DU BOISAGE ET DU MURAILLEMENT COURANT DANS LES MINES
(169) Nous avons vu, au chapitre V, les procédés à Taide desquels l'ouvrier mineur, proprement dit, exécute habituellement ses travaux souterrains, et au chapitre suivant, les tentatives diverses qui ont été faites, et qui se poursuivent encore, soit pour améliorer ces procédés, mécaniquement fort imparfaits, soit pour substituer à la force de Fhomme celle d'un autre agent naturel.
•De quelque manière que les excavations aient été pratiquées, même si elles ne sont pas appelées à une longue durée, elles ne peuvent pas ordinairement rester ouvertes, sans être convenablement consolidées et étayées.
Cette consolidation se fait, suivant les cas, soit au moyen de boisages, soit au moyen de maçonneries à pierres sèches ou à mortier de chaux et sable.
Nous parlerons successivement de ces deux modes, et nous terminerons par quelques donnésemioiapjpies qui leur sont applicables.
§ 1. — Du boisage.
(t70) Le boisage est exécuté, tant6t par des ouvriers spéciaux auxquels on donne le nom de boiseurs, tantôt par les ouvriers mineurs eux-mêmes, le boisage de leur chantier étant alors un tra-
vail accessoire qui leur incombe. On peut suivre le premier système, lorsque le terrain est assez solide pour se tenir pendant un certain temps el permettre de boiser à loisir en arrière de Tavancement ; on suit généralement le second, lorsque la consistance du terrain demande, au contraire, que le boisage succède immédiatement à Tabattage, de telle sorte que ces deux opérations ne puissent pas être considérées comme indépendantes l'une de Tautre. Le prix payé pour Tavancement comprend alors la pose du boisage, dont les matériaux sont d'ailleurs toujours fournis par la mine.
Quelquefois cependant, on alloue, par cadre ou par butte, une petite indemnité représentant à peu près la main-d'œuvre de la pose. On met ainsi l'ouvrier mineur en garde contre sa propre imprudence , qui pourrait le pousser à négliger de poser un bois nécessaire, pour ne pas se déranger de son travail d'avancement.
Cette tendance des ouvriers est telle, que la recommandation à leur faire, en les visitant à leur chantier, est, en général, de multiplier, et non d'épargner, les cadres ou les buttes, et qu'on doit toujours leur donner à discrétion les pièces de boisage qu'ils demandent, se bornant à contrôler la grosseur de ces pièces qu'ils exagèrent souvent.
On sait que les bois que Ton rencontre dans le commerce se classent ordinairement en quatre catégories, les bois durs, les bois résineux, les bois blancs et les bois fins.
On comprend dans les bois durs, les diverses variétés de chêne blanc, le chêne vert, le châtaignier, l'orme, le hêtre et le frêne.
Les bois résineux sont le pin, le sapin et le mélèze.
Les bois blancs sont le peuplier, le tremble, lebouleau, le charme, l'aulne, l'acacia.
Enfin, on range parmi les bois fins, le buis, le merisier, le pom- • mier, le poirier, le sorbier, le mûrier, etc.
Ces diverses essences ont chacune des qualités qui les désignent particulièrement pour certains usage déterminés.
Ainsi le chêne blanc est le bois de charpente par excellence, nonseulement à cause des dimensions des pièces qu'on en peut tirer mais encore, et surtout, parce que ces pièces ont une grande solidité. Ce bois résiste bien au mauvais air des mines et aux intempéries.