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PIEUX, PIL0T8 ET PALPLANCHES

Nous avons déjà dit que le rapport de la puissance à la réistance est égal au produit du rayon du treuil et des rayons les pignons divisé par le produit du rayon de la manivelle et les rayons des roues dentées. On aura donc :

D'où

Si l'on suppose que la roue dentée ait dix fois plus de dents que le pignon et que le bras de la manivelle soit trois fois plus grand que le rayon du treuil ou, ce qui revient au môme, si p = 10p' et R=3r, la formule devient

Comme deux hommes agissent ensemble sur les manivelles, chacun d'eux aura à exercer un effort moitié moindre, c'est-à-dire que Ton aura :

De sorte qu'en supposant le poids Q du mouton égal à 600 kilogrammes, l'effort à exercer par chacun des deux hommes sera :

?=----= 10 kilogrammes.

D'où il résulte que l'effort à exercer par chacun des deux

hommes n'est que la soixantième partie du poids du mouton.

La formule (1) nous permet de déterminer le nombre

d'hommes nécessaire à la manœuvre d'une sonnette à déclic ;

il suffit pour cela de diviser P ou Q — par le nombre de kilogrammes qu'un homme appliqué à une manivelle est capable d'élever. Cet effort moyen est de 8 kilogrammes.

FONfiATlONS.

La formule (1) ne tient pas compte des frottements et des roideurs des cordes sur la poulie et sur le treuil. Si Fondési* gne par q la résistance de la roideur de la corde sur la poulie et par q^ la résistance de la roideur de la corde sur le treuil, la formule (1) devient :

Rp-

178. Sonnette a vapeur, — La sonnette à vapeur remplace avantageusement les sonnettes à tiraudes et à déclic

dont remploi est long et coûteux. On peut employer la vapeur au battage des pieux en s'en servant comme moteur pour communiquer le mouvement aux treuils des sonnettes au moyen d'une locomobile. Mais on peut aussi Tutiliser plus efficacement en la faisant agir directement sur le mouton.

Dans ce dernier cas, la manière dont fonctionne la sonnette à vapeur est facile à comprendre : un bâti en fonte B est fixé solidement sur la tête du pieu* à enfoncer. Le mouton M (fig. 176) glisse entre deux coulisses en fer assemblées au bâti B et auxquelles est fixé un cylindre à vapeur C, dans lequel se meut un piston P portant une tige qui se rattache au mouton M par rintermédiaire d*un ressort r.

L'entrée et la sortie de la vapeur sous le piston ont lieu comme à l'ordinaire, au moyen d'une boîte à tiroir. La vapeur est fournie par la chaudière d'une locomobile ordinaire installée au pied de la sonnette d'oîi elle se rend sous le piston P par un tuyau flexible et qui peut suivre l'appareil mécanique dans son mouvement de descente.

En entrant dans le cylindre C, la vapeur soulève le piston, et elle s'échappe lorsque ce piston est arrivé au haut de sa course; la pesanteur fait alors retomber le piston et le mouton avec lui. En retombant, le mouton vient frapper la tète du

Fig. i76.

PIEUX, PILOTS ET PALFLANCHES. 307

{àlot qui s*enfonce, entraînant avec lui tout l'appareil mécanique. Le poids du mouton varie de 1600 à 2600 kilogrammes et la hauteur de chute dépasse rarement 0",76. Le nombre de coups de mouton est de cinquante à soixante par minute.

Avec cette machine, le battage marche d'une manière très* expéditive, et comme chaque coup de mouton fait entrer le pieu d'une quantité beaucoup plus grande qu'un mouton des sonnettes ordinaires, les pieux n'éprouvent pas de déviation dans leur direction, parce que les obstacles accidentels ont beaucoup moins d'influence.

En Angleterre, un appareil de ce genre pesaqt 7 000 kilo*» grammes a été employé aux docks de Devonport ; il donnait soixante etdix à quatre-vingts coups par minute et en deu^ ou trois minutes un pieu de 9 à 42 mètres était enfoncé.

§ V, — RKCEPA6E DBS PIEUX.

179. Après le battage des pieux et palplancbes, on procède à leur recepage, c'est-à-dire qu'on les coupe tous exactement dans un même plan de niveau déterminé par le projet, pour recevoir les chapeaux ou plates-formes.

Hors de l'eau et jusqu'à 0",50 au-dessous le recepage est une opération simple et facile. Le travail s'exécute, soit avec une scie passe-partout, soit avec une scie de charpentier manœuvrée par deux hommes.

Mais lorsque le recepage doit se faire sous l'eau, l'opération du recepage nécessite l'emploi de machines désignées sous le nom de scies à receper.

On distingue les scies à lames horizontales et les scies à lames circulaires.

180. Scie a lame horizontale. — En général, une scie à lame horizontale se compose d'une lame de scie ordinaire adaptée à une armature en fer forgé, fixée elle-même à un cadre ou châssis horizontal en bois monté sur c^iiatre rovdftU^i

en fonte. Ces roulettes servent à faire glisser le cadre dans le sens de son axe sur des pièces horizontales en bois placées sur réchafaud.

Parmi ces machines, nous citerons la scie de M. Vallée, dont la description est donnée dans les cours de construction de l'Ecole centrale, la scie de M. Pochet, conducteur des ponts et chaussées, dont la description a été donnée par M. ringénieur en chef Jégou dans les Annales des ponts et chaussées^ mois de mai et juin 1846, et enfin la scie à recci)cr de M. Chiticr, conducteur principal des ponts et chaussées, dont la description a été donnée dans les Annales des conduc» leurs, t. IV, p. 273, année 1860.

181. Scie a lame circulaire. — La scie circulaire de M. Vauvilliers permet de receper les pieux à une grande profondeur sous Teau. Elle se compose d*un arbre vertical l l'extrémité inférieure duquel est adaptée une scie circulaire que Ton met en mouvement au-dessus de Téchafaud.

L'arbre est maintenu dans sa position verticale au moyen d'un bftti en fer forgé solidement fixé à un cadre relié luimôme à deux coulisses mobiles sur un autre cadre placé sur réchafaud.

182. Scie oscillante. — Lorsqu'il ne s'agit que de receper des pieux à peu près à un môme niveau au-dessous de l'eau, on se sert d'une scie oscillante représentée par la figure 177. Cette scie a été employée par nous aux travaux d'Amboisc.

Une lame horizontale aa de O^îIO de largeur est fixée à deux pièces «ô, db\ reliées à une troisième crf, sur laquelle elles sont assemblées et boulonnées en b et //. Leur écartement est maintenu par l'entretoisc d.

La pièce de est percée de trous, ce qui permet de la suspendre à un axe horizontal en fer placé dans une traverse en bois supportée par des appuis.

L'axe horizontal ou goujon en fer peut aussi être adaptée une douille dans laquelle passe une tige carrée en fer, que l'on enfonce dans le sol à côté du pieu à déraser. On fait glisser

PIEUX, P1L0T8 ET PALPLANCUES.

kuillc et on la fixe sur la tige à la hauteur que l'on veut moyen de deux vis de pression . On suspend ensuite la scie goujon et Ton imprime h la scie un mouvement de va-etnt au moyen de deux perches pq, p'q'^ fixées par deux pi- 8 formant charnières en p etp'. Les deux perches servent

TT

^fjr'

Pig. 477.

môme temps h appuyer la scie contre le pieu, en ne les nt pas dans un môme plan vertical, et en plaçant le pilot B l'angle obtus que forment alors les verges en projection izontale.

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