DU BOISAGE ET DU MCRAILLEHENT GOURANT DANS LES MINES
Il a, lorsqu'il est entretenu constamment mouillé, une très-grande durée.
Le chêne vert, qui se trouve dans le Midi de la France, diffère du chône blanc par ses moindres dimensions. II est plus lourd et par là plus difficile à manier que le chêne blanc.
Le châtaignier peut acquérir de grandes dimensions, mais on Pczploite plus souvent à l'état de taillis assez jeune. Les branches obtenues sont souples et liantes ; les pièces de bois craignent le mauvais air et résistent assez mal aux intempéries ; elles résistent bien employées sous l'eau.
L'orme, le hêtre et le frêne sont des essences moins communes, en France, que le chêne ; elles donnent des pièces souples et flexibles, qui conviennent très-bien pour les emplois où elles doivent être courbées, soit temporairement, soit d'une manière permanente.
Les bois résineux se distinguent, en général, par la forme élancée et la grande hauteur du tronc et par leur faible densité. Ils peuvent fournir ainsi, soit âes pièces de charpente à grande portée, soit des pièces courtes, très-droites, très-légères, et ainsi très-bien appropriées au boisage des mines.
Le pin est en même temps résistant, et durable dans les mines, toutes les fois que l'air n'est pas trop chaud ou trop vicié, et particulièrement lorsqu'on peut tenir les pièces constamment mouillées.
Le sapin, avec lequel le pin ne doit pas être confondu, et qui, dans l'ensemble des massifs forestiers de l'Europe, forme certainement l'essence la plus répandue (principalement la variété tjpxtetis^ est remarquable par les grandes dimensions sous lesquelles on le rencontre dans le commerce. Il doit être considéré comme donnant un bois très-inrërieur au bois de pin, sous le rapport de la solidité et de la résistance au mauvais air et aux intempéries.
Le mélèze, qui d'ailleurs ne se rencontre en abondance que dans un nombre restreint de localités, donne un bois qui est considéré comme ayant, au moins au même degré que le bois de pin, les qualités reconnues à ce dernier.
Les bois blancs sont, en général, peu solides et peu durables ; on ne pourrait guère les employer comme bois de mines, mais débités
en planches, leur mollesse même fait qu'ils résistent assez bien aux chocs.
Le peuplier, le tremble et le bouleau ont à peu près les mêmes propriétés.
L'acacia a une propriété caractéristique, celle de résister très bien, mieux même que les bois durs, au mauvais air des mines. On en a fait lexpérience, en mettant des cadres alternatifs de bois de chêne et de bois d'acacia dans des galeries chaudes et sèches imparfaitement ventilées, où les pièces de chêne s'altéraient en quelques mois, et l'on a vu que les cadres d'acacia étaient encore très-sains, lorsque ceux de chêne étaient déjà entièrement hors de service.
L'aulne est excellent sous Teau, ou lorsqu'il est enfoui dans un terrain humide. 11 donne des pièces bien droites, faciles à travailler.
Le charme est caractérisé par un grain fin et serré, et forme ainsi le passage des bois blancs aux bois fins.
Ces derniers, que l'on nomme aussi bois de machines, sont essentiellement propres, par la finesse de leur grain, à recevoir le travail du tour. On les emploie pour former les pièces frottantes dans les machines, ou même les supports fixes qui demandent à être travaillés avec précision. Ces bois n'ont pas d'intérêt au point de vue qui nous occupe ici, et, au besoin, une pièce de cœur de chêne bien choisie peut les remplacer dans tous leurs emplois spéciaux.
(171) En nous arrêtant aux diverses applications qui peuvent être du ressort de l'ingénieur des mines, nous nous résumerons de la manière suivante :
l'* Le chêne blanc aura son emploi, à l'état de pièces équarries, dans les charpentes de bâtiments, les supports de machines, les pièces de cuvelage, et à l'état de rondins, dans le boisage courant des mines ;
2** Le chêne vert ne sera guère employé qu'à l'état de rondins, pour le boisage, ou encore, en le débitant par la fente en pièces de dimensions appropriées, à l'état de manches d'outils ;
5^ Le châtaignier, exploité à l'état de taillis, pourra être employé à faire des paniers de mine et des manches d'outils ;
il" L'orme pourra être accidentellement employé, comme le chêne,
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à faire des cadres de boisage, son emploi habituel et spécial étant toutefois dans la construction des véhicules qui servent aux transport, pour former les jantes et les raies des ro.ues. Il reçoit aussi assez bien le travail du tour ;
b"" Le hôtre convient surtout, à cause de sa flexibilifë, pour toutes les pièces qui doivent recevoir une certaine courbure ;
6" Le frêne, comme bois essentiellement fort et souple, très-propre à résister aux flexions accidentelles, servira à faire les brancards ou les flèches des voitures ; c'est par la même raison qu'il sera employé, de préférence à tout autre bois, pour les manches d'outils ;
7** Le pin doit être considéré comme le bois de mine par excellence^ donnant des pièces convenablement résistantes et durables, plus régulières de forme et plus légères, par suite plus faciles à manier que les pièces en chêne. Mais comme bois de charpente plus ou moins exposé aux intempéries, il ne résiste pas comme le chêne. On peut cependant l'employer pour les chevalements portant les molettes des puits d'extraction. Ces charpentes peuvent, plus facilement qu'avec des pièces de chêne, recevoir une grande hauteur ; mais elles seront moins durables, quelque soin que l'on prenne pour leur conservation;
8® Le sapin est d'un emploi très-commode pour les charpentes légères, à grande portée. C'est en outre un bois très-employé en plancheS; pour les détails de la menuiserie d'un bâtiment, pour les caisses de wagon, pour les canards, ou caisses d'aérage, etc., etc. Il est peu apte au boisage des mines, quoiqu'il y soit employé dans les localités où il abonde.
9** Les bois blancs sont essentiellement employés en planches, pour former les caisses des wagons ou des brouettes, les caisses d'emballage, les canards. Ils sont très-bons pour ces usages spéciaux ; faciles à comprimer et susceptibles, en quelque sorte, de se mouler sur le pourtour des ouvertures dans lesquelles on les force, ils conviennent très-bien pour former les planches, les coins et les premiers picots que Ton emploie dans les travaux de cuvelage dont il sera parlé plus loin. L'acacia, en particulier, a un emploi spécial dans les goumables, ou grosses chevilles, servant à l'assemblage des bois dans la construction des navires * il ferait aussi un excel-
lent b')is de mine, mais il n'est pas habituellement assez répandu pour qu'on ait à l'employer sous cette forme.
iO"* L'aulne est employé dans les pilotis; facile à forer dans le sens de la longueur, il sert à former des tuyaux de pompe et des tubages définitifs de puits artésiens.
il** Le charme est employé pour former des chapes de poulies, des canes ou des mentonnets de bocards, etc.
12"^ Enfin, les bois fins formeront des coussinets pour tourillons, des dents d'engrenage, des vis, et en général des pièces qui, devant être soumises à des frottements, ont besoin de présenter un grain fin susceptible d'une sorte de poli.
Nous retenons de cette énuméralion qu'au point de vue qui nous occupe, celui du boisage des mines^ on aura des buttes en chêne blanc dans la plupart des mines du nord de la France, en chêne vert dans le Midi, en pin dans diverses localités du Midi et du Centre.
(f 7!S) Les bois de mine se trouvent dans le commerce* et il est rare qu'une mine ait à acheter une coupe sur pied.
Dans un tel cas, il y aurait^ évaluer, en quantité et en prix, ce que pourrait fournir la coupe, en bois d*œuvre, en bois propre à l'usage de la mine, rondins et perches, et en produits accessoires, bois de chauffage, bois à carboniser, fagots, écorces, etc., etc. Cette évaluation demande des connaissances spéciales, qui sont toutes du domaine du forestier, et dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici.
Le plus habituellement, Tingénieur d'une mine n'a pas à s'en occuper, et il se borne à acheter les bois dont il veut faire usage, soit au stère, soit à la tonne, soit, plus souvent, au mètre courant, en stipulant pour b's rondins un certain diamètre minimum au petit bout, ces rondins élant, ou de toute longueur^ ou débités à l'avance sur la longueur unique ou sur les quelques longueurs dont il l'emploi dans les diverses couches exploitées.
Le mode d'achat et les prix varient dans une assez large mesure, et ces prix ont, en général, tendance à augmenter, par suite de la rareté croissante de la matière.
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On ne peut que citer ici quelques exemples :
Les bois en grume, destinés à être débités pour former des charpentes, se payeront 25, 30, 40 francs le métré cube, et vaudront, après débit et façon, 60, 80, 100 francs et plus, suivant les dimensions et la qualité.
Dans ces dernières années, on a payé jusqu'à 150 francs les pièces de premier choix et sans défaut, destinées à des cuvelages.
Les rondins pour bois de mine se payent 18 à 20 et 25 francs les 1000 kil.
Le prix du mètre courant varie, suivant la grosseur, depuis 0M5 pour ks simples perches, jusqu'à 1 franc les grosses buttes ayant 0",20 à 0",25 au petit bout. — Un prix moyen de 0^60 par mètre courant est assez ordinaire.
Dans quelques localités, on achète les bois ronds au cinquième déduit^ c'est-à-dire en estimant la section par une formule empirique qui, déduction faite du cinquième, donne à peu près exactement la section de la pièce équarrie que le rondin pourra fournir. Pour cela, on mesure avec une ficelle la circonférence, c = 2icr, au milieu du 1 ondin, on en prend le quart, et on élève au quarré.
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La quantité calculée est (2.2i:rj =-7-9 dont les g sont
^i:*r' = 1 ,97i-*, quantité sensiblement égale à 2r*, surface du
quarré inscrit dans le cercle de rayon r.
Les bois sont livrés soit avec leur écorce, soit écorcés. Le second système est préférable pour leur conservation, et ne diminue nul-* lement leur force.
(173) L'achat des bois se fait souvent à des époques déterminées de l'année, et, par conséquent, beaucoup restent assez longtemps sans emploi.
Ils doivent donc être emmagasinés, et des précaution» doivenc être prises pour en assurer la conservation.
Le magasin aux bois est, s'il est possible, un local couvert et bien aéré. S'il est à découvert, il doit être de préférence exposé au nord ; il convient queJe sol en soit pavé et légèrement incliné, pour faci-
M COURS D*£IPLOITAnOK DES MINES.
liter le prompt écoulement des eaux de pluie. Les gros bois sont empilés, posés sur des chantiers ; les perches posées debout.
Les parties de bois qui sont exposées à rester longtemps en magasin sont à remanier de temps en temps, en prenant soin d'écarter toutes les pièces qui commencent à s'altérer ; en recommande, en général, d'employer ces pièces dans l'ordre de leur ancienneté, et de terminer entièrement une pile avant de passer à la suivante.
Le débit des pièces, si elles ne sont pas arrivées à la mine coupées de longueur, doit se faire à l'aide de la scie plutôt que de la hache, et en commençant toujours par le gros bout, afin de diminuer l'importance des déchets.
L'opération doit se faire en dehors du magasin, ou du moins on doit écarter avec soin des piles de bois, les éclats et les sciures qui en résultent.
Cette précaution est utile, pour prévenir un commencement d'altération auquel ces déchets sont sujets lorsqu'ils restent longtemps entassés, et qui se communique facilement des parties avariées aux parties saines.
Une fois employés dans la mine, les bois s'altèrent beaucoup plus vite qu'en plein air. On a remarqué que l'altération se produit surtout dans les galeries de retour d'air, situées à l'amont- pendage d'un champ d'exploitation, qui reçoivent l'air chaud et vicie ayant drculé dans les travaux, et dont les parois, drainées en quelque sorte par les vides de l'exploitation située en contre»bas, ne laissent pas suinter d'eau.
L'altération, qui est attribuée à une sorte de fermentation de la sève, se manifeste à la surface des bois par des moisissures ayant une apparence cotonneuse facile à reconnaître. En même temps, le bois perd de plus en plus sa consistance, et une pointe de métal qu'on y enfonce à la main, y pénètre facilement jusqu'au cœur. Cette altération a un caractère éminemment contagieux. Les houppes cotonneuses développées sur une des pièces d'un cadre de boisage, envahissent rapidement les autres pièces de ce cadre; elles se propagent également d'un cadre à l'autre, soit en suivant les bois de garnissage, soit même, comme on peut souvent le constater, en s'étendant sur le rocher.