I" SUJET
Lettre d'un pensionnaire à un condisciple et ami pour le consoler de la mort de son père.
(Même »ujet pour demoiselles.)
Ce sujet étant donné à l'élève, nous allons lui apprendre à réfléchir sur une matière donnée, à saisir tous les éléments qui peuvent donner lieu à des développements. Demandons-lui d'abord quel est le but de sa lettre? C'est de consoler un condisciple de la mort de son père. Le but étant tracé, il importe de l'aider à trouver les moyens qui le lui feront atteindre. Or c'est la méditation qui doit les lui fournir. Qu'il réfléchisse doue bien sur l'énoncé de sa lettre : Un écolier à un condisciple ami pour le consoler de la mort de son père. Qu'il s'arrête spécialement aux mots que nous soulignons et qui ont chacun une importance marquée dans la situation actuelle, {i)
qui a perdu UD procès? — 11. Quand doit-on écrire une lettre de condoléance?
1. Quel est le but de cette lettre? Gomment doit-on trouter les
Pour le moment, nous ne nous occuperons que de trou* ver les idées ; après cela nous indiquerons la manière dont il convient de les coordonner, dé les disposer : kYinvention succède la disposition. Enfin notfs verrons quelle forme doivent revêtir ces mêmes idées. C'est Vélocvtion. (2)
Le but est donc de consoler . De qui part la consolation? D'un écolier. A qui s'adresse-t-elle? A un condisciple et ami. Quel est le malheur dont celui-ci vient d'être frappé et pour lequel il a besoin de consolation? La mort d'un père.
Ces éléments étant donnés, voyons comment \q jugement viendra féconder Yimagination.
luYentlon.
Dites à rélève de réfléchir sur la situation pénible de l'enfant qui vient de perdre son père, et demandez-lui si, dans un pareil malheur, il ne désirerait pas lui aussi recevoir quelques mots de consolation d'un condisciple, d'un ami. Il ne sera pas difficile de lui faire comprendre que l'amitié seule est capable de répandre un baume sur des souffrances aussi amères. Vamitié sera donc tin moyen puissant de consolation. Et qu'est-ce donc que l'amitié, si ce n'est cette communauté de joies et de peines qui rend les unes plus douces, plus vives, et les autres moins cruelles? Que l'ami qui souffre sache donc que son ami partage sa douleur; qu'il sache que le compagnon de ses jeux et de ses plaisirs sait aussi participer à ses peines, et joindre ses larmes aux siennes pour pleurer une personne si chère. (4)
Moyens pour y arriver ? — 2. Quelle est la marche à «uivre pour mener à bonne fin cette composition? — 3. Quelles sont les questions préliminaires que l'on doitse poser? — 4. Quelles senties consolations que l'on attend dans un malheur semblable ? ProuTex que l'amitié est
Supposez que le jeune écolier ait été rappelé à la maison paternelle par une lettre qui lui faisait part de la maladie grave de son père, et que, peu de temps après son retour dans sa famille. Il ait perdu Fauteur de ses jours ; sans aucun doute, ce triste événement aura produit une impression bien pénible sur le cœur de tous ses compagnons d*études. Disons-lui donc que ses nombreux amis prennent part à sa juste douleur.
Tel sera notre premier moyen de consolation ; moyen efficace et puissant, puisqu'il est fondé sur Tamitié.
La mort d'un père! Que l'élève réfléchisse sur la portée de ces mots; qu'il se pénètre de tout ce qu'il y a de terrible dans le coup qui vient de frapper son ami. Qu'il se suppose pour un instant dans cette triste situation. Demandez-lui s'il se sentirait consolé, lorsqu'une personne, dans le but de le faire renoncer à son chagrin, prendrait à tâche de lui prouver que la perte qu'il vient de faire n'est pas grande? Aussitôt son esprit se révoltera contre un tel moyen de consolation. Non, ce n'est point ainsi que l'on parviendrait à soulager sa peine. Il faut lui dire au contraire que l'on comprend toute la grandeur de la perte qu'il vient de faire. Rappelez ici les qualités, les vertus de son père ; et cet hommage rendu à la mémoire de l'auteur de ses jours lui fera verser de douces larmes, qui le prépareront à recevoir des consolations. (6)
Maintenant, où surtout pourra-t-il puiser la force nécessaire pour supporter cette perte avec courage? Est-ca
une source puissante de consolations. — 5. Ne serait-il pas consolant pour le fils affligé d'apprendre que tous ses compagnons d'études s'associent à sa peine? — 6. Ilettez-Tous dans la situation pour apprécier s'il est coQTenable d'atténuer la perte éprouYée. Conmient faut<*
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dans les choses de ce monde? Oh non ! Tenfant chrétien vous répondra que c'est ht religion seule qui peut nous inspirer de la résignation dans le malheur. Elle nous fait croire à une vie meilleure ; elle nous enseigne que, si le vice reçoit son châtiment, la vertu a aussi sa récompense. Dites donc à Tenfant désolé que, si Dieu a ravi son père à ce monde, c'est pour le faire jouir d'un bonheur éternel. Rappelez-lui cette pensée sublime de Fénelon : « Pourquoi pleurerions-nous ceux qui ne pleurent plus et dont Dieu a essuyépour jamais les larmes? f (7)
Puisqu'il lui reste une mère bien- aimée, ne trouveronsnous pas dans cette circonstance un nouveau moyen de consolation? Qu'il compare son état à celui d'un orphelin, ou de ces pauvres créatures qui naissent abandonnées sur la terre, sans connaître jamais la tendresse d'un père ni d'une mère ; et ces réflexions lui apprendront à se résigner, à se soumettre, sans murmurer, à la volonté divine.
S'il est bon fils, il doit même faire en sorte de ne pas augmenter l'affliction de sa mère par la vue de ses larmes et de son désespoir. (8)
Dites-lui enfin que ce père qu'il pleure il ne l'a pas perdu sans retour; que du haut du ciel celui-ci veille encore sur son enfant, et qu'après une vie vertueuse ils se retrouveront là-haut, pour ne plus se quitter. (9)
Nous nous bornerons à ces idées, quoique la matière puisse en fournir bien d'autres encore. Cherchons maintenant la manière de les coordonner. ^
il donc s'y prendre? — 7. Où peut-on puiser la résignation nécessaire pour supporter un si grand malheur? Citez, à ce propos, une pensée de Fénelon. — 8. S'il lui reste une mère, quelles réflexions' consolantes et quels conseils peut suggérer cette circonstance ? — 9. Pui-
DlMposlilon.
Nous Tavons déjà dit, le premier soin que Ton doit prendre, lorsqu'on veut consoler efficacement, c'est de s'identifier avec la personne qui souffre. Dire que l'on comprend et que l'on partage sa douleur, voilà le seul moyen de faire écouter les consolations qu'on lui adresse. C'est une préparation nécessaire, et c'est par là que doit commencer la lettre.
On comprend la douleur. C'est dire qu'elle est juste, que la personne qui vient de nous être ravie est digne de tous nos regrets. Nous voilà naturellement amenés à faire l'éloge de ses vertus.
On partage la douleur. L'amitié en fait un devoir. Développez cette idée ; nous avons vu que l'amitié est un moyen de. consolation bien puissant ; aussi convient-il de le placer dans la première partie de la lettre, pour faire mieux écouter les conseils qui suivront.
Tout cela peut être regardé comme une préparation à la consolation proprement dite. Ici donc commencera la seconde partie. (10)
Il est naturel que nous présentions en premier lieu le moyen de consolation le plus efficace. Or c'est la religion seule qui peut nous le fournir. Elle nous apprend la résignation dans le malheur ; elle nous dit que nous devons nous soumettre à la volonté de la Providence, dont les desseins sont impénétrables. Dieu a ravi un père à l'enfant que nous voulons consoler, mais combien d'autres n'en est-il pas qu'il a rendus orphelins dès leur naissance? Voilà donc un second moyen de consolation : la comparaison de son
se* un dernier motif de consolation dans la religion. — 10. Au point de Tue de la disposition, par où devra commencer cette lettre? Est-
état avec celui d'autres enfants envers qui le sort a été plus cruel encore. Il lui reste, à lui, une mère bien aimée.
— Ceci nous conduit à Tidée de la tendresse filiale qui lui fait un devoir de ne pas rendre la douleur de sa mère plus poignante par la vue de ses larmes et de son désespoir»
Pour achever la consolation, reprenez le premier moyen, le plus puissant, la religion, et faites briller à Tesprit du jeune homme désolé l'image de Yespérance chrétienne. Présentez-lui l'idée d'une vie meilleure ; dites-lui que son père reçoit déjà la récompense de ses vertus. Dites-lui encore qu'après une vie vertueuse il a l'espoir d'être uni à son père pour ne plus jamais le quitter. (11)
Voici donc le cadre que nous avons obtenu, et que nous désirerions voir donner aux élèves comme sujet de rédaction.
But, Consoler un condisciple de la mort de son père.
l' partie. Moyens de préparation. Dire que l'on comprend et partage sa douleur.
1** On la comprend. La douleur est juste : c'est un père qu'il a perdu. Éloge des vertus de son père.
2° On la partage. L'amitié en fait un devoir.
//• partie. Moyens de consolation.
1* La religion. Résignation. Les desseins de la Providence sont impénétrables.
2** Comparaison avec d'autres enfants envers qui le. sort a été plus cruel encore. Il lui reste une mère.
3** La tendresse filiale lui défend d'augmenter la douleur de sa mère par ses larmes et par son désespoir.
4* La religion. Idée d'une vie meilleure. Espoir d'être un jour uni à son père pour ne plus se séparer Be lui. (12)
ce là une préparation nécessaire ? — 11. Dans quel ordre disposerez» TOUS les dififérents moyens de consolations que nous avons trouTés?
— 12. Tracez, d'après ce qui précède, le cadre de Totre oomposition épistolaire.