ÉBOULEMENTS ET GLISSEUENTS DES TALUS
établies sur 800 mètres de longueur; elles avaient 10 mètres de profondeur et 2 mètres de largeur.
A Malins, ligne de Paris à Lyon, les pierrées avaient 18 mètres de profondeur et 1"*,S0 de largeur. Ces pierrées s'étendaient sur 600 mètres de longueur.
A Verry, les remblais du chemin de fer, ligne de Paris à Lyon, ont été établis sur le talus du coteau. Ces remblais avaient 2'°}S0 à 3 mètres de hauteur.
Le sous-sol s'étant afiTaissé par suite de l'abondance des eaux d'infiltration, on parvint à le dessécher au moyen de pierrées.
Les eaux s'écoulaient de la pierrée longitudinale par des canaux souterrains qui débouchaient au pied du chemin de fer. Ces canaux souterrains avaient 2", 20 de hauteur sur 1",20 de largeur, afin qu'un homme pût y travailler facilement ; on a dû boiser pour les ouvrir, attendu que le terrain était très-coulant.
Ces canaux passaient d'à- «»««»ll^ bord sous un chemin de grande communication AB, fig. 44, puis sous un emplacement sous lequel étaient établies les ga- ^ \ j |^ les V des voyageurs, M des marchandises et D de dépôts, et enfin sous les remblais EF '^■ii''''i^g''^''Tiw^
du chemin de fer. Ces canaux Fig. 44.
souterrains étaient espacés de 35 mètres.
Ces pierrées ont suffi pour dessécher le sol et arrêter tout mouvement de terre.
A Comblaville, le remblai du chemin de fer a été établi sur le talus du coteau. Ces remblais avaient S mètres de hauteur du côté de la vallée et ^*'*- *^*
1",§0 du côté du coteau (fig. 45). Le sous-sol s'étant également aflaissé sous le poids du remblai et par suite de l'effet
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90 TERRA8SIMENT8.
des eaux d'infiltratioa, on parvint à dessécher le terrain en creusant, de distance en distance, des puits P de 6 à 7 mètres de profondeur (fig. 4S). Un canal souterrain partant du fond du puits et passant sous le remblai permettait aux eaux de s'écouler dans la vallée,
60. Des collecteurs. — On parvient aussi à assécher les talus dans les tranchées au moyen de tuyaux en poterie placés dans des fossés ou drains ouverts dans les talus et espacés de 3 à 6 mètres suivant Tabondance des eaux de filtration.
Les fossés ou drains ont de 1 mètre à l",60 de profondeur et 0",3S à 0",S0 d'ouverture en gueule. Le fond a une largeur égale à la grosseur des tuyaux, dont le diamètre intérieur varie de 0™,03 à 0",08.
Les drains sont disposés soit parallèlement et suivant la ligne de plus grande pente des talus, soit en écharpe, selon la nature du terrain. Ils descendent jusqu'au pied du talus et dégorgent dans le fossé, qui sert alors de collecteur.
Cependant si le terrain perméable ne descend pas jusqu'au bas de la tranchée, les drains ne sont établis que sur la partie humide du talus et dégorgent dans un collecteur longitudinal pratiqué dans le terrain imperméable. Ce collecteur verse les eaux dans le fossé de la tranchée.
Les tuyaux de poterie sont posés bout à bout sur le fond des drains, bien assis et bien joints. Chaque joint est recouvert d'un tronçon de tuyau d'argile bien pétrie.
Les lignes de tuyaux sont posées suivant la pente nécessaire à récoulement des eaux et conformément aux règles de l'art du draineur. Après la pose des tuyaux, les drains sont immédiatement remplis, sur le tiers ou la moitié de leur hauteur, avec des cailloux sur lesquels on pose des gazons. On achève le remplissage du drain avec de la terre légère et bien pilonée.
61. Assèchement d'un talus de sable mouvant, — Lorsqu'un terrain sablonneux est imprégné d'eau, le sable est mouvant et on ne peut songer à poser sur le talus un empierrement, parce que les cailloux ne tarderaient pas à disparaître
ÉBOULEKENTa CI ÛLUSBIUIITS DES TALUS. 91
ea s'introduisant dans le sable. Dans ce cas, od a recours b l'emploi de petits saucissons bourrés composés d'un massif de gravier ou de jard contenu dans une enveloppe formée par des bois de iascines bien serrés au moyen d'une corde et de ieriers, et liés par des harts bien flexibles. Ces saucissons (fig. i6 A) sont d'une
fbrmecyiindrique et ont généralement 0' ,25
de diamètre et 0",70 h 0~,60 de longueur.
Les deux barts partagent la longueur de "*'
cbaque saucisson en trois parties égales à peu près.
On effectue ensuite la pose des saucissons en les plaçant
dans des redana pratiqués successiTement dans le talus sur
toute la longueur et sur toute la hauteur de la surface humide.
On procède en commençant par le haut, c'est-à-dire que l'on ne creuse le deuxième redan B qu'après avoir placé dans le redan supérieur A une file de saucissons qui se touchent bout ibout.
On continue ainsi jusqu'à ce que l'on soit descendu au niveau du terrain imperméable, dans lequel on ouvre alors un caniveau pour recueillir les eaux.
Les saucissons sont ensuite recouverts d'une couche de gravier de 0",I0 d'épaisseur, puis d'un revêtement en gazon à plat sur lequel on applique une cbemisc en terre végétale de O",!© au plus d'épaisseur et bien daratîe. ''*■ "' "'
Le talus présente alors l'aspect indiqué par la figure 46 B.
62. Consolidation des talus en déblai. — Les procédés d'assainissement ne suffisent pas toujours pour assurer la stabilité des tranchées. Lorsque la nature du terrain peut donner lieu à des glissements, on doit chercher à consolider les talus.
Les divers moyens de consolidation employés suivant les «s sont : i* les épis ou contre-forts en pierres sèches pénétrant
T£RRASSKM£NTS.
Fig. 47.
dans le talus; 2'' les épis avec arceaux en décharge; 3*" les murs
de soutènement en pierres sèches établis au pied du talus ; l"" les
enrochements couchés sur le talus avec parement perreyé.
Epis ou contre- forts en pierres sèches. — Les épis en
pierres sèches s'établissent de distance en distance dans les talus. On les espace d'axe en axe, de iO à 12 mètres par exemple.
On donne à ces épis 2 ou 3 mètrès de largeur à leur base et 1 mètre au sommet ; leurs faces latérales sont disposées en retraites (fig. 47). Le talus destiné à recevoir les contre-forts est taillé par redans.
Gomme ces épis en pierres sèches occasionnent toujours une grande dépense, on les remplace fréquemment par des contre-forts en terre pilonée, auxquels on donne une longueur
égale à celle du banc de suintement sur la surface du talus.
Epis avec arceaux en décharge. — Sur la ligne du chemin de |fer de Tours au Mans, des épis en pierres sèches avec arceaux en décharge (fig. 48) sont établis dans les talus du déblai. Lorsque les talus ont une grande
hauteur, on peut relier deux épis par deux ou trois arceaux superposés.
Murs de soutenez ment. — Le pied du talus d'une tranchée peut être soutenu par Fig. 49. un mur de soutène-
ment en pierres sèches (fig. 49) renforcé de distance en dis-
Fig. 48.
liane oè Giuac
ÉBODLEMENTS ET GLISSEBfKNTS DES TALUS. 93
tance par des contre-forts ou éperons également en pierres sèches. Ces murs de soutènement conviennent pour soutenir et consolider. les terrains argileux.
Enrochements en pierres sèches couchés sur les talus avec parement perreyé. — Cet enrochement, indiqué par la
Fig. 50.
%ure 50, a pour but de consolider le talus et de permettre aux eaux de filtrer entre les pierres sans causer de dégradations. Le parement extérieur de cet enrochement est perreyé sur une épaisseur de 0™,3S. Le pied du perré est en outre consolidé par de petites voûtes établies de distance en distance.
La tranchée du bois de Saint-Denis^ par laquelle le canal de rOurcq passe du bassin de la Marne]dans celui de la Seine, a été ouverte dans un sol glaiseux. Cette tranchée avait de 10 à 14 mètres de profondeur ; à une profondeur de S à 6 mètres se trouvait une mince couche de glaise sur laquelle les eaux étaient arrêtées, et à mesure que Ton ouvrait la tranchée au-dessous, les terres glissaient dans la fouille. Pour arrêter le glissement, on a iù chercher à consolider les talus de la tranchée (fig. SI). On a alors imaginé d'établir, à 5 mètres environ sous le
Fig. 51.
94 TEBRASSEKENT8.
talus et à la hauteur de la couche de glaise, des pierrées ou aqueducs en pierres sèches gui reçoivent les eaux fournies par la glaise et la versent dans le canal par des barbacanes exécutées de distance en distance. On a de plus cherché à diminuer la masse des eaux en creusant derrière les cavaliers des fossés qui reçoivent les eaux du sol pour les amener de loin en loin dans le canal ; puis, cela fait, on a formé tous les revêtements des talus en terre franche pilonée par couches inclinées en sens contraire du mouvement. Ces remblais, n'étant plus délavés par les eaux, ont opposé à la poussée des terres une résistance suffisante et tous les mouvements ont cessé (Cours de navigation de TEcole centrale).
Lorsqu'il s'agit de prévenir les éboulements dans des ter — rains de sable argileux imprégnés d'eau, les difficultés èi vaincre sont peut-être encore plus grandes que dans un sal glaiseux. Lorsque ce sable est immergé dans la nappe d'eau et que Ton est forcé de le déblayer au-dessous du niveau naturel de l'eau, il coule et prend une inclinaison de 8 à 10 de base pour 1 de hauteur; si on veut le maintenir avec des pieux et des palplanches, il exerce une telle poussée qu'il les renverse si les joints sont bien faits ; et si les joints offrent le plus léger passage, il passe au travers et la dépense que l'on a faite se trouve perdue. On ne peut le soutenir qu'au moyen d'une maçonnerie assez solide pour résister à un terrain dont l'angle d'éboulement est à peu près le même que celui de l'eau et dont la densité est à peu près double. Si un tel terrain se rencontre dans une tranchée profonde, il faut, si Ton veut économiser la dépense, faire les déblais par couches de peu de hauteur quand une fois on est arrivé au niveau de l'eau, afin de faire baisser successivement la nappe soute^ raine, car ce n'est qu'en enlevant l'eau qu'on peut avoir l'espoir d'empêcher les éboulements. Si on pouvait détourner les eaux souterraines, on s'en trouverait bien.
63. Consolidation des talus de remblais. — Lorsqu'un remblai est formé de couches interposées de sable ou de boue,