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APPAREILS EMPLOYÉS POUR LE TRANSPORT, ETC. 2l9

on peut distribuer autour des pierres en dehors du brancard deux ou quatre bardeurs.

Nous avons aussi employé des bards à trois bras portés par quatre hommes, deux en avant et deux en arrière.

C'est de la civière ou bard que sont venus les mots de bardage et bardeurs.

i24. Diable ou binard. — C'est une voiture très-basse à deux roues, formée d'un timon et de deux pièces parallèles à

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Fig. 103.

ce timon, auquel elles sont reliées par plusieurs barres qui les traversent toutes trois (fig. 103).

Le timon et les deux pièces parallèles sont recouverts par un plancher plus élevé que les roues. Pour que le timon ne porte pas sur l'essieu, les intervalles entre cet essieu et les deux pièces parallèles au timon sont remplis par des fourrures en bois posées» de champ et assez hautes pour que le timon '^oit écarté de l'essieu. Comme le timon ne porte pas sur l'essieu et ne pourrait y porter sans le casser, les deux pièces parallèles sont reliées au timon par deux armatures en fer placées aux deux extrémités du plancher, ainsi que rindiq\ie la figure 103, mais en sens contraire h l'avant et à l'arrière.

Vour se servir du diable, on soulève la flèche ou timon, et <^n rapproche le tablier de la pierre dressée elle-même sur un "le ses côtés ; on recouvre ce tablier d'un paillasson natté et

220 OUVRAGES d'art, CONDUITE DES TRAVAUX, MATÉRIEL.

on abat la pierre dessus, après avoir calé les roues pour que le dial)lo ne s'avance pas sous TefTet de la pierre. Dans cette position, on rabat la flèche du diable en maintenant la pierre dessus ; elle se trouve alors trop en arrière, mais on la ramène en avant on frappant plusieurs fois le bout du timon par terre. Lorsque le centre de gravité passe par Tessieu, on décale les roues et on mène la pierre au lieu où elle doit Être employée.

L'un des ouvriers employés à manœuvrer le diable est muni d'une pince ou levier en fer qui sert h faire aller la pierre à droite ou h gauche sur le plancher du diable.

Les bardeurs traînent le diable au moyen de bricoles qu'ils attaclient à des crochets fixés au timon et de deux ou trois barres qui traversent ce timon. Le nombre de bardeurs est proportionné au poids des pierres; lorsqu'elles sont trèslourdes, on attelle au binard un cheval, ce qui n'empêche pas d'y conserver six à sept bardeurs nécessaires pour charger les pierres. Des crochets sont fixés au train de derrière du binard pour y attacher les bricoles lorsqu'il faut le faire reculer.

Le dial)le est particulièrement employé pour le transport des pierres de taille.

12f). Fahdier. — Le fardier n'est qu'un diable ordinaire sans plancher, parce que les gros matériaux sont attachés audessous de l'essieu de la voiture. C'est ainsi que l'on transporte de fortes pièces de bois, poutres, etc., en les attachant avec des chaînes en fer au-dessous de l'essieu du fardier.

126. ToMiiEiiKAu. — Tout le monde sait qu'un tombereau est une voiture h deux roues composée d'un brancard et d'une caisse mobile autour de l'essieu. La capacité du tombereau est d'au moins 0'"%r)00.

On emploie le tombereau pour transporter les terres, les moellons, les pierres, les pavés, etc.

127. Camion. — Nous avons dit au numéro 26 ce que c'était que le camion.

On ne peut généralement se servir du camion que pour ■(Tectuer des transports sur des parties horizontales ou descentes ; en rampe, il n'offre pas d'avantage sur l'emploi des Orouettes.

128, La manœuvre des pierres de taille sur les chantiers se fait au moyen du cric ; le transport du mortier à l'aide d'échelles se fait au moyen d'une auge ou bien d'un oiseau.

Le montage des pierres s'opère au moyen de plans inclinés, poulies, moufles, treuils, cabestans, bourriquets, chèvres, potences ou sapines et grues.

129. Crics. — Le cric est un instrument au raeyen duquel on peut exercer des efforts considérables, et qui sert à soulever d'une petite quantité, des corps très-pesants, Il est fréquemment employé sur les chantiers pour manœuvrer les pierres de taille et leur faire prendre la position convenable pour être travaillées avec facilité. La manœuvre, qui consiste à faire faire un quart de révolution à une pierre parallélipipédique, en la faisant porter d'une face sur la face adjacente, s'appelle faire faire quartier à la pierre.

Comme exemple de cric, nous prendrons la %ure i04.

Une crémaillère A engrène avec un pignon C sur l'axe duquel est montée une roue dentée B, qui tourne en même temps que lui, et qui engrène avec un second pignon D ; enfin l'axe de ce second pignon est muni d'une manivelle E (fig. 105).

Le corps du cric est un fort morceau de bois dur dans lequel on a pratiqué une en- '^- ""■

taille destinée à loger la crémaillère et les roues d'engre-

222 OUVRAGES d'art, conduite des travaux, matériel.

nage. Ces roues sont recouvertes par une plaque de tôle traversée par l'axe de Ja manivelle et que Ton voit sur la

figure 103. Un encliquetage, composé d'une roue n appelée rochet et d'un cliquet m mobile autour du point I,^est disposé sur la face extérieure de la plaque de tôle. Cet encliquetage permet d'arrôter l'action de la force qui faisait tourner la manivelle, sans que poup cela la crémaillère cède sous l'efTort du poids qu'elle supporte, et rentre à l'intérieur du cric en faisant tourner les roues en sens rontraire.

Le cliquet m vient s'engager entre les dents du rochet w, qui est monté sur Taxe de la manivelle et fait corps avec elle. D'après la forme des dents et la disposition du cliquet, on voit que la manivelle ne peut tourner que dans un sens, celui indiqué par la flèche. Pendant qu'elle tourne, le cliquet est successivement soulevé par les diverses dents du rochet, puis il retombe successivement, en vertu de son poids, chaque fois qu'une dent a passé. Cette disposition permet de modérer ou graduer la descente du fardeau, s'il devient nécessaire de l'abaisser d'une certaine quantité. Lorsqu'on veut faire rentrer la manivelle dans le cric, on n'a qu'à soulever le cliquet, en le faisant tourner autour du point I pour l'amener dans la position m' \ alors il ne touche plus les dents que par sa partie convexe, et la manivelle se retrouve dans les mêmes conditions que si l'encliquetage n'existait pas.

Le madrier en bois formant la chape du cric est bardé de fer et a environ O'^jOO de longueur sur 0"^,20 à O"*,30 de largeur et 0™,10 à 0™,1S d'épaisseur. Le pied du cric est armé de deux pointes en fer qui, en pénétrant dans Je sol ou dans tout autre corps servant de point d'appui,

Fig. 105.

s'opposent au glissement, souvent cause de graves accidents.

Lorsqu'il s'agit de soulever un fardeau avec le cric, on pose le pied ou sabot sur le sol ou sur tout autre point d'appui résistant; on introduit la tête de la crémaillère, ordinairement formée par un croissant en fer, au-dessous du corps que Ton veut soulever, puis on fait tourner la manivelle. La crémaillère monte et produit l'effet qu'on voulait obtenir.

Evaluons maintenant la force qui doit être appliquée à la manivelle, pour faire équilibre à la résistance que doit vaincre la crémaillère. Pour cela, désignons parQ le poids à soulever, par P la puissance ou l'effort à exercer sur la manivelle, parR le rayon de la manivelle, par R' le rayon de la roue B, par r et r' les rayons des pignons D et C.

On sait que, dans un système de roues d'engrenages, le rapport de la puissance à la résistance est égal au produit des rayons des pignons divisé par le produit des rayons des roues. On aura donc

d'où

rr

Si l'on suppose que le bras de la manivelle soit égal à S fois le rayon du pignon G, ou R=5r', et que le pignon D porte 6 dents tandis que la roue B en porte 18, ou ce qui revient au iBôme R' = 3r, la formule ci-dessus nous donnera

rr rr 1

Ainsi la force P appliquée à la manivelle ne serait que la quinzième partie de la résistance que doit vaincre la crémaillère. Avec un pareil cric, une force de 40 kilogrammes suffirait pour soulever un poids de 600 kilogrammes.

Le cric, dont nous venons de donner la description fig. 108, est un cric composé, parce que le mouvement se transmet a

224 OUVRAGES d'art, conduite nES TRAVAUX, HATdBIEL.

la crémaillère par rintcnuéâiaîre de deux pignons et d'une roue dentôe.

Un cric est dit simple lorsque le mouvement est donné h la crémaillère par un seul pignon monté directement sur l'arbre de la manivullo. Avec ce cric, on ne peut pas soulever des charges aussi fortes qu'avec le cric composé. Dans le cric simple, la puissance est égale au poids du fardeau à soulever multiplié par le rapport du rayon du pignon au rayon de la manivelle.

1 30. Oiseau ou volée. — Quand le mortier doit £tre traos^ porté et monté à l'aido d'échelles, on se sert d'un oiseau ou

volée (fig. 106). C'est un assemblage de deux planches disposées à angle droit et maintenues dans cette position par quatre barres dont deux font saillie de 0",40 à O-jSO et enveloppent le cou de l'ouvrier, qui les porte h califourchon sur ^i<- "S- SOS épaules. Une petite plan-

clio est fixée h l'un des côtés de l'oiseau et descend au'dessuiis des barres saillantes, de manière à s'appliquer entre les épaules de l'ouvrier sur une hauteur de 0",2K. Cette petite planche permet h l'ouvrier de porter plus facilemenl l'oiseau sur ses épaules en montant h une échelle, attendu qu'il est obligé de se servir de la main droite pour gravir les échelons, et qu'il no peut plus tenir l'oiseau que de la main gauche.

Les lieux planches formant assemblage h. angle droit ont ft'",CO do longueur et O^.SO de largeur. Les deux traverses saillantes sont écartées de 0'",13 à l'endroit où se place le cou (le l'ouvrier et de O'",20 aux extrémités où se posent ses mains.

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