III. Madame de Simiane recommande une personne à
M. d'Héricourt.
CONSEILS
Madame de Simiane hésitait, malgré l'intérêt qu'elle porte à son protégé ; mais on lui a affirmé que celui-ci est connu avantageusement de M. d'Héricourt. On lui a dit cent fois qu'un mot d'elle suffirait pour assurer le succès de la démarche. Elle désire vivement qu'il en soit ainsi. Elle s'excuse d'importuner si souvent M. d'Héricourt. Elle le prie de faire une réponse qui puisse être détachée de la lettre, afin de pouvoir la communiquer. Elle termine par l'expression de sa reconnaissance et de ses sentiments affectueux.
IV. Victor recommande à son oncle un ouvrier actif, intelligent et honnête, que de grands malheurs ont réduit à la misère. (Même sujet pour demoiselles : Adèle à son oncle ou à sa tante, etc.)
V. Louis recommande à son frère, capitaine au régiment des ..., un condisciple et ami, Ernest. Ernest a le caractèrt doux et affable, et aux qualités du cœur il joint une instruction solide ; il mérite d'être encouragé et protégé.
VI. Jules, fils d'un riche négociant, recommande à son père, un condisciple orphelin. Celui-ci désirerait être reçu en qualité de commis.
VII. Modeste au curé de sa paroisse. — Un ardoisier est tombé d'un toit et laisse sa femme et ses enfants dans la mi-
sèrc et Ja désolaticn. Ce sont des gens probes, estimés de tout le monde. Modeste les recommande à la générosité de son curé. II se serait adressé ailleurs s'il avait connu un homme plus bienfaisant et plus dévoué aux malheureux.
VIII. Frédéric recommande à Octave, son ancien condisciple, le jeune Camille, son frère, qui va entrer dans la pension. Ennuis des premiers temps. Comme Octave est un des plus anciens élèves et qu'il a beaucoup d'amis, il pourra prendre le petit Camille sous son patronage et le mettre en rapport avec de bons camarades.
IX. Ernest recommande à son père un ancien serviteur. — État déplorable dans lequel celui-ci se trouve et son regret d'avoir abusé des bontés de son maître. Vous comprenez bien qu'il ne peut plus reprendre son poste, mais vous suppliez votre père de soulager son indigence par quelque secours pécuniaire auquel vous demandez de pouvoir joindre vos petites économies.
Réponses aux lettres de recommandation.
MODÈLES
P' »I0DÈLE.
Réponse du cardinal de Bernis à Voltaire, 1777,
Votre jeune huguenot (M. Labat) m'a remis, mon cher confrère, la lettre dont vous m'avez honoré le 27 septembre de l'année dernière. Je ne doute pas que ce jeune homme ne soit homme d'esprit, puisque vous vous y intéressez. Il dina hier chez moi. Je ferai toujours honneur à vos recommandations.
Je ne vous ai pas cru mort ; vous donnez assez souvent
de bons signes de vie ; mais j'ai cru que vous m'aimiez moins, puisque vo*us m'aviez retranché ces petites lettres qui, de temps en temps, me font voir que le goût et les grâces ne sont pas totalement perdus pour nous, et que vous luttez heureusement contre la décadence qui nous menace depuis quelque temps. Je m'intéresse à votre conservation plus que personne, parce que je jouis plus sincèrement de votre gloire. Vivez encore longtemps pour l'honneur de la France et pour la satisfaction de vos serviteurs et de vos amis.
IP MODÈLE
Diœis au comte de Rochefort père.
Paris, août 1802.
Votre lettre du 28 m'est parvenue, mon cher ami, dans celle de M. F***, pour lequel vous désirez que je puisse obtenir quelque place de bibliothécaire, ou de professeur ' aux écoles centrales, ou même d'instituteur particulier. Il me serait bien agréable de vous obliger dans la personne de M. F***, dont les vertus et les talents doivent intéresser tous les gens de bien. J'obligerais, en outre, madame sa tante, que j'ai connue à Paris, et qui est aimée et honorée depuis si longtemps dans votre respectable famille ; mais, je dois vous l'avouer naturellement, je suis sans crédit, sans pouvoir, sans influence. J'ai toujours refusé toutes les places, et notamment, en dernier lieu, celle de sénateur. Après la mort de tous mes enfants, après des peines trèsamères, après la tourmente de la révolution, après la perte de ma petite fortune littéraire, après tous les grands tableaux de nos vanités humaines, si frappants et si douloureux, dans la lassitude profonde des choses et des hommes, désabusé des douces espérances que j'avais conçues pour
«ux, j'ai embrassé plus que jamais une vie retirée, obscure et solitaire, et vous sentez bien que, quand on n'est accompagné ni de place, ni de richesses, ni d'amis puissants, il est tout simple qu'on soit sans pouvoir et sans crédit. Je n'ai cherché qu'à m'éteindre, à m'annuler pour me rendre libre, et pour me créer à moi-même et dans moi-même une patrie qui dépendit de moi, et qu'on ne pût pas m'arracher. Il y a plus, je me suis éloigné plus que jamais de l'approche et du voisinage des orgueils littéraires. Je compte vivre retiré et caché plus que jamais ; de sorte que je ne serai pas plus en évidence dans la république des lettres que dans la république française. Vous voyez clairement qu'avec de pareilles dispositions on n'a jamais été propre à la fortune sous aucun régime ; mais vous voyez aussi que l'on n'en a pas besoin. Ainsi, c'est avec bien du regret que je vous annonce un défaut de crédit et d'in-
• fluence quelconque, qui ne doit pas vous étonner. J'ai fui ce que l'on cherche, et j'ai cherché ce que Ton fuit. Je m'en trouve bien pour moi-même ; mais j'ai été obligé de sacrifier le plaisir d'être utile à quelques honnêtes gens que je plains, mais dont je ne puis changer la situation.
Je vous félicite, mon ami, du bonheur que vous avez d'être mari et père. Que rien n'altère ce bonheur; jouissezen longtemps. C'est le vœu d'un vieux solitaire qui vous est attaché depuis votre enfance.
Préceptes.
Les réj)onses aux lettres de recommandation présentent une très-grande ressemblance avec les réponses aux lettres de demande. En effet, l'on accorde ou l'on refuse. Dans le premier cas, on dit le plaisir que l'on trouve à pouvoir rendre service ; dans le second, on exprime son regret, en
donnant les raisons pour lesquelles on n'a pu se rendre utile.
EXERCICES DE COMPOSITION