‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmesChapitre 89 sur 130 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

THÉORIK BE8 ONBUEATIOKH

1491. La méthode expérimentale appliquée avec persévérance pendant plusieurs siècles, a amené les physiciens à reconnaître que les phénomènes variés que la lumière présente dans sa marche, peuvent se déduire, par de simples calculs mathématiques, de quelques phénomènes élémentaires qui se comptent en très-petit nombre, et dont les lois sont parfaitement connues. La propagation de la lumière en ligne droite, les lois de la réflexion, celles de la réfraction ont suffi pour expliquer la plupart des faits qui sont l’objet des chapitres qui précèdent, et les déductions de ces lois sont tellement mathématiques, que la partie de l'optique, qui s'y rapporte, a pris le nom d'optique géométrique. •

Quelque brillants que soient ces premiers succès, cependant la simplification réalisée n’est que très- incomplète. La cause de la lumière, quelle qu'elle soit, est une : si quelque pliénoméne permettait de reconnaître quelle en est la nature, quelle est la constitution des corps qu’elle rencontre, il serait possible de substituer un principe unique aux principes multiples qui nous ont guidés dans nos études. La science serait alors achevée : il ne resterait plus du moins qu'à imaginer toutes les combinaisons des circonstances possibles, où la lumière pourrait se trouver; un simple raisonnement suffirait pour prévoir les phénomènes qui devraient se produire.

Une ou plusieurs expériences bien choisies, une loi qui s’en déduirait, domineraient donc toute l’optique ; mais si l'optique devenait mathématique dans son développement, il ne faut pas oublier qu’elle aurait l’expérience comme base premièi'e, et que l’expérience devrait toujours être appelée à vérifier les déductions tirées des principes.

1492. Dm dnix théorie* de la l■mlére. — T)fln$ l'impuissance OÙ les savants se sont trouvés, jusqu’ici, de déterminer par des expériences directes la nature de la lumière, ils ont essayé de la deviner en examinant les actions par lesquelles elle se révéle. Par un procédé bien naturel à l'esprit humain, et même que l’esprit humain met en oeuvre involontairement, ils ont conclu de l’acte à la nature de l’agent : procédé sujet à erreur, on le conçoit, et l’histoire va nous le prouver; mais procédé, qui peut conduire aussi à la vérité, comme la suite nous le démontrera.

Deux théories difTérentes ont été imaginées : l'une, dite théorie de Yémüsion qui explique un certain nombre de phénomènes, mais qui est impuissante à les expliquer tous : elle n’est plus intéressante qu’au point de vue historique ; la seconde, dite théorie des onduintions, qui, rendant un compte très-simple de tous les faits, les rattachant intimement les uns aux autres, en ayant même fait prévoir de nouveaux, constatés ensuite par l’expérience, peut être regardée comme vraie, ou au moins comme unie par de tels liens avec la théorie vraie qu’elle lui est certainement identique à quelques détails près.

1493. Théorie de l’éniesioB. — Lorsque la physique n’était qu’à ses débuts, la lumière fut considérée comme produite par le choc sur la rétine de corpuscules d'une ténuité excessive lancés par le corps lumineux. D'après cette théorie, ces fragments sont projetés en tous sens dans l’espace, et quoique de masse insensible, ils agissent à cause de leur grande vitesse; ils traversent les divers milieux qui se présentent sur leur passage ; ils les traversent en proportions variables selon la constitution de ces milieux; arrivés à la surface de séparation de deux corps différents ; ils se réfléchissent en partie comme une balle élastique rebondit lorsqu’elle choque un corps résistant : ceux qui ne se réfléchissent pas, cheminent dans le second milieu avec une vitesse nouvelle, dont la valeur provient de forces moléculaires mises en jeu dans le voisinage des surfaces. Les lois de la réflexion, celles de la réfraction, ainsi que les lois relatives à l’intensité et à la propagation seraient, expliquées par cette conception de la cause de la lumière.

1944. Théorie de* ondaiaiion*. — Cependant Iluygens, vers le milieu du dix-septième siècle, proposa une autre théorie, la théorie des ' ondulations ainsi appelée, parce que la propagation de la lumière y est considérée comme duc à un mouvement ondulatoire, analogue à celui que nous oirservons à la surface des eaux tranquilles lorsqu'un ébranlement vient agiterl’un des points de cette surface. L’ébranlement produit.

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