‹ Cours pratique de l'art épistolaireChapitre 74 sur 86 · V. Réprimandes adressées par André à son jeune frère Octave · texte numérisé non relu

V. Réprimandes adressées par André à son jeune frère Octave

Octave s'est plaint de la pension, des mai très, de la nourriture, etc. Vous devinez son but : il voudrait quitter la pension et revenir au toit paternel. Mais sa manière d'agir aura un résultat tout contraire de celui qu'il en attend : elle ne peut aboutir qu'à faire prolonger son séjour à la pension.

Vous lui faites voir l'indélicatesse et l'ingratitude de sa conduite à l'égard de ses maîtres. Il subit sans doute les ma,uvaises inspirations de quelques jeunes gens mal élevés.

Mécontentement de son père, affliction de sa mère. Vous

espérez qu'il reviendra bientôt à de meilleurs sentiments, et vous attendez de lui une lettre qui vous en apporte la preuve.

VI. Madame de Maintenon reproche à une nièce sa fierté et son arrogance.

CONSEILS

Mettez-vous dans la situation de la personne qui écrit. Votre affection même pour votre nièce vous porte à lui dire ses vérités. Vous les dites bien aux demoiselles de Saint- Cyr ; à plus forte raison ne les cacherez-vous pas à celle que vous regardez comme votre propre fille. Vous lui reprochez sa fierté, et le ton d'autorité qu'elle prend vis-à-vis de ses compagnes, etc.

Et sur quoi fonde-t-elle cet orgueil? Si le roi venait à mourir, ses successeurs accorderaient-ils la même protection à Saint-Cyr, et à elle en particulier?

En supposant même qu'elle soit appelée à un établissement digne d'elle, ce n'est que par la douceur qu^elle pourra se faire aimer. Elle connaît les maximes de l'Évangile ; qu'importe, si elle ne s'y conforme point?

C'est uniquement votre fortune qui a fait celle de son père et qui doit faire la sienne. Sa présomption est ridicule aux yeux des hommes et criminelle aux yeux de Dieu.

Vous espérez de la trouver, à votre retour, modeste, douce, timide, docile.

Vous terminez par l'expression de vos sentiments affectueux.

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