U. — FONDATION SUR BETON PAR ENCAISSEMENT
1S7. Le moyen de fonder sur béton par encaissement consiste à former autour de l'emplacement des fondations une enceinte de pieux et palplanches jointives que Ton enfonce jusqu'au terrain résistant ou jusqu'au-dessous de la limite des affaissements. On drague ensuite dans cette enceinte sur
uoe profoodeur égale à l'épaisseur à donner aux fondations, et l'on coule du béton jusqu'au niveau de l'étiage. Ce béton forme un massif artîûciel sur lequel on élève la maçonnerie.
Si le niveau des eaux était plus élevé que l'étiage, on établirait sur le béton un batardeau ou un coffrage étanche, en procédant de la manière que nous avons indiquée au numéro 15J pour les caisses non étanches. On pourrait ainsi construire à sec les premières assises de maçonnerie jusqu'au-dessus de l'eau.
Les pieux de l'encaissement sont équarris et dressés, piûs placés de 1 à 2 mètres les uns des autres ; ils sont réunis au niveau du massif de béton par des moïses doubles laissant entre elles un intervalle dans lequel on bat des palplanches jointives de 0",10 à 0°',12 d'épaisseur.
Si le sol était difficile à pénétrer, on ferait le dragusge avant le battage des pieux ; mais dans ce cas le draguage doit s'étendre dans une étendue plus grande que l'emplacement de l'ouvrage k établir par rapport aux talus que prenoent les terres. Quand on ne drague pas avant le battage, on drague après.
. Le mode de fondation sur béton par encaissement est sim-
ple et plus économique que celui sur pilotis, qui exige une masse de bois ; aussi le premier mode est aujourd'hui préféré au second.
La âguxe 181 représente les fondations de l'une des culées
TERRAIN INCOMPRESSIBLE ET AFFOUlLLAfiLE. 271
du pont des Violettes sur le canal de dérivation de l'Amasse , à Âmboise» La maçonnerie des pieds-droits y est figurée jusqu'à la hauteur des naissances de la voûte. Le massif de béton s'élève jusqu'au niveau de l'étiage de la Loire.
Le pont de Montlouis, sur la Loire, a été fondé sur béton par encaissement ; le massif de béton repose sur un banc de marne et s'élève jusqu'au niveau de l'étiage ; il a 5 mètres de hauteur. On a dragué la couche de gravier et de sable fin qui recouvrait le banc de marne sur à peu près 5 mètres de hauteur. La longueur des palplanches est de 5'",73 et ceUe des pieux de 6" ,78. La longueur des pieux d'angles est de 8-,20.
158. Emploi des vannages de voliges dans les fondations EN béton. — Nous venons de dire que, lorsque le sol était difficile à pénétrer, quoique facilement afibuillable, on creusait l'enceinte avant de battre les pieux et les palplanches join* tives.
Dans les terrains où l'on n'a pas à craindre d'affouillements, on peut, après avoir creusé la fouille des fondations, substituer aux palplanches jointives des vannages en voliges que l'on adosse contre les pieux. Ce mode est plus économique que celui des palplanches, car il faut d'abord moins de temps pour poser les vannages que pour enfoncer les palplanches ; ensuite les vannages en voliges coûtent moins cher que les palplanches, et d'autant moins que le prix des bois se trouve plus élevé.
Il est vrai que le creusement préalable de la fouille entraîne une augmentation de dépense dans les draguages, puisque l'on est obligé d'enlever une plus grande quantité de déblais par rapport aux talus que prennent les terres. Mais, d'un autre côté, on éprouve souvent des pertes dans le battage des pieux et palplanches avant le creusement de la fouille ; ainsi, après le draguage, on trouve des pieux et des palplanches brisés par le battage et d'autres qui ont dévié de la ligne d'enceinte. Il faut alors remplacer une partie des pieux et palplanches
battus avant le draguage, et il en résulte une dépense plus ou moins grande, dépense qui peut atteindre ou dépasser celle qui résulte de l'augmentation des draguages.
Dans le système des vannages, les vides sont ordinairement égaux à la moitié des pleins. Cette disposition offre l'avantage de permettre au lait de chaux produit par l'immersion du béton de s'échapper facilement, tandis que, dans une enceinte de palplanches jointives dont les intervalles sont d'environ 0",05, il faut, pour se débarrasser de la laitance, avoir recours à des moyens coûteux, et encore on ne réussit qu'imparfaitement.
Les vannages de voliges résistent très-bien contre les parois de l'enceinte, car, d'après des expériences faites, la pression qu'ils supportent par rapport au béton est à peu près nulle. On peut d'ailleurs soutenir ces vannages par des enrochements dont on entoure ordinairement les fondations au fur et à mesure de l'élévation du massif de béton, en prenant la précaution de les tenir toujours plus bas que ce massif, afin de ne pas gêner la sortie de la laitance.
ARTICLE IV
Fondation sur terrain compressible et affoniilable.
159. Les terrains compressibles sont : la terre végétale, la glaise, la vase, la tourbe, etc.
Le terrain compressible peut avoir une épaisseur limitée et être superposé à un terrain incompressible, ou bien il peut être compressible jusqu'à une certaine profondeur, ou enfin être indéfiniment compressible.
§!• — TERRAIN COMPRESSIBLE d'uNE EPAISSEUR LIMITEE ET SUPERPOSÉ