‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmesChapitre 7 sur 130 · KXpfllIKNCF, li'iFI'.STf li · texte numérisé non relu

KXpfllIKNCF, li'iFI'.STf li

'••11. HiMtorIqar. — On avait remarqué depuis Innglenips que la foudre agit sur les aiguilles aimantées dans le voisinage desquelles elle vient il tomber. TanWt l’aiguille est brusquement déviée, et revient liientôl à sa position primitive ; d'antres fois, elle perd en partie son aiiiiaiitation; tantôt, enfin, raimantation se manifeste en sens inverse, et les pôles .se trouvent intervertis. Ces phénomènes n’ont été observés qui' très- rarement, car les rireonstanres favorables à leur production ne peuvent qu'arcidentelleinent se trouver réunies, là où un observateurcompétent est prêt à les rnnstaler. Mais avec les bouteilles de Leyde, le physicien, dans son cabinet, a pu réaliser en ])etit et à volonté, des modifications du même genre, au moyen de l’étincelle électrique.

.Avertis par les faits antéi'ienremeut observés, guidés d’ailleurs par des idées d’analogie entre le iriagnétisme et l’éleetricilé, les physiciens, .aussitôt que la pile fut découverte, ont cherché à la faire agir sur l aijjiiille aimantée. Mais longtemps les tentatives furent sans résultat ; elles étaient mal dirigées; c’étaient les pôles inémes de la pile, on bien l'un ou l’autre des rhéophores dont ou essayait l’action. Kn 1820, Œrsted, convaincu, plus peut-être ipie tout autre, de la liaison des deux ordres de phénomènes, et à coup sûr plus persévérant, parvint un jour, par un heureux hasard, à constater la relation dont il soupçonnait la nécessité depuis de longues années. On raconte, qu’à l’une de ses leçons, le physicien Danois, saisissant vivement les deux rhéophores, les réunit sans intention, et ayant ainsi établi un courant électrique, il s’écria : « Je ne. • puis croire que cet appareil soit sans action sur les aimants, s |‘ar nu

KI.KCTIilCITf:

^ieslt* que provoquaieiil ses paroles, il approcha le circuit interpolaire (le l'aiguille aimantée; il la vit niissitét s’écarter de sa position d'équilibre et se maintenir déviée, tant que le courant demeura à une petite distance de l'aiguille. Telle fut l’origine de l'une des découvertes les plus importantes de notre époque.

912. Exp<vrlea«e d'iErstril. — .\ussiU1t (Ersted se mit à l'œuvre. Il céniiit d’nne manière permanente les deux rhéopliores de la pile, et le> plaça, tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de l'aiguille, puis en avant, et en arriére du pôle austral ; il vit que, dans tous les cas, elle se mettait en croix avec le courant, quand la pile était suflisammont énergique. Il nota les différentes positions données au courant, et il mit eu regard le sens des déviations correspondantes, et dans nu écrit latin de quatre pages, il lit connaître nu monde savant ces |)liénoménes remarquables.

Kijî. r»sî).

l’ouc répéter rexpérience d’Œrsted, oti met en présence de l’aiguille et dans la position indiquée par la ligure Ô89 le courant qui marche

f if. riiio.

de F vers F', ibi sud au nord. Un voit l'aiguille tourner de telle manière, que sou pôle austral se porte vers Foiiesl. Le courant est-il placé {fig. Ô90) dans la même direction, mais au-dessous de l'aiguille, on voit le pôle austral se tourner vers l’est.

VM,i. ÿtnonee d’Ampére. — Il était difficile de retenir de mémoire les différents résultats de l'expérience d’ŒrsIed, qui sont aussi nombreux qu'il est possible d'imaginer de positions dilférentes du courant par rap-

KXPÉRIKNCE inElMtl).

port à l'aiguille; Ampère, par une lictiuii iiigèiiieti!>e, est parvenu à les rompreiulre tous dans un énoncé Irès-siiuplc. Il itnaginc un spectateur roiiclié dans le courant, qui regarde l'aiguille aiinaiitt'e, et dont le corps rst parcouru par le lluidc électrique dans un sens tel (|ue le courant lui iMitie par les pieds et lui sorte par la tête. Ampère appelle gauche el dniile du courant, la gauche el la droite du spectateur ainsi placé, d il résume toutes les expériences d'Œrsted dans ces simples mots : L-pôle austral de raiijuiUe se dirige toujours vers la gauche du courant.

Kn appliquant cel énoncé, il est aisé de reconnailre qu'il se rapporte Itieii aux deux cas que nous avons signalés dans le n“ 91‘i.

Si l'on place le courant verticalement, ou bien encore si on le met en présence d'une aiguille d'inclinaison, on peut observer que l'énoncé d'Aiiipére s'accorde, dans tous les l'as, avec l'expérience.

914. Importance de l'expérleaee d’IErsted. — La découvei'te d (Kr- 'ted lit époque dans la si’ience. Kn révélant l'action réciproque des aimants et des courants, elle rapprocha deux branches distinctes de la phjsique, que le génie d'Ampére vint bientôt réunir et confondre en une seule. Faraday, à sou tour, poursuivant, un peu plus tard, les mêmes i«lées, prouva la haute valeur des généralisations auxquelles l'illustre physicien français s’était hardiment élevé, et donna une preuve nouvelle de leur réalité en exécutant les expériences qui forment un des plus beaux chapitres de l'Klectricité.

Mais ce n’est pa.s seulement, par les grandes conséipieiices qui eu dél'oulenl, que l’expérience d’Œrsted a rendu service à la science. Daii'un ordre moins élevé, elle fut tout aussi utile. Grâce à sa simplicité, clic iM>rmet de recouiiaitre, sans recourir à de long préparatifs, le |«ssage d’un courant le long d’nn conducteur, et le sens de «« courant, fiés lors des essais de tout genre furent tentés, et des découvertes sans nombre vinrent dévoiler des mouvements d’électricité, (pii nous seraient peut-être encore imxmnus, si nous u’avions eu à notre disposition la méthode simple qu'Œrsted avait indiquée, l'our tout dire, il n'est pas un .seul des cinq chapitres qui vont suivre, dans lequel les expériences décrites ou les lois formulées ne soient, directement ou indirectement, des conséquences de la découverte d’Œrsted.

91 à. Apitllemtloa. — Itappeloiis un des exemples de la facilité que procure l'expérience d’Œ.rsted pour reconnaitre l’exislenre d’un courant.

Lorsque le circuit de la pile est fermé, la pile elle-même est traversée par un courant qui se dirige du zinc de chaque élément, vers le cuivre, le platine ou le charbon de l'autre élément. L’existence de ce courant a

tLaTitiaiK

étécoiiKlatùo piir I uiiiplui do l'iiiguilto aiiiiaïUot', (|ue l'on place aiir lu pile dirigée du nord an sud inugnélique. Tatit(pie les pôles ne sont pas réunis, l’aiguille reste ininiobile dans le méridien inugnélique ; mais aussitôt que les rhéophores, qu'on a soin de tenir à une grande distance de l’aiguille, sont en contacl l’un avec l'autre, l'aiguille est déviée, et le sens de la déviation prouve (|ue le courant dans la pile se meut du pôle iii'gutif vers le pôle itositij.

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