ASSÈCHEMENT DES TALUS DANS LES TERRAINS ARGILEUX
— L'assèchement des talus dans les terrains argileux s'obtient par la méthode de M. de Saizilly ou par la méthode des col*
lecteurs.
S8. Méthode Saizilly. » Cette méthode consiste dans rétablissement de caniveaux d'assainissement dans les talus d'une tranchée.
Si une couche de terrain perméable repose sur un banc de glaise, les eaux d'infiltration traverseront la couche perméable et viendront former une nappe à la surface du massif glaiseux, et provoqueront des éboulements en suintant dans les talus.
Pour prévenir ces accidents, on creuse dans le talus une rigole longitudinale A (fig. 39), ou abed (fig. 40), qui pénètre d'environ 0",i2 dans le massif de glaise. La largeur bc du fond de la rigole estdeO",3SàO",40.
On établit le fond de cette rigole avec une déclivité de 0»,02 par mètre, en suivant autant que possible les sinuosités du ban c de suintement.
On pose ensuite
dans cette rigole un radier en briques et mortier hydrau-
Fig.38.
86 TSRRASSEMEIfTS.
lique^ puis on la remplit avec des cailloux très-propres et pn la recouvre soit avec des gazons, soit avec des pierres plates (fig. 40). On complète ensuite le talus au moyen de terres rapportées et parfaitement pilonées.
Les pentes longitudinales des caniveaux sont établies dans des directions opposées et forment par conséquent des points bas où les eaux viennent se rendre. Pour assurer l'écoulement des eaux, on creuse à chaque point bas une rigole transversale oc appelée barbacane^ qui débouche elle-même dans une cuvette maçonnée construite sur le talus et descendant jusqu'au fossé de la tranchée.
Les cuvettes doivent être d'autant plus rapprochées que les sources sont plus abondantes. On les espace moyenne- ' ment d'une cinquantaine de mètres.
On peut souvent assurer l'écoulement des eaux des caniveaux sans avoir recours aux barbacanes. Pour cela, il suffit d'établir en chaque point bas et sur la surface même du talus
une pierrée qui descend jusqu'au fossé (fig. 41).
On applique ensuite sur cette pierrée soit un revêtement en gazon posé l'herbe en dessous et recouvert d'une chemise en terre bien pilonée, soit un ^*** ** • revêtement en maçonnerie
de pierre sèche. Au lieu d'employer des briques plates pour former le radier des caniveaux, on peut faire usage de tuiles creuses, ou bien de tuyaux en poterie. Dans ce cas, le fond des caniveaux doit être creusé suivant la forme des briques.
Les tuiles creuses se posent avec beaucoup de facilité et elles ont l'avantage de diminuer la quantité de mortier à employer dans l'établissement des caniveaux.
Lorsqu'un talus est composé de couches superposées de sable, de marné et d'argile (c'est le cas le plus défavorable),
ÊBOULEHENTS ET GUaSEHENTg DES TALUS. 87
OD établit dans ce talus autaat de caniveaux étages qu'il y a de bancs de suintement.
Ainsi, par exemple, dans la âgure 41, où il y a deux bancs de suintement, on établit deux caniveaux. Ces caniveaux sont réunis entre eux en leur point bas par une pierrée placée sur le talus. Cette pierrée est recouverte de gazons posés l'herbe en dessous et d'une chemise en terre végétale.
Les talus du fossé qui reçoit les eaux par les pierrées doivent être perreyés, ainsi qu'on le voit sur la figure.
Lorsque le terrain est entièrement perméable et traversé par de nombreux suintements répartis sur toute la surface du talus, on parvient à assainir le talus par le moyen suivant :
On place dans le talus, à O^jeO de profondeur pour éviter l'inûuence des gelées qui pourraient entraver la circulation des eaux, un filtre en pierres cassées de 0",10 à 0'",20 d'épaisseur sur toute la superficie humide du talus. Ce filtre posé sur le sol naturel, ou ce qui vaudrait mieux sur un lit de pierres posées à plat, doit être recouvert de gazon et d'une chemise en terre végétale de 0",JS à 0°',20 d'épaisseur audessus des gazons. Les eaux viennent se rendre dans un caniveau placé au bas du filtre et construit sur la couche imperméable.
Si les terres sont d'une nature telle qu'elles puissent se délayer au contact de l'eau, on coupe les talus par gradins disposés par étages.
L'enrochement et la terre végétale placés sur les talus prendront donc aussi la forme do gradins.
M. Bruère, ingénieur civil, dispose l'empierrement """ qui remplit les caniveaux de la manière indiquée par la figure 42.
L'empierrement est appliqué contre les couches perméables du terrain sur toute la hauteur du suintement. Un
revêtement en gazon CD est appliqué à plat, Therbe en dessous, sur la surface de Tempierrement, afin d'empêcher les terres do recouvrement de se mêler avec les cailloux du caniveau.
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ng. 43 A
S9. PiERRÉES. — On peut aussi assécher les talus d'une tranchée au moyen de pierrées dites pierrées de fond.
M. Branget, conducteur des ponts et chaussées et chef de section au chemin de fer de Paris à Lyon, a fait exécuter un grand nombre de pierrées, qu'il a disposées de la manière indiquée en plan par la figure 43 A et en coupe par la figure 43 B.
Ce système de pierrées consiste à creuser dans le talus et sur toute la hauteur du suintement S une rigole longitudinale ABCDE qui suit des pentes opposées et que l'on remplit de pierres cassées. Les eaux qui pourraient attaquer le talus viennent se
réunir dans cette pierrée longitudinale pour s'écouler à chaque point bas de la rigole par des pierrées transversales AL, CM, EN qui débouchent chacune dans une cuvette maçonnée Pc (fig. 43 B) établie sur le talus et descendant jusqu'au fossé de la tranchée. Les pierrées sont recouvertes d'un revêtement en gazon et d'une chemise en terre.
Les pierres transversales sont espacées entre elles de 20 à 38 mètres, suivant l'abondance des eaux.
Les rigoles longitudinales sont creusées verticalement en étayant leurs parois au moyen de cadres et de madriers jointifs.
A Montbard (Gôte-d'Or), des pierrées de ce genre ont été établies sur 200 mètres de longueur. Les rigoles avaient 10 à 12 mètres de profondeur et 1™,S0 de largeur.
A Rochefort, ligne de Paris à Lyon, des pierrées ont été
Fig. 43 B.