o) voisin d'im électro-aimant fixe E, E'.

L'un des bouts du lil de cel éleciro-aimant plonge dans dn mercure contenu dans un llacon de verre, et l'autre bout -est placé un peu au-dessus de la surface dn liquide. La rotation de l'aimant produit raimantatioii on la désaimantalion du fer doux de rélectro-aimant, dont les faces polaii'es soni en regard de celles de l'aimant ; des conranis alternatifs et de sens contraire circulent dans le (il eni'oulè.

A la faveur de la di.sposi-.

tion particulière qui vient d'être indiquée, des étincelles jaillissent vives et

nombreuses à la surface du mercure.

Pixii avait rl'ailleurs rendu son appareil tout à fait pnqsre à mettre en évidence les actions diverses des courants; il avait trouvé les moyens de faire circuler toujours dans le même sens, dans un conducteur extérieur, ces couraiitsalternatifs. Nous n'insisterons pas sur ce sujet, car les mêmes détails de constrnclion vont se rctronver dans la maebine de Clarke.

Itliti. Mnvhine de *inrkr. — C.larke disposa la maebine Pixii dans des conditions meilleures. Il rendit mobile l'électro-aimant et réalisa ainsi

un double perfectionnement ; en premier lieu la niasse dn corps qui tourne est moindre ipie dans l'appareil de Pixii; en seianid lieu, par cette non-

1M»I CTIO.N.

le.’;

velle (lispositioii, il est possible de faire arriver réleclro-aiinant dans le voisinage plus immédiat des pèles de l’aimanl, et d’obtenir par suite (les ennraiits pins puissants. La macbinc se compose donc d’im aimant fixe en fer à cheval FF {fiij. iSti) et d’un électro-aimant EE mobile autour d'un axe parallèle à ses branches et perpendiculaire au plan de l'aimant.

Si l'on imagine (|ue les deux bouts du fil de l’éb'ctro-aimant soieiil inumeiitanémeiil réuii's en A, |iar exemple, et (|ue l’on fasse tourner ce ilernier autour de sou axe de rotation, le fer doux placé dans l’intérieur

Ki;.'. (SU.

des bobines s’aiiuanlera et se désaiiuanlera nllernaliveuieul. D’apn'-s les régies déjà données, cet aimani rpii coniiinmce et cet aimant <[ui finit feront iiaitre, dans le circuit fermé conslilué par le fil des bobines, des roiiranls dont le sens est facile à déterminer. Ainsi, soit l’électroaiuianl E K' dans une position (fi;/. tX7) telle, par rapport à r.-iiuinnl fixe, (|u'en E se trouve un |h>Ic austral, en E' nu pôle boréal: le couraiil du soléuoïde, ipii tiendrait lieu de cet ainuuil Uiomeutaiié, cirruleio

KLKCTRICITÉ,

dans le sens des lléclies niarquécs anloiirdc ces piMes. Fendanl uii(|uurl de tour de KK', raimanUtion diminue et cesse : ce qui développe dans le fil enroulé sur les bobines un courant de même sens que celui du solénoïde, comme l'indique la figure 487. ,\près un peu plus d’un quart de tour {(iÿ. 488), une aimantation se produit en sens contraire daii> le fer doux; le pèle austral qui se trouvait en E se charge en un 1)6Ip

Fis. »S7.

KiK. tsa

Fifr. tsi.

Fis- liw.

boréal et réciproquement ; rnimantation s'accroît pendant le mouveinenl. développe, dans le fil des bobines, un courant qui s’accorde avec le précédent, ainsi que le montrtmt les (lèches de la figure : en effet un aimant qui commence ou qui s’accroît fait naître un courant invei-se dans le circuit soumis à l’induction. Donc, dans le fil de l’électro-aimant eirnilera encore un courant de môme sens que le précédent.

Les figures 489 et 490 indiquent le .sens des courants induits pendant la demi-révolution snivanli' de EE' ; ces courants sont de sens contraire à ceux de la première, et se maintiennent tels pendant toute la durée de cette seconde demi-révolution. A chaque demi-tour, le sens du courant changera, et en définitive, la rotation de l’électi o-aimant engendrera nue série de courants alternatifs.

1047. Erretu de eette maehloe. — Ces Courants ont été utilisés pour la production de tons les effets déjà obtenus avec la pile; on les recueille sur des surfaces polaires appropriées, en faisant aboutir l’un des bouts du fil de réleciro-aimant à l’axe métallique A (/ij. 480), et l’autre bout est l’anneau de cuivre A' séparé de l’axe par un cylindre d’ivoire. Dans ces conditions, A et A' représentent les pôles du nouvel appareil voltaïque.

Étincelle. — La machine de Clarke, représentée par la figure 487, est disposée pour la production de l’éliud'lle. Le courant, quand il se produit, suit la route A'nS.S'KmCA, ou la roule exactement inverse, selon que le pôle positif momentané de la machine est en .A' ou en A : il parcourt bien le chemin indiqué, car le ressort H. le fil SS', la colonne K, l’arc TM, l’anneau C sont métalliques, et le socle de bois qui porte ces

iNnramN.

pièces a deux joues de métal où elles s'implantent. Toutefois, l'arc m n'appuie pas toujours sur l'anneau excentrique C ; à un certain moment la partie saillante de cet anneau cesse de loucher l'extrémité de l'arc m, qui est trop court pour atteindre l'axe A, et l'étincelle jaillit d'autant plus brillante que le courant est plus intense ; cette intensité maximum a lieu à peu prés au moment où In ligue des pôles de l'électro-aimant est perpendiculaire à celle des pôles de l'aimant fixe {fig. 488 et 490).

On le voit, nous sommes ainsi parvenus à la production d'une lumière à peu prés continue sans employer les piles voltaïques et sans déterminer par suite la combustion d'aucun métal. Il suffit, pour atteindre ce but, de déterminer, à l’aide d'un moteur quelconque, la rotation d'un électro-aimant. Ce moteur est la main de l'homme quand il s'agit de la machine de Clarke; mais eu recourant à un moteur d’une puissance plus grande, à une machine à vapeur, par exemple, on pourra donner à l’aimant et à l'électro-aimant des dimensions considérables et par suite obtenir des courants bien autrement intenses.

Décompositions électro-chimiques. — Les décompositions électro-chimiques exigent que le courant circule toujours dans le même sens.

Fii;. 401.

Afin de réaliser cette condition, un se sert d'un appareil que l'on appelle commutateur, et qui n'est autre chose qu’un cylindre creux d’ivoire pouvant se fixer sur l’axe A, et entouré de deux demi-viroles V et V'(/iÿ. 491). L'une V' porte un prolongement métallique P nu moyeu duquel on la fait communiquer d'une manière permanente avec.V marqué sur la figure 486, l’autre V communique avec A par une vis qui traveisse la paroi du cylindre creux d'ivoire. Deux ressorts fi, II' s'appuient l'un à droite, l’autre à gauche sur le commutateur, et les extrémités de ces ressorts runstitueiit, cette fois, les pôles de la pile magnéto-éicrtriqiie.

Ki.KaniciTf:.

ItiH

Imaginons que la rotation de l’éleetro-ainiant soit telle que rêleclririlé positive vienne par l’axe A; de là elle ira en V, en R, et reviendra en A', ensuivant les flèches. Après une demi- rotation de EE', l’èlectricitè positive viendra par A'; mais la demi-virole V' aura pris la place de V; le ressort R sera en communication avec A', et se retrouvera encorf cette fois en rajiport avec le bout du fd qui donne l'èlectricilè posilivo. De même le ressort R sei-a eu communication permanente avec le til qui l'ournit l’èlectricitè négative; R et R' seront donc véritablement les pèles de cette nouvelle pile. Un voltamètre G, ou bien encore un appareil à décomposer les sels, placés l’un ou l’autre sur le trajet de ce courant dont le sens est désormais invariable, lui permettront d’eflectuer des décüinpositioiis chimiques avec séparation des éléments aux deux pôles.

Commotions. — La machine de Clarke peut être enqsloyée pour donner des commotions. Dans- ce cas, ce n’est pas le courant ordinaire, loujoui-s faible, qui sert A produire le choc, c’est le courant induit surluiméme. La machine (/if(. 492) est disposée aloi-s dans des conditions qui

reproduisent celles de l’expérience de M. Faraday (1025), du moins aulaid qu’il est possible de le faire avec la différence des appareils. Les lils qui portent les poignées M et M' que l’opéralfmr doit tenir à la main, sont en communication constante l’un avec A, l’autre avec. A' (1046), et c'H au moment où la rupture du courant s’effectue, cumme il a été dit a propos de l'étincelle, que la commotion a lieu.

Les effets physiologiques et chimiques sont plus intenses lorsque le fii delà bobine est long et fin. Au contraire, ce fil doit être gros et court quand on veut accroître l’énergie des effets calorifiques et luniineui- Aussi la machine de Clarke est-elle en général munie d’une bobine de rechange.

IMilC.TlnN.

Iti"

Mni-hinr d<> Clarke perfeetioanér par )I. Nlroiean. — La

machine de Clarke a été niodinêc par divers savants. Parmi les modi- (icaliniis intéressantes, nous signalerons celle de M. Siemens, dont nous (lonihins ci-joint des figures théoriques qui sont destinées à faire concevoir le changement notable que rinventeur a fait subir à l'électro- .liiiiaiit. l’n parallélipipède’de fer doux ab (/ii/. 49Ô) est placé entre les pilles d’un ainiBiit en fer à cheval AU ; il s'aimante, et les pôles A et B ont l'ait naître les pôles a et h. L'aimant formé ab est assimilable à un solénoide dont les courants seraient (lerpeudiculaires à la ligne ab. Si donc un fil de cuivre enveloppé de soie s’enroule sur ce parallélipipède, de sorte que les spires recouvrent les quatre faces parallèles à la ligne des pt'iles, un électro-aimant sera constitué, faut que ub sera immobile, aucun courant ne circulera dans b* fil, mais dés qu’il tournera autour d'un axe borizontal W' tel que les faces polaires soient interverties après une rotation de ISO", un courant d’induction circulera dans le circuit fermé. Les llèclies tracées sur la figure indiquent le sens de la l'olatiou de l’axe \\' et le sens du coiiraut induit.

riir. nr..

rie. tut.

Si l'on imagine ipie l'électro-aimani s'allonge siiivanl l'axe de rotation, «pi'il devienne cylindrique comme la figure 4!H le monire, que même il secreusi’ làoi’i le fil est eiiroiiié, rien d’essentiel ne sera cbangé dans les pliéiioniéiies i|ue la rotation pourra provoquer ; comme dans le cas précédent, les pôles seront interviu'lis par nue rotation de 180" et le courant

Digilizcd by Googic

1B8 ÉLECTRICITÉ

d'induction prendra naissance comme dans l’électro-aimant parallèlipipédique. Il sera alors possible, en mettant des aimants en fer à cheval tout le long d’un électro-aimant cylindrique très-allongé, de construii'e une machine magnéto-électrique dont la puissance proportionnée au nombre des aimants inducteurs surpassera de beaucoup celle de la machine de Clarke. C’est ce que M. Siemens a fait depuis quelques années.

1049. Machine naj(né(o-élee*rl^e de M. Wilde. — Cet emploi des électro-aimants cylindriques dont le fil induit s’étend longitudinalement dans une direction parallèle û l’axe du cylindre, et ne recouvre que deux portions opposées de la surface latérale, a été encore perfectionné par M. Wilde, qui a obtenu ainsi des courants extrêmement puissants. La figure 495 représente la section de l’électro-aimant par un plan perpendiculaire à l’axe; flfcest la section du cylindre de fer doux qui a été évkié, pour recevoir les fils f f qui l’enveloppent, et qui se trouvent logésdans la rainure longitudinale obtenue par l’évidement. Des pièces de bois allongées cil retiennent les fils; enfin des cercles de cuivre semblables aux cercles d’un tonneau, sont espacés de distance en distance et consolident l’ensemble. Cet électro-aimant tourne autour de l’axe du cylindre. Afin que l’effet de l’induction soit des plus puissants, M. Wilde cherche à diminuer autant que possible la distance de l’aimant et du fer doux. Dans ce but, il moule pour ainsi dire sur l’éleclroaimant lui-méme les surfaces polaires de l’aimant permanent qui fait naître et intervertit les pôles de l’éleciro-aimant ab. Ces surfaces [Hilaires A et D sont formées par deux demi-cylindres incomplets de fei' doux 'A et B, complétés par deux segments de cuivre C et D qui les séparent. Elles sont maintenues aimantées d’une aimantation permanente par une série d’aimants en fer à cheval KK' (fig. 496) dont les pôles sont fixés aux oreilles latérales que portent les deux demicylindres de fer doux, et l’aimantation a lieu d’un bout ,â l’autre du tuyau AB; du côté A est formé un pôle austral, du côté B un pôle boréal; tous deux s’étendent d’un bout à l’autre de ce tuyau. Ainsi se trouve construite une machine de Clarke des plus puissantes et qui, par une rotation de 2,500 tours à la minute donnée à rélectro-aimant«h, fournit un courant excessivement intense. En commutateur rend

Fi)!. I'l5.

IMDLCTION.

cuiitiiiu el do même sens le cuuranl extérieur. En p et » sont les pâles de la machine, l'un est le pôle positif et l'autre le pôle ncgatif.

1050. Slachlne nia|(Bé(o-éle«<rit|ae el machine éledro-masiifiinae aeeoapiéea. — M. Wilde a voulu profiter de oc courant puissant poiiren produire un plus énergique encore. Dans ce but, il l'a fait circuler dans le fil de l'électro-aimant'EE' {(ig. i9G) d'une autre machine qu'il appelle machine électro-magnétique. Les branches verticales de l'éledroaiman t EE' formées par des plaques de for doux très- larges sont rec.ouvertes

Fi|î. «Hi.

d'un gros fil de enivre qui s'enroule selon la méthode ordinaire. Elles sont reliées entre elles par d'autres plaques horizontales de fer doux qui ooniplrtent l'éleciro-aimant et .sorveiil de suppoil à la machine magnéto-

KI.KCTIIiriTÉ.

ùlecli ique déjà décrilo. I.oiii’s pôles enfin embrassent nn sysiénie d’anna- Inrcs A,l!,, identiques au cylindre AB (KH9). Dans le cyiindri* A, B, est disposé nn électro-airnant eylindrique KF' tout semblable à celui de la machine inat'néto-électrnpic, mais de dimensions plus considérables, b’électro-aimant EK' qui embrasse entre scs branches écartées convenablement le tube composé de fer doux et do cuivre, remplit donc, par rapport à celui-ci, le rôle que jouaient les aimants en fera cheval sur le tube AB de la inaebine niaf;néto-éleclrique; mais comme il a une action plus puissante que ces aimants, comme il |iniirrait supporter ÔO ou 40 fois le même poids que ceux-ci, il fait naitre dans le (il enroulé sur l'éliH-- Irü-aimant FF' un courant d intensité beaucoup plus considérable. I.'éleciro-ainiant FF' d'une maebine construite pour l’éclairage d'un phare sur la côte nord de l’Angleterre est long d’un métré environ, il est recouvert d’un lil de .ôOO métrés et son mouvement de rotation est île 1,800 tours par seconde. A l'aide d'un conmmtatenr, le courant d'induction engendré, donne en N et eu l‘ deux pôles constants, bes électroaimants FF' et ff sont mis en mouvement à l'aide des courroies f. et f, p.ii' une machine à va|ieni- d’une force de trois chevaux.

ciiaphre VIII

t-OI KA\TN THKKMO-i;i,Et-TRIQI'KN

1051. (Iriire à la diV,ouvprli; d’(Ersto(l, (|ui fournil un moyeu facile de coii:ilater le passage de rélectricité, .Seebeck, en IS‘J5, découvrit i|n'un courant se développe par l'application de la chaleur sur runedes soudures d'un circuit métallique formé par des métaux de nature différente. Il fit ainsi connailre aux physiciens une nouvelle source d'électricité, et cp.s courants, dus à la chaleur, ont pris le nom de courants thervioélectriques. Les circonstances de leur production, les dispositions qui permettent d’en augmenter les effets, entin les a|iplications auxipiclles ils ont donné lieu, feront l'objet de ce i hapitre.

1052. Kxp«Weiie« de Nerberk. — Seebeck avait sondé aux deux extrémités d’un cylindre de bismuth SS' (/ii/., 4il7| les deux extrémités d’une lame de cuivre C; le circuit formait un rectangle niétalli(|uc dont l’un des cOlés était le cylindre de bismuth et les trois antres côtés, la lame de cuivre. Une aiguille aimantée imdiile sur un pivot vertical était placée dans l’intérieur du cadre, que l'on dii-igeait d'abord parallèlement au intiidien magnétique. Seebeck chauffait l'une des soudures S, et il constatait qn'aussitôt l’aignille aimantée était déviée. I,a déviation indiquait un courant qui passait du bismuth an cuivre à travers la soudure chauffée. Si l'on chaulTait également les deux soudures, ancuii courant ne Iraveixait le circuit.

r.etle expérience peut être reprise avec d'autres métaux; si l’on ivin-

ÉLECTRICITÉ

place le bismuth par un fil de platine, le cuivre par un fil de fer, on observe le même phénomène, d'ailleurs facile à reproduire avec tout circuit hétérogène. La seule différence à noter, c’est que la déviation de l'aiguille aimantée, qui dépend, comme nous savons, de l’intensifé du courant, et qui pourrait servir à la mesurer, change de grandeur selon la nature des métaux employés, alors que la dilférence des températures entre les souiliires S et S' demeure la même.

flans les piles ordinaires, on a appelé force clectro-molrice la cause, quelle qu’en soit la nature, ipii provoque la séparation des électricités au sein de chaque élément; le même nom a été donné à la cause qui, par suite d’une différence de température entre deux soudures du circuit détermine la mise en liberté des mêmes fluides.

1053. Emploi dn (alvitnomMre. — L’expérience fondamentale, relative à la production des courants thenno-électriques, se réalise facilement avec un galvanomètre, qui, de plus, rend possible les mesures d’intensité. Deux barreaux métalliques, cuivre et antimoine {fiq. 498), soudés ensemble, sont mis en communication, chacun

par leur bout libre A, A', avec le fil d’iui \ multiplicateur. Dès que la soudure S est

cbauffée, l’aiguille du galvanomètre dévie, et, pourvu que les barreaux soient assez longs pour que la chaleur n’arrive pas au fil du multiplicateur, la déviation est de même sens que dans l’expérience de Seebeck. Toutefois, les essais, qui ont été tentés pour l’étude de cette f iasse de phénomènes, n’ont pas tardé à montrer que le fil du galvanomètre devait être gros et court, pour que la déviation de l’aiguille ne fût pas moins considérable que dans l’expérience directe; nous avons donné la raison de ce fait en discutant la formule d’Ohm (931). Ün a encore constaté que la soudure n’est pas indispensable ; il suffit de poser un lil de fer sur un fil de platine, pour voir un courant se développer lorsque l'on élève la température du point de contact.

1054. tMrie thermo -électrique. — Une première recherche iloit être exécutée : il faut reconnaitre quel est le sens du courant (d)tenu en associant ensemble différents métaux. A cet effet, on a répété l’expérience de Seebeck, eu employant tous les métaux accouplés deux à deux; et l’on a noté le sens de la déviation de l’aiguille aimantée, quand une des soudures est échauffée. M. Becquerel a surtout multiplié les essais de ce genre, mais au lieu d’opérer à la manière de Seebeck, il a préféré

aiL'RANTS TIIERMO-KLECTRIQUES. 175

sf servir du gaUanoinélre. Vuici l'ordre suivant lequel il a rangé les substances métalliques :

liismutli.

Platine.

Ptomb.

Ktain

Cuivre.

Or.

Argent.

Ker.

Zinc.

Antimoine.

Cliaeuu des métaux de la série forme, avec rnn quelconque des métaux qui suivent, un couple tel que le aturant passe à travers la soudure diauffée en allant du premier métal au second. Ainsi, dans un couple bismuth-platine, le courant va du bismuth au platine en traversant la soudure chaude.

1055. IntervenloB do eonrant aux diveincii températnrmi. — Le

tableau, que notis venons de faire connaître, a été obtenu dans des conditions où la différence de température des deux soudures n'était pas trèsgrande. L'expérience a, eu outre, fourni un résultat impoilaiit : dans ces l'onditions, l'intensité du courant est sensiblement proportionnelle à la différence de température; mais cela n’est vrai que dans le cas où cette différence est très-petite. Si elle devient considérable, l'intensité du courant grandit en général plus lentement que la température, et quelquefois même il arrive un moment où elle diminue, tandis que la lempiirature continue à croître. M. Régnault a constaté que, si l'on associe le cuivre et le fer, et qu’on élève peu à peu la température, l’intensité du courant cesse d’augmenter vers tiôü", l’aiguille du galvanomètre reste stationnaire de 250" à 260" : quand on atteint des températures plus hautes, l'aiguille rétrograde ,

et rintensitè du courant diminue, quoique la température aille toujours en augmentant.

M. Becquerel a même reconnu, i

qu a des températures plus \

'■levées encore, le courant \

changeait de sens et se ren- 'lait du fer au cuivre à travera le soudure échauffée.

1056. Intcfulté de» courant» produit».

Fis. l!W.

— 11 ne suffit pas de con-

naître la direction du courant fourni par un couple de deux métaux, il y a encore lieu de rechercher quelle intensité il possède. C’est ce qu’à fait .M. Becquerel. Dans ce but, il forma une chaîne de barreaux métalliques soudés les uns à la suite des autres {fiij. iOO) et constituée de telle

sorti! i|iio l’on eut loulos les associations possibles lies niêtanx qui la composaient. Cliaque c6té Alt. BC, Cl) li},'Uic un de ces barreaux, en 11, C, D sont les soudures. Toutes ces soudures furent maintenues à O’, saut nue seule qui était portée à tltl", et dont récliauffement produisait un courant mesuré par un galvanomètre. On pouvait apprécier ainsi la valeur des différents couples en cliauffant successivement chaque soudure à son tour. On obtint les résultats suivants :

lllltMI'ilIt-

'Ot T»i r.F ciiAi »rr» .

(Iii coiiraiil.

iMi DI r.i; ciui F» KL.

«in ('ourant.

. ëi.üt

IfT-plaliin*

rrr-<:ui\ri!

\rj;jMil-cuiviv

l'.oivre-iil.-itine. . . .

|t)57. C'avaranlM thermo-rleelriqneii obtenu* avce nn >ieal niMat présentant nn défont d’hontopénéité. — Des Courants therniU'électriques peuvent être encore produits au moyen d'un seul métal, mais il faut que deux des parties successives de ce métal, présentent une différence de structure. Ce sera, par exemple, un III de laiton écroui et dont une partie a été recuite, tandis que l’autre a gardé la dureté et la structure particulière qu’elle jKisséde après le passage à la filière. Si on cliauffi' le point de séparation de la partie leciiite et de celle qui ne l’est pas. on constate dans le fil l’exi.stcnce d’un courant allant, à travers le |>oinl cliaulTé, de la partie recuite à la partie écrouie. I, 'expérience réussit avec un (il d’argent, de eadiiiium, de cuivi'c, etc. Maisavec un fil de /inc un de fer, le coiiranl luarelie au contraire de la partie écrouie à la partir recuite. Ces expériences sontduesà M. Magniis; elles montrent nettement riullnence exercée par l’hétérogénéité de structure sur la production des courants thermo-électriques.

Avec le bismuth employé seul, ou a obtenu des courants therino-éleciTiques, en composant un ensemble héiérogéne au moven d’un procédé

ingénieux. M. .Svanberg mit en contact nn morceau de bismuth cristallisé l' ifig. .MIO), dont la longueur était parallèle au ]dan de clivage du cristal, a\cc un autie fragment B' dont la longueur était perjiendicniaire à ce même plan. Il avait ainsi nn barreau fonuée d un seul métal, mais l’une des moitiés de ce barreau avait une structure diriércnte de celle de l’autre moitié. Dés ipi'il chanfra le point de contact des denxbarreanx, il vit se nianilesternn courant dans lecircuit. La même e\|iérieiice ré|»étée avec l’antimoine, donna des résidlats analogues.

(:oi'R.\NTS TIIKIiMO-Kl.hXTliK.llKS

l'arcillt'iiipiil, si l'un ()reiul un (il dp miHal Pl si l’on fait im nœud à relil, l'action inccani(|iie exercée a amené une niodificaliini dans la slrucliire de la substance, cl l’on observe un courant dés que l’on élève la lenipéralure prés du luend. Ile même, si l’on chaufre un fil écroui et liicii lionioj;éiie, tant au point de vue chimique (|u’au point de vue jilivsiqne, un flux il’électricité clieinine dans le fil. Ce |iliénuméiic résulte (le re (jue l’élévation de températni'e a eu pour résultat de recuire le (il ni jiartie, et que dés lors l’liomoj;énéité a cessé d’exister.

•Ui contraire, toutes les fois qu’il n’y a pas diflérence de structure, il est iiiqiossible d’obtenir le développement d’un courant. M. Maj;nns

Kifc'. :ioi.

amincit un gros (il de cuivre .\|l en son milieu BC {fïij. 501) de manière (jiieles deux bouts, dont le diamètre était très-fort, se trouvaient réunis par un fil trés-tin. Il ne put obtenir aucun courant, en chauffant le point où le diamètre des (ils cbangeait brusqueineiit. De même avec le mercure, ipii ne saurait présenter d’bélérogénéité de structure, il est impossible ddbtenir un courant lliermo-électri(|ue. l'iie colonne llK de mercure chaud (fuj. ne donne pas de courant (juand on la réunit

avw une antre colonne mercurielle froide BC; chacune d'elles est mi.sc d’avance, par les fils A et F, eu rapport avec le galvanomètre.

(058. Plie» (hrniio-électriqacii. — D(‘.s que les courants tliernio-élec- Iriques ont été connus, on n’a pas tardé à conslruire des appareils, où les éléiuenls producteurs d’électricité ont été groupés, suivant la mé- Ibode que Volta avait employée pour associer les élémeiils de lu pile, •dors furent composés des instruments auxquels on donna le nom de piieg Ihi'rmo-flt'clriquen. Lorsque la pile doit être formée de couples ferpliUine, ou soude, l’un au bout de l’autre, |ilnsieurs lils de fer et de

liLKCTÜIUrK.

platine, eu l'ui^aiil eu surte que les métaux se siieeédeiit toujoui's dans le même ordre, l’uis le circuit étant fermé par un conducteur quelcoiiqui;, ou chauffe les soudures de deux eu deux, les .soudures impaires par exemple. Ou détermine la formation de courants qui vont à travers ces soudures, eu passant du platine au fer, et qui se trouvent tous de même sens. 11 faut avoir bien soin de ne pas chauffer les soudures paires, paru que des forces électro-motrices inverses naitraieul et détruiraient les premières.

Une pile ainsi constituée ]ieut être fermée sans conducteur iiiteipolaire; il suffit que le dernier lil de platine soit réuni au premier fil de fer. Quand on adopte cette dernière disposition, un effet se umarque qui étonne au premier abord ; si l'on place en présence île l’aiguille aimantée une partie du circuit au moment où la pile est en activité, la déviation do l'aiguille demeure toujours la même, quel que soit le nombre des éléments de la pile, pourvu que la portion iln circuit, qui se trouve en regard de l'aiguille, soit toujours de même longueur. Mais si la pile est fermée par un conducteur intcrpolaire; par cxem|>le, si ses deux barreaux extrêmes sont réunis aux fils d’un galvanomètre, alors la déviation de l’aiguille augmente avec le nombre des éléments. Os différences s’expliquent sans difficulté, en appliquant les lois d’Obm.

lOùtl. Eneui de pilcH. — Une pile tbermo électrique peut être employée à produire tous les phénomènes que donnent les piles ordinaires. Watkins a fait rougir un fil métallique au moyen d’une pile thermo-électrique; .\ntinori a obtenu des étincelles; Botol a produit l’aimantation, et opéré des décompositions chimiques. Toutetois, quand on essaye d’obtenir ces effets avec une pile lhermo-éleciriquc, on recoiinait qu’il est indispensable de recourir :i un appareil formé d’un tré-sgrand nombre d’éléments. Ainsi, on n’a réussi à décomposer l’eau qu’en employant une [lile thermo-électrique formée de 1120 couples ferplatine. Cette infériorité relative des piles thermo-électriques tient à ce que la force électro-motrice île chaque élément est très-faible par rapport à celle d’un élément hydro-électrique; il faut donc en employer un bien plus graml nombre pour produire le même effet.

1060. Plie de M. Poulllrt. — Mais si la pile thermo-électrique ne peut être comparée, quant à l’énergie des effets, aux piles hydro-électriques, elle rend des services d’un autre ordre : elle a été utilisée, par M. Pouillel, comme nous l’avons déjà indiqué (9i3), pour déterminer les lois des courants. Le plus souvent, elle est employée avec beaucoup

atURAMS THKRJIO-ÉLtamoiJKS. 177

lie Mitw-s à la iiiesuie des tempéralui es, cl dans l’étude de la elialeur rayumiaiile, nous en avons liré un parti très-avanta- ;’fuv.

I.a pile de M. l'ouillet, l'iiinposée, coinine nous savons, de gros cylindres de liismnlli et de (ils de cuivre d'un grand diamètre (/i;/.

ÔOÔ) donne par l'assouialioii d'un noinlire suflisaiU de couples disposés eu série, un courant assez éner-

Kig. 5üT).

gii|ue pour qu’on puisse étudier les variations d’intensité du llux élee,- Iriijue, quand on le fait successivement passer dans des conducteurs de nature différente. On donne aux (ils de cuivre des divers éléments une disposition telle, qu’oii ait nue série continue où les deux ^ métaux alternent. On chauffe les soudures de deux en deux, et un maintient à 0" les soudures intermédiaires.

IOBI. Pyromélrc de ïl. Poalllet. — M. Pouillet a einployé, pour mesurer les hautes températures, un élément Ihermo-électrique, formé de fer et de platine. Cet élément se compose d’un canon de fusil C {fig. 504) traversé suivant son axe par un fil de platine K qui vient se souder a rime des extrémités A du tube de fer. Un galvanomètre iiitcr|His«! ferme le circuit. La soudui'e étant placée au milieu d iin foyer de chaleur, un courant therino-éleclrique se développe, et comme le (il du galvanomètre unit le fer au j| platine de l’élément, il représente le conducteur interpoiaire, qui permet au courant de se manifester; aussi voit-on l'aiguille dévier. Si l'on a eu le soin de graduer à l’avance, le pyroinètre magnétique, pur comparaison, avec un pyromètre à gaz introduit dans le même foyer, on pourra, avec I appareil thermo-électrique seul, reconnaitre la température cherchée.

I06'i. Plie de Noblll ei MeUonl. — Mais de tous les appareils employés à la détermination des températures, celui qui a rendu le plus de services à la science, est la pile de A'ohili et Melloni. l'ette pile, déjà décrite (491), se compose, comme nous le savons, d’une

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