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Reconstruction des talus éboulés. — Supposons

qu'un talus . AB d'une tranchée ou d'un remblai se soit éboulé suivant la ligne ondulée ACDE, fig. 33 A.

On parviendra à rétablir ce talus en construisant de distance en distance des épis en pierres sèches entre lesquels on rapportera de la terre que l'on devra piloner avec soin.

On peut même se dispenser d'établir les épis en pierres

sèches et se borner à établir sur toute la longueur du talus éboulé un contre-fort en terre pilonée. Ce contre -fort M, fig. 53 B, se construit par portions successives suivant la longueur de l'éboulement et au fur et à mesure que l'on enlève les terres éboulées. Ce contre-fort doit être séparé du corps du remblai par un filtre P en cailloux. De distance en distance des rigoles transversales remplies de pierres établissent une communication entre le pied du filtre et le pied du talus du contre-fort, qui se trouve ainsi garanti contre l'action des eaux. Les terres éboulées qui restent derrière le contre-fort sont ensuite taillées par redans, et on complète le talus avec des terres rapportées et pilonées.

Il faut, autant que possible, que le talus extérieur du contre-fort soit placé dans le plan du talus primitif qu'il s'agit de rétablir; mais si l'on craint d'enlever une quantité trop grande de terres éboulées ou si l'on rencontre des difficultés, on peut construire le contre-fort de manière qu'il

Fig. 53 B.

REVÊTEBIENTS DES TALUS. 97

soit plus OU moins en saillie sur le plan du talus primitif. Nous n'avons pas besoin de dire que ces travaux demandent à être exécutés avec soin et précaution ^

ARTICLE VI

Revêtements des talus.

65. Revêtements des talus. — Les revêtements des talus des tranchées, chaussées, levées et berges se font au moyen de semis, plantations de chiendent, plantations d'arbustes, gazons, fascînages, paillassonnages, enrochements et perrés.

66. Semis. Les semis ont pour but de protéger les talus de déblai ou de remblai contre les dégradations superficielles.

Le choix des graines à employer pour semis dépend de la nature des terres et du climat.

Lorsqu'un revêtement en terre végétale est appliqué sur un talus en terre sablonneuse, comme sur les levées de la Loire, par exemple, on répand sur la surface du revêtement un semis en trèfle, sainfoin ou raygras.

Sur les talus de routes et de chemins de fer, et en général dans les terres mélangées d'argile, on emploie la luzerne de préférence aux autres graines. La luzerne a, comme le chiendent, l'avantage d'avoir des racines longues qui pénètrent bien avant dans les terres.

Les graines destinées à l'ensemencement doivent être nettes, luisantes, bien épurées, pesantes et sans autre odeur que celle du bon foin. Elles ne doivent pas avoir plus de deux ans, et quand on les immerge dans Teau, elles ne doivent point surnager à la surface.

* M. Bruère, ingénieur civil, a publié un traité excelleat et trèscomplet sur les travaux de consolidation des talus.

Les semis doivent se faire en bonne saison et autant que possible en temps pluvieux.

Le terrain destiné à recevoir les graines doit être purgé de pierres et de racines, puis ameubli sur une épaisseur d'environ 0",10. Avant d'ensemencer, on sillonnera la surface assez profondément, pour retenir les semis, avec un râteau de fer à dents écartées de 0°,05. On tracera les sillons dans une direction perpendiculaire à la ligne de plus grande pente du talus.

La graine est ensuite répandue également sur tous les points, et, après l'ensemencement, on recouvre les sillons avec la herse ou le ratissoir et on bat légèrement la terre à la batte pour raffermir les talus.

On répand ordinairement par are et le plus légèrement possible 6 kilogrammes de graines.

Lorsqu'on emploie concurremment les graines de foin, de luzerne, de trèfle et de sainfoin, les proportions du mélange seront : 4 kilogrammes de foin pour 2 kilogrammes de luzerne, trèfle et sainfoin.

Des semis ont été faits sur les talus des levées de la Loire, dans le département d'Indre-et-Loire, avec des graines mélangées dans les proportions suivantes :

Trèfle blanc {trifolium repens) 400 grammes.

Eterime ou florin {agrostis stolonifera). . . 500 —

Ray gras d'Angleterre {lolium perenne) . . 1 400 —

Fétuque Raconte {festuca rubra) 700 —

Lorsque l'herbe ne lève pas dans toutes les parties d'un terrain ensemencé, on doit ressemer ces surfaces partielles.

L'entrepreneur doit être tenu d'entretenir à ses frais les surfaces ensemencées jusqu'à la réception définitive.

67. Plantations de chiendent. — Le chiendent est une plante à longues racines, qui croît dans toute espèce de terrain; mais pour qu'il prenne bien quand on le plante sur des talus, il faut que la terre soit meuble. Le chiendent s'emploie

REYÊTEMSNTS DES TALUS. 99

à la plaee de la luzerne dans des conditions où celle-ci ne peut venir.

Les brins de chiendent destinés à être piqués dans les talus doiyent être bien sains, bien vivaces et ne pas être trop desséchés ; leurs racines ne doivent pas avoir moins deO", 08 de longueur.

Les plantations de chiendent s'exécutent en pratiquant normalement à la surface du talus, des trous espacés en quinconce de 0", 20 les uns des autres et profonds de 0", 10, au moyen d'un piquet de 0" 03 de diamètre ; on y introduit les brins de chiendent par petits paquets, et enfin on remplit les trous avec de la terre que Ton comprime avec le pied de manière qu'il ne reste ni saillies ni flaches apparentes.

68. Plantations d'arbustes. — Les plantations d'arbustes dites plantations en taillis servent à la défense des talus et des berges. Elles sont ordinairement en osier, saule, marsault, acacia, bouleau ou charme.

Les jeunes plants doivent être pris dans les pépinières et non dans les forêts. Ils doivent être bien sains, vivaces, à écorces lisses et à racines bien chevelues.

Les boutures d'osier, de saule ou de peuplier sont généralement prises sur les pousses de l'année ; elles doivent avoir 0", 30 à 0", 50 de longueur de tige et une grosseur moyenne de 0", 018 à 0"", 020 de diamètre au-dessus du collet. Elles ne sont coupées que peu de temps avant leur plantation, et leurs extrémités sont taillées en sifflet. Celles qui seraient fendues ou en partie écornées doivent être rejetées.

Les boutures d'osier sont plantées en buissons ou nids de canard, ou bien piquées isolément.

Les nids de canard sont communément formés de cinq boutures plantées en rayons divergents, passés les uns sous les autres et inclinés à peu près à 45 degrés sur le sol.

Les boutures plantées isolément sont placées au cordeau par rangées régulières et en quinconce, espacées de 0",20 à

iOO TERRASSEMENTS.

0"*,40. Le long des berges, elles sont légèrement inclinées dans le sens du courant de Teau.

Toutes les boutures, soit qu'elles soient plantées en buissons ou isolément, sont enfoncées au moins de 0'",2S en terre, de manière à ne laisser saillir que deux yeux. Si le terrain à planter est dur ou composé de gravier et pierraille, on se sert d'un plantoir ou fiche en fer de O'^jOi de diamètre pour Touverture des trous et Ton doit éviter que Técorce des boutures ne vienne à s'endommager (fig. 84). On remplit ensuite les vides en comprimant le terrain, puis on recèpe les jeunes plants en bec de flûte, à0°',05 au-dessus du sol.

Les plantations de saule et marsault ou peuvi plier doivent avoir 2 mètres à 2", 50 de longueur et un diamètre moyen de 0'",05à 0'°,07. Les trous sont faits à Taide d'un pieu en fer, par rangées régulières et sur une profondeur d'au moins 0'",S0. Les plantations d'osier se font généralement en février, après les gelées, et sont terminées *' avant la fin de mars .

Les plantations doivent être sarclées au moins trois fois par an, savoir : pendant la première quinzaine d'avril, la deuxième quinzaine de juin et la première quinzaine d'octobre.

Les plantations d'osier sont payées d'après le nombre de plants.

Plantations d'osier sur des enrochements. — Quand on veut planter des osiers sur des enrochements, on exécute cette opération selon les principes que nous venons d'établir.

69. Gazonnements. — Les gazons destinés à être employés pour revêtements de talus sont extraits dans les prairies, en évitant celles humides et grasses et celles établies dans les terrains trop légers.

Les gazons doivent être à brins fins, bien herbus, trèschevelus, bien garnis de racines vives et fraîches, et fauchés de près.

REVËTEUENTS DES TALDS. 101

On coupe les gazons par carrés réguliers de O'gSS OU 0~,30 de côté et 0",08 à O-jlâ d'épaisseur.

Jusqu'à leur emploi, qui doit avoir lieu dans les vingt-quatre heures, les gazons sont conservés à l'ombre et empilés, de manière que, dans deux plaques superposées, les racines soient en contact avec les racines et l'herbe avec l'herbe.

On ne doit lever par jour que la quantité de gazons qui peut être employée dans la journée ; tous ceux qui, levés prématurément, présentent un commencement de dessiccation doivent être rejetés.

Les surfaces de talus destinées à être gazonnées doivent être piochées légèrement et arrosées avant la pose, puis on applique le gazon soit par placage, soit par assises ou en

Dans les deux modes de revêtement, on doit, après la pose des gazons, lesarroser jusqu'à la reprise complète de la végétation et les entretenir avec soin.

Gazomiements de placage. — Les gazonnements de placage ont pour but de prévenir les dégradations superficielles sur les talus.

Les gazons qui doivent être plaqués (fig. SS) sont posés aplat sur le talus, l'herbe en dehors, et placés en ligne * au cordeau, de manière à ce que les joints s'entrecoupenlde0",I0à0°,15.

On ne doit pas laisser de vides derrière les gazons, et à cet effet on garnit le dessous des plaques et 1 interstices en bonne terre végétale. Cette terre végétale a en outre l'avantage de favoriser la prise des gazons.

Quand le revêtement est terminé, on le bat avec des dames plates du poids de 3 kilogrammes, de manière à le bien lier avec le terrain. Les gazons sont ensuite retondus et le revêtement parfaitement dressé suivant un parement régulier et arrosé à mesure de la pose des gazons.

i02 TERRASSEMEIITS,

Lorsque le talus à revêtir a moins de 1 et dami de base pour 1 de hauteur, chaque ga?on est fixé au terrain par deux petits piquets de saule vert de 0",28 de longueur et 0",03 de diamètre en tôte.

Gazonnements dassises. — Les gazonnements par assises s'emploient pour la consolidation des talus ; mais comme ils reviennent à un prix élevé, on n'a recours à ce mode de revêtement que pour les talus qui présentent une inclinaison de 1 de base pour 1 de hauteur ou une inclinaison plus forte, parce que dans ce cas une chemise en terre pilonée n'offrirait pas toute la solidité désirable.

Les gazons qui sont employés en assises ou massifs sont

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Flg. 50. Fiff. 57.

posés soit horizontalement les uns sur les autres (fig. S6), soit normalement à la surface du talus par assises réglées au cordeau (fig. S7). Dans les deux cas, les joints doivent se croiser et se découper de 0'",08 à O^jlO. Les gazons doivent être placés l'herbe en dessous, puis fortement battus à la dame plate.

Les bords de ces gazons sont ensuite recoupés extérieurement suivant le talus, avec la bêche ou le louchet, de manière à présenter un talus parfaitement régulier, suivant l'inclinaison prescrite.

On peut, si on le juge convenable, fixer les gazons au talus par des chevilles de 0'",40 à 0'°,50 de longueur.

Les gazonnements doivent, dans tous les cas, être arrosés après leur confection.

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