IV. Vous racontez à votre ami un trait de probité
' CONSEILS
En 1814, au moment où les armées alliées envahissaient la Hollande et la Belgique, un Français, receveur des contributions aux environs d'Amsterdam partit en poste pour Paris, après avoir envoyé devant lui sa caisse et ses effets les plus précieux. Il attendit vainement le chariot qui portait sa fortune et les deniers de l'état. Le gouvernement français le rendit responsable de tout, et lui fît payer les deux cenimille francs que contenait sa caisse. La position de sa famille se trouva compromise.
Après un intervalle de dix ans, lorsqu'il commençait à oublier la perte de sa fortune, il fît un voyage dans les Pays-Bas pour revoir d'anciens amis. Il descend à Anvers, chez M. Loos, à l'hôtel aux armes d'Angleterre, se fait servir un repas et seul dans un coin de la salle il se plaît à écouter les diverses conversations engagées autour de lui.
Dans un des groupes un homme parlait des événements de 1814, et citait plusieurs individus qui s'étaient enrichis aux dépens des Français forcés de regagner leur pays.
Le voyageur s'approche de l'orateur et raconte que lui aussi est une de ces victimes ; qu'il a perdu deux cent mille
francs. L'hôtesse frappée de cette révélation, le prend à part, et quand l'étranger lui eut donné le détail exact des sommes qu'il avait perdues, *elle le conduisit dans un caveau qui dépendait de sa maison. Elle lui expliqua comment, au moment où l'ennemi entrait dans Anvers, plusieurs voitures avaient été abandonnées devant sa porte. . .
L'honnête M™' Loos ne voulut recevoir aucune récompense, heureuse d'avoir restitué à son maître un trésor dont le hasard l'avait rendue dépositaire.
Terminez ce récit par quelques réflexions morales.
V. Céline raconte à son amie Félicie, une histoire touchante lue par son professeur dans le Dimanche des familles, de l'abbé Mulois. (Même sujet pour jeunes gens.)
CONSEILS
Comme vous connaissez le cœur de votre amie, vous êtes sûre que cette histoire la touchera, et qu'elle vous saura gré de la lui avoir fait connaître.
Dans une petite ville du département de la Moselle vivait une pauvre- famille d'ouvriers. Le père vint à mourir : martyr du travail, il avait trop présumé de ses forces. Sa femme et ses enfants tombent dans la plus profonde misère.
Tous les meubles avaient été vendus pour payer les frais de la maladie ; il ne restait plus qu'un crucifix de bois pendu à la muraille.
La pauvre mère s'épuise pour nourrir ses enfants par son travail.
Un matin, une voisine entre chez la malheureuse pour lui rendre, ainsi qu'elle en avait l'habitude, quelques petits services. Elle la trouva morte. Les deux enfants dormaient dans leur berceau. Quoique pauvre elle-même, elle veut^devenir leur mère, elle les porte chez elle sans hésiter.
A l'heure du repas le mari revient. Il Toit sa femme triste, il Tinterroge. Elle lui racontç la mort de la voisine. Le mari, à son tour, devient sombre et rêveur, mais bientôt il a pris son parti et il ordonne à sa femme d'aller chercher ces pauvres orphelins, qui désormais partageront le pain de ses enfants. — \ Les voilà! » lui dit-elle en tirant les rideaux du lit et en se jetant au cou de son mari.
Terminez votre lettre par quelques touchantes réflexions sur ce courage et cette hardiesse de la charité qu'on ne trouve que chez l'ouvrier honnête et laborieux.
VL Joseph raconte à son ami Alfred un trait touchant de la vie de Dupuytren» (1)
Dupuytren, le père de la chirurgie moderne, reçut un jour, fort tard dans la soirée, la visite d'un petit vieillard ; (faites son portrait) : physionomie pleine de douceur ; il est appuyé sur une canne ; costume noir : c'était un prêtre. Dupuytren le regarde, t Qu'avez-vous ? lui ditil avec sa dureté habituelle. Le petit abbé lui montre un abcès douloureux au cou et lui raconte l'origine et les progrès de son mal. Dupuytren examine la plaie gangrenée en plusieurs endroits, et lui dit avec un sinistre éclat de voix : € Eh bien. Monsieur l'abbé, avec cela il faut mourir.» L'abbé reprend ses linges, enveloppe son cou sans mot dire, dépose sur la cheminée une pièce de cinq francs, en s'excusant de ne pouvoir payer plus cher une consultation du docteur Dupuytren, et, avec le plus grand calme, il prend congé de celui-ci, pour aller mourir dans son presbytère. -
(1) L'étendue da sujet nous a engagé à en faire la matière de deu^ deToirs.
Dnpuytren demeure pensif; il est frappé d'avoir rencontré dans ce petit vieillard faible et soufiFrant une volonté plus forte que la sienne. Tout-à-coup il s'élance sur l'escalier pour le rappeler. Il lui propose, comme le seul moyen de salut, l'essai d'une opération longue, douloureuse et peut-être inutile. L'abbé j consent et Dupuytren l'envoie à l'Hotel-Dieu pour y être opéré le surlendemain.
(suite.)
Le jour de l'opération venu, cinq ou six cents étudiants étaient réunis à l'Hôtel-Dieu. Dupuytren arriva à l'heure précise. Pendant l'opération, qui dura vingt-cinq minutes, l'abbé ne fronça pas le sourcil. Seulement^ quand tout fut fini, son visage était pâle.
Dupuytren le pansa lui-même et lui adressa un mot d'espoir. L'abbé était sauvé.
Quelque temps après il retournait, dans son village.
Chaque année, à l'anniversaire du jour où il avait été opéré, le petit abbé attendait Dupuytren à l'Hôtel-Dieu avec un panier d'osier contenant deux beaux poulets, et des fruits de son jardin.
Dupuytren reçut encore sa visite pendant trois ans. Ce fut alors que Dupuytren tomba malade et fit le voyage d'Italie sans espoir de voir sa santé se rétablir. De retour en France, au mois de mars 1834, sentant que sa fin approchait, il ordonna à son fils adoptif d'écrire au petit abbé la lettre suivante ;
A M *** curé de la paroisse de ***, près Nemours.
« Mon cher abbé, le docteur a besoin de vous à son tour. Venez vite; peut-être arriverez-vous trop tard. »
Votre ami,
DUPUTTREN.
Le prêtre accotirut aussitôt. Il resta longtemps enfermé avecl>upuytren.
Le lendemain Dupuytren avait cessé de vivre.
Le jour de Tenterrement, le bon prêtre suivait le convoi en pleurant.
VIL Eugène voyage en Savoie, vei's la fin de Vautomne. Il décrit à son ami Frédéric un départ de petits Savoyards pour la « grande ville, »
CONSEILS
Inquiétudes des mères qui s'occupent des préparatifs du départ : la veste de bure, etc., etc.
Les anciens du hameau , qui ont fait leur tour de France, conduisent la troupe des jeunes Savoyards. Ils rassurent les mères alarmées ; le curé dit la messe des voyageurs. Chaque enfant reçoit la petite caisse où dort la marmotte, et les mères rentrent dans leur chaumière pour pleurer.
Le vieux curé arrête les enfants devant une croix de bois» au détour du chemin, les b^nit, et les petits Savoyards continuent la route seuls.
Oh ! comme ces pauvres enfants méritent la pitié î Quand Frédéric rencontrera dé ces infortunés sur son chemin, qu'il ne leur refuse pas le petit sou qu'ils implorent de la charité du passant.
VIII. Arthur raconte à Alfred un accident de chasse arrivé à son cousin Félix.
CONSEILS
Félix a le caractère léger et turbulent. En l'absence de soij père il s'est mis en tète d'aller à la chasse. 11 sort avec le fusil et la belle chienne de son père, et il s'enfonce dans le bois.
Un coup de fusil se fait entendre, suivi d'un long cri.
On accourt; on trouve Félix soutenant la tête de la chienne blessée. Ses pleurs et ses lamentations ne peuvent rappeler à la vie le pauvre animal.
Repentir de Félix. Colère de son père. Conclusion morale.
IX. Edgar, toujours inconsolable depuis la mort de sa mère, qu'il a perdue depuis un mois, rappelle à son ami Eugène les derniers moments de cette mère bien-aimée.
X. Vital raconte à son ami Charles les funérailles de la mère de son professeur, qui habitait la commune deB
CONSEILS
Votre professeur vient de perdre sa mère âgée de quatrevingts ans. Vous comprenez combien il doit être sensible à cette perte, car il était le meilleur des fils : Tamour filial était un culte pour lui.
Vous rappelez les vertus de cette vieille et sainte femme. Elle était la providence des pauvres. Toujours douce, toujours souriante, elle a eu une de ces vieillesses qui cou-, ronnent une vie vertueuse, et elle s'est éteinte, sans souffrance, de cette mort qu'on peut appeler « le soir d'un beau jour. 1» Son souvenir restera toujours gravé dans votre cœur, car vous l'aimiez comme votre mère.
XI. Léon, ayant obtenu les premiers prix de sa classe, a pu faire, avec son papa, un voyage à Bruxelles. Il rend compte à son ami Albert des impressions qu'il a éprouvées en voyageant pour la première fois en chetnin de fer.
D'abord il a eu peur, en se sentant emporté avec la rapidité de l'éclair, mais bientôt il s'est rassuré, en voyant la contenance calme ou joyeuse des voyageurs. Il raconte ce qu'il a vu de remarquable dans la capitale.