‹ Cours pratique de constructionChapitre 43 sur 81 · Drague a hottes ou a roulettes. — Cette machine · texte numérisé non relu

Drague a hottes ou a roulettes. — Cette machine

(fig. 83) se compose d'une chaîne tournant sur trois cylindres mobiles autour de leur axe. Les deux cylindres inférieurs appelés rouleaux touchent le fond, et le cylindre supérieur, qui n'est aiitre chose qu'un treuil, est établi au-dessus de l'eau sur un échafaudage. Â la chaîne sont adaptés, de distance en distances, des godets ou hottes en forte tôle, percés de petits trous qui laissent écouler l'eau, et terminés par un bec saillant avee lequel ils pénètrent facilement dans le sol. La chaîne est mise en mouvement par des hommes ou un manège qui agissent sur le treuil par l'intermédiaire d'engrenages.

On place ordinairement cette machine sur un chariot à rouleaux, et le chariot sur un échafaudage.

La liiachine à hottes est fréquemment ernployéé pdur le curage des canaux, et on s'en sert même dans les graviers résistants en posant des griffes entre les hottes.

93. Bateau dragueur. — Le bateau dragueur est un bateau ordinaire sur lequel est monté une machine à .vapeur qui fait mouvoir un chapelet à godets analogue à celui qui sert à élever l'eau. Les godets sont en fer très-fort, de manière à pouvoir pénétrer dans les fonds résistants. Le chapelet est placé sur l'un des côtés du bateau avec une inclinaison qui varie suivant la profondeur à laquelle on veut draguer. Les déblais sont reçus dans un batelet appelé marie-salopé et

m^wi^k^k^

Fig. 85.

hUÈGVkGÈS.

ISl

^ ptbi Au hOiû dti bateau dràgiieur, en aval du chapelet. hb eliapelët à godets est quelquefois placé au milieu du baitflu appelé marie-salope. Dans ce cas, les déblais sont réÇus dans un couloir en bois qui les verse dans (In batelet rangé le long du bord.

Deut batetlui dràgiiëUrs ont été employés au [iolit MontlAiis poitr déblayer l'emplacëinent de ce pont danS le lit de Il Loire;

A Nantes, on emploie les bateaux dragueurs pour enlever le sable de la Loire et en faire des approvisionnements pour là ville.

9fl. 13ac a RATEAUX. — Uu bac à râteaux n'est autre chose qu'un grand bateau carré à fond jdat ea amont duquel est suspendue une pelle ou vanne munie d'aiies trapézoïdales à charnières. Cette vanne est mobile, c'esti-diré qu'on peut l'enfoncer plus oii moins dans ia vase au moyen dé tordes qiii s'enroulent sur un treuil placé dans le bateau.

La vaiine (fig. SG) est armée de dents par le bas et présente ainsi la forme d'un rftteau à sa partie inférieure.

On fait usage du bac h rAteau pour opérerle curage des canaux lie dessèchement et le dévasement au lit des rivières. "'' "'

C'est ainsi qiie, pour ciirer les canaux de dessèchement dés marais de Rochefort et les canaux sur les bords de la Gironde, oh les barre au moment où la marée va descendre. L'eau, en s'élevaiitën dmont du bateau et en s'abaissantenaval, produit bientôt une pression capable de mettre le bateau en mouvement. Lé râteau de là vanne sillonne ime coitche de vase qui

1S2 TERRASSEBIENTS.

se met en suspension dans Teau et voyage en avant de 1 vanne; le tout prend une vitesse de 0™,30 à 0*,40 par se conde. Chaque couche que Ton enlève par ce moyen a 0",1 à 0",22 d'épaisseur.

Le dévasement de la Sèvre niortaise, depuis le barrage d« Bazoin jusqu'à Tanse du Brault, s'opère au moyen de plusieurs bacs à râteaux accolés ensemble pour barrer la rivière. L'opé-

ration se fait au moment où une crue commence à apparaître

97. Draguages en ut de rivière. — On appelle draguag l'opération qui consiste à extraire des déblais sous l'eau a moyen d'outils appelés dragues.

Les draguages en lit de rivière ont pour but de faire disp raître les hauts-fonds et de creuser un chenal d'un tirant d'ea suffisant pour le service de la navigation.

Dans les terrains tendres, les draguages sont exécutés av^c les dragues à main jusqu'à 2 mètres au plus de profondeuiar, et les déblais sont déposés dans des batelets.

Au-dessous de 2 mètres, on se sert des dragues à treuil ou bien de machines à draguer établies sur des bateaux ou d.^ échafauds. Ces machines peuvent être des chapelets munis hottes à griffes et mus par un manège ou par la vapeur.

Dans les fonds en pierre tendre, on peut désagréger le

Fig. 87. Flg. 88.

cher, soit avec une espèce de charrue (fig. 87) qui sillonne le fond, soit avec une herse à dérocher (Gg. 88). Cette herse a une forme triangulaire et a ses côtés armés de dents en fer. Elle est traînée par un batelet. Les éléments désagrégés sont ensuite emportés par le courant.

Lorsque la pierre est dure, mais délitée et fendue, on in-

DRAGUAGES.

Fi

Produit dans les joints de forts leviers en fer que Ton enfonce à coups de mouton, puis on ébranle et on soulève les parties disjointes au moyen d'un cordage attaché à l'extrémité de chaque pieu.

Enfin, lorsque le rocher est compacte et d'une dureté telle qu'on ne puisse l'attaquer avec la herse, la pince ou le levier, on a recours à l'emploi de la mine pour le faire éclater.

Pour déblayer l'arche marinière du pont de Beaugency, sous laquelle passe le chenal navigable de la Loire, nous avons employé de la poudre enfermée dans des boîtes et tubes en fer -blanc (fig. 89).

Ces boîtes étaient introduites dans des trous cylindriques ouverts préalablement dans le rocher avec la barre à mine. L'opération a parfaitement réussi. On a enlevé 262 mètres cubes de pierre, et la voie navigable s'est trouvée déblayée jusqu'à O'jSO au-dessous de l'étiage.

Lorsque les bancs de rocher formant le fond du lit d'une rivière ont été désagrégés et divisés en fragments plus ou moins volumineux, on procède à l'enlèvement des blocs détachés au moyen de tenailles, de la cloche à plongeur ou du scaphandre.

Tenailles. — Dans le service du balisage de la Loire à Orléans, on s'est servi, pour extraire des pierres du fond du lit du fleuve, de tenailles ayant la forme représentée par la figure 90. Ces tenailles ont des dimensions variables; chaque branche de celle que nous indiquons a 2"°, 30 de longueur et se termine à son extrémité supérieure par un anneau auquel on attache une corde. En tirant les cordes, la

Fig. 89.

Fig. 90.

154 TEtifiÂSSfcMENTS.

tenaillé se ferme pour saisir là pierre à etilévèl'. Soutétit aussi, pour manœuvrer plus facilement la tenaillé et là diriger au point convenable, sous une cei'taine protetideiit d'eau, on la manœuvre au moyen d'un long manche en btlis fixé au point de rotation A des deux branches. Oti peut aussi, si on le préfère, allonger chacune des branchés supérieures avec un manche en bois que Von fixe au moyen d'une ddUille et d'une vis à pression.

Cloche à plongeur. — La cloche à plongeur n'est autre chose qu'une cuve renversée en fonte ayant la forme arrondie d'une cloche ou la forme d'un parallélipipède. La cloche a une hauteur de 2°*,50 et une largeur de 2 mètres environ. Elle est descendue dans l'eau au moyen de câbles attachés à un anneau fixé à la cloche. Enfin elle est éclairée soit par des lentilles en verre placées à la face supérieure, soit par des ouvertures circulaires pratiquées dans cette partie supérieure et fermées par des verres très-épais.

Le l-enouvellement de l'air s'opère à l'aide de tuyaux, dont l'un permet à l'air vicié de s'échapper en ouvrant un robinet, et dont l'autre communique à une pompe qui envoie de l'air sous la cloche. La pompe est à peu près semblable à une pompe à incendie ; elle est établie sur un bateau.

A l'aide de la cloche, on peut travailler à de grandes profondeurs sous l'eau, soit pour construire des maçonneries, soit pour retirer le chargement de bateaux naufragés.

Scaphandre. — Le scaphandre est un vêtement imperméable en caoutchouc, dont se couvre la plongeur de là tête aux pieds ; sa tête est erifermée dans une cloche de verre ou dans un casque en cuivre qui reçoit de l'air par un tuyau communiquant avec une pompe établie sur un bateau (fig.9J).

Cet appareil permet au plongeur de travailler sous l'eau â de grandes profondeurs et d'y rester pendant cinq ou six heures et même plus. Il peut au besoin n'en sortir que pour prendre ses repas.

Au mois â'àoût 1853^ nous avons opéré le sàUvetage d'un bateau échoué en mars t847 dans le Ut de la Loire, entre Meung et Beaugency, et nous avons eraplojé à cet effet l'appareil de sauvetage de MM. Delange et Eraoux,

Le bateau échoué était recouvert d'une couche de Sable de 1",60 d'épaisseur, et il y avait sur le sable une hautètif d'eau de 2" ,90, de sorte que le bateau se trouvait à 4*° ,S0 au-dessous du niveau de l'eau.

Un vannage de 20 mètres de Ion- ^eur fut établi à l'àmont du bateau Afin â'atltortir le courant et de faciliter les opératibns du draguage et dU sauvetdge.

Le sable ayant été dragué, le plongeur retira du bateau les marchandises qu'il tionteiiàli, c'est-à-dire des bouteilles |d'acide sulfurique, des caisses deblaticdeMelidOn, de bleu de Priisse, de jaune de chrome et un graiid ilotnbré de fbiiilles de tôle. Les débris dii bïteaU hâlifragé Rirent également rétii^s:

lËh 1885^ lieiis âVtJiis fait, sotis là ^^ëetidfi|ier9ahhëlledeM.riiigëtliËur en ehêf dollitji les études pouM'établissement d'un barrage mobile à Orléans. Dans ces expérietices, nous avons fait de nouveau usage du scaphandre. A plusieurs mètres sous l'eau, le plongeur recepa des pieux avec unescieà main et enfonça ensuite sur leur tête de gros tire-fonds en tfer.

Les vêtemetits en caoutchouc étaient "*' "''

loués 2S francs par jour et la pompe 6 francs. Ndus allons maiti tenant ddhnerla descrtptibtt dii scaphandre

156 TERRASSEBIENTS.

de MM. Delange et Ernoux, en suivant Tordre dans lequel les vêtements se superposent.

La figure 91 représente le plongeur revêtu du scaphandre.

L'appareil se compose dans son ensemble :

1** D'un pantalon montant, à pieds, en coutil caoutchouté ne laissant découvert que le visage de l'homme ;

2° D'un gilet en coutil caoutchouté maintenu au moyen de pattes ou boucles ;

3° D'une collerette en cuivre pesant 5 kilogrammes placée sur les épaules autour du cou. La partie supérieure de cette collerette est circulaire et porte un pas de vis ; la partie inférieure porte un corsage ou bourgeron c en coutil qui descend jusqu'aux hanches. La collerette est garnie en dessous d'un coussin en crin destiné à empêcher la pression sur les épaules et le cou ;

4" D'un pantalon supplémentaire en coutil ordinaire descendant au-dessous des genoux et protégeant celui de dessous contre les déchirures ;

S° De bottes ou brodequins D avec semelles en plomb, chaque semelle pesant 1 kilogrammes ;

6° D'un collier B en plomb pesant 45 kilogrammes et placé sur la collerette en cuivre. Ce collier est composé de morceaux de plomb assemblés au moyen de charnières sur le derrière et les côtés. Les deux parties de devant sont arrêtées au moyen de pitons et cadenas à ressort, ce qui permet au plongeur d'ôter ce collier à volonté en cas d'accident, lorsqu'il veut revenir au-dessus de l'eau.

Le collier et les semelles en plomb des brodequins ont pour but de maintenir le plongeur en équilibre sous l'eau;

7*" D'un casque A en cuivre étamé de forme ovoïde, pesant 7 kilogrammes et se vissant sur la collerette. Ce casque porte deux yeux en verre, dont l'un est fixe, tandis que l'autre est formé d'un châssis rond en cuivre et à vis, ce qui permet de donner de l'air au plongeur aussitôt qu'il sort de l'eau. Les deux verres sont protégés par un grillage en fils de laiton. .^afin le casque porte un conduit destiné au passage de l'air

liRAGUAGES. io7

servant à la respiration du plongeur. Ce conduit est fixé par

un raccord à vis et à goupille au haut du casque et communique avec le tube ascensionnel qui reçoit Tair de la pompe ;

8" D'une paire de gants en toile caoutchoutée serrés au poignet par un bracelet en caoutchouc, afin d'éviter le passage de Teau ;

9" D'une ceinture de sauvetage avec anneaux sur les côtés. Cette ceinture est serrée à la taille avec boucles et anneaux ;

40"* D'un cordon d'appel fixé à l'un des anneaux de la ceinture et servant à avertir en cas de nécessité.

L'air nécessaire au plongeur lui est envoyé au moyen d'une pompe à deux pistons placée sur un bateau. L'air circule dans une suite de tuyaux élastiques, en caoutchouc, maintenus à leurs jonctions par des douilles à vis en métal arrêtées par des Iroches d'arrêt afin d'empêcher le dévissage.

L'extrémité de ces tuyaux est fixée de la même manière au casque à la jonction du conduit d'air.

L'air refoulé par la pompe circule dans le casque et trouve son passage au-dessous de la collerette, en passant entre le pantalon de caoutchouc et le corsage, au bas duquel il sort en Tefoulant l'eau et en produisant un bouillonnement très-sensible au-dessus de la tête, du plongeur. Ce bouillonnement permet de suivre tous les mouvements du plongeur sous l'eau. Cet appareil présente toutes les conditions de solidité désirables et permet une alimentation d'air continue. — Le plongeur descend à l'eau et en sort au moyen d'une échelle ordinaire. Si le plongeur s'éloigne de l'échelle, il doit y attacher une corde qu'il tient à sa main et qui lui permet de retrouver son chemin.

On peut employer le scaphandre au sauvetage des bateaux échoués, à la recherche d'objets tombés à l'eau, à la pêche du corail, etc. On peut encore s'en servir pour exécuter sous l'eau des ouvrages de construction ou de restauration, pour y faire des revêtements en ciment, et enfin pour y visiter les

travaux de fondations.

C'est ainsi qu'en juin 1868, des afTouilleraents s'étant pro-

1 58 TKRB AS§g|f)£NT$.

duits dans les fondations de Time des piles 0u viaduc de Qrén^s, établi sur la Loire s^u passage de la ligne du chemin de fer de Saint-Étienne au Puy, il a fallu reprendre ces fondations en sous-œuvre. Un batardeau de 3 mètres de hauteur sur 1^,60 d'épaisseur, et composé de deux files de palplaqches, fut établi autour de la pile. Après le draguage dans Tintérieur de ce batardeau, on fit enlever le sable qui se trouvait dans les poches et cavités du rocher sur lequel reposait le )}atardeai|, par le scaphandre, qui fut employé ainsi pendant quinze jours à cette opération. On coula ensuite la glaise sur une hauteur de 3"',S09 et on obtint un batardeau parfaitement étanche. On a pu épuiser ensuite et mettre à sec tout le pourtour de la pile ^u moyen d'une pompe Letestu, et nous avons pu descendre dans l'enceinte et constater que le mauvais état des fondations tenait à ce que le béton s'était délavé pendant l'opération du coulage lors de la construction du viaduc. Des maçonneries ont alors été faites sous la pile et un revêtement maçonqé a été exécuté tqgt ^u pourtour des fondations.

Scaphandre Cabirol, — Pans l'appareil Ge^birol, il y a sur le devant du casque quatre glaces qui permettent au plongeur de voir de tous côtés, et qui sont protégées contre les chocs par un grjUage en fil de cuivre. A l'endroit qui correspond à la bouche est une espèce de soupape-robinet à laquelle le plongeur peut avoir recours et chasser l'air à l'extérieur quand il en a trop, L'air nécessaire à la respiration, et fourni p^r niiB pompe à air, arrive par un tube qui se rattache au côté gau* che du casque; sur le côté droit est la soupape qui laisse échapper l'air respiré et celui que la pompe fournirait en trop grande abondance.

Appareil respiratoire. — Cet appareil se rapproche beau^ coup de celui du plongeur; jl consiste en une hotte ou espèce de havre-sac rempli d'air qui se niet sur le dos, et qui est en communication avec la bouche par deux tubes en caoutchouc^ Ces deux tubes aboutissent à une espèce de poire d'angoisse iffgk fçrme \dk bouche hermétiquement et empêche l'air exté-

%r 4*y pénétrer; un pinoe-ji^z et des lunettes avec iqpnture de caoutchouc p;*otégent le nez et les yeux.

VJpnme ireyètu de cet appareil peut séjourner impupéjnent peo(}ant Yiitjgt à trente minutes dans les milieux i)*respira^Ies, opéfer pn sai^vetage ^u n^îlieu de ]a f|iniée, ^escepdrp dans les puits et dans tous les endroits 4ont Tatmosphère délétè)*e est à reflout^r-

Mordants. — On trouve souvent aussi dans le lit d'une rivière des pieux qui peuvent former obstacle à la navigation et causer de graves accidents. On procède alors à Tarrachage des pieux au moyen de colliers en fer appelés mordants. Ces colliers sont armés, à leur partie inférieure, de dents qui pénètrent dans le bois. Chaque collier est, en outre, muni d'un anneau en fer dans lequel passe un câble qui vient s'enrouler sur un treuil placé sur bateau. Le bateau doit être solidement amaryé avec des ancres et tenu en équilibre au moyen de béquilles latérales, de manière à ce qu'il n'y ait pas d'oscillations. L'échafaudage portant le treuil doit être solidement établi sur le bateau. Le mordant étant jeté autour du pieu prend une position oblique par rapport à ce pieu, et lorsqu'on soulève le cordage au moyen du treuil, les dents du collier pénètrent dans le pieu, qui est arraché alors facilement.

Il peut y avoir aussi dans le lit d'une rivière des obstacles cachés, tels que des bouts de pieux, des troncs d'arhres, des pointes de rocher, etc. Pour trouver ces obstacles, on se sert d'une chaîne dont chaque extrémité est attachée à un bateau ; on fait cheminer les bateaux sur la rivière de manière à ce que la chaîne traîne sur le fond du lit, et s'il y a des obstacles, la chaîne les rencontre nécessairement. On fait alors disparaître ces obstacles par les moyens que nous avons indiqués.

Q^. DBACiii^G^a DANS UNE ENCEINTE. — Dauslcs euceinte^ de pieu^ et palplanphes, la m£^n(Buvre des dragues n'est point gênée par le cqiir^nt de l'e^u ; aussi, dî^ns les terrains peu

résistants, on peut se servir des dragues à main jusqu'à 3 ou 4 mètres au-dessous du niveau de Teau.

Dans les fonds résistants, on a recours à Temploî des dragues à treuil. Quand les draguages sont difficiles, on se ser^^ des machines à draguer, et notamment de la drague à hottes .^ qui est généralement employée.

Enfin, quand les terrains à draguer sont d'une nature tro|[~

difficile, on fait usage de la mine et on a recours à la cloch ■

h plongeur ou au scaphandre.

Dans les fouilles des fondations de Técluse de l'Amasse l Amboise, les draguages ont été exécutés au moyen des dragu^^ à treuil, dont nous avons donné le dessin au numéro 93, p. i4fc3.

Dans ces mêmes fouilles, il s'est trouvé de grosses pierr^es que Ton a enlevées au moyen d'une forte griffe à trois deik^ -ts

Fl«. 92.

(fig. 92). La manœuvre de cette griffe se faisait à l'aide à'^^^^ treuil et de la même manière que celle des dragues.

On n'obtient pas toujours un plan inférieur de déblai b -^en régulier par l'opération du draguage. Il reste toujours çà etfC' ^^ quelques parties saillantes auprès de parties trop creuses. ^^ opère alors le régalage en rejetant les parties saillantes d^^^^ les cavités voisines. A cet effet, on promène dans l'encei":^^^ un cadre vertical fortement fixé à un châssis horizontal ^supérieur, que l'on fait mouvoir au moyen de rouleaux ^w'* deux parties d'échafaudage. La traverse inférieure du ca^'^ vertical descend au niveau auquel on veut arraser le fond d^ la fouille, et elle est maintenue dans sa position par VJ^c

DRAGUA6ES.

charge plus ou moins forte. Quand, par le mouvement du cadre, on a fait disparaître les parties saillantes, on comble les parties creuses en y coulant du béton au moyen de trémies.

Le régalagp du fond d'une fouille peut se faire aussi en promeiilint sur la surface du rocher un large et lourd râteau à dents de fer.

Ce râteau (fig. 93) est emmanché à une pièce de bois et tiré par un cabestan. Il est d'ailleurs maintenu par des hommes qui le dirigent dans son mouvement et le soulèvent lorsqu'il s'accroche. Les matières sont entraînées vers les parties déprimées de l'enceinte, d'oîi on les retire au moyen de la drague à hottes.

Pour faire disparaître le sable et le menu gravier, on remplace le râteau par un balai que Ton fait mouvoir d'amont en aval afin de profiter de l'action du courant.

Lorsque l'opération du draguage est terminée, il peut arriver que le fond de la fouille présente des parties dépourvues de rocher, ce qui peut produire des tassements inégaux, la résistance n'étant pas uniforme. Pour obvier à cet inconvénient, on doule du béton dans les lacunes qui ne contiennent que du gravier ou du sable.

Fig. 03.

99. Draguages au canal de suez. — Nous extrayons ce qui suit d'une notice imprimée chez Auguste Vallée sur les travaux du canal maritime de Suez :

« Du côté de Suez, on n'avait encore donné d'impulsion rigoureuse à aucun travail ; la crête du Sérapéum était à peine enlevée. C'est dans cette partie surtout que la Compagnie avait compté employer les ouvriers indigènes ; et si elle avait

162 T£RRASSKMISNTS.

obtenu les escouades d'ouvriers que lui procurait auparavant le gouvernement égyptien^ nul doute que vers SueE surtout l'enlèvement des terres à la brouette et au panier ti*eût été conduit avec une grande activité.

« Dans cette situation, la première chose à hite était évidemment de commander des dragues d'une gratide puissance et do les commander en grand nombre. Mais comment en combiner les organes?

a Ce n'est pas tout que de faire tourner, au moyen de la vapeur, un chapelet de godets qui creusent le sol et enlèvent la terre.

ce II faut verser le contehu de ces godets et le porter quelque part ; travail long, qui, selon les moyens employés, peut devenir tellement dispendieux, qu'il rende impossible l'opération même.

« L'enlèvement ordinaire des terres draguées se fait de la manière la plus simple :

(( Les déblais sont versés dans des caisses placées dur des bateaux qui accostent la drague. Lorsque ces caisses sont pleines, le bateau s'éloigne et va les porterie long de la berge. Là sont installées des grues qui saisissent les caisses, les élèvent, tournent sur elles-mêmes, et peuvent verser ainsi les déblais à une distance de quelques mètres dans des wagons de chemin de fer.

a Ce procédé très-simple est impraticable lorsqu'il s'agit d'opérer sur des masses très-considérables de déblais. Il est trop lent et trop coûteux.

« Avec cette méthode, il eût été impossible de prévoir le terme des travaux du canal.

(( On comprit alors la nécessité de construire des appareils nouveaux appropriés à un travail d'une importance exceptionnelle, dont ou n'avait pu prévoir jusqu'alors les exigences, et qui entraînait l'emploi de moyens inusités.

« Un couloir qu'on avait adapté dès le principe aux petites dragues, alors qu'elles draguaient contre les berges, donna l'idée d'un long couloir que nous allons décrire :

DRAGUAGES. 463

« Pour verser les déblais sur le bord, notamment dans les bassins de Port-Saïd, on avait imaginé de placer sous les godets des dragues une rigole en bois ou en tôle. Elle recevait les déblais et les laissait couler à terre. L'inclinaison de cette rigole suffisait pour l'entraînement naturel des vases ou des sables extraits par les dragues. Mais cette inclinaison ne pouvait être maintenue qu'à la condition que les dragues res-' tassent près du rivage où l'on jetait leur produit. En reculant ces appareils pour creuser le canal, à son centre par exemple, c'est-à-dire à 50 mètres du bord de l'eau, on rendait le couloir inutile. On pouvait, en effet, l'allonger, mais alors il n'avait plus de pente. Les déblais que la drague y eût versés en auraient encombré l'orifice et ne seraient pas parvenus jusqu'à terre. Or, en supposant qu'on draguât au milieu du canal, ce n'était pas seulement 50 mètres ou la moitié de la largeur totale de ce canal qu'il fallait donner au couloir, mais 1 ou 20 mètres de plus ; car il ne suffisait pas qu'on portât les déblais sur le boid de l'eau, il fallait qu'on les jetât beaucoup plus loin, en prévision des élargissements futurs, et surtout pour éviter les éboulements partiels de la banquette dans le canal même.

« La solution de ce problème a été trouvée.

oc On a commencé par élever aussi haut que possible le bâti de la drague, au sommet duquel montent et tournent les seaux après leur sortie de l'eau. Pour éviter que ce bâti, fort lourd et qui déplaçait le centre de gravité, n'entraînât la coque de la drague et ne la fît chavirer, on Ta renforcée au moyen d'une charpente en fer, disposée sur les côtés en s'appuyant sur un chaland.

a A la hauteur où les godets versent les déblais qu'ils ont

apportés du fond, le couloir est placé ; il a, dans certains cas,

jusqu'à 70 mètres de long. Qu'on se représente une immense

colonne de fer et de tôle qu'on aurait coupée du haut en bas,

et dont la moitié serait couchée de manière à former un pont

partant de la drague et arrivant à terre.

« Ce pont^queduc est supporté, entre la drague et la terre,

par un solide appui qui repose sur un chaland, autrement dit un bateau plat ; mais il ne touche pas la berge. On le maintient au contraire à une certaine hauteur au-dessus du sol, aûn que les déblais puissent tomber commodément à terre lorsqu'ils ont roulé du haut du couloir jusqu'à son embouchure.

(c Restait à surmonter la difficulté principale : le défaut d'inclinaison du couloir, dont la pente était nécessairement peu sensible à cause de sa longueur et du peu d'élévation de son point d'attache et de départ. Comment parviendrait-on à entraîner les déblais jusqu'au bout de cette rigole?

(( On avait fait plus d'un essai sur des couloirs moins longs. On avait, par exemple, placé sur les côtés des hommes munis de perches et de râteaux ; ils poussaient les déblais qui s'arrêtaient en route et dégageaient la rigole. Mais appliqué à d'énormes appareils, ce moyen était aussi insignifiant que coûteux. La besogne était bien au-dessus de la force des bras, et les résultats étaient nuls.

(( Quelqu'un remarqua que les godets, en se renversant pour vider les déblais dans les couloirs, laissaient couler une certaine quantité d'eau qu'ils avaient apportée mêlée aux débris solides. Cette eau descendait en minces filets qui, s'introduisant entre les monceaux de terre et de sable réunis dans le couloir, les délayaient, les désagrégeaient, et finalement en entraînaient une partie. Ce fut un trait de lumière.

a Entretenir dans le couloir un courant d'eau ni trop fort ni trop faible, car trop fort, il aurait passé par-dessus les bords ; ettrop faible, il eût été absorbé par les terres amoncelées : tel était le remède applicable à l'insuffisance d'inclinaison du couloir.

« On plaça des pompes sur les dragues. La vapeur y donna le mouvement, et l'eau coula constamment dans la rigole aérienne, entraînant avec elle les produits solides du draguage par l'action de son courant et par sa force dissolvante.

a Le grand couloir est la machine fondamentale du percement de l'isthme. Le canal a 160 kilomètres de Port-Saïd à Suez. Plus d'un tiers sera creusé au moyen du « long

DRAGUAGES. 163

couloir » avec une facilité et une économie qu'il eût été impossible de prévoir. La Compagnie a pu opposer victorieusement cette invention à ceux de ses détracteurs qui avaient spéculé sur la retraite des ouvriers indigènes pour empêcher la construction du canal.

« Dans tous les endroits où les bords du canal n*ont pas une élévation trop considérable, le long couloir peut fonctionner à merveille.

« Un grand nombre de dragues échelonnées dans tout le parcours du canal sont pourvues de cet instrument. Il fallait en fabriquer un autre pour verser les déblais sur les berges plus élevées que les dragues mêmes, dans les parties du canal où la pente du long couloir eût été nécessairement en sens inverse qu'elle doit être, c'est-à-dire inclinant de la berge à la drague. On se sert alors d'un appareil élévateur. .

« L'appareil élévateur consiste en deux poutres de fer inclinées de bas en haut jusqu'à une élévation de 14 mètres. Entre ces deux supports tourne une chaîne sans fin mue par la vapeur, et sur la chaîne un chariot qui, parvenu au sommet, se renverse et répand les déblais qu'il porte.

« Ces déblais sont contenus dans des caisses qu'on accroche au chariot quand il redescend vide et suivant le mouvement de la chaîne sans fin. Il y a dix-huit élévateurs de cette espèce.

« Ainsi, les terres étant transportées sur la berge, tantôt

au moyen des longs couloirs, quand le sol est plus bas que la

drague; tantôt par les élévateurs, quand le sol est plus élevé

que l'appareil dragueur, il ne restait plus qu'à pourvoir à ce

même transportées déblais dans les parties du canal oîi ils ne

doivent pas être déposés sur les rives. On a construit dans ce

but des bateaux porteurs. Les uns vont à la mer; ils sont

construits de manière à s'y maintenir. Les deux ponts sont

placés l'un à l'avant, l'autre à l'arrière du bâtiment; ils

servent à l'équipage et à la manœuvre. Le centre du navire

est réservé tout entier à la réception des déblais. Il est séparé

par une cloison en deux cavités qui descendent jusqu'au fond

166 TERHASSKMEMTS.

du bateau porteur, et qu'on remplit des produits du draguage. Quand ces réceptacles sont pleins, on conduit le bateau porteur en mer, et, au moyen d'un levier, on descend les chaînes qui tiennent les portes, trappes ou clapets de fond, comme on voudra les appeler. En s'ouvrant, ces portes laissent tomber les déblais contenus dans les cavités du bateau, qui revient alors prendre place sous les dragues pour y recevoir un nou* veau chargement.

(c D'autres bateaux de mûme espèce, et qui ont la même attribution, sont destinés h fonctionner exclusivement dans les lagunes que traverse le canal. Sur les uns, les portes sont au iond ; sur les autres, elles sont de côté ; ils sont larges et plats, comme il convient à des bateaux de rivière, au lieu de s'amincir graduellement jusqu'à la quille comme les bateaux de mer.

a Nous aurions encore a solliciter l'attention en faveur d'une drague nommée excavateur à sec. Cet instrument est employé sur les talus élevés du seuil d'El-Guisr, par M. Couvreux, h qui la Compagnie a concédé une petite partie de ses travaux.

(( Tels sont les principaux mécanismes que la Compagnie a adoptés pour le creusement du canal et le transport des déblais. Ces mécanismes, qui, pour la plupart, présentent des innovations importantes, sont ingénieux, économiques et6ur« tout pratiques» pour nous servir d'une expression qu'on emploie volontiers dans les fabriques et les usines. La science du draguago était encore dans l'enfance au moment où le canal de Suez a été commencé. Jamais les dragues n'avaient été employées h des terrassements aussi considérables. La nécessité, mère de l'industrie, a bien inspiré la Compagnie et ses entrc^ preneurs. Désormais on ne craindra plus d'extraire, sous l'eau, la plus grande quantité de terre.

a Nous allons maintenant donner la description des dragues, de l'appareil ékWateur, et do l'excavateur îi sec :

« Grandes dragues. — Voici les dimensions et disposition?

DRAGUA6G8. 167

générales des ^ingt grandes dragues que la Compagnie a fait exécuter ;

Longueur de la coque 30", 00

Largeur 8 ,00

Creux 3 ,00

Tirant d'eau 1 ,60

(( La coque est en fer.

(( La machine est de la force de 35 chevaux nominaux, éva^ lues d'après les règles de Watt; elle est verticale, à connexion directe et à condensation. Elle a deux cylindres accouplés.

« Il n'y a qu'une seule élinde placée au milieu de la drague. Uaxe du tourteau supérieur est placé à 8"", 80 au-dessus du niveau de Teau.

« La longueur de Télinde est de 19"*, 50. Quand on la relève suffisamment, le pied de cette élinde se place en avant delà drague, en sorte que l'appareil peut se frayer lui-même un chemin dans un terrain plus haut que le fond de sa coque.

a Ces dragues ont les unes des godets de 350 litres, les autres de 300 litres.

« Les mouvements de déplacement s'obtiennent au moyen de six chaînes : une chaîne d'avance, une chaîne de recul, et à chaque angle une chaîne de papillonnage. Les treuils sur lesquels passent ces chaînes sont mus par la vapeur. Le treuil qui sert à hisser ou à affoler l'élinde est également mis en mouvement par la vapeur.

« Toutes ces vingt dragues avaient auparavant des déversoirs ordinaires, laissant tomber les déblais à i",80 du bord.

a Aujourd'hui, la plupart d'entre elles ont été munies de longs couloirs de 25 mètres.

« Quarante autres dragues ont été commandées.

« Quatre d'entre elles sont munies de couloirs de 60 mètres. « Dix-huit ont des couloirs de 70 mètres.

^ Les autres ont des couloirs ordinaires.

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H Ces dragues ressemblentbeaucoup aux vingt précédentes; elles présentent les dispositions et dimensions suivantes :

LoDgueur de la coque 33«",00

Largeur 8 ,30

Creux 3 ,16

Tirant d'eau 1 ,50

« La machine est de la force de 35 chevaux nominaux ; elle développe facilement sur les pistons 7 875 kilogrammètres.

fx Elle est à moyenne pression et à condensation.

(( Les chaudières sont timbrées à 3 atmosphères.

(( Il n'y a, comme dans les autres dragues, qu'une seule élinde.

(( Les godets ont une capacité de 400 litres sur les unes et de 300 litres sur les autres.

ce Les dragues à déversoir ordinaire et les dragues à long couloir de 60 mètres ont leur tourteau à H",50 au-dessus de Teau.

« Celles à long couloir de 70 mètres ont leur tourteau à 14^,80 au-dessus de Teau.

a La section des couloirs a la figure d'une demi-ellipse; elle a 0",60 de profondeur sur 1",50 de large. La longueur de 70 mètres est comptée à partir de l'axe de la drague. Le couloir est consolidé dans sa longueur par deux cours de poutres à treillis qui reposent à peu près aux deux tiers de leur longueur sur un chaland en fer. Afin que la stabilité de ce dernier soit très-grande, Tarcade qui supporte la charpente du couloir repose sur le fond même du chaland par les tourillons d'un gros essieu passant dans des paliers dont Taxe est dirigé suivant la longueur du chaland et passe en plan par le centre de carène de ce dernier.

(( L'attache du couloir à la drague n'est pas non plus rigide dans le sens vertical. Elle se fait par une forte charnière horizontale qui permet à l'inclinaison du couloir de varier.

« Le couloir mobile et le fond du déversoir viennent se toucher bout à bout ; leur joint est recouvert et rendu étanche

DRAGUAGES. 169

au moyen d'une feuille de cuir fixée et serrée par une bande

de tdie contre le déversoir seulement.

(( Les montants de l'arcade qui supporte le couloir dans le chaland sont munis de coulisses verticales. Deux petits verrins hydrauliques à main, placés au-dessous, permettent de soulever Tarcade, et par conséquent le couloir, quand on veut en changer l'inclinaison. Lorsqu'il est amené à la hauteur qui donne l'inclinaison désirée, des cales d'épaisseur correspondante sont rapportées dans les coulisses ; le tout est alors boulonné de nouveau et reprend la rigidité nécessaire.

<r Des pompes rotatives, installées sur la drague et mues par la machine, versent de l'eau à la partie supérieure du couloir pour entraîner les déblais.

ce Pour le cas où les pompes rotatives ne donneraient, pour certains déblais, pas assez d'eau, le chaland du couloir reçoit une locomotive qui fait mouvoir une pompe donnant ISO mètres cubes à l'heure.

« L'eau de cette pompe est conduite tout le long du couloir par un tuyau percé, de distance en distance, de trous qui permettent de jeter l'eau en différents points. Enfin une chaîne sans fin, mise en mouvement par la machine et garnie de palettes, passe dans le fond du couloir ; elle aide les déblais à descendre en cas de besoin .

« Les sables fins descendent facilement dans ces couloirs, sous une inclinaison de 0™,04 à 0",05 par mètre avec une quantité d'eau à peu près égale à la moitié des déblais dra* gués.

<r Pour les argiles, il faut une pente d'au moins 0",06 à O^jS par mètre ; mais on n'a pas besoin d'autant d'eau.

« Le rendement annuel des dragues à long couloir peut être évalué, au minimum, à 350000 mètres cubes ; celui des dragues à déversoir ordinaire peut être évalué à 300 000 mètres cubes.

« Les talus extérieurs des cavaliers, déposés par les dragues a long couloir, varient de 4 à 7 pour 100, selon qu'il s'agit de sable ou d'argile plus ou moins compacte. Cette grande

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inclinaison, due à la vitesse de Teau entraînée, permet de déposer un grand cube dans un cavalier de peu de hauteur.

a Les dragues à long couloir, d'un fonctionnement économique et simple, sont employées partout où le peu de hauteur du terrain naturel permet leur usage, et on ne cesse de s'en servir que lorsque la crête du cavalier devient trop haute pour le bout du couloir. Elles feront presque toute la section du canal qui traverse le lac Menzaleh et une partie de celles qui traversent la plaine de Suez et les abords des grands lacs.

« Appareil élévateur. — Dans les parties du canal où le terrain est trop élevé pour qu'on puisse employer les dragues à long couloir, on se sert de l'appareil élévateur.

« Cet appareil consiste essentiellement en deux poutres en fer supportées, perpendiculairement au canal, par l'eau et par la banquette bordure. A leur partie supérieure règne une voie de fer inclinée à environ 0™,22 par mètre, dont l'extrémité inférieure est à 3 mètres de la surface de l'eau et l'extrémité supérieure à 14 mètres au-dessus de ce même niveau.

(c Les poutres sont en fer à treillis à larges mailles ; elles reposent par leur milieu sur un chariot qui peut rouler parallèlement à Taxe du canal sur la banquette élevée à 2 mètres au-dessus de l'eau.

a La partie des poutres qui est dirigée vers Teau s'appuie sur un chaland dont l'axe est placé à environ 8 mètres de leur extrémité. L'autre moitié, dirigée vers la terre, est complètement en porte-à-faux.

a Ces deux poutres sont reliées entre elles par des contrevents verticaux et par un entretoisage placé dans les plans des tables inférieures des poutres.

a Les consoles extérieures placées au milieu des poutres se réunissent en arcade au-dessus des rails ; à leur partie inférieure elles s'élargissent et viennent reposer par leurs bords extérieurs sur le chariot.

(( L'appareil est ainsi porté par deux points écartés do

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4 mètres, ce qui lui donne une stabilité transversale suffi-- 8ante, tout en lui permettant d'osciller dans le sens de sa lon« gueur et de prendre des inclinaisons variables avec la hauteur de l'eau.

ce Sur la voie inclinée roule un chariot. Un des essieux est calé sur ses roues, tandis que l'autre est mobile dans les siennes et aussi dans le bâti du chariot. Ce dernier essieu porte auprès et en dedans de chacune de ses roues deux cylindres de diamètres différents fondus d'une seule pièce. Sur le petit s'enroule une chaîne à laquelle doivent être accrochées les caisses à déblais ; sur le grand s'enroule en sens inverse un câble en fer. Ce câble passe sur une poulie de renvoi au haut du plan incliné, puis vient s'enrouler sur un tambour fixé aux pièces d'appui des poutres sur le chaland. Une machine à deux cylindres donne le mouvement à ce tambour.

« La chaudière est placée dans le chaland.

a La manœuvre est facile à comprendre : supposons le treuil roulant au bas du plan incliné, par conséquent en dehors du chaland. Au-dessous se trouve un bateau portant des caisses qui viennent d'être remplies de déblais sous la drague. On accroche aux deux côtés d'une caisse les chaînes du treuil roulant. La machine est mise en marche, les câbles en fer se tendent, se déroulent en faisant tourner les cylindres du treuil, et enroulent les chaînes de suspension de la caisse. Cette dernière est soulevée jusqu'à ce que, venant toucher le treuil, elle arrête l'enroulement des chaînes qui la supportent, et par conséquent le déroulement des câbles. La machine h vapeur continuant à agir, les câbles entraînent le treuil et le font monter avec la caisse jusqu'au sommet du plan incliné, où le versement du déblai se fait automatiquement.

a Pour cela, à l'arrière et au fond de la caisse sont adaptés deux galets qui, au moment de l'ascension, viennent s'engager entre deux paires de guides ou rails parallèles au plan incliné. Ces guides maintiennentla caisse horizontale pendant la montée. Quand la caisse est sur le point d'arriver au haut du plan incliné, les guides, se relevant suivaat une courbe

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assez rapide, soulèvent rarrière de la caisse et ramènent à être presque verticale. Lia machine à vapeur est alors arrêtée pen* dant le temps nécessaire au vidage de la caisse ; puis son mouvement étant renversé, le chariot et la caisse vide redescendent. Les caisses ont une capacité de 3 mètres cubes. Leur forme est analogue à celle des wagons de terrassement à bascule ; seulement la charnière est à la partie supérieure de la porte. Afin de faciliter la chute du déblai, la caisse n'est pas tout à fait rectangulaire ; elle est plus étroite à l'arrière que du côté de la porte ; de plus, le fond est garni en tôle mince.

(c II faut deux appareils élévateurs par drague.

« Excavateur à sec. — Le seuil d'El-Guisr avait été ouvert dans toute sa hauteur par les contingents égyptiens; mais c'était seulement sur une largeur réduite. Il fallait élargir la tranchée qu'ils avaient faite de manière à donner à la cuvette S8 mètres de ligne d'eau. Ces travaux d'élargissement sont exécutés en partie par la Compagnie, en partie par M. Cou* vreux, entrepreneur.

« Les travaux se font au wagon et à la locomotive.

K Sur certaines parties du chantier, les wagons se chargent à bras et à la pelle ; sur d'autres, au moyen d'excavateurs ou dragues à sec.

« Les excavateurs employés donnent de bons résultats; en voici les dispositions générales :

(( Un châssis horizontal est supporté par neuf roues sur une voie à trois rails de 3 mètres de large parallèle au talus de la tranchée h élargir. Les roues ont 1 mètre de diamètre. Ce châssis à 6 mètres de longueur ; il supporte une chaudière et deux machines motrices : Tune met en mouvement la chaîne à godets, l'autre sert à faire progresser l'appareil. L'élinde qui supporte la chaîne dragueuse est en porte-à-faux en dehors du châssis, dans un plan perpendiculaire à l'axe de li3 voie. Elle est suspendue Ji son extrémité inférieure par unibigue. On peut en faire varier l'inclinaison à volonté.

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« L'axe de Tarbre à cames, qui entratne la chaîne dra« gueuse, est à 5 mètres au-dessus des rails.

a II y a dix-huit godets. Ces godets se déchargent au haut de l'appareil dans un couloir qui fait saillie de 3 mètres sur le rail extérieur.

a La chaudière est placée du côté opposé au talus afin d'équilibrer la chaîne dragueuse. Cette chaudière est tubulaire. Sa surface de chauffe est de 20 mètres carrés.

a Le poids de cet appareil est d'environ 22 000 kilogrammes. La machine est de la force de 15 chevaux. Son rendement atteint jusqu'à 750 mètres cubes en dix heures dans les sables peu résistants.

« L'excavateur est suivi d'un tender portant les approvi* sionnements qui lui sont nécessaires. Ce tender est divisé en deux compartiments : l'un, d'une contenance de 5 mètres cubes, est destiné au charbon ; l'autre, d'une contenance de 6 mètres cubes, sert de réservoir à eau.

yx (( Les wagons qui reçoivent les déblais sont sur une voie kJ parallèle à celle de l'excavateur et placée tout à côté. Des embranchements placés de distance en distance leur font franchir en écharpe les talus de la tranchée. Arrivés au sommet, ils sont conduits dans les parties du terrain les plus déprimées, où ils sont vidés. Â chaque passe que fait l'excavateur, on Wppe sa voie et celle des wagons pour procéder à la passe suivante.

<c Ces machines travaillent aussi bien dans l'eau qu'à sec. ^ y en a seize sur les chantiers ; elles sont desservies par dix locomotives et par deux cent cinquante à trois cents wagons 4e terrassement.

a Quand la tranchée sera amenée à sa largeur définitive^ à 1^ ligne d'eau et au-dessus, la cuvette sera achevée par ^es dragues ordinaires. Elles verseront leurs déblais dans des gabares à clapets de fond qu'on ira vider dans le lac Timsah. »

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