DES TRAVAUX 0 EXPLORATION ET DE RECHERCHES EN GÉNÉRAL
S 1**. — Des travaux d'exploration.
(57) L'exploration d'une région donnée ne peut être entreprise sans qu'on ait préalablement quelque indice qui la motive; car, sauf les matériaux communs, pour les constructions les plus ordinaires, les substances minérales auxquelles s'applique l'art des mines sont parcimonieusement distribuées dans la nature, et en un point donné de la surface du globe, on est autorisé à supposer, a friori^ que ces substances n'existent pas.
Les indices plus ou moins prochains de leur existence peuvent être déduits :
l"" De ia connaissance de la constitution géologique du pays ;
2® De la présence à la surface du sol de fragments de gangue ou de minerai ;
S"" De la présence d'affleurements ;
4"* De traces matérielles ou de traditions d'anciens travaux ;
&" Enfin, de l'existence de gites actuellement en exploitation dans le voisinage.
II convient d'entrer dans quelques détails sur la valeur à attribuer à chacune de ces indications.
(68) La constitution géologique du terrain fournit des indications tantôt positives et tantôt négatives.
Il est clair, par exemple, que l'existence d'un terrain igné, tel que le granité, en un point donné, est exclusive de la présence de la houille en ce même point ; mais cette conclusion ne vaut que pour le point mime que Von considère^ et Ton sait, par exemple, qu'en France un grand nombre de bassins houillers, plus ou moins développés, sont distribués sur le plateau primitif central, et reposent ainsi soit sur le granité même, soit sur des terrains anciens de gneiss ou de micaschiste*
Comme exemple d^une indication positive^ on peut dire, au contraire, que l'existence du terrain houiller proprement dit peut faire présumer celle de la houille. Il est rare, en effet, à moins qu'il ne
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s'agisse d'un lambeau de terrain insignifiant^ qu'un terrain houiUer ne contienne pas quelque couche de houille exploitable, et nous avons vu par l'exemple des terrains houillers de la Belgique, qu'il en contient parfois un très-grand nombre.
On peut dire encore que l'existence du terrain permien peut faire présumer la présence du enivre; celle du trias et plus spécialemeiit des marnes irisées, la présence du sel gemme (du moins dans le N.-E. de la France); celle des mancs supraliasiques le voisinage du minerai de fer (N.-E. delà France, le Cleveland en Angleterre, etc.). C'est à la géologie qu'il appartient évidemment de fournir ces indications, qui, à cause de leur généralité même, n'ont, par elles seules, pour le mineur, qu'une valeur pratique secondaire.
(&9) La présence à la surface du sol de fragments de matières utiles, ou même seulement de matières stériles connues pour accompagner souvent les premières, est un indice qui mérite de fixer l'altention. Lorsqu'on explore un pays, on doit examiner les parties dénudées, les escarpements, les flancs des vallées, etc., et trèsparticulièrement les ravins et les lits des divers cours d'eau.
En se plaçant dans le lit d'un torrent, on trouve, en chaque point, en quelque sorte, une collection des échantillons minéralogiques provenant de toute la région située en amont. Chaque espèce minôralogique a sa valeur propre, au point de vue qui nous occupe. Dana un terrain de schiste micacé, par exemple, on attachera peu dlmportance à des fragments de quartz à cassure simplement résineuse ou même saccharoîde, cette substance étant très-fréquemment intercalée en rognons dans les feuillets des schistes. Du quarti nettement cristallisé méritera plus d'attention.
Des matières étrangères à la constitution même de la roche, et Gcmnues pour être assez habituellement des gangues de filons, telles que de la chaux carbonatée an flnatée, de la baryte sulfatée, etc., en mériteront encore davantage.
Il en sera de même, a fortiori^ si, en concassant ces morceatix, où y trouve quelque mouche de pyrite ou de galène, on quelque trace de coloration verte due à la décomposition d'un minerai de cuivre, etc.
Quand en se livrera & ces observations, on devra remonter pas
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pas les lits des torrents, ea soumettant les galets et les sables à tm examen attentif et minutieux, pour tâcher de voir jusqu'à quelle hauteur se montrent les fragments dont la nature spéciale a éveillé Taltention, et d'arriver ainsi à reconnaître de quel point ils proviennent. On pourra juger de l'éloignement de ce point d'après la forme plus ou moins an*ondie des fragments, considérée ea ayant égard à leur dureté.
Ce point trouvé, il restera encoie à examiner si les matières observées n'ont pas dans la roche un caractère purement adventice^ ou 8*ils appartiennent à un gisement qui semble avoir quelque développement. Cette vérification est tout à fait essentielle; car le premier cas est peut être celui qui se présente le plus habituellement à Tobservateur.
Les sources minérales donnent, relativement aux matières solubles, des indications analogues à celles que fournissent les fragments de roches pour les matières insolubles. C'est ainsi que des sources salées, ou chaînées de chlorure de sodium, ont conduit dans l'Est de la France, notamment dans la Meurthe, à la découverte de bancs puissants de sel gemme qui y sont aujourd'hui activement exploités.
(••) Si Ton est arrivé par une observation directe, ou en procédant comme il vient d'être dit au n"" précédent, à constater la présence d'un afDeorement, cet affleurement devra être Tobjeld'un examen spécial. D'une nature différente de celle de la roche encaissante, et soumis à Pattiom des mimes agents aÈmosfhériques^ le filon n'aura pas résisté de la même manière. Il se dessinera souvent à la surface du sol, soit en creux, soit en relief^ selon que sa dureté est moindre ou plus grande que celle de la roche encaissante. C'est ainsi qu*on voit des filons durs et quartaeiix se projeter au-dessus de la surface du sol sous la forme de murs saillants de plusieurs mètres de hauteur, qui se suivent parfois sans interruption sur des centaines de mètres. Ces affleurements sont un indice certain de la fn^sence d'un filon ; mais ils ne donnent^ en général, aucune indication sur sa richesse, les matières métalliques ayant génëralement été oxydées et enlevées à l'état de sdb seluUes A ne laissant souvent
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d'autre résidu qu'un précipité ocreux» dont l'abondance peut, dans certains cas, faire présumer celle de certains minerais sulfurés, tels que les pyrites de fer ou de cuivre, que le gîte contenait originairement.
Souvent aussi ce précipité ocreux fait lui-même défaut, et l'affleureroent donne à peine, par quelques faibles colorations accidentelles, l'indication de sa richesse métallique primitive. Fdt-ilmême absolument stérile, un affleurement qui présente un certain caractère de continuité méritOi par cette seule circonstance, de donner lieu à des travaux de recherche. Aussi, dès qu'on est tombé sur un point d'aflleurement, le premier soin doit-il être de s'assurer si cette continuité existe.
Dans le cas où elle ne serait pas apparente à la surface, on fera quelques fouilles pour chercher à reconnaître la direction et l'inclinaison du gtte, et en conclure, en tenant compte du relief du sol, l'orientation approximative de la ligne d'affleurement. On jalonnera cette ligne, et l'on cherchera à découvrir d'autres points d'aflleurement, en creusant de distance en distance des tranchées perpendiculaires à sa direction présumée, et poussées jusqu'à ce qu'on ait le rocher en place.
Quand on aura ainsi déterminé au moins trois points de l'affleurement, un peu éloignés les uns des autres et situés h des niveaux difiTérents, un plan passant par ces trois points, s'il s'agit d'un filon ou d'une couche, pourra être pris, provisoirement et sous réserve des accidents d'allure que le gîte présenterait entre ces trois points, comme représentant la position du gile dans le sein de la terre, et servir de base pour étudier un projet de travaux de recherches à faire sur le gfte en profondeur.
S'il s'agit d'un amas ayant ses deux dimensions horizontales comparables, les fouilles préliminaires devront être conduites de manière à le circonscrire dans tous les sens.
(•f ) Il peut arriver que la présence du gîte soit accusée, non pas par un aflleurement dont on puisse malériellement constater l'existence, mais par la trace de vieux travaux qui ont enlevé cet affleurement, se sont plus ou moins étendus en profondeur, et ne sont