‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmesChapitre 6 sur 130 · CU · texte numérisé non relu

CU

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Ccig

Cn,

Fig. 511.

873. ■McompoalUoa dm aei* almlins et terrenx. — La décomposition des sels alcalins ou terreux ne parait pas donner les mêmes résultats que celle des sels métalliques. Ainsi, quand on décompose le sulfate de potasse par la pile, on trouve au pôle négatif de la potasse (oïjde de potassium), et cependant la décomposition du sulfate de cuivre y amène non pas l'oxyde de cuivre, mais bien le cuivre lui-méme.

On emploie pour opérer cette décomposition un tube en U fjig. Til'i] dans lequel se trouve une dissolution '■«ncentrée de sulfate de potasse colorée d'avance avec du sirop de violettes.

Ilans chacune des bronches du tube, on plonger une lame de platine, et l'on met l'nue des lames en communication avec le pôle positif P, l'autre avec le |wle négatif ,\ d'une pile. La dissolution placée au pôle positif perd sa couleur violette, elle rougit; ce qui prouve que l’a-

vide du sel a été rendu libre à ce pôle. La dissolution placée au pôle négalifdevienl verte : ce qui témoigne de. la préseucede l'alcali au pôle négatif.

ÉLECTRICITÉ

S7i. Imcrpr黫tloii d«i r^aultat obneraé. — L’inlci'prétalioil la pUlS' directe du phénomène ferait admettre que le sulfate de potasse s’est décomposé eu acide sulfurique et en potasse, et il semble que Ion devrait résumer l'aclion du courant sur les différents sels en deux lois distinctes : l’une convenant aux sels alcalins et terreux, l’autre aux sels métalliques proprement dits. Mais il n’en est rien ; en réalité, l’oxyde de potassium, tiui dans notre expérience est apparu au pôle négatil, n’est produit (pie par une action secondaire. Le potassium a été amené par le courant à l’état métallique, de la même la(;oii que le cuivre dans la décomposition du sulfate de cuivre; mais il a réagi aussitôt sm l’eau de la dissolution, et il s’est combiné avec l’oxygène; l'hydrogéne s’est dégagé. Inc seule et môme loi régit la décomposition do tous les sels.

M. douillet, pour démontrer la réalité de cette loi, place au pi'dc négatif une substance qui ait la propriété de s’unir au potassium et de le pri-server immédiatement du contact de l’eau. A cet effet, le savant physi-

cien emploie le mercure à la fac;on d’un rhéophore négatif.

Son appareil se compose (/i;/. Ô73) d’un verre percé, à son lond, d une ouverture qui laisse passer, comme dans le voltaméti e, un lil de platine. Ce fil ( St recouvert complètement d'une couche de mercure vei-sée au fond du verre. Au-dessus du mercure, est une dissolution concentrée de sulfate de potasse. Ou met le lil de platine en communication avec le pôle négatif N d’une pile ; ou place dans la dissolution saline une lame de platine qui comiuuni(iue avec le pôle positif. La décomposition du sel a lieu, (d l'on trouve après l'expérience que le mercure est chargé de potassium. Ainsi, nous pouvons dire inaintcnaiit que tous les sels se décomposent, suivant le même mode, par l’iniluence du courant voltaïque : le métal se rend au pôle négatif, tandis que tous les autres éléments vont au pôle positif. Toutefois, si le courant est un peu faible, l'expérience réussit mal. — Au n“ 879, nous décrivons une méthode un peu différente des précédentes qui établit encore mieux la généralité de la loi.

875. Corp» d^compoMMblcN pnr le eonrant. — Le courant décompose les acides, les oxydes et les sels, en comprenant les sulfures, les chlorures, etc. dans la classe des sels. Pour qu’il puisse (qiérer les décompositions, il faut que les matières décoiiiposables, dites les éleclro-

EFFETS DK LA PILE

Iglfs, soient ou fondues ou dissoutes. Il n’y a pas d’exception à lelte règle. Ainsi l'oxyde de plomb, le sulfure d'argent solides ne sont pas décomposés par le courant, que d’ailleurs ils ne conduisent pas; mais dés qu’ils sont fondus, ils deviennent conducteurs et décom- )H)sables.

576. .«rtlon des dimrentes parties d'na eooraat. — Les diffémiles parties d’un couraijt ont une égale puissance poui’ produire une décomposition chimique. M. Faraday l’a prouvé, en faisant passer, eu même temps, le courant d’une pile à travers l’ean de deux vollainélres disposés l’un é la suite (le l'autre. Ainsi que l’indique la ligure 57i, le courant passe (le P en N en traversant d’abord le voltamètre V', puis le voltamétie V, et l’on voit alors que, dans l’un comme dans l’autre appareil, le même volume de gaz se dégage. Cela est vrai, quelle que 'Oit la distance, quelle que soit la largeur des lames de platine de V et deV'. Les deux lames du voltamètre peuvent être très-rapprochées l une de l’autre, tandis que les lames de V' sont très-éloignées, la même loi ‘•ubsiste toujours.

Si l’on met de même deux appareils à sulfate de cuivre l’un A la suite de l’autre; dans chaque appareil, le même poids de cuivre-se dépose au pôle tiégalif.

577. ÉqaivaientM élec(ro-«hlml<|uca. ^M. Faraday eut l’idée de reihercherce qui arriverait, si, au lieu d’une série de voltamètres, il plaçait les uns à la suite des autres, plusii'urs appareils contenant, l’un de l'eau acidulée, les autres des sels fondus et anhydres.

La figure 37.5 représente cette expérience : Y est un voltamètre; T, un liilie chauffé par une lampe qui maintient en fusion du chlonire d’étain, la* courant de la pile pénètre dans le chlorure par un lil de platine P, sort du tube par un nouveau fil de platine plongé, lui aussi, dans la matière en fusion, pour se rendre enfin au voltamètre qu’il traverse. Après que le courant a ainsi circulé pendant un certain temps, le poids d’hydrogène dégagé dans le voltamètre et celui de l’étaiii déposé sui' le fil négatif du tube sont dans le rapport de 1 à ,59 ; celui de leurs équivalents chimiques. Pour un équivalent d'hydrogène, un équivalent d'étain est mis en liberté.

ÉLEaRlCITÉ.

M. Faraday a r.oiu lii, à la suite de plusieurs autres expériences du mênie genre, (lue la loi était générale, et il a nommé rquivaleritx électrochimiques i\es corps, les poids ainsi obtenus; l'expression est heiireuse, car elle donne l'énoncé même de la loi.

Fig. 37.1.

878. titaérallMtioB de la loi de Faraday. — Les vérifications delà loi de Faraday ont été faites par plusieurs physiciens : M. Malleucci. M. Buff et .M. Soivt, en décomposant des sels différents, dans des circonstances variées, ont confirmé par des expériences bien conduites celle belle loi des équivalents électro-chimiques, qui a montré, une fois de plus, les rapports intimes qui existent entre les phénomènes cbimi(|ues et les phénomènes électriques. Mais une question, pleine d'intérêt, et dont la solution était difficile à prévoir, s’est posée de suite : celle de savoir comment la loi s'appliquerait à deux sels formés tous les deux par le mcnic métal, combiné dans des proportions différentes avec nn corps jouant le rôle d'acide, .\insi, deux appareils à décomposition placés à la suite l'un de l'autre .sont traversés par le même courant; l’un renferme du protocblorure de cuivre (Cu’Cl), l'autre du bicblorure (CuUI). Quel est le poids de cuivre qui se déposera, sous l’influence du même courant, sur l'électrode négative de chaque appareil? L’expérience a prouvé que ces poids étaient inégaux, mais la loi qui régit ce mode de phénomène a été rendue manifeste lorsque M. Buff, en décomposant, par nn même courant, les deux chlorures de cuivre Cu’Ül et LuCI, fondus et anhydres, connue dans l'expérience de Faraday, a trouvé que le chlore se dégageait, en égale quantité, aux deux électrodes positives.

Ifaprés cela, si l’on convient de représenter toujours l’équivalent d'un

KFFETS DE I.A PII.E

sel par une formule qui eonlienne un équivalent de l'aeide nu du métalloïde jouant le rôle de l'acide, l’énoncé qui convient le mieux à la loi de Faraday est celui-ci : Un même courant, qui traverse plusieurs sets, dêempose des poids équivalents de ces sels.

879. Application de la loi de Faraday. — t'.ette loi a été appliquée trés-lieureusement par Daniell pour résoudre une question qui nous a déjà embarrassés (875) ; celle de la décomposition des sels alcalins et terreux. Aidé de la loi nouvelle que nous venons de formuler, Daniell a démontré, sansqu’il soit possible d'en douter, que la décomposition de tous les sels s’opère suivant le même mode : c'est toujours le métal et jamais l'oxyde qui vient se déposer sur l’électrode négative. A cet effet, il fait passer le même courant faible ou fort successivement à travers un tube en U, ABC contenant une dissolution de sulfate de soude, et, à traveis; un voltamètre V à eau acidulée (fiq. 57fi). Il recueille dans des éprou-

vettes, posées sur la cuve à mercure, les gaz que le courant fait dégager dans le tube ABC et mesure leurs volumes. Il trouve alors que, ramenés aux mêmes conditions de température et de pression, ces volumes sont exactement égaux à ceux que renferment les éprouvettes dir voltamètre. Ainsi, quand un équivalent d’Iiydrogéne s'est rendu dans répmuvette du voltamètre, un équivalent d’hydrogène est venu aussi se dégager dans l’éprouvette qui reçoit le gaz provenant de la branche négative du tube en II. Mais, en même temps, dans ce tube en 1', un autre phénomène chimique s’est accompli : un équivalent de soude libre est apparu dans la branche négative, et un équivalent d’acide sulfurique libi-e dans la branche positive. Eu résumé, on voit doue que dans le tube

fiLECTRir.lTf..

-iO

fl sulfate de soude : 1" des ga/, se dégagent comme si un équivalent d’eau avait été décomposé; 2° de la soude et de l’acide sulfurique libre apparaissent comme si un équivalent de sulfate de soude s’était décomposé : dans le voltamètre, au contraire, la décomposition d’un équivalent d’eau a seule eu lieu. Mais la loi des équivalents électro-chimiques enseigne qu’un courant, produisant une décomposition en un point, ne peut pas en produire une double eu un autre point de son trajet. Les deux effets observés dans le tube en li ne peuvent donc pas être des effets directs du courant; et l'expérience ne comporte pas, d’autre interprétation que celle que nous avons donnée plus haut : Le sel s’est décomposé en sodium (Na) d’une part, et en acide sulfurique et en oxygène (Stp-l- O) de l’autre ; l’hydrogène qui se dégage et la soude qui apparait sont les produits de la réaction ultérieure du sodium libre sur l'eau, au sein de laquelle ce métal est arrivé.

880. Exlenalon de la loi de Faraday aux artlon« prodallea A TliHÿrlrnr dr la plie. — A l’intérieur de la pile, s’opèrent aussi des pliémi-

mèiies de décomposition chimique, qui présentent des rapports de grandeur très-simples avec ceux qui se manifestent A l’extérieur.

La relation nouvelle est encore exprimée par la loi des équivalents électro-chimiques elle-même. Les expériences de Haniell mettent ce fait hors de doute. Ce physicien construisit une pile avec des lames de zinc Z et de platine P disposées comme les lames d’un voltamètre et plongeant dans l’eau acidulée i/jj. Ô77) ; si bien qu’au-dessus du platine on |H)uvait placer une cloche, et dans le circuit de cette pile introduire un voltamètre ordinaire. A mesure que le courant circulait, un dégagement de gaz avait lieu et, dans chaque éprouvette à hydrogène, le volume de gaz était le même, soit que l’on considérAt un des éléments de la pile, soit que l’on considéi'At le voltamètre extérieur.

Si au lieu d’employer le courant extérieur A décomposer l’eau, on lui donne un sel A traverser, du sulfate de zinc par exemple, et si on pèse

Fig. 377.

KFFETS DF, I,A PILE.

l'Iiacune des lames de zinc de la pile, on trouve que, pour un l'quivaleni (le zinc déposé à l'électrode néftalive, plongée dans le sulfale de zinc, chacune des lames de zinc de la pile a perdu nu équivalent de mêlai. Le poids du mêlai, consotmné dans un des éléments de la pile, se régénère donc à l'extérieur. Mais il ne faut pas s'y tromper, la régénéralinn exiérieure ne compense nullemeni la perte intérieure; (^ar si une pile compte cinq éléments, par exemple, la consommation du zinc s'effectiie à la fois, dans chacun des cinq éléments, et la reproduction n'a lieu que dans un seul appareil.

HUI. C,1>al«ar * rinlérlmr de la> pile. — Experleneea de

S. JoBie. — Ces rapports si remarquables entre les actions intérieures et exlérieur(‘s de la pile, établies par Faraday et par Daiiiell, ne soni (MS les seules. D'autres relations ont été découvertes, auxquelles on a été conduit par l'étude des mêmes phénomènes faite à un point de vue tout différent. .M. Joule a signalé ces relations jusques alors inaperçues cuire deux parties de la physique ; la chaleur et l'électricité. Il a montré que la puissance de la pile voltaïque est dans un ra|>port intime avec la chaleur qu'engendrent les réactions chimiques dans la pile elle-même, et ((Ile tout un ordre de questions relatives aux courants, pouvait iHre traité comme s’il s'agissait de problèmes de calorimétrie. Cependant, quoique H. Joule ait .saisi la liaison des deux classes de phénomènes, ses expériences manquaient de l'exactitude qui entraîne la conviction : c’est à M. Favre qu’on doit les déterminations précises que nous allons faire cnniiaitre.

Fi((. S78.

8K4. Expérience fie H. Fnvre. — M. Favre mesure d’abord la quaiililé de chaleur qui se dégage [lar les r('•acliolls inléi ieiii'e.i de la [die, il

ÉI.Er.TUICITÉ.

fait ct'tlftt-valiiatioii on oiiformanllapilo ollos rliéopliorcs dans lainounoM (In oaloi'iinèlre à inorcnro ififi. Ô7X) qui a êlê décrit (46S). Quand les pc'iles sont mis on communication, le zinc se dissout on dévouant sulfalo de zinc; la tompératuro du calorimètre s’èlt-ve, et l'olévalion do tonipé'raliire indique la quantité de ctialenr produite. C’(»sl, en nombre rond, 18 Huilés de chaleur par équivalent de zinc dissons, si l’on représente réquivalent de l’Iiydrogêne 11 par 1 gramme et celui du zinc Zn par .î5 grammes. Comme nous l’avons indiqué dans le chapitre de la calométrio, nous prenons toujours comme unité de chaleur la (piantité do chaleur néc('ssaire pour élever do l"la t(ïmpéraluro do 1 kilogramme d'oan.

.Si le fil qui unit les deux p(Mcs est gros et court, et que dés lors il ne s'échauffe pas par le courant, on peut le faire sortir on le laisser tout entier à l'intérieur de la moufle ; les indications du calorimètre ne sont pas pour c.ela différentes. Mais si l’on réunit les deux p('iles de la pile par un fil ti •ès-fin qui s’échauffe, il en est tout autrement : quand le fil est à l’extérieur de la monlle, la quantité de chaleur donnée au calorimètre par la dissolution d’un (iquivalent de zinc n’est plus égale à 18 calories ; elle a diminué considérahlement. ha chaleur qui si'inhle perdue se retrouve entièrement dans le fil. On le reconnaît, en reprenant l’expérience et en ayant soin de tenir la pile cl le fil à la fois dans la moufle de l’instrument : les 18 calories se retrouvent inlégraleinenl.

On conclut naturellement de là, que la chaleur développé’e par le passage d’un courant traversant un fil de petit diamètre, n’est autre qu’une portion de la chaleur engendri^e par la dissolution du zinc qui s’est converti en sulfate : celte chaleur est di’placéc par l’arrangement particulier que Voila a découvert ; elle vient échautfer le fil ; et, à ce point d(! vue, la pile peut être considérée comme un appareil qui transporte, en divers points du circuit, la chaleur engendrée dans l’intérienr de la pile par. les réactions chimiques.

887). Extenolon de* principes pr^cédrnls nu rns dr décompositions chimiques. — Ce résultat peut être généralisé, et l’on est conduit à admettre que le travail effectué par le cornant en un point quelconque du circuit, est empruntée aux rt'aclions chimiques qui s'accomplissent dans la pile. Ainsi, quand le courant passe à travers un voltamètre, l’eau est décomposée; mais elle ne peut l’étre qu'en absorbant de la chaleur; et des expériences directes de calorimétrie démontrent'que chaque équivalent d'eau exige pour sa décomposition Ô4 unités de chaleur. Dans le cnsqiii nous occupe, celle chaleur est évidemment

KFFKTS DE l.A PII.E.

fournie par les actions chimiques intérieures de l’appareil voltaïque, et l'on peut dire que la quantité de chaleur dégagée par la dissolution du /.inc est, sous forme d'électricité, employée à la décomposition <ie l’eau.

88V AppUratlon loin précédente*. — Ces expériences conibinées avec celles de Daniell (880), éclairent d'une vive lumière bien des questions restées jusque-là tout à fait obscures. En voici un exemple ; Pendant longtemps on a cherché à décomposer l’eau avec un seul élé-' ment, formé par du zinc, du cuivre et de l’eau acidulée par l’acide sulfurique; ou n’a pas réussi. Aujourd’hui, on peut affirmer qu’on ne réussira jamais. En effet, d'après les expériences de Uaniell (880), si un équivalent d’eau .se décompose eu dehors de la pile, il ne peut pas se dissoudre plus d’un équivalent de zinc dans chaque élément. Mais d’un célé la dissolution d’un équivalent de zinc dégage 18 unités de chaleur, de l’autre la décomposition d’un équivalent d’eau eu absorberait ~i4 ; donc un seul élément ne peut pas fournir la quantité de chaleur nécessaire à la décomposition de l’eau ; jamais il ne suffira pour effectuer cette décomposition. Mais que l’on emploie deux éléments au lieu d’un seul : si un équivalent de zinc se dissout dans chacun d’eux, ils dégageront deux fois 18 calories, et ces 36 unités de chaleur pourront fournir les 31 calories indispensables A la séparation des éléments de l'eau.

Il’où vient cependant qu'un seul élément de liunsen puisse suffire à déterminer la décomposition de l’eau? Ici l’hydrogène qui se dégage sur le charlxm; au moment où les éléments de l’eau se séparent dans l’intérieur de la pile, se combine avec une partie de l’oxygène de l'acide azotique, et par cette coinbinaisoii 3f unités de chaleur s’ajoutent aux 18 que donne la dissolution de l’équivalent de zinc : total, 52. De ces 52 calories, il faut toutefois en retrancher 7, absorbées par la décomposition chimique de l’acide azotique duc à l’hydrogène; il reste encore 15 calories, plus que suffisantes pour en fournir 31 nécessaires A la décomposition d’un équivalent d’eau.

Ainsi, se trouvent ramenées à des calculs de calorimétrie, les questions qui concernent la pile; ainsi se trouvent rattachées rime A l’autre deux branches de la physique, dont la liaison intime avait échappé aux observateurs aussi longtemps qu’ils se contentèrent d’étudier séparément ces deux ordres de phénomènes.

885. OrlKlnc ehimique de l’éleelrlelté voitalqne. — Arrivés au point on nous sommes, il nous est impossible de ne pas remarquer

fiLECTRICITÉ.

qiip la puissance de la pile s’exerçant aux dépens des actions chimiques intérieures, on ne peut plus admettre que le contact des métaux produit les électricités mises eu jeu. Déjà depuis longtemps, M. Faraday et M. de la llive avaient montré qu'un simple assemblage de deux lamt»s métullit|iies ne peut pas représenter uu appareil électro-inoleur. Déjà, ils avaient fait voir que le sens du courant dépend de la réaction cliiini(|ue qui s’opère ; et ils eu avaient conclu que la force électro-motrice ’a son origine aux points où le liquide attaque le métal. Les expériences que nous venons de décrire, sont autant de preuves nouvelles à l’appui de celte théorie éleclro chimique de la ])ile.

880. Kffet» phlmiqari» de la plie etde la aiaehlae eirelrlqœ. — Fil parlant de la pile de Volta (824), nous avons dit qu’elle pouvait servir à produire tous les phénomènes avec l’électricité de frottement; nous pouvons ajouter qii’inverseuient tous les phénomènes, observés avec le courant de la pile, seraient reproduits à leur tour avec le courant qu’engeiidre l’électricité fonniic par la machine électrique. Sans doute, d'après ce qui précède, la pile par son principe est un appareil producteur d'électricité essentiellement distinct des machines électriques ; mais le mode de production seul diffère, les deux fluides devenus libres ont, dans les deux c.as, des propriétés identiques. Toutefois, il est un phénomène que pendant longtemps on ii’a pas su obtenir avec les machines ordinaires: ce sont les décomposilioiis chimiques telles que la pile les opère, décompositions où les éléments qui deviennent libres sont séparés à chacun des pôles. Wollastoii fit. dans cette voie, des tentatives infructueuses ; eu faisant passer des étincelles électriques à travers l’eau, il réalisa, il est vrai, la séparation de l'Iiydrogéne et de l’oxygène, mais ces gaz se dégageaient sur tout le trajet de l’étincelle; il ii’y avait donc pas là un phénomène de décomposition voltaïque, l'.el insuccès, et d’autres encore, ont mis dans beaucoup d’esprits cette fausse idée : qu’une différence d’action résultait, soit du mode de production, soit même d’une qualité difl’éreute des électricités développées avec les deux appareils. Kn réalité, la dilference tient à la manière dont les expériences ont été exécutées. Avec la pile, ou ne fait pas jaillir l’étincelle dans l’intérieur du liquide à décomposer; avec la machine électrique, il faut donc, si l’on veut obtenir les mêmes résultats, se placer dans dos conditions d’expérience identi(|ues et éviter les étincelles.

887. IMeoBipoai<lon« phlmlipieti priMlnlIm av«« la marhiar ÿ|eeirique. — M. Faraday a parfaileinent compris que la manière d’opérer

EFFETS DE LA PILE

devait être modifiée dans ce sens, et dans ce bnt il a disposé 1 expérience représentée ici (fig. 379). Un papier de tournesol A, imbibé d'une dissolution de sulfate neutre de soude, est mis en rapport par des (ils de platine F, F' : d’une part avec une machine électi irpie, d’autre part avec le sol. A cet effet, les deux fils métalliques reposent sur des lames d’étain B, B qui coinniuniquent l’une par le fil P avec le conducteur de la machine, et l’autre par le (il N avec la terre. Si l’on fait tourner ic plateau de lu machine électrique, deux courants d’électricité ont lien dans les niênies conditions que dans le fil interpolaire d une pile ; un courant d’électricité positive va de la machine vers le sol, un courant d’électricité négative marche en sens invei-sc. Ü’ailleui-s, aucune étincelle ne jaillit entre les deux (ils de platine, car sur la machine en communication avec la terre, 1 électricité ne peut pas acquérir une forte tension. Dés lors, le courant circule a travers le sel dissous dont le papier est imbibé, comme le fait le courant d une pile qui traverse une dissolution saline. Dans ces conditions nouvelles indiquées par la théorie, l'expérience réussit parfaitement. Si le papier est bleu, une tache rouge se forme du cêlé de la machine ; s’il est rougi à l’avance par un acide, une tache hieue apparait dans le voisinage de l’extrémité du (il qui aboutit au sol : s’il est imiilié rouge, moitié bleu et (lue les portions ainsi colorées soient convenableineiit placées, les deux effets se montrent à la fois.

.vei'LUiAllüNS tllDÜlQlb!) DL LA fll.t

La faculté, que la pile possède, d’opérer la décomposition de I eau et des sels, a été utilisée soit en chimie, soit dans l’industrie.

888. D^eo»»erte da pouuuilDai. — Le premier résultat important qui ait été obtenu dans cette dii ection, est dû à Davy. En 1807, Davy soumit à l’action d’une pile puissante la potasse, (pii jusques alors n’avait etc décomposée par aucun des agents connus; il vit briller au pôle negalil un métal qui brûlait au contact dii l’air : c était le potassium. .Si le potassium, mis en liberté par le courant, est soustrait à l’action de I oxygène de l’air au moment de sa production, il se conserve a létal

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W ÉLECTRICITÉ

métallique. Dans ce but, un creuse dans un rragiiieiit de pulasse liurnide une cavité que l'on remplit de mercure (fig. 580). Ün place le fragment sur une lame de platine, mise en communication avec le pôle positif d’une pile puissante, le pôle négatif de cette, pile plonge dans le mercure. Si la pile est très-énergique (.10 à 50 grands éléments de llunsen), le mercure ne tarde pas à épaissir et même à se solidifier. L'amalgame solide ainsi formé étant soumis à la distillation , suivant les procédés que la chimie enseigne, laisse le potassium métallique.

889. Fréparadon don anélnnx tcrren.x. — M. lluilSOn, dans ces derniers temps, s’est servi de la pile pour la préparation des métaux terreu.x que les actions chimiques employées jusqu'ici ne parviennent pas à donner dans un état satisfaisant de pureté. Le magnésium est dans ce cas. M. Bunsen emploie le chlorure de magnésium amené à l'état de fusion sous l'influence d’un foyer de chaleur. Des tiges P, N {jiij. ô8l ),

faites avec le charbon des cornues, plongées dans le creuset où la fusion s’opère, et fixées son couvercle , sont mises en connnunicatiun avec les pèles de la pile. Le métal du chlorure décomposé vient nu |)èle négatif, tandis que le chlore se dégage au pèle positif.

Ce chlore au sein de la matière fondue attaquerait le métal devenu libre, si l’on ne prenait pas linéiques dispositions protectrices. Dans ce but, un diaphragme LL’ de porcelaine sépare la partie supérieure du creuset en deux compartiments, empêche le ga/. de venir toucher le pèle négatif et préserve ainsi le métal qui s’y trouve. Mais il est encore un iiiconvéïiient à éviter : le maguésiiim, plus léger que la matière fondue, remonte à la surface et vient brûler dans l’air. II faut le retenir par quelque obstacle; M. Bunsen y réussit d’une manière ingénieuse, eu adoptant la disposition que la figure indique : les dents de la lame N, dirigées ubliqucment de bas en haut, empêchent l'ascension 'du métal déposé, en le retenant contre leurs faces inférieures.

Par un procédé analogue, l'alumiiiium, le lithium, le calcium, le

Fig. :,8i.

Fig. 580.

EFFETS DE LA PILE

.'Iroiitiuiii ont i‘lé isolés à l’étal de purclé, ces trois derniers par.M. Maltliiessen.

S'JO. PréiuiriillaR do chrome cl du mnncan^»c. — Le chrotlie et le manganèse, métaux trés-oxydables au eniitact de l’eau, ont pu eependaiil être obtenus au sein d'une dissolution aqueuse de leui' cblonire, L artilice employé par M. Bunsen consiste à prendre, connue pôle négatif, mi lil Irés-fin, et CÆinnie (aMe positif, un conducteur d’une surface considérable, et à se servii en outre d’une pile trés-puis.sante. Le métal se dépose avec une telle rapidité, que les couches successives dont le lil se l'ecouvre sont défendues contre l’action de l’eau par les couches nouvelles qui se superposent aux premières, et presque tout le dépôt est ainsi pré-servé de l’action oxydante qu’il fallait évitei'.

Les applications, que nous venons de faire connailre, sont pureineni scieiitiliques ; elles ne sont pas encore utilisées en dehors du laboratoire. Nous devons maintenant entrer dans quelques détails sur des industries iioiivellcs, dont le développement est déjà considérable et qui ont leur origine dans les travaux exposés dans ce chapitre. C’est un des beaux exemples, non le plus beau, du concours désintéressé que la science, en poursuivant son but, apporte nécessairement aux ails utiles. Aussi ne craindrons-nous pas de parler un peu longuement de ces industries, telle que la dorure, l’argenlure, la galvanoplastie. Leur but commun est la furniation, au moyen delà pile, de dépôts métalliques cohérents ; l’e.xainen détaillé des méthodes qu'elles emploient rentre complètement dans Moire sujet.

><yi. Dorure. Principe» de lu méthode. — Les ]U’Océdés emplovés ■ml refois pour recouvrir une surface métallique d’une couche mince el .idliérente d’or, d'argent ou de tout autre métal, compromettait prompli'iiient la santé des onvriei's. Un amalgame d’or était appliqué sur lu pièce à dorer. Pitr une élévation convenable de température, le mercure était chassé à l’étal de vapeur, tandis que l’or, restant déposé sur la pièce à recouvrir, y formait une couche d’un aspect mal, à laquelle le lirunissoir donnait l'éclat du poli.

h' danger de cette méthode a sa cause dans la production des vapeurs niemirielles, que l’ouvrier respire .sans cesse, el qui occasionnent d’affreuses maladies. Aussi dès que la pile fut découverte et que l’on eut reconnu son action sur les dissolutions salines, des tessais furent tentés |Kiur dorer les métaux par la décomposition voltaïque d’un sel d’or, en se senani de la pièce à dorer comme d’une électrode négative poui- l’élalilissemenl du courant. Malheureusement, on n’obtint pendant longtemps

i» tLKCTRIUTÉ.

qu'une lame d’or mince, iiTégnliêre, peu compacte, peu adhérente, et la dorure au mercure resta forcêmeiileu usaj^e.

892. CoiUliiloi» de Muceèa. — Lc peu de succès de la dorure galvanique était dû ; 1“ A ce (pie les piles priinitivcuient eiiqdoyées lie Ibiir- Hissaient pas un courant constant ; 2" à la nature des dissolutions au\ipielles on avait recours, dissolutions qui donnaient naissance, au iiionient de leur décomposition par le courant, à des corps capables d'altérer le métal immergé dans la liqueur.

Kn I84t), Dauiell découvrit la pile qui porte sou nom, et l'on eut diV lors un courant constant dont l'industrie put tirer parti. Ce courant, légléavecla puissance convenable pour la meilleure exécution du travail, conserve longtemps la force exigée. Eiitiu, dés 1841, MM. Elkingtoii d'une part, etM.Ruolz d’une autre, sont parvenus à trouver des dissolutions qui fournissent un dépôt ne laissant rien à désirer. Ils en ont indiqué un très-grand nombre joui.ssant decette propriété ; celle que l’on préféré est une dissolution de cyanure d’or dans le cyanure de potassiuni, ipii présente l'avantage d'être constamment alcaline et de fournir par sa décomposition un gaz, le cyanogène, dont l’action corrosive sur les métaux est nulle.

Voici lu formule d'une liqueur avec laipielle la dorure réussit trév bien ; On fait dissoudre dans 100 grammes d’eau 10 grammes de prussiate jaune de potas.se et 5 grammes de carbonate de potasse. On ajoute ensuite à cette première liqueur 1 gramme de chlorure d’or dissous dans une petite ipianlité d’eau, et le mélange est ]>orté et maintenu, pendant plusieurs heures, à la température de l’ébullitioii. On ajoute de temps eu temps de l’eau pure pour entretenir le sel au même degré de dilution ; ou filtre, et la liqueur est bonne à enqdoyer.

89Ô. Pr«tl()ue de la dorure. — .\vaut d’immerger dans la dissohitioii la pièce à dorer, on la décape avec soin. Si elle est fortement .salie à sa surface parmi dépi'it de matières organiques ou par l’oxydation, on la fait rougir au feu, et on la plonge, encore chaude, dans un mélange d'acides qui mettent à nu le métal sous-jacent. La surface est-elle à |ieii près nette? ou la nettoie avec l’alcool et l’eau, et on l’imprègue avec une brosse douce, de tartre eu poudre formant une pAte avec, l’eau. Après le décapage, le métal à dorer est lavé à l'eau distillée, attaché au [lôlc négatif A {fig. ,’)82) de la pile, et plongé alors dans le bain d’or; une lame de.même métal P pénétre ensuite dans le même bain et communique ave<' le pôle positif B. Le courant passe, la dorure s'opère, et en même temps le cyanogène, qui vient au piîle positif, dissout, sous rinllueiice du cou-

Digitiztd by Coogl

EFFETS DE LA PILE

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rnnt, la laine il'ur i|iii s'y trouve : la solution se maintient, de cette façon, dans un état sensiblement constant. Quand on juge la couche déposée assez épaisse, on arrête l’opération, et quelques coups du brunissoir dunnenl à la surface le poli ordinaire^

Par cette niétiiode, on peut dorer le platine, l'argent, le euivi'e, le laiton, le bronze et même l’acier et le fer : ces deux der- ^'8-

niers métaux doivent toutefois être recouverts d’avance d’une couche mince de cuivre. En élevant la température du bain qui sert à la dorure, la couche d’or déposée croit plus rapidement d’épaisseur.

1194. Argenttire. — Cuivrage. — L’argeiiture s’exécute par le même procédé que la dorure. La liqueur que l'on emploie peut être formée de I gi-ainme de cyanure d'argent sec, qu'on a fait dissoudre dans 100 grammes d’eau, renfermant au préalable 10 grammes de cyanure nmple de potassium.

C’est également par le même procédé que le fer se recouvre industriellement d’une couche de cuivre adhérente qui le préserve de la rouille. Le fer, attaquable par le sulfate de cuivre que l’on décompose, est d'abord revêtu d’un enduit particulier, qui est rendu conducteur par la plombagine (897). Ainsi piéparé, il est plongé dans une cuve qui renfenne une dissolution de sulfate de cuivre. On réunit la pièce à recouvrir avec le pèle négatif d'une pile dont le pôle positif, terminé par une plaque de cuivre, plonge dans la dissolution, et un dépôt de métal donne à la pièce qu’elle recouvre l’aspect du bronze.

89fi. aalvanoplaatie. Son bat. — M. Jacobi d’uiit! part, et M. Spencer He l'autre, ont découvert en I8Ô8, (|u’an moyen de la pile, on peut aussi reproduire les médailles, les bas-reliels, les planches gravées, les datues ou tout autres objets, quelque délicats qu’en soient les détails, et ils ont créé une industrie qui a pris de nos jours un grand développement, sous le nom de galvanopUintie. Le courant voltaïque doit déposer molécule à molécule, une couche de cuivre sur le moule de l’objet en question. La reproduction que l’on veut obtenir exigera donc doux sortes d’opérations : 1“ il faudra se procurer un moule qui soit à sa surface Ihiii conducteur de l’électi'icité, et ’i” il faudra faire déposer le II. 4

50 ÉLECTHICllK.

niivre dans dus cuiiditioiis li'lles, que la lame suit euliéreiile et |uii>>e aisément être séparée de lu surface sur laquelle elle ira se déposer.

896. iHonlage. — Pour obtenir le moule de l'objet à reproduire, on se sert de la stéarine, du plâtre, de rallia;,'e fusible de Darcet, et mieux encore de la ^'élatine ou de la gutla-percha. Ces difl'érentes substances sont fondues ou converties en une pâte molle, cbacune selon sa nature, puis elles sont mises en contact avec l'objet dont elles doivent prendre l'empreinte. Alinque le moule formé puisse se détacher facilement, l’on recouvre la surface à mouler, d'une couche sans épaisseur sensible de <|uelque matière pulvérulente ou li<|nide.

Si l'alliage de Darcet doit servir à la confection du moule, on le fond dans un vase quelconque, par e.vemple dans une cuiller hémisphérique de fer. On le laisse refroidir, et quand on juge que la solidification est prochaine, la médaille enduite d'un corps gras en couche insensible est appliquée sur la surface du bain, l/alliage en devenant solide reproduit et conserve tous les détails du modèle. Kmploie-t-on la gutta-percha? on la ramollit sous l'billuence d’une température peu élevée, et on la presse forteinent contre l’objet recouvert de plombagine en poudre impalpable ; elle se moule exactement, et (|uand elle est durcie par le rr froidissement, elle se détache sans difficulté. Cette dei’iiiére substana' offre un avanlage précieux qui résulte de son élasticité. Elle peul être séparée des statuettes, des bas-reliefs, bien (ju'elle enveloppe pres- (|ue complètement certaines parties saillantes. Dans de pareilles circou- '•tances, le moule de, métal on de stéarine se briserait iiifailliblenient ^ la gutta-percha plie, s'inlléchit, et aussitôt qu’elle est enlevée, elle reprend la forme du modèle. Enlin, des moules s’obtiennent pur la galvanoplastie elle-même, comme un le comprendra aisémeni par ce ipii >nit.

X97. Pr^parntlon du moole obtran. — Le munie obtenu doit être conducteur de l’électricité, four le rendre tel, (|uand il ne l’est pas par lui-ménie, on recouvre sa surface de plombagine. A cet effet, ou se sert d’une brosse <louce, que l’on plonge dans de la plombagine en poudre Irés-fine. Par un frottement sidtisaniment répété, une poussière iiiipal* pable reste adhérente, et forme un enduit conducteur tellement mince, que les traits les plus fins ne sont jias altérés. Il est clair d’ailleurs que , la surface destinée à recevoii' le cuivre doit seide être ainsi recouverte. Lorsque le moule, au contraire, est formé par nnesid)stance conduisant bien l’électricité, telle que l’alliage de Darcet, on veinil à lu cire tontes les parties ipii ne doivent pas se recouvrir d’nn dépôt métallique; quant

KFKETS llE LA PILE. 51

ans autres parties, elles sont enduites d'une couelie de plombagine, afin ri'etnpècher le métal déposé par la pile de former, avec le moule, un tout inséparable.

898. Formation du d^pdt. — Le moule, préparé par rime des mélliodes indiquées plus haut, est plongé dans une dissolution de sulfate de niiivre et mis en communication avec le pôle négatif d’une pile. Dans la même dissolution plonge unè lame de cuivre qui communique avec le [lôlc positif. Le courant passe ; le dépôt de cuivre s’opère, et, au bout d’un nombre de jours plus ou moins considérable, selon l’épaisseur qn’on veut obtenir, cette couche est détachée : le modèle est reproduit. La lame de cuivre, placée nu pôle positif, joue dans celte opération le même rôle que la lame d’or employée dans le cas de la dorure. L’acide sulfurique et l’oxygène se poilent au pôle positif, régénèrent avec le cuivre, qu’ils attaquent, le sulfate de cuivre décomposé : ce qui mainlienl la dissolution dans son état primitif.

Pour la réussite d’une opération galvanoplastique, il inqiorte que le dépôt métallique s'accroisse avec lenteur; aussi le coui-ant est-il réglé eu conséquence., Lorsqu''on opère avec des courants, tels que le dépôt augmente rapidement d’épaisseur, le métal obtenu manque de cohérence, se brise ou s’écrase sous le moindre effort, et même le métal déposé peut n’ètre qu’une poussière. D’autre part, si l'accroissement d'épaisseur de la lame de cuivre marche trop lentement, le dépôt tend à devenir cristallin.

En général, la pile que l’on emploie est formée d’un ou de deux éléments, dont la surface est d’autant plus étendue i]ue les dimensions de la pièce à reproduire sont plus grandes. A la Carte de la France, où les planches gravées sont reproduites par la galvanoplastie, des piles de Smee de plusieurs décimètres carrés de surface servent à cet usage. Souvent on emploie une pile de Daniell, dont le zinc est plongé dans de l’eau faiblement acidulée; on prend, d’ailleurs, des éléments de dimensions différentes, selon la grandeur de la surface à recouvrir de métal.

899. Appareil employé dan» riadamtrle. — Dans rilldustrie, OU procède avec plus d’économie. On utilise le dépôt même qui se forme sur le cuivre de la pile de Daniell. Cette pile est disposée dans des conditions telles que le moule reçoive le dépôt métallique [produit normalcmenl dans chaque élément de l’appareil vollaïque, et pour cela, on le substitue à la lame de cuivre qui |)longe d’habitude dans la dissolution du sulfate nécessaire pour que la pile soit en activité. Ainsi, l’aiqiareil gal-

52 ÉLECTKIUTÉ.

vanoplusUque sp compose, dans ce cas, d'un vase poreux place a l’intérieur d'un vase de terre, de grés ou de toute autre matière non conductrice. Ce vase poreux sépare deux liquides : l’un formé par une dissolution de sulfate de cuivre, et l’autre parde l’eau acidulée avec l’acide sulfurique. Le premier liquide est à l’extérieur du vase, le second à l’intérieur. Dans l’eau acidulée plonge une lame de zinc, et dans le sulfate de cuivre est disposé le moule à recudvrir de métal. En réunissant le zinc et le moule par un conducteur métallique, on complète le circuit de l’élément de Daniell : la pile est eu activité et le cuivre se dépose.

tlOU. Cht« de gaivaaoplutle. — L’appareil que représente la ligure 385 est construit dans ces conditions, et dans des proportions telles que l’on puisse obtenir un assez grand nombre d’épreu\es à la fois. Comme on le voit, il est constitué par une auge de bois revêtue intérieurement de gutta-percha. Dans l’auge qui contient une dissolution de sulfate de cuivre saturée, plongent des vases poreux renfermant eux-

mémes l’eau acidulée cl le zinc. A l’aide des pinces C, les lames de zinc sont toutes mises en communication avec une tringle NN'; les moules sont suspendus à deux autres tringles !‘P' et l’,P,', et des conducteurs métalliques PX,P’N', etc., complètent le circuit. Ouand le couraiit pusse, les moules .M se recouvrent peu à peu de cuivre métallique; et à mesure que la dissolution s'appauvrit, le sidfate de cuivre, contenu dans de petits sacs suspendus dans le liquide, se dissout et remplace le sel qui a dispani.

90 1 . RésnUau oMnam. — La galvanoplastie n’est pas restée longtemps conliiiée dans les laboratoires : l’industrie s’est emparée de la découverte scientifique et l’a appropriée à ses besoins. Les bronzes d'art, dont la reproduction par les procédés anciens était limitée et difficile, s’obtiennent maintcnautavec une facilité merveilleuse; bientât leur prix sera abordable aux plus modestes fortunes. Autrefois, lorsqu'un graveur avait passé dix années de sa vie à interpréter le tableau d’un grand maître, son œuvre ne pouvait se tirer qu'à un très-petit nombre d’exemplaires. Dès que deux mille épreuves étaient sorties des presses, la planche se trouvait hors de service; les pressions violentes que l’ouvrier

KFFKTR DE LA PILE

est obligé d’exercer sur la planche de cuivre pour étendre l’encre, et pour nettoyer la surlace, avaient usé le métal, au point qu’il n’était plus possible d’obtenir de bonnes gravures. Aujourd’hui, grâce â la galvanoplastie, une planche gravée se multiplie autant que l’on veut. A la Carte lie France, on ne manque pas, toutes les fois qu’une planche nouvelle sort des mains du graveur, de l'employer immédiatement à la reproduclioii de plusieurs types semblables. La finesse des traits des nouvelles planches obtenues par la galvanoplastie ne le cède en rien à celle que présentent les traits du modèle. Toutes les industries analogues procèdent de la même façon. La gravure sur bois, par exemple, s'obtient, comme son nom l’indique, au moven d’une planche de hois, sur laquelle sont faites des entailles convenables; mais le bois ne tarde pas à s’écraser ru passant sous les presses de l’imprimerie, et, après un tirage de quelques milliers d’exemplaires, les traits les plus fins sont effacés et la beauté du dessin disparait. Aussi, reproduit-on tout d’abord par la galvanoplastie le travail fait sur le bois ; on obtient ce que l’on appelle des clichés, et on n’emploie plus les bois pour imprimer, ils servent seulement à la préparation de nouveaux clichés, quand les premiers sont usés. Cette méthode a été précisément suivie pour l’impression des figures que contient ce livre. Les bois ont été reproduits par la galvanoplastie, et ce sont ces épreuves galvanoplasliqiies qui ont sen'i à tirer toutes les gravures insérées dans le texte.

Fit. S*»- Fis. TAi.

Du reste, pour «lonner un exemple de la valeur du procédé, nous faisons ici insérer, deux fois, dans le texte, le portrait do Volta. Les deux gravures (fig. 384 et ôSrv) sont imprimées avee deux eliehés différents idjteinis par la galvanoplastie. Rn donnant un pareil exemple, nous

5» fiLECTHIClTÉ.

voulons rondi'P lo lecteur juge de l'exaclilude du procédé, l.es moindres Ir.iits de l'uue des ligures se retrouvent dans l’autre.

!102. Appileallon de la (alvaaoplaMtlr A la — ProeAde

de M Dalo*. — La galvanoplastie a reçu des applications nonilireuses, parmi lesquelles nous citerons celle que M. Dulos en a faite avec succès à la gravure. Le procédé est basé sur la connaissance des phénomènes capillaires. En voici le principe ; Si sur une plaque d'argent recouverte de vernis on trace certaines lignes où le métal est mis à découvert, du mercure que l’on y verse glisse sur le vernis, s'attache sur les lignes où l'argent est ù nu et reproduit les traits du dessin (|ui font saillie au-dessus de la plaque.

Voici comment ou opère : on prend une plaque de cuivre argenté E i/ijf. ô86), sur lanuelle on décalque, on transporte, ou l'on trace un dessin quelconque : nous supposons que c’est un dessin à l’encre lithographique. Le travail du dessinateur teriuiuè, la placjue est recouverte, au moyen de la pile, d’une légère couche de fer, dont le dépôt ne s’opère que sur les parties non touchées par l’encre ; cette encre étant eidi'vée avec de l’essence de térébenthine ou avec de la benzine, les blancs du ilessin se trouvent représentés par la couche de fer, et les traits par l’argent même. La plaque étant, en cet état, on versr* sur la surface du mercure qui ne s’attache que sur l’argent, et après avoir chassé avec un pinceau doux le mercure en excès, ou voit ce métal s’élever eu relief en m la où se trouvait précédemment l’encre lithographique. On peut alors verser une couche M de cire fondue ou de plâtre mêlé à l’eau sur la pla(juc, le mènisqmde mercure ne se déforme pas, et l’on obtient, par la solidincation , nue empreinte dont les ci'eux, offrent la contre-partie des saillies du mercure et figurent iine.sorte de gravure en taille-douce. Celte empreinte est obtenue avec des coi'iis lro|> peu résistants, pour fournir une impression convenable ; mais, en métallisanl le moule et en y effectuant un dépôt galvanique de cuivre, on obtiendra la reproduction exacte des saillies primitivement formées par le mercure, et un véritable moule au moyen duquel on pourra reproduire à l’infini des planches propres à l’impression.

S’il s’agit d une gravure typographique qui doit être en relief, la planche de cuivre, en sortant des mains du dessinateur, reçoit imc couche d’argent qui ne se dépose que sur les parties non touchées par l’eucre lithographique; on eidéve celte çncre avec de la benzine; en

Pis. SS8.

KKKETS IiF. I.A PIU-.

l'h.iufTaiit la planchr à l’air, on oxyde le enivre reeouveil pi iinitivemenl pir le dessin, et ou enniiniie les opérations indiquées plus haut, ha planche galvani(|ue destinée à l’impression se trouve alors avoir pour saillie les traits mêmes du dessin, et pour creux les épaisseurs formées an début parle mercure.

Le merenre peut être remplacé par un alliage fondant à une basse leinpérnture, tel que le métal Darcet, auquel on ajoute une petite quantité de mercure. Le métal à clicher se comporte exactement comme le aierrure dans les applications ci-dessus décrites. Toutefois avec le métal ftarcet on ne doit pas opérer à l’air libre ; il est préférable de mettre la plaque sous une cnnche d’huile que l’on fait chauffer à une température de 80 degrés environ, température à laquelle l’alliage entre en fn- -itin. On évite ainsi l'oxydaliou, qui nuirait an succès de l'opératiou.

Ki'i Krs ni \ smi.oiiiQi KN

OÛÔ. Pranlérm ■«tlon» ronnara. — h'expérieilce de tialvani est lu première où l’on ail observé l’action de l’électricité de la pile sur les animaux. Dans celle expérience, modifiée, comme nous l'avons indiqué |8I9), l’arc métallique zinc et cuivre, en contact avec les li(|uides qui lubrifient les muscles et les nerfs, forme en réalité un couple voltaï(|ne, qui représente la cause non pas unique, mais du moins la cause principale des mouvements de la grenouille. L’effet manifesté se produit, du ii>sle, sur les animaux de toute taille. L’expériineulateur qui saisit les [télés d’une pile, chacun avec une main différente, reçoit une commotion et Ires.saille d’un monvemeul involontaire, quand ses mains sont mouillées par un liquide conducteur, et que les éléments sont nombreux^ Pour réussir dans ce dernier cas, cl en général pour produire des secousses chez un animal de forte taille, les éléments doivent être disposés en série l’un à la suite de l’antre. S’ils sont peu nombreux, ils ne déterminent aucune commotion, quand môme leur surface serait trés-cousidérable. Nous expliquerons bienlAt la raison de cette différence (chap. iv| qui tient à la faible conductibilité du corps de l’homme.

904. Ces commotions sont des phénomènes très-complexes ; le courant traverse à la fois les nerfs, les muscles, les os, les liquides soumis à son action. Les physiologistes n’ont pu se contenter de la connaissance d’un lésullat si mal déterminé; ils se sont livrés à des études spéciales poni'

56 fil.KCTRIUTK.

reconnaili-e le rtMe que joue, dans le phénomène, chacine éléiiieni de l'organisme.

905. AeUon nur le oerf. — line grenoudle, préparée selon le pro- L-édé de Galvani (/iq. 587), esl excitée par les deux pôles d’une pile,

mais seulement en deux points ,\ et B des nerfs lombaires mis à nu ; on voit les membres se eoiitracter. Cette contraction se manifeste, selon les circonstances, tantôt au moment où le contact s'établit , tantôt c'est à lu rupture dti courant que la'contraction a lien.

Mais il y a deux espèces de nerfs : ceux du mouvement et ceux du sentiment. .\ la sortie de la moelle épinière, dans le canal rachidien, leurs libres sont encore distinctes et séparées; quand elles quittent la colonne vertébrale, elles sont déjà juxtaposées et confondues, au moins en apparence : l’expérience précédente était évidemment exécutée à la fois sur les deux espèces de nerfs. Il faut donc, pour s’éclairer d’une manière complète, pousser l’analyse plus loin, il faut agir isolément sur chacune d'elles. Cette nouvelle manière d'opérer a été pratiquée, et elle a conduit aux résultats suivants :

Si l’on excite exclusivement les nerfs du sentiment, l'aiiimal vivant éprouve de vives douleurs. Pour que le. résultat soit bien net, il faut agir, bien entendu, sur la partie du nerf qui est attaehée à la moelle épinière, c’est-à-dire an centre nerveux. Si l’on excite les nerfs du mouvement, la commotion seule se produit.

9üG. ActioD aur le mtuele. — Agir sur le muscle seul n’est pas une opération facile; car des nerfs se ramifient dans toutes les profondeui's de l’organisme, et ces nerfs .sont nécessairement atteints dès que les pôles sont en contact avec les fibres musculaires. Cependant M. Cl. Bernard est parvenu à résoudre celte difficulté. Il a découvert qu’une substance, le curare, pouvait paralyser le système nerveux sans paralyser les muscles. Une grenouille qu’il empoisonne parle eiirare, et qu’il prépare ensuite par la méthode de Galvani, ne s’agite plus quand le courant traverse le nerf .seulement : en plaçant le muscle sur le trajet du cornant, on n’aura donc plus à craindre, que l’effet observé se complique de l’excitation produite sur le système nerveux. Or, dans ces conditions, le muscle se contracte lorsque les deux pôles sont mis en contact en deux points pris sur le trajet des fibres nniscii-

Fiy. r>HT

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KFFKTS IIK I.A PII.K.

Inires. Le moiiveinent cesse dès que le eouraul est établi, et ne recommence que si, après avoir rompu la cninmuniration, on la rétablit lie nouveau.

Entre les efiets produits sur les muscles et sur les nerfs il y a toutefois cette différence essentielle, que pour faire contracter les premiers il faut employer un cournni plus énergique que pour produire une action sensible sur les seconds.

907. Renmae. — Ainsi dans la commotion qu'éprouvent les animaux >uumi$ à l'action du courant voltaïque il y a trois pbénomènes à distincuer : 1“ excitation des nerfs moteurs; 2" excitation des nerfs sensitifs ; .7° excitation de la substance propre des muscles. Quant aux autres |>arties de l’organisme, ou a reconnu qu'elles soni purement passives, foutefois, parmi courant intense, des décompositions électro-cbimiques altèrent notablement les liquides de l'organisme, et des pbénomènes physiologiques peuvent être la conséquence de celle modification, mais ce sont là des elTets plutôt secondaires que directs des courants voltaïques.

909. CoaraatM dra maaelca «t dra nerfa. — D'est ici le lieu de revenir sur le courant propre des animaux que Galvani a constaté le premier. Ce sujet a été repris, et tout ce qui nous semble possible d’aflirmer avec queb)ue certitude se réduit à ceci : l’expérience a montré qu’un muscle coupé (/iij.ôSS) forme comme un élément de pile; la plaie N corresponil au pôle négatif, l'endroit sain I’ au pôle positif. Il en est de même pour les nerfs. Ce courant propre se constate avec un galvanomètre très-sensible qui sera décrit dans le cbapitre suivant.

909. Kxeitailoa apëciaie de l'eieeirieite. — Que sont devenues aujourd’hui ces théories hasardées qui, dans le siècle dernier, attribuaient à l’électricité la fonction de transmettre la volonté? Pures conceptions de l’esprit dépourvues de toute base expérimentale, elles sont réduites à néant. En fait, l’excitation spéciale, produite par l’électricité sur le nerf, n’est pas différente de celle que détermine tout autre agent physique ou mécanique. La chaleur, les actions mécaniques, les actions chimiques, pi ovoqiient des contractions tontes semblables à celles que lialvani observait. Un grain de sel, par exemple, lorsqu’il e.st posé sur l'un des points d’un filet nerveux, cause dans les membres de l’animal la même agitation qu'une excitation électrique.

Hais l'électricité présente ce grand avantage : qu’un courant faible agit instantanément et u’altére pas le tissu nervinix. Quand le courant

f.l.KCTRICITf;.

a été iatfirrompu un niomont, il |ieiil ivpi-oduire di> nouveau reflet qu'il a déjà donné, et les rominotions peuvent se siieeé<lor à des intervalles Irés-rnpproeliés.

91(1. L'itaffe rn médeclae. — l/excitation, que produit l’éleetririté, a été employée en médecine. On a lieaucoup tétonné; aujourd’hui encore on fait bien des essais an hasard ; cependant quelques résultats importants ont été obtenus. Ainsi, quand un nerf malade est devenu incapable de transmettre l'action du centre nerveux, on se .sert avec sucrés de l'électricité pour provoquer les mouvements des muscles, qui, faute d'activité, menacent de dépérir. Par l'activité fréquemment donnée à la fibre musculaire, la vie des muscles est entretenue, une seconde maladie ne suit pas nécessairement la première, et le nerf, quand il guérit, se retrouve en rapport avec des organes qui se sont conservés à l'état de santé

CHAPITRR III

EXPftRIR>irR O’ffiRNTEn — G A I. V ANOMÿ;TR E

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