VI. — ARRACHAGE VES PIEUX
83. Pour que Topération du battage soit exécutée dans des litions convenables, la déviation d*uii i)ieu ne doit pas derO"*,! 3 et celle d'une palplanchcO",Ofj. En conséquence, îxige que tout pieu et toute palplanche qui ne remplissent ces conditions soient arrachés.
n 80 sert, pour arraclior les pieux, d'un fort levier en bois île abatage, que l'on place sur un chevalet établi solidet et servant de point d'appui. A défaut de chevalet pour
point d'appui, on se sert du bord d'un bateau. Un anneau en fer circulaire ou elliptique, appelé mordant, est attaché à une chaîne en fer, fixée elle-même à l'extrémité du levier. Oq passe la tête du pieu dans le mordant qui, en se plaçant obliquement par rapport au pilot, lorsqu'on fait effort pour l'arracher, y imprime ses dents et s'y accroche avec assez de force pour l'entraîner avec lui,
La chaîne fixée à l'extrémité du levier peut aussi saisir le pieu soit à l'aide d'un boulon passé préalablement dans la tête du pieu, soit à l'aide d'un tire- fond. Le boulon ou le tire-fond peut être placé sous l'eau par un plongeur.
L'effort des hommes agissant à l'autre extrémité du levier suffit souvent pour déterminer l'arrachage du pilot. On peut, au besoin, charger l'extrémité du levier de poids en fonte, et si le pieu est hors de l'eau, on facilite l'opération en battant le pieu avec une masse ou avec un petit mouton. L'ébranlement produit par la percussion fait arracher le pieu avec moins de peine.
On peut aussi arracher les pieux au moyen de vis, de crics ou d'une chèvre que Ton fait agir de différentes manières.
Dans une rivière sujette aux marées, on met à profit la poussée de l'eau : à marée basse, on attache le pilot, au moyen de chaînes ou de cordages, à une forte traverse posée sur des corps flottants ; à la marée montante, ces corps, en s'élevant, produisent l'arrachage du pieu.
184. Résistance du sol a l'akîiachage des pieux. — Pour déterminer la résistance du soi à Tarrachage des pieux, il faut arracher le pieu au moyen d'un levier ou de toute autre machine en se gardant bien de frapper sur la tête du pilot.
Chargé spécialement, en 1853, des études relatives à l'établissement d'un barrage mobile à Orléans, nous avons eu à faire des expériences sur l'arrachage des pieux battus dans le lit de la Loire. Pour arracher les pieux et déterminer la résistance du sol, nous avons opéré de la manière suivante
PIEUX, PILOTg ET PALPLANCHES. 311
Un pieu de 8 mètres de longueur et de 0",a4 d'équarrissage ayant été battu et enfoncé presque complètement dans le sol, fut ensuite arraché au moyen d'un levier AB placé surleborf d'un fort bateau.
Une grosse chaîne en fer, attachée à l'extrémité A du levier, saisissait le pieu au moyen d'un gros boulon passé préalablement dans la tète du pieu. A l'extrémité B du levier était sus-
Fig. 178.
pendu un large plateau sur lequel on plaçait des poids et des yeuses en fotlte pout* produire l'artachage du pieu. Le leyièt AB était en bols de chêne et avait d^^ÏÏI d'équarrissàge au gfoshoûi 6t 0",i6 au petit bout.
On mit dans le plateau jusqu'à 1 100 kilogramtnes pour obtenir le soulèvement du pieu, et comme le btaë de levier CB était dix fois plus long que le bras de levier AC, il en est résulté que la résistance du sol était égale à uiie force de 11 000 kilogrammes.
Dans ces expériences, il est arrivé que des pietix se sont quelquefois arrachés tout h coup, et d'autres fois que la chaîne qui saisissait le pieu s'est rompue. Dans l'un et l'autre cas, les poids placés sur le plateau tombaieht et pouvaient, dans leur cbutë, caUseï* des avaries au bateau et écraser des hommes. On aurait pu garantir le bateau au moyen d'une épaisse couche de êiXAè répêMM sur lé fond, ce qui eût amorti le choc ; mais
les ouvriers n'eussent point été protégés. Pour éviter tout accident aux hommes et au bateau, nous avons pris la disposition indiquée par le croquis. Une chevrette, ou ensemble de trois grosses perches réunies solidement dans le haut à Taide d'un cordage, fut placée dans le bateau. Au sommet de la chevrette était suspendue une poulie sur laquelle passait une cordelle attachée à l'extrémité du levier. Cette cordelle était retenue à son autre bout par des hommes qui la laissaient glisser lentement dans leurs mains au fur et à mesure que le plateau s'abaissait, c'est-à-dire que le pieu s'arrachait. Par cette disposition, il n'y avait plus, en cas de rupture delà chaîne, de secousse possible, ni par conséquent de danger à craindre pour les hommes.
ARTICLE IX
Batardeanx.
185. Un batardeau est une construction provisoire qui a pour but d'intercepter, aussi complètement que possible, toute communication entre l'emplacement des fondations etles eaux extérieures.
La forme des batardeaux est celle d'une caisse sans fond, en charpente, composée de deux files de pieux parallèles et de planches jointives ou de palplanches, maintenues au sommet par des moises doubles et reliées entre elles par des traversines qui empêchent l'écartement des parois.
La caisse ainsi formée est ensuite remplie soit avec de la terre argileuse soit avec du béton, en ayant soin de draguer préalablement dans l'intérieur de la caisse et d'enlever la vase et les sables afin que la glaise ou le béton repose immédiatement sur un bon terrain.
L'argile étant insoluble dans Teau se réduit en une pâte